Abitur NRW Französisch 2023 · GK · Haupttermin · fortgeführt
Abiturprüfung Französisch in Nordrhein-Westfalen 2023, GK · Haupttermin · fortgeführt: 8 Aufgaben mit Lösungen. Mit automatischer Korrektur.
Themen der Prüfung: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez) · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung · Kreatives Schreiben: Perspektivwechsel und Fortsetzung (Journal intime, lettre d'un personnage) · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Aufgabe HT 1 - Aufgabe 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Klausurteil A
Marine Ilario
Éco-anxiété chez les jeunes: et si c’était une bonne nouvelle ?
Troubles alimentaires, du sommeil, perte de sens, sentiment d’impuissance. Face à l’incertitude de l’avenir écologique de notre planète, de plus en plus de jeunes ressentent ce que l’on appelle de l’éco-anxiété. C’est ce qui ressort d’une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health en septembre 2021. On y explique que « le changement climatique 5 a des implications importantes pour la santé et l’avenir des enfants et des jeunes, mais ils ont peu de pouvoir pour limiter ces dommages, ce qui les rend vulnérables à une anxiété climatique accrue 1 ». 10 000 jeunes de 10 pays, âgés de 16 à 25 ans, ont été interrogés dans cette enquête. Près d’un jeune sur deux se sent triste, anxieux, en colère, impuissant et coupable face au changement climatique. Une inquiétude présente de manière extrême chez près de 60 % des 10 jeunes interrogés.
Mais comment font ces jeunes qui souffrent d’éco-anxiété au quotidien ? Et si, il était possible de vivre cet état d’esprit de manière plus sereine 2, voire positive ? Eléments de réponses avec deux jeunes éco-anxieux et Jean-Baptiste Desveaux, psychologue clinicien.
« Pour moi, l’éco-anxiété se traduit par un sentiment d’impuissance » confie Yasmine, 15 bibliothécaire. « J’ai l’impression que ce ne sont pas des actions individuelles qui vont bouger les choses. Quand j’y pense, ça m’inquiète parce que je ne sais pas ce que je pourrais entreprendre pour changer la donne 3 ». À 32 ans, la jeune femme se sent démunie 4 face à l’avenir climatique. Un sentiment éprouvé pour la première fois il y a quelques années. « Je n’y pensais pas quand j’avais 20 ans, mais je pense que depuis 5 ans c’est beaucoup plus 20 présent ».
Pour Pablo, lycéen en terminale, l’anxiété est venue petit à petit, dès l’adolescence. « J’ai identifié mon éco-anxiété après de grands événements climatiques. J’ai alors compris que ça me touchait personnellement » se souvient le jeune homme. Pour lui, l’éco-anxiété se traduit par la peur de ne plus pouvoir vivre sur la Terre, car trop atteinte 5.
[...]
25 « L’éco-anxiété donne parfois un sentiment de culpabilité quand on n’est pas soi-même le parfait écolo » explique Pablo. « Parfois on agit contre l’environnement, malgré nous 6 ». Regarder des vidéos sur Internet en haute définition, manger dans un fast food, prendre régulièrement l’avion ou renouveler souvent sa garde-robe. Autant d’actions que l’on peut être amené à faire, mais qui ne sont pas en adéquation avec 7 un idéal écologique. Un sentiment 30 difficile à supporter qui pousse certains jeunes à se priver. Pablo refuse tout voyage en avion et a arrêté de manger de la viande. Yasmine, elle, se demande si elle voudra des enfants plus tard. « Je ne sais pas encore si j’aurais des enfants mais je connais des personnes qui n’en ont pas pour cette raison ».
« La meilleure façon d’arrêter de polluer est d’arrêter de vivre ! » lâche 8 Jean-Baptiste 35 Desveaux d’un ton provocateur. Une manière de rappeler qu’en matière d’écologie, il est important de se déculpabiliser 9 parce que les choses ne se jouent pas seulement à un niveau individuel mais aussi au niveau politique, industriel et économique.
Comment vivre au quotidien quand on est éco-anxieux ? Il n’existe pas de recette miracle. Pour autant, il est possible d’en atténuer les effets.
40 Pour Jean-Baptiste Desveaux, il est important d’être cohérent avec ses valeurs dans ses actions. « On ne peut pas prôner 10 l’écologie et prendre l’avion à la moindre occasion ou rouler en SUV en ville » illustre-t-il. Certaines actions du quotidien peuvent vous aider: trier ses déchets, manger bio, se déplacer en vélo, militer 11 … « C’est par ces actions que l’on a le sentiment d’avoir un impact sur le monde. C’est quelque chose de très précieux, 45 parce que cela permet de développer un sentiment d’agentivité 12. On se sent capable d’agir, ce qui réduit aussi le sentiment d’impuissance » explique le psychologue.
[...] Ces actions restent importantes, mais elles ne régleront pas, à elles seules, le problème du dérèglement climatique. « L’angoisse va rester parce que le fond du problème ne sera pas réglé » prévient-il.
50 [...] Gérer ses angoisses c’est donc d’abord essayer de les comprendre. Qu’est-ce qu’elles montrent de vous ? Pour Jean-Baptiste Desveaux, « elles sont des indicateurs de notre capacité à nous soucier de l’environnement ». [...]
1 accru – participe passé du verbe accroître – grandir
2 serein,e – in sich ruhend, gelassen
3 changer la donne – changer la situation
4 démuni,e – ici: sans aide
5 atteint,e – ici: betroffen, schwer erkrankt
6 malgré nous – contre notre volonté
7 être en adéquation avec qc – être en accord avec qc
8 lâcher – ici: dire qc de manière spontanée, sans y réfléchir
9 se déculpabiliser – se dire qu'on n'est pas coupable
10 prôner – anpreisen
11 militer – s’engager pour ou contre qc
12 l’agentivité ( f) – la perception de soi-même comme acteur du monde, la conviction qu’on peut changer qc en agissant
1. Exposez le thème de l'article et les références auxquelles l'auteure a recours. (compréhension) [13 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Aufgabe 2 · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport)
Klausurteil A
Marine Ilario
Éco-anxiété chez les jeunes: et si c’était une bonne nouvelle ?
Troubles alimentaires, du sommeil, perte de sens, sentiment d’impuissance. Face à l’incertitude de l’avenir écologique de notre planète, de plus en plus de jeunes ressentent ce que l’on appelle de l’éco-anxiété. C’est ce qui ressort d’une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health en septembre 2021. On y explique que « le changement climatique 5 a des implications importantes pour la santé et l’avenir des enfants et des jeunes, mais ils ont peu de pouvoir pour limiter ces dommages, ce qui les rend vulnérables à une anxiété climatique accrue 1 ». 10 000 jeunes de 10 pays, âgés de 16 à 25 ans, ont été interrogés dans cette enquête. Près d’un jeune sur deux se sent triste, anxieux, en colère, impuissant et coupable face au changement climatique. Une inquiétude présente de manière extrême chez près de 60 % des 10 jeunes interrogés.
Mais comment font ces jeunes qui souffrent d’éco-anxiété au quotidien ? Et si, il était possible de vivre cet état d’esprit de manière plus sereine 2, voire positive ? Eléments de réponses avec deux jeunes éco-anxieux et Jean-Baptiste Desveaux, psychologue clinicien.
« Pour moi, l’éco-anxiété se traduit par un sentiment d’impuissance » confie Yasmine, 15 bibliothécaire. « J’ai l’impression que ce ne sont pas des actions individuelles qui vont bouger les choses. Quand j’y pense, ça m’inquiète parce que je ne sais pas ce que je pourrais entreprendre pour changer la donne 3 ». À 32 ans, la jeune femme se sent démunie 4 face à l’avenir climatique. Un sentiment éprouvé pour la première fois il y a quelques années. « Je n’y pensais pas quand j’avais 20 ans, mais je pense que depuis 5 ans c’est beaucoup plus 20 présent ».
