Abitur NRW Französisch 2023 · LK · Haupttermin · fortgeführt
Abiturprüfung Französisch in Nordrhein-Westfalen 2023, LK · Haupttermin · fortgeführt: 8 Aufgaben mit Lösungen. Mit automatischer Korrektur.
Themen der Prüfung: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez) · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Aufgabe HT 1 - Teilaufgabe 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Klausurteil A
Kim Hullot-Guiot, Gurvan Kristanadjaja
Quick commerce
Livraisons rapides des courses: les dessous d'un business express
Des start-up proposant des livraisons alimentaires ou ménagères en moins de dix minutes se multiplient dans les grandes villes françaises. Un marché juteux qui séduit la grande distribution, mais fait craindre des dérives 1.
Lorsque l'on passe devant ce local du quartier des Grands Boulevards, dans le IX e
5 arrondissement de Paris, rien ne permet d'identifier, depuis la rue, l'entreprise qui l'occupe.
Il y a bien ce ballet de livreurs à vélos et, si l'on jette un regard plus attentif, ces rayonnages
de produits que l'on aperçoit au loin. Mais aucun panneau n'indique de nom sur la devanture.
Il s'agit de l'un des « dark stores » de Cajoo, service français de livraison de courses fondé
en février, à Paris. C'est ici que des petites mains empaquettent, en quelques minutes, pâtes,
10 biscuits, œufs, fruits et légumes, piles, couches pour bébé, préservatifs, dentifrice, nourriture
pour chats et chiens, vins et spiritueux, et autres produits du quotidien – sur l'appli 2, on trouve
même des sex-toys et des feuilles à rouler 3. Charge ensuite à des livreurs à vélo d'apporter
les paquets aux clients dans un rayon de 2 km environ: ils roulent à toute berzingue 4 sur le
bitume jusqu'aux paliers, où les courses sont déposées en un temps souvent record (dix à
15 vingt minutes) – mais pas toujours, selon la distance exacte entre le dépôt et l'adresse de
livraison, la météo ou même le programme télé.
A l'intérieur du dark store de Cajoo, on se croirait dans un supermarché. Sauf que les rayons
sont organisés non par familles de produits, mais en fonction de leur popularité: les plus
commandés sont à l'avant (alcool, sodas et légumes), les autres (papier toilette, allumettes,
20 savon solide…) sont entreposés au fond du local. […]
Chez Cajoo, tandis que des préparateurs de commandes circulent au pas de course d’un rayon
à l’autre sous les néons blafards 5, l’œil rivé sur le PDA (« personal digital assistant »), sorte
de grand téléphone tactile, une jeune femme récupère les paniers, les place dans des sacs et
appelle les livreurs qui patientent à côté. Elle a trouvé ce boulot en intérim 6 il y a quelques
25 semaines et si le rythme est intense, il lui permet de « faire un complément 7 ». Son collègue, un
Malien de 27 ans, hoche la tête: après un CAP 8 cuisine, il a aussi besoin de gagner des sous.
La tâche est tout de même stressante, reconnaissent-ils du bout des lèvres: cette promesse de
livraison en dix minutes, ce sont d'abord eux qui doivent la tenir.
Pour le consommateur, l’offre est alléchante: plus besoin de réfléchir à l’avance à la liste
30 des courses, ni de réserver un créneau 9 de click and collect au supermarché, de faire la queue
chez le primeur du quartier ou devoir redescendre en urgence acheter une bouteille et des
chips pour un apéritif improvisé. Il suffit, en quelques clics, de télécharger une application,
de sélectionner ses produits et les voilà livrés en un battement de cils 10. Les prix sont à peine
plus élevés qu’en supermarché, mais il faut ajouter celui du transport. « Avec la crise du
35 Covid, on s'est rendu compte qu'il y avait une opportunité de marché sur la livraison de
courses, explique Henri Capoul, PDG 11, (ou CEO 12, comme le monde des start-up aime à
nommer ses dirigeants) tout juste trentenaire de Cajoo, un blond à la dégaine de premier de
la classe, passé par l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) puis Centrale 13. On
permet à l'utilisateur de gagner du temps et du confort, de ne plus planifier. On s'adresse à
40 une population très urbaine, des gens assez occupés. Notre cible, ce sont plutôt les célibataires
ou les jeunes couples avec enfants, pas les grosses familles. Certains clients font le plein de
courses, d'autres c'est plutôt pour les petites urgences.