Pour Pablo, lycéen en terminale, l’anxiété est venue petit à petit, dès l’adolescence. « J’ai identifié mon éco-anxiété après de grands événements climatiques. J’ai alors compris que ça me touchait personnellement » se souvient le jeune homme. Pour lui, l’éco-anxiété se traduit par la peur de ne plus pouvoir vivre sur la Terre, car trop atteinte 5.
[...]
25 « L’éco-anxiété donne parfois un sentiment de culpabilité quand on n’est pas soi-même le parfait écolo » explique Pablo. « Parfois on agit contre l’environnement, malgré nous 6 ». Regarder des vidéos sur Internet en haute définition, manger dans un fast food, prendre régulièrement l’avion ou renouveler souvent sa garde-robe. Autant d’actions que l’on peut être amené à faire, mais qui ne sont pas en adéquation avec 7 un idéal écologique. Un sentiment 30 difficile à supporter qui pousse certains jeunes à se priver. Pablo refuse tout voyage en avion et a arrêté de manger de la viande. Yasmine, elle, se demande si elle voudra des enfants plus tard. « Je ne sais pas encore si j’aurais des enfants mais je connais des personnes qui n’en ont pas pour cette raison ».
« La meilleure façon d’arrêter de polluer est d’arrêter de vivre ! » lâche 8 Jean-Baptiste 35 Desveaux d’un ton provocateur. Une manière de rappeler qu’en matière d’écologie, il est important de se déculpabiliser 9 parce que les choses ne se jouent pas seulement à un niveau individuel mais aussi au niveau politique, industriel et économique.
Comment vivre au quotidien quand on est éco-anxieux ? Il n’existe pas de recette miracle. Pour autant, il est possible d’en atténuer les effets.
40 Pour Jean-Baptiste Desveaux, il est important d’être cohérent avec ses valeurs dans ses actions. « On ne peut pas prôner 10 l’écologie et prendre l’avion à la moindre occasion ou rouler en SUV en ville » illustre-t-il. Certaines actions du quotidien peuvent vous aider: trier ses déchets, manger bio, se déplacer en vélo, militer 11 … « C’est par ces actions que l’on a le sentiment d’avoir un impact sur le monde. C’est quelque chose de très précieux, 45 parce que cela permet de développer un sentiment d’agentivité 12. On se sent capable d’agir, ce qui réduit aussi le sentiment d’impuissance » explique le psychologue.
[...] Ces actions restent importantes, mais elles ne régleront pas, à elles seules, le problème du dérèglement climatique. « L’angoisse va rester parce que le fond du problème ne sera pas réglé » prévient-il.
50 [...] Gérer ses angoisses c’est donc d’abord essayer de les comprendre. Qu’est-ce qu’elles montrent de vous ? Pour Jean-Baptiste Desveaux, « elles sont des indicateurs de notre capacité à nous soucier de l’environnement ». [...]
1 accru – participe passé du verbe accroître – grandir
2 serein,e – in sich ruhend, gelassen
3 changer la donne – changer la situation
4 démuni,e – ici: sans aide
5 atteint,e – ici: betroffen, schwer erkrankt
6 malgré nous – contre notre volonté
7 être en adéquation avec qc – être en accord avec qc
8 lâcher – ici: dire qc de manière spontanée, sans y réfléchir
9 se déculpabiliser – se dire qu'on n'est pas coupable
10 prôner – anpreisen
11 militer – s’engager pour ou contre qc
12 l’agentivité ( f) – la perception de soi-même comme acteur du monde, la conviction qu’on peut changer qc en agissant
2. Dégagez les symptômes de l'éco-anxiété, aussi bien généraux qu'individuels, et les mesures qui sont suggérées pour la surmonter. (analyse) [16 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Aufgabe 3.1 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Klausurteil A
Marine Ilario
Éco-anxiété chez les jeunes: et si c’était une bonne nouvelle ?
Troubles alimentaires, du sommeil, perte de sens, sentiment d’impuissance. Face à l’incertitude de l’avenir écologique de notre planète, de plus en plus de jeunes ressentent ce que l’on appelle de l’éco-anxiété. C’est ce qui ressort d’une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health en septembre 2021. On y explique que « le changement climatique 5 a des implications importantes pour la santé et l’avenir des enfants et des jeunes, mais ils ont peu de pouvoir pour limiter ces dommages, ce qui les rend vulnérables à une anxiété climatique accrue 1 ». 10 000 jeunes de 10 pays, âgés de 16 à 25 ans, ont été interrogés dans cette enquête. Près d’un jeune sur deux se sent triste, anxieux, en colère, impuissant et coupable face au changement climatique. Une inquiétude présente de manière extrême chez près de 60 % des 10 jeunes interrogés.
Mais comment font ces jeunes qui souffrent d’éco-anxiété au quotidien ? Et si, il était possible de vivre cet état d’esprit de manière plus sereine 2, voire positive ? Eléments de réponses avec deux jeunes éco-anxieux et Jean-Baptiste Desveaux, psychologue clinicien.
« Pour moi, l’éco-anxiété se traduit par un sentiment d’impuissance » confie Yasmine, 15 bibliothécaire. « J’ai l’impression que ce ne sont pas des actions individuelles qui vont bouger les choses. Quand j’y pense, ça m’inquiète parce que je ne sais pas ce que je pourrais entreprendre pour changer la donne 3 ». À 32 ans, la jeune femme se sent démunie 4 face à l’avenir climatique. Un sentiment éprouvé pour la première fois il y a quelques années. « Je n’y pensais pas quand j’avais 20 ans, mais je pense que depuis 5 ans c’est beaucoup plus 20 présent ».
Pour Pablo, lycéen en terminale, l’anxiété est venue petit à petit, dès l’adolescence. « J’ai identifié mon éco-anxiété après de grands événements climatiques. J’ai alors compris que ça me touchait personnellement » se souvient le jeune homme. Pour lui, l’éco-anxiété se traduit par la peur de ne plus pouvoir vivre sur la Terre, car trop atteinte 5.
[...]
25 « L’éco-anxiété donne parfois un sentiment de culpabilité quand on n’est pas soi-même le parfait écolo » explique Pablo. « Parfois on agit contre l’environnement, malgré nous 6 ». Regarder des vidéos sur Internet en haute définition, manger dans un fast food, prendre régulièrement l’avion ou renouveler souvent sa garde-robe. Autant d’actions que l’on peut être amené à faire, mais qui ne sont pas en adéquation avec 7 un idéal écologique. Un sentiment 30 difficile à supporter qui pousse certains jeunes à se priver. Pablo refuse tout voyage en avion et a arrêté de manger de la viande. Yasmine, elle, se demande si elle voudra des enfants plus tard. « Je ne sais pas encore si j’aurais des enfants mais je connais des personnes qui n’en ont pas pour cette raison ».
« La meilleure façon d’arrêter de polluer est d’arrêter de vivre ! » lâche 8 Jean-Baptiste 35 Desveaux d’un ton provocateur. Une manière de rappeler qu’en matière d’écologie, il est important de se déculpabiliser 9 parce que les choses ne se jouent pas seulement à un niveau individuel mais aussi au niveau politique, industriel et économique.
Comment vivre au quotidien quand on est éco-anxieux ? Il n’existe pas de recette miracle. Pour autant, il est possible d’en atténuer les effets.
40 Pour Jean-Baptiste Desveaux, il est important d’être cohérent avec ses valeurs dans ses actions. « On ne peut pas prôner 10 l’écologie et prendre l’avion à la moindre occasion ou rouler en SUV en ville » illustre-t-il. Certaines actions du quotidien peuvent vous aider: trier ses déchets, manger bio, se déplacer en vélo, militer 11 … « C’est par ces actions que l’on a le sentiment d’avoir un impact sur le monde. C’est quelque chose de très précieux, 45 parce que cela permet de développer un sentiment d’agentivité 12. On se sent capable d’agir, ce qui réduit aussi le sentiment d’impuissance » explique le psychologue.
[...] Ces actions restent importantes, mais elles ne régleront pas, à elles seules, le problème du dérèglement climatique. « L’angoisse va rester parce que le fond du problème ne sera pas réglé » prévient-il.
50 [...] Gérer ses angoisses c’est donc d’abord essayer de les comprendre. Qu’est-ce qu’elles montrent de vous ? Pour Jean-Baptiste Desveaux, « elles sont des indicateurs de notre capacité à nous soucier de l’environnement ». [...]
1 accru – participe passé du verbe accroître – grandir
2 serein,e – in sich ruhend, gelassen
3 changer la donne – changer la situation
4 démuni,e – ici: sans aide
5 atteint,e – ici: betroffen, schwer erkrankt
6 malgré nous – contre notre volonté
7 être en adéquation avec qc – être en accord avec qc
8 lâcher – ici: dire qc de manière spontanée, sans y réfléchir
9 se déculpabiliser – se dire qu'on n'est pas coupable
10 prôner – anpreisen
11 militer – s’engager pour ou contre qc
12 l’agentivité ( f) – la perception de soi-même comme acteur du monde, la conviction qu’on peut changer qc en agissant
3.1 L'éco-anxiété – faut-il la considérer comme une qualité à conserver ? Commentez cette question en vous appuyant sur les arguments avancés dans le texte ainsi que sur vos propres expériences, que vous vous engagiez ou non pour l'avenir. (commentaire) [13 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Aufgabe 3.2 · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Klausurteil A
Marine Ilario
Éco-anxiété chez les jeunes: et si c’était une bonne nouvelle ?
Troubles alimentaires, du sommeil, perte de sens, sentiment d’impuissance. Face à l’incertitude de l’avenir écologique de notre planète, de plus en plus de jeunes ressentent ce que l’on appelle de l’éco-anxiété. C’est ce qui ressort d’une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health en septembre 2021. On y explique que « le changement climatique 5 a des implications importantes pour la santé et l’avenir des enfants et des jeunes, mais ils ont peu de pouvoir pour limiter ces dommages, ce qui les rend vulnérables à une anxiété climatique accrue 1 ». 10 000 jeunes de 10 pays, âgés de 16 à 25 ans, ont été interrogés dans cette enquête. Près d’un jeune sur deux se sent triste, anxieux, en colère, impuissant et coupable face au changement climatique. Une inquiétude présente de manière extrême chez près de 60 % des 10 jeunes interrogés.
Mais comment font ces jeunes qui souffrent d’éco-anxiété au quotidien ? Et si, il était possible de vivre cet état d’esprit de manière plus sereine 2, voire positive ? Eléments de réponses avec deux jeunes éco-anxieux et Jean-Baptiste Desveaux, psychologue clinicien.
« Pour moi, l’éco-anxiété se traduit par un sentiment d’impuissance » confie Yasmine, 15 bibliothécaire. « J’ai l’impression que ce ne sont pas des actions individuelles qui vont bouger les choses. Quand j’y pense, ça m’inquiète parce que je ne sais pas ce que je pourrais entreprendre pour changer la donne 3 ». À 32 ans, la jeune femme se sent démunie 4 face à l’avenir climatique. Un sentiment éprouvé pour la première fois il y a quelques années. « Je n’y pensais pas quand j’avais 20 ans, mais je pense que depuis 5 ans c’est beaucoup plus 20 présent ».
Pour Pablo, lycéen en terminale, l’anxiété est venue petit à petit, dès l’adolescence. « J’ai identifié mon éco-anxiété après de grands événements climatiques. J’ai alors compris que ça me touchait personnellement » se souvient le jeune homme. Pour lui, l’éco-anxiété se traduit par la peur de ne plus pouvoir vivre sur la Terre, car trop atteinte 5.
[...]
25 « L’éco-anxiété donne parfois un sentiment de culpabilité quand on n’est pas soi-même le parfait écolo » explique Pablo. « Parfois on agit contre l’environnement, malgré nous 6 ». Regarder des vidéos sur Internet en haute définition, manger dans un fast food, prendre régulièrement l’avion ou renouveler souvent sa garde-robe. Autant d’actions que l’on peut être amené à faire, mais qui ne sont pas en adéquation avec 7 un idéal écologique. Un sentiment 30 difficile à supporter qui pousse certains jeunes à se priver. Pablo refuse tout voyage en avion et a arrêté de manger de la viande. Yasmine, elle, se demande si elle voudra des enfants plus tard. « Je ne sais pas encore si j’aurais des enfants mais je connais des personnes qui n’en ont pas pour cette raison ».
« La meilleure façon d’arrêter de polluer est d’arrêter de vivre ! » lâche 8 Jean-Baptiste 35 Desveaux d’un ton provocateur. Une manière de rappeler qu’en matière d’écologie, il est important de se déculpabiliser 9 parce que les choses ne se jouent pas seulement à un niveau individuel mais aussi au niveau politique, industriel et économique.
Comment vivre au quotidien quand on est éco-anxieux ? Il n’existe pas de recette miracle. Pour autant, il est possible d’en atténuer les effets.
40 Pour Jean-Baptiste Desveaux, il est important d’être cohérent avec ses valeurs dans ses actions. « On ne peut pas prôner 10 l’écologie et prendre l’avion à la moindre occasion ou rouler en SUV en ville » illustre-t-il. Certaines actions du quotidien peuvent vous aider: trier ses déchets, manger bio, se déplacer en vélo, militer 11 … « C’est par ces actions que l’on a le sentiment d’avoir un impact sur le monde. C’est quelque chose de très précieux, 45 parce que cela permet de développer un sentiment d’agentivité 12. On se sent capable d’agir, ce qui réduit aussi le sentiment d’impuissance » explique le psychologue.
[...] Ces actions restent importantes, mais elles ne régleront pas, à elles seules, le problème du dérèglement climatique. « L’angoisse va rester parce que le fond du problème ne sera pas réglé » prévient-il.
50 [...] Gérer ses angoisses c’est donc d’abord essayer de les comprendre. Qu’est-ce qu’elles montrent de vous ? Pour Jean-Baptiste Desveaux, « elles sont des indicateurs de notre capacité à nous soucier de l’environnement ». [...]
1 accru – participe passé du verbe accroître – grandir
2 serein,e – in sich ruhend, gelassen
3 changer la donne – changer la situation
4 démuni,e – ici: sans aide
5 atteint,e – ici: betroffen, schwer erkrankt
6 malgré nous – contre notre volonté
7 être en adéquation avec qc – être en accord avec qc
8 lâcher – ici: dire qc de manière spontanée, sans y réfléchir
9 se déculpabiliser – se dire qu'on n'est pas coupable
10 prôner – anpreisen
11 militer – s’engager pour ou contre qc
12 l’agentivité ( f) – la perception de soi-même comme acteur du monde, la conviction qu’on peut changer qc en agissant
3.2 Pablo souhaite encourager les élèves de son lycée à participer activement à la réalisation du développement durable dans leur établissement. On lui demande d'exposer ses propres motivations et de proposer des idées concrètes à la prochaine réunion du conseil des élèves. Rédigez le discours qu'il prépare pour cette réunion. (produktiv-gestaltende Teilaufgabe) [13 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Aufgabe 4 · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Klausurteil A
Marine Ilario
Éco-anxiété chez les jeunes: et si c’était une bonne nouvelle ?
Troubles alimentaires, du sommeil, perte de sens, sentiment d’impuissance. Face à l’incertitude de l’avenir écologique de notre planète, de plus en plus de jeunes ressentent ce que l’on appelle de l’éco-anxiété. C’est ce qui ressort d’une étude récente publiée dans la revue The Lancet Planetary Health en septembre 2021. On y explique que « le changement climatique 5 a des implications importantes pour la santé et l’avenir des enfants et des jeunes, mais ils ont peu de pouvoir pour limiter ces dommages, ce qui les rend vulnérables à une anxiété climatique accrue 1 ». 10 000 jeunes de 10 pays, âgés de 16 à 25 ans, ont été interrogés dans cette enquête. Près d’un jeune sur deux se sent triste, anxieux, en colère, impuissant et coupable face au changement climatique. Une inquiétude présente de manière extrême chez près de 60 % des 10 jeunes interrogés.
Mais comment font ces jeunes qui souffrent d’éco-anxiété au quotidien ? Et si, il était possible de vivre cet état d’esprit de manière plus sereine 2, voire positive ? Eléments de réponses avec deux jeunes éco-anxieux et Jean-Baptiste Desveaux, psychologue clinicien.
« Pour moi, l’éco-anxiété se traduit par un sentiment d’impuissance » confie Yasmine, 15 bibliothécaire. « J’ai l’impression que ce ne sont pas des actions individuelles qui vont bouger les choses. Quand j’y pense, ça m’inquiète parce que je ne sais pas ce que je pourrais entreprendre pour changer la donne 3 ». À 32 ans, la jeune femme se sent démunie 4 face à l’avenir climatique. Un sentiment éprouvé pour la première fois il y a quelques années. « Je n’y pensais pas quand j’avais 20 ans, mais je pense que depuis 5 ans c’est beaucoup plus 20 présent ».
Pour Pablo, lycéen en terminale, l’anxiété est venue petit à petit, dès l’adolescence. « J’ai identifié mon éco-anxiété après de grands événements climatiques. J’ai alors compris que ça me touchait personnellement » se souvient le jeune homme. Pour lui, l’éco-anxiété se traduit par la peur de ne plus pouvoir vivre sur la Terre, car trop atteinte 5.
[...]
25 « L’éco-anxiété donne parfois un sentiment de culpabilité quand on n’est pas soi-même le parfait écolo » explique Pablo. « Parfois on agit contre l’environnement, malgré nous 6 ». Regarder des vidéos sur Internet en haute définition, manger dans un fast food, prendre régulièrement l’avion ou renouveler souvent sa garde-robe. Autant d’actions que l’on peut être amené à faire, mais qui ne sont pas en adéquation avec 7 un idéal écologique. Un sentiment 30 difficile à supporter qui pousse certains jeunes à se priver. Pablo refuse tout voyage en avion et a arrêté de manger de la viande. Yasmine, elle, se demande si elle voudra des enfants plus tard. « Je ne sais pas encore si j’aurais des enfants mais je connais des personnes qui n’en ont pas pour cette raison ».
« La meilleure façon d’arrêter de polluer est d’arrêter de vivre ! » lâche 8 Jean-Baptiste 35 Desveaux d’un ton provocateur. Une manière de rappeler qu’en matière d’écologie, il est important de se déculpabiliser 9 parce que les choses ne se jouent pas seulement à un niveau individuel mais aussi au niveau politique, industriel et économique.
Comment vivre au quotidien quand on est éco-anxieux ? Il n’existe pas de recette miracle. Pour autant, il est possible d’en atténuer les effets.
40 Pour Jean-Baptiste Desveaux, il est important d’être cohérent avec ses valeurs dans ses actions. « On ne peut pas prôner 10 l’écologie et prendre l’avion à la moindre occasion ou rouler en SUV en ville » illustre-t-il. Certaines actions du quotidien peuvent vous aider: trier ses déchets, manger bio, se déplacer en vélo, militer 11 … « C’est par ces actions que l’on a le sentiment d’avoir un impact sur le monde. C’est quelque chose de très précieux, 45 parce que cela permet de développer un sentiment d’agentivité 12. On se sent capable d’agir, ce qui réduit aussi le sentiment d’impuissance » explique le psychologue.
[...] Ces actions restent importantes, mais elles ne régleront pas, à elles seules, le problème du dérèglement climatique. « L’angoisse va rester parce que le fond du problème ne sera pas réglé » prévient-il.
50 [...] Gérer ses angoisses c’est donc d’abord essayer de les comprendre. Qu’est-ce qu’elles montrent de vous ? Pour Jean-Baptiste Desveaux, « elles sont des indicateurs de notre capacité à nous soucier de l’environnement ». [...]
1 accru – participe passé du verbe accroître – grandir
2 serein,e – in sich ruhend, gelassen
3 changer la donne – changer la situation
4 démuni,e – ici: sans aide
5 atteint,e – ici: betroffen, schwer erkrankt
6 malgré nous – contre notre volonté
7 être en adéquation avec qc – être en accord avec qc
8 lâcher – ici: dire qc de manière spontanée, sans y réfléchir
9 se déculpabiliser – se dire qu'on n'est pas coupable
10 prôner – anpreisen
11 militer – s’engager pour ou contre qc
12 l’agentivité ( f) – la perception de soi-même comme acteur du monde, la conviction qu’on peut changer qc en agissant
Le père de votre correspondant/e français/e qui est enseignant dans une école primaire prépare pour ses élèves un projet intitulé « D’où viennent les aliments ? ». Comme il sait qu’il existe de telles activités pédagogiques en Allemagne, votre correspondant/e vous demande de rechercher des informations à ce sujet. En vous basant sur l’article ci-dessous, vous lui écrivez un e-mail dans lequel vous expliquez l’idée d’Ulrike Päffgen, les activités réalisées lors de son projet et comment les écoles sont soutenues. Rédigez cet e-mail.
Aufgabe HT 2 - Aufgabe 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Klausurteil A
Mohamed Mbougar Sarr
La plus secrète mémoire des hommes
Diégane Latyr Faye, un jeune auteur sénégalais installé à Paris, consigne ses pensées dans son journal.
J’ai fait ce soir ce que je redoute 1 le plus au monde, Journal: j’ai appelé mes parents. Ma mère:
Tu as des problèmes ? Moi: Non, tout va bien. La mère: Vraiment ? Le fils: Vraiment. Elle:
Tu appelles comme ça ? Lui: Oui, pour prendre des nouvelles. Ma mère: Anh, Latyr, c’est
ça qui m’inquiète. Ça va, tu es sûr ?
5 Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte à côte, tiennent l’appareil
en sorte que je voie sur l’écran une partie du visage de chacun. Je regarde ainsi le visage
parental réunifié. Les signes de son vieillissement m’ont serré le cœur et donné l’envie de
couper l’image. Mais cela n’aurait rien changé; leurs voix aussi avaient vieilli: des lézardes 2
profondes sur les murs du temps. Je me suis promis, comme chaque fois, de les appeler plus
10 souvent. Je savais pourtant que je ne le ferais pas. Je continuerais de les appeler rarement. Ma
mère soulignait toujours, en plaisantant, mon faible sens de la famille. Amères plaisanteries:
elles portaient une silencieuse accusation. Mon père ne disait jamais rien à ce propos et cela
voulait tout dire. Aucun d’eux ne s’expliquait mes longues périodes de silence. La chose me
paraissait pourtant simple: je remplissais l’office dont beaucoup d’enfants devaient s’acquitter 3
15 vis-à-vis de leur parents à un moment de leur vie: l’office de l’ingratitude.
Il y avait aussi la part de la naïveté: celle qui me faisait croire que je disposais de mes
parents à volonté. Si je repoussais chaque fois le moment de leur passer un coup de fil, c’était
peut-être parce que, avec une confiance aveugle, j’étais sûr de les retrouver bientôt, et qu’il
n’était donc pas nécessaire de les appeler tous les jours, puisque celui 4 où je rentrerais
20 définitivement à leurs côtés viendrait rapidement. Mirage que 5 ce jour dans le désert de l’exil.
Ainsi chaque appel reporté, sous l’illusion de retrouvailles prochaines qui justifiaient son
annulation, marquait en réalité un éloignement plus grand. J’ai atteint le stade terminal de
l’immigration: je ne crois plus simplement à la possibilité du retour: je me suis convaincu
de son imminence 6 et persuadé de regagner le temps passé loin des miens. Ces tragiques
25 espérances me font vivre autant qu’elles me tuent: j’affecte de croire que je rentrerai bientôt
chez moi, que tout y sera inchangé et que je pourrai rattraper. Le retour qu’on rêve est un
roman parfait – un mauvais roman donc.
Quelque chose se meurt. Le monde que j’ai quitté a disparu dès que je lui ai tourné le
dos. J’ai cru, l’habitant et y ayant enterré, comme un trésor, mon enfance, qu’il était devenu
30 indestructible par la seule grâce de ce don. J’ai cru à sa loyauté éternelle pour mon existence
passée. Rien n’était plus chimérique 7: le monde jadis aimé n’a pas signé de pacte de fidélité.
Sitôt m’en étais-je absenté qu’il s’éloignait déjà dans le tunnel du temps. […]
L’exilé 8 est obsédé par la séparation géographique, l’éloignement dans l’espace. C’est
pourtant le temps qui fonde l’essentiel de sa solitude; et il accuse les kilomètres alors que ce
35 sont les jours qui le tuent. J’aurais pu supporter d’être à des milliards de bornes 9 du visage
parental si j’avais eu la certitude que le temps glisserait sur lui sans lui nuire. Mais c’est
impossible; il faut que les rides se creusent 10, que la vue baisse, que la mémoire flanche 11,
que des maladies menacent.
[…]
40 À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur
plus profond désir: ils en mourraient de chagrin. Mes parents me manquaient mais je craignais
de les appeler; le temps passait; et, autant j’étais triste de ne pas les entendre me raconter
ce qui arrivait dans leur vie, autant m’effrayait l’idée qu’ils me le disent, car je savais au fond
ce qui arrivait vraiment dans leur vie. C’était ce qui arrivait dans toute vie: ils se rapprochaient
45 de la mort. Je ne les appelais pas et j’en souffrais; je les appelais et j’en souffrais aussi, peut-
être même davantage.
Mes parents voulaient me parler de mille choses, des petits riens heureux ou contraignants,
de mes turbulents jeunes frères, de la situation politique tendue du pays. Mais je n’avais pas
le cœur à écouter tout cela. […]
1 redouter – craindre
2 lézarde (f) – une fissure
3 s’acquitter d’un office – ici: einer Rolle entsprechen
4 celui – Bezug auf « le moment »
5 mirage que – ici: wie ein Trugbild ist …
6 imminence (f) – unmittelbares Bevorstehen
7 chimérique – fabuleux,se, illusoire
8 exilé (m) – une personne qui vit loin de sa patrie
9 borne (f) – ici: kilomètre
10 se creuser – ici: augmenter
11 flancher – faiblir, diminuer
1. Présentez la situation dans laquelle se trouve le protagoniste et les thèmes de ses réflexions.
(compréhension)
[13 Punkte]
Aufgabe HT 2 - Aufgabe 2 · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez)
Klausurteil A
Mohamed Mbougar Sarr
La plus secrète mémoire des hommes
Diégane Latyr Faye, un jeune auteur sénégalais installé à Paris, consigne ses pensées dans son journal.
J’ai fait ce soir ce que je redoute 1 le plus au monde, Journal: j’ai appelé mes parents. Ma mère:
Tu as des problèmes ? Moi: Non, tout va bien. La mère: Vraiment ? Le fils: Vraiment. Elle:
Tu appelles comme ça ? Lui: Oui, pour prendre des nouvelles. Ma mère: Anh, Latyr, c’est
ça qui m’inquiète. Ça va, tu es sûr ?
5 Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte à côte, tiennent l’appareil
en sorte que je voie sur l’écran une partie du visage de chacun. Je regarde ainsi le visage
parental réunifié. Les signes de son vieillissement m’ont serré le cœur et donné l’envie de
couper l’image. Mais cela n’aurait rien changé; leurs voix aussi avaient vieilli: des lézardes 2
profondes sur les murs du temps. Je me suis promis, comme chaque fois, de les appeler plus
10 souvent. Je savais pourtant que je ne le ferais pas. Je continuerais de les appeler rarement. Ma
mère soulignait toujours, en plaisantant, mon faible sens de la famille. Amères plaisanteries:
elles portaient une silencieuse accusation. Mon père ne disait jamais rien à ce propos et cela
voulait tout dire. Aucun d’eux ne s’expliquait mes longues périodes de silence. La chose me
paraissait pourtant simple: je remplissais l’office dont beaucoup d’enfants devaient s’acquitter 3
15 vis-à-vis de leur parents à un moment de leur vie: l’office de l’ingratitude.
Il y avait aussi la part de la naïveté: celle qui me faisait croire que je disposais de mes
parents à volonté. Si je repoussais chaque fois le moment de leur passer un coup de fil, c’était
peut-être parce que, avec une confiance aveugle, j’étais sûr de les retrouver bientôt, et qu’il
n’était donc pas nécessaire de les appeler tous les jours, puisque celui 4 où je rentrerais
20 définitivement à leurs côtés viendrait rapidement. Mirage que 5 ce jour dans le désert de l’exil.
Ainsi chaque appel reporté, sous l’illusion de retrouvailles prochaines qui justifiaient son
annulation, marquait en réalité un éloignement plus grand. J’ai atteint le stade terminal de
l’immigration: je ne crois plus simplement à la possibilité du retour: je me suis convaincu
de son imminence 6 et persuadé de regagner le temps passé loin des miens. Ces tragiques
25 espérances me font vivre autant qu’elles me tuent: j’affecte de croire que je rentrerai bientôt
chez moi, que tout y sera inchangé et que je pourrai rattraper. Le retour qu’on rêve est un
roman parfait – un mauvais roman donc.
Quelque chose se meurt. Le monde que j’ai quitté a disparu dès que je lui ai tourné le
dos. J’ai cru, l’habitant et y ayant enterré, comme un trésor, mon enfance, qu’il était devenu
30 indestructible par la seule grâce de ce don. J’ai cru à sa loyauté éternelle pour mon existence
passée. Rien n’était plus chimérique 7: le monde jadis aimé n’a pas signé de pacte de fidélité.
Sitôt m’en étais-je absenté qu’il s’éloignait déjà dans le tunnel du temps. […]
L’exilé 8 est obsédé par la séparation géographique, l’éloignement dans l’espace. C’est
pourtant le temps qui fonde l’essentiel de sa solitude; et il accuse les kilomètres alors que ce
35 sont les jours qui le tuent. J’aurais pu supporter d’être à des milliards de bornes 9 du visage
parental si j’avais eu la certitude que le temps glisserait sur lui sans lui nuire. Mais c’est
impossible; il faut que les rides se creusent 10, que la vue baisse, que la mémoire flanche 11,
que des maladies menacent.
[…]
40 À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur
plus profond désir: ils en mourraient de chagrin. Mes parents me manquaient mais je craignais
de les appeler; le temps passait; et, autant j’étais triste de ne pas les entendre me raconter
ce qui arrivait dans leur vie, autant m’effrayait l’idée qu’ils me le disent, car je savais au fond
ce qui arrivait vraiment dans leur vie. C’était ce qui arrivait dans toute vie: ils se rapprochaient
45 de la mort. Je ne les appelais pas et j’en souffrais; je les appelais et j’en souffrais aussi, peut-
être même davantage.
Mes parents voulaient me parler de mille choses, des petits riens heureux ou contraignants,
de mes turbulents jeunes frères, de la situation politique tendue du pays. Mais je n’avais pas
le cœur à écouter tout cela. […]
1 redouter – craindre
2 lézarde (f) – une fissure
3 s’acquitter d’un office – ici: einer Rolle entsprechen
4 celui – Bezug auf « le moment »
5 mirage que – ici: wie ein Trugbild ist …
6 imminence (f) – unmittelbares Bevorstehen
7 chimérique – fabuleux,se, illusoire
8 exilé (m) – une personne qui vit loin de sa patrie
9 borne (f) – ici: kilomètre
10 se creuser – ici: augmenter
11 flancher – faiblir, diminuer
2. Étudiez ce que ressent le personnage principal à l'égard de ses parents ainsi que vis-à-vis de son existence passée.
(analyse)
[16 Punkte]
Aufgabe HT 2 - Aufgabe 3.1 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Klausurteil A
Mohamed Mbougar Sarr
La plus secrète mémoire des hommes
Diégane Latyr Faye, un jeune auteur sénégalais installé à Paris, consigne ses pensées dans son journal.
J’ai fait ce soir ce que je redoute 1 le plus au monde, Journal: j’ai appelé mes parents. Ma mère:
Tu as des problèmes ? Moi: Non, tout va bien. La mère: Vraiment ? Le fils: Vraiment. Elle:
Tu appelles comme ça ? Lui: Oui, pour prendre des nouvelles. Ma mère: Anh, Latyr, c’est
ça qui m’inquiète. Ça va, tu es sûr ?
5 Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte à côte, tiennent l’appareil
en sorte que je voie sur l’écran une partie du visage de chacun. Je regarde ainsi le visage
parental réunifié. Les signes de son vieillissement m’ont serré le cœur et donné l’envie de
couper l’image. Mais cela n’aurait rien changé; leurs voix aussi avaient vieilli: des lézardes 2
profondes sur les murs du temps. Je me suis promis, comme chaque fois, de les appeler plus
10 souvent. Je savais pourtant que je ne le ferais pas. Je continuerais de les appeler rarement. Ma
mère soulignait toujours, en plaisantant, mon faible sens de la famille. Amères plaisanteries:
elles portaient une silencieuse accusation. Mon père ne disait jamais rien à ce propos et cela
voulait tout dire. Aucun d’eux ne s’expliquait mes longues périodes de silence. La chose me
paraissait pourtant simple: je remplissais l’office dont beaucoup d’enfants devaient s’acquitter 3
15 vis-à-vis de leur parents à un moment de leur vie: l’office de l’ingratitude.
Il y avait aussi la part de la naïveté: celle qui me faisait croire que je disposais de mes
parents à volonté. Si je repoussais chaque fois le moment de leur passer un coup de fil, c’était
peut-être parce que, avec une confiance aveugle, j’étais sûr de les retrouver bientôt, et qu’il
n’était donc pas nécessaire de les appeler tous les jours, puisque celui 4 où je rentrerais
20 définitivement à leurs côtés viendrait rapidement. Mirage que 5 ce jour dans le désert de l’exil.
Ainsi chaque appel reporté, sous l’illusion de retrouvailles prochaines qui justifiaient son
annulation, marquait en réalité un éloignement plus grand. J’ai atteint le stade terminal de
l’immigration: je ne crois plus simplement à la possibilité du retour: je me suis convaincu
de son imminence 6 et persuadé de regagner le temps passé loin des miens. Ces tragiques
25 espérances me font vivre autant qu’elles me tuent: j’affecte de croire que je rentrerai bientôt
chez moi, que tout y sera inchangé et que je pourrai rattraper. Le retour qu’on rêve est un
roman parfait – un mauvais roman donc.
Quelque chose se meurt. Le monde que j’ai quitté a disparu dès que je lui ai tourné le
dos. J’ai cru, l’habitant et y ayant enterré, comme un trésor, mon enfance, qu’il était devenu
30 indestructible par la seule grâce de ce don. J’ai cru à sa loyauté éternelle pour mon existence
passée. Rien n’était plus chimérique 7: le monde jadis aimé n’a pas signé de pacte de fidélité.
Sitôt m’en étais-je absenté qu’il s’éloignait déjà dans le tunnel du temps. […]
L’exilé 8 est obsédé par la séparation géographique, l’éloignement dans l’espace. C’est
pourtant le temps qui fonde l’essentiel de sa solitude; et il accuse les kilomètres alors que ce
35 sont les jours qui le tuent. J’aurais pu supporter d’être à des milliards de bornes 9 du visage
parental si j’avais eu la certitude que le temps glisserait sur lui sans lui nuire. Mais c’est
impossible; il faut que les rides se creusent 10, que la vue baisse, que la mémoire flanche 11,
que des maladies menacent.
[…]
40 À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur
plus profond désir: ils en mourraient de chagrin. Mes parents me manquaient mais je craignais
de les appeler; le temps passait; et, autant j’étais triste de ne pas les entendre me raconter
ce qui arrivait dans leur vie, autant m’effrayait l’idée qu’ils me le disent, car je savais au fond
ce qui arrivait vraiment dans leur vie. C’était ce qui arrivait dans toute vie: ils se rapprochaient
45 de la mort. Je ne les appelais pas et j’en souffrais; je les appelais et j’en souffrais aussi, peut-
être même davantage.
Mes parents voulaient me parler de mille choses, des petits riens heureux ou contraignants,
de mes turbulents jeunes frères, de la situation politique tendue du pays. Mais je n’avais pas
le cœur à écouter tout cela. […]
1 redouter – craindre
2 lézarde (f) – une fissure
3 s’acquitter d’un office – ici: einer Rolle entsprechen
4 celui – Bezug auf « le moment »
5 mirage que – ici: wie ein Trugbild ist …
6 imminence (f) – unmittelbares Bevorstehen
7 chimérique – fabuleux,se, illusoire
8 exilé (m) – une personne qui vit loin de sa patrie
9 borne (f) – ici: kilomètre
10 se creuser – ici: augmenter
11 flancher – faiblir, diminuer
3.1 « À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur plus profond désir. » (l. 39 – 41)
Discutez cette citation en vous appuyant aussi sur les connaissances que vous avez acquises à propos de l’Afrique subsaharienne.
(commentaire)
[13 Punkte]
Aufgabe HT 2 - Aufgabe 3.2 · Kreatives Schreiben: Perspektivwechsel und Fortsetzung (Journal intime, lettre d'un personnage)
Klausurteil A
Mohamed Mbougar Sarr
La plus secrète mémoire des hommes
Diégane Latyr Faye, un jeune auteur sénégalais installé à Paris, consigne ses pensées dans son journal.
J’ai fait ce soir ce que je redoute 1 le plus au monde, Journal: j’ai appelé mes parents. Ma mère:
Tu as des problèmes ? Moi: Non, tout va bien. La mère: Vraiment ? Le fils: Vraiment. Elle:
Tu appelles comme ça ? Lui: Oui, pour prendre des nouvelles. Ma mère: Anh, Latyr, c’est
ça qui m’inquiète. Ça va, tu es sûr ?
5 Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte à côte, tiennent l’appareil
en sorte que je voie sur l’écran une partie du visage de chacun. Je regarde ainsi le visage
parental réunifié. Les signes de son vieillissement m’ont serré le cœur et donné l’envie de
couper l’image. Mais cela n’aurait rien changé; leurs voix aussi avaient vieilli: des lézardes 2
profondes sur les murs du temps. Je me suis promis, comme chaque fois, de les appeler plus
10 souvent. Je savais pourtant que je ne le ferais pas. Je continuerais de les appeler rarement. Ma
mère soulignait toujours, en plaisantant, mon faible sens de la famille. Amères plaisanteries:
elles portaient une silencieuse accusation. Mon père ne disait jamais rien à ce propos et cela
voulait tout dire. Aucun d’eux ne s’expliquait mes longues périodes de silence. La chose me
paraissait pourtant simple: je remplissais l’office dont beaucoup d’enfants devaient s’acquitter 3
15 vis-à-vis de leur parents à un moment de leur vie: l’office de l’ingratitude.
Il y avait aussi la part de la naïveté: celle qui me faisait croire que je disposais de mes
parents à volonté. Si je repoussais chaque fois le moment de leur passer un coup de fil, c’était
peut-être parce que, avec une confiance aveugle, j’étais sûr de les retrouver bientôt, et qu’il
n’était donc pas nécessaire de les appeler tous les jours, puisque celui 4 où je rentrerais
20 définitivement à leurs côtés viendrait rapidement. Mirage que 5 ce jour dans le désert de l’exil.
Ainsi chaque appel reporté, sous l’illusion de retrouvailles prochaines qui justifiaient son
annulation, marquait en réalité un éloignement plus grand. J’ai atteint le stade terminal de
l’immigration: je ne crois plus simplement à la possibilité du retour: je me suis convaincu
de son imminence 6 et persuadé de regagner le temps passé loin des miens. Ces tragiques
25 espérances me font vivre autant qu’elles me tuent: j’affecte de croire que je rentrerai bientôt
chez moi, que tout y sera inchangé et que je pourrai rattraper. Le retour qu’on rêve est un
roman parfait – un mauvais roman donc.
Quelque chose se meurt. Le monde que j’ai quitté a disparu dès que je lui ai tourné le
dos. J’ai cru, l’habitant et y ayant enterré, comme un trésor, mon enfance, qu’il était devenu
30 indestructible par la seule grâce de ce don. J’ai cru à sa loyauté éternelle pour mon existence
passée. Rien n’était plus chimérique 7: le monde jadis aimé n’a pas signé de pacte de fidélité.
Sitôt m’en étais-je absenté qu’il s’éloignait déjà dans le tunnel du temps. […]
L’exilé 8 est obsédé par la séparation géographique, l’éloignement dans l’espace. C’est
pourtant le temps qui fonde l’essentiel de sa solitude; et il accuse les kilomètres alors que ce
35 sont les jours qui le tuent. J’aurais pu supporter d’être à des milliards de bornes 9 du visage
parental si j’avais eu la certitude que le temps glisserait sur lui sans lui nuire. Mais c’est
impossible; il faut que les rides se creusent 10, que la vue baisse, que la mémoire flanche 11,
que des maladies menacent.
[…]
40 À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur
plus profond désir: ils en mourraient de chagrin. Mes parents me manquaient mais je craignais
de les appeler; le temps passait; et, autant j’étais triste de ne pas les entendre me raconter
ce qui arrivait dans leur vie, autant m’effrayait l’idée qu’ils me le disent, car je savais au fond
ce qui arrivait vraiment dans leur vie. C’était ce qui arrivait dans toute vie: ils se rapprochaient
45 de la mort. Je ne les appelais pas et j’en souffrais; je les appelais et j’en souffrais aussi, peut-
être même davantage.
Mes parents voulaient me parler de mille choses, des petits riens heureux ou contraignants,
de mes turbulents jeunes frères, de la situation politique tendue du pays. Mais je n’avais pas
le cœur à écouter tout cela. […]
1 redouter – craindre
2 lézarde (f) – une fissure
3 s’acquitter d’un office – ici: einer Rolle entsprechen
4 celui – Bezug auf « le moment »
5 mirage que – ici: wie ein Trugbild ist …
6 imminence (f) – unmittelbares Bevorstehen
7 chimérique – fabuleux,se, illusoire
8 exilé (m) – une personne qui vit loin de sa patrie
9 borne (f) – ici: kilomètre
10 se creuser – ici: augmenter
11 flancher – faiblir, diminuer
3.2 Une fois son coup de téléphone avec son fils Latyr terminé, la mère lui adresse une lettre. Elle y formule ses reproches, ses espoirs et ses inquiétudes au sujet de la vie de Latyr en France et de son retour au pays natal. Rédigez cette lettre.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe)
[13 Punkte]
Aufgabe HT 2 - Aufgabe 4 · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Klausurteil A
Mohamed Mbougar Sarr
La plus secrète mémoire des hommes
Diégane Latyr Faye, un jeune auteur sénégalais installé à Paris, consigne ses pensées dans son journal.
J’ai fait ce soir ce que je redoute 1 le plus au monde, Journal: j’ai appelé mes parents. Ma mère:
Tu as des problèmes ? Moi: Non, tout va bien. La mère: Vraiment ? Le fils: Vraiment. Elle:
Tu appelles comme ça ? Lui: Oui, pour prendre des nouvelles. Ma mère: Anh, Latyr, c’est
ça qui m’inquiète. Ça va, tu es sûr ?
5 Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte à côte, tiennent l’appareil
en sorte que je voie sur l’écran une partie du visage de chacun. Je regarde ainsi le visage
parental réunifié. Les signes de son vieillissement m’ont serré le cœur et donné l’envie de
couper l’image. Mais cela n’aurait rien changé; leurs voix aussi avaient vieilli: des lézardes 2
profondes sur les murs du temps. Je me suis promis, comme chaque fois, de les appeler plus
10 souvent. Je savais pourtant que je ne le ferais pas. Je continuerais de les appeler rarement. Ma
mère soulignait toujours, en plaisantant, mon faible sens de la famille. Amères plaisanteries:
elles portaient une silencieuse accusation. Mon père ne disait jamais rien à ce propos et cela
voulait tout dire. Aucun d’eux ne s’expliquait mes longues périodes de silence. La chose me
paraissait pourtant simple: je remplissais l’office dont beaucoup d’enfants devaient s’acquitter 3
15 vis-à-vis de leur parents à un moment de leur vie: l’office de l’ingratitude.
Il y avait aussi la part de la naïveté: celle qui me faisait croire que je disposais de mes
parents à volonté. Si je repoussais chaque fois le moment de leur passer un coup de fil, c’était
peut-être parce que, avec une confiance aveugle, j’étais sûr de les retrouver bientôt, et qu’il
n’était donc pas nécessaire de les appeler tous les jours, puisque celui 4 où je rentrerais
20 définitivement à leurs côtés viendrait rapidement. Mirage que 5 ce jour dans le désert de l’exil.
Ainsi chaque appel reporté, sous l’illusion de retrouvailles prochaines qui justifiaient son
annulation, marquait en réalité un éloignement plus grand. J’ai atteint le stade terminal de
l’immigration: je ne crois plus simplement à la possibilité du retour: je me suis convaincu
de son imminence 6 et persuadé de regagner le temps passé loin des miens. Ces tragiques
25 espérances me font vivre autant qu’elles me tuent: j’affecte de croire que je rentrerai bientôt
chez moi, que tout y sera inchangé et que je pourrai rattraper. Le retour qu’on rêve est un
roman parfait – un mauvais roman donc.
Quelque chose se meurt. Le monde que j’ai quitté a disparu dès que je lui ai tourné le
dos. J’ai cru, l’habitant et y ayant enterré, comme un trésor, mon enfance, qu’il était devenu
30 indestructible par la seule grâce de ce don. J’ai cru à sa loyauté éternelle pour mon existence
passée. Rien n’était plus chimérique 7: le monde jadis aimé n’a pas signé de pacte de fidélité.
Sitôt m’en étais-je absenté qu’il s’éloignait déjà dans le tunnel du temps. […]
L’exilé 8 est obsédé par la séparation géographique, l’éloignement dans l’espace. C’est
pourtant le temps qui fonde l’essentiel de sa solitude; et il accuse les kilomètres alors que ce
35 sont les jours qui le tuent. J’aurais pu supporter d’être à des milliards de bornes 9 du visage
parental si j’avais eu la certitude que le temps glisserait sur lui sans lui nuire. Mais c’est
impossible; il faut que les rides se creusent 10, que la vue baisse, que la mémoire flanche 11,
que des maladies menacent.
[…]
40 À certains qui sont partis, il faut souhaiter qu’ils ne rentrent jamais, bien que ce soit leur
plus profond désir: ils en mourraient de chagrin. Mes parents me manquaient mais je craignais
de les appeler; le temps passait; et, autant j’étais triste de ne pas les entendre me raconter
ce qui arrivait dans leur vie, autant m’effrayait l’idée qu’ils me le disent, car je savais au fond
ce qui arrivait vraiment dans leur vie. C’était ce qui arrivait dans toute vie: ils se rapprochaient
45 de la mort. Je ne les appelais pas et j’en souffrais; je les appelais et j’en souffrais aussi, peut-
être même davantage.
Mes parents voulaient me parler de mille choses, des petits riens heureux ou contraignants,
de mes turbulents jeunes frères, de la situation politique tendue du pays. Mais je n’avais pas
le cœur à écouter tout cela. […]
1 redouter – craindre
2 lézarde (f) – une fissure
3 s’acquitter d’un office – ici: einer Rolle entsprechen
4 celui – Bezug auf « le moment »
5 mirage que – ici: wie ein Trugbild ist …
6 imminence (f) – unmittelbares Bevorstehen
7 chimérique – fabuleux,se, illusoire
8 exilé (m) – une personne qui vit loin de sa patrie
9 borne (f) – ici: kilomètre
10 se creuser – ici: augmenter
11 flancher – faiblir, diminuer
Klausurteil B: Sprachmittlung isoliert
4. Vous contribuez à un blog en français pour lycéens de terminale, sur lequel on parle des possibilités d’avenir professionnel après le bac.
Des élèves français ont entendu parler du système allemand de formation par apprentissage et souhaitent en savoir plus. À partir de l’article « Lackieren geht über Studieren », vous leur présentez les atouts d’une telle formation en Allemagne.
Rédigez cet article de blog. (médiation) (18 Punkte)
Klausurteil B — Michael Brüggemann: Lackieren geht über Studieren (2019)
1 Wenn Jessica Jörges auf dem Baugerüst steht, trägt sie eines ihrer wichtigsten Werkzeuge stets griffbereit in der Arbeitshose: ihr Smartphone. In den Pausen macht die 21 Jahre alte Malergesellin aus dem hessischen Dreieich Selfies oder lässt sich von ihren Kollegen beim Verputzen mit dem Spachtel fotografieren. Die Bilder postet sie nach Feierabend auf Facebook 5 und Instagram. [...]
Ihre Mission: junge Menschen für ihr Gewerk zu begeistern.
„Viele wissen gar nicht, wie vielfältig unser Beruf ist. Die denken, wir würden den ganzen Tag nur Fassaden weiß streichen.“ In ihrem Blog gibt Jörges Einblicke in ihre tägliche Arbeit: Man sieht sie beim Wände tapezieren, Fenster lackieren, Dachstühle dämmen oder Putz auf- 10 ziehen. Auch anstrengende und dreckige Arbeiten wie Pinsel auswaschen oder Putzsäcke schleppen dokumentiert die junge Handwerkerin. „Ich will zeigen, was wirklich auf der Baustelle passiert, damit Bewerber wissen, worauf sie sich einlassen.“
Ihre authentische Art kommt an: Rund 3500 Follower hat Jörges inzwischen. Mit ihrem Blog will sie vor allem handwerklich geschickte Abiturienten erreichen. „Viele Jugendliche mit 15 gutem Schulabschluss empfinden eine Ausbildung als Rückschritt. Aber wo steht geschrieben, dass man studieren muss, um erfolgreich zu sein?“
Als Gesellin mit Hochschulreife ist Jessica Jörges in ihrer Branche eine Ausnahme: Nur etwa jeder siebte, neu eingestellte Auszubildende im Handwerk hat Abitur. Dabei könnten die Betriebe leistungsstarken Nachwuchs mit guter Allgemeinbildung dringend gebrauchen: Die 20 Auftragsbücher von Dachdeckern, Fliesenlegern, Klempnern oder Elektroinstallateuren sind voll. Auch Bäcker und Fleischer haben gut zu tun. Doch den Unternehmen fehlen geeignete Fachkräfte und Azubis, um die vielen Aufträge abzuarbeiten. Jedes Jahr bleiben rund 15.000 bis 20.000 Lehrstellen im Handwerk unbesetzt. In den vergangenen 20 Jahren hat sich die Gesamtzahl der Azubis fast halbiert.
25 Nicht nur das Handwerk, auch Industrie und Handel, Krankenhäuser oder Pflegeheime suchen verzweifelt nach Lehrlingen. Doch der Trend zu höheren Bildungsabschlüssen führt dazu, dass immer mehr junge Menschen an die Hochschulen drängen. Fast jeder sechste von zehn Schulabgängern beginnt ein Studium; vor zehn Jahren war es noch etwa jeder vierte. Gleichzeitig sinkt durch den demographischen Wandel die Zahl der Schulabgänger. Die Unterneh- 30 men werben deshalb intensiv um die wachsende Zielgruppe der Abiturienten.
Bislang mit mäßigem Erfolg. „An den Gymnasien gilt das Studium noch immer als Königsweg in eine erfolgreiche berufliche Zukunft“, sagt Volker Born, Leiter der Abteilung Berufliche Bildung beim Zentralverband des Deutschen Handwerks. „Viele Eltern meinen, dass Karriere und hohes Einkommen nur über die Hochschule realisierbar sind, und geben das an 35 ihre Kinder weiter.“
Dabei sind die Aussichten, die sich den Absolventen in einem der mehr als 130 Ausbildungsberufe im Handwerk bieten, vielversprechend. Als Gesellen können sie nach der Lehre „auf die Walz“ 1 oder ins Ausland gehen, den Meistertitel erwerben oder studieren. Angesichts der guten Geschäftslage und mit Blick auf Fachkräfte-Engpässe ist das Risiko, arbeitslos zu wer- 40 den, gering. In rund 200.000 Handwerksbetrieben steht zudem in den nächsten zehn Jahren ein Generationenwechsel an: „Für motivierte Nachwuchskräfte eine gute Gelegenheit, sich selbstständig zu machen und sein eigener Chef zu werden“, wirbt Born.
Auch finanziell kann sich die Entscheidung für einen handwerklichen Beruf auszahlen. Dem Ifo-Institut 2 zufolge nimmt ein Meister oder Techniker nach Abzug der Ausbildungskosten 45 im Laufe seines Lebens im Durchschnitt rund 730.000 Euro ein. Läuft sein Betrieb gut, verdient er damit deutlich mehr als mancher Hochschulabsolvent etwa der Kunst- oder Sozialwissenschaften. [...]
Dabei wäre manch ein Bachelorstudent im Betrieb glücklicher und erfolgreicher als im Hörsaal. „Nicht für jeden ist ein Studium nach dem Abitur das Richtige“, sagt Maler-Gesellin 50 Jessica Jörges. „Manche sind mit einer Ausbildung besser aufgehoben oder brauchen noch Zeit, um zu wissen, was sie studieren möchten.“
1 die Walz: le voyage des compagnons
2 Ifo-Institut: Institut für Wirtschaftsforschung
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