[…]
Ces entreprises ont déjà réussi un tour de force en quelques mois: parvenir à s’imposer dans
le paysage des grandes villes françaises. Rue Popincourt, dans le IX e arrondissement de Paris,
45 c’est un magasin de vêtements emblématique installé depuis 2003 et connu pour ses vitrines
foutraques 14 et colorées, qui a été remplacé par un dark-store Getir 15. « C’est un quartier qui
a été longtemps concerné par la mono-activité textile, ces opérateurs viennent les remplacer
et peuvent se permettre de récupérer du foncier 16 » avance David Belliard, adjoint à la mairie
de Paris en charge de l’espace public et des transports.
50 Au total, ce sont trois dark stores concurrents qui se sont implantés sur quelques centaines de
mètres dans cette rue. Les voisins râlent car, depuis juin, une nuée de véhicules a colonisé
les trottoirs. […]
Vocabulaire
1 dérive (f) – un changement négatif
2 appli (f) – abréviation: une application
3 feuille à rouler (f) – papier à cigarettes
4 à toute berzingue – le plus vite possible
5 les néons blafards – fahles Neonlicht
6 en intérim – limité à un certain temps
7 complément (m) – Lohnzuschlag
8 CAP – abréviation pour certificat d'aptitude professionnelle: le certificat qu'on reçoit après avoir terminé une formation professionnelle
9 un créneau – intervalle de temps disponible
10 un battement de cils – Wimpernschlag
11 PDG – abréviation pour: président-directeur général: le chef d'une entreprise
12 CEO – abréviation pour: Chief Executive Officer
13 Centrale (École Centrale Paris) – grande école d'ingénieurs française
14 foutraque – extravagant
15 Getir – service de livraison en ligne qui fonctionne comme celui de Cajoo
16 récupérer du foncier – ici: Ladenfläche an sich reißen
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
1.
Présentez le principe du quick commerce ainsi que la manière dont il fonctionne. (compréhension) [10 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Teilaufgabe 2 · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport)
Klausurteil A
Kim Hullot-Guiot, Gurvan Kristanadjaja
Quick commerce
Livraisons rapides des courses: les dessous d'un business express
Des start-up proposant des livraisons alimentaires ou ménagères en moins de dix minutes se multiplient dans les grandes villes françaises. Un marché juteux qui séduit la grande distribution, mais fait craindre des dérives 1.
Lorsque l'on passe devant ce local du quartier des Grands Boulevards, dans le IX e
5 arrondissement de Paris, rien ne permet d'identifier, depuis la rue, l'entreprise qui l'occupe.
Il y a bien ce ballet de livreurs à vélos et, si l'on jette un regard plus attentif, ces rayonnages
de produits que l'on aperçoit au loin. Mais aucun panneau n'indique de nom sur la devanture.
Il s'agit de l'un des « dark stores » de Cajoo, service français de livraison de courses fondé
en février, à Paris. C'est ici que des petites mains empaquettent, en quelques minutes, pâtes,
10 biscuits, œufs, fruits et légumes, piles, couches pour bébé, préservatifs, dentifrice, nourriture
pour chats et chiens, vins et spiritueux, et autres produits du quotidien – sur l'appli 2, on trouve
même des sex-toys et des feuilles à rouler 3. Charge ensuite à des livreurs à vélo d'apporter
les paquets aux clients dans un rayon de 2 km environ: ils roulent à toute berzingue 4 sur le
bitume jusqu'aux paliers, où les courses sont déposées en un temps souvent record (dix à
15 vingt minutes) – mais pas toujours, selon la distance exacte entre le dépôt et l'adresse de
livraison, la météo ou même le programme télé.
A l'intérieur du dark store de Cajoo, on se croirait dans un supermarché. Sauf que les rayons
sont organisés non par familles de produits, mais en fonction de leur popularité: les plus
commandés sont à l'avant (alcool, sodas et légumes), les autres (papier toilette, allumettes,
20 savon solide…) sont entreposés au fond du local. […]
Chez Cajoo, tandis que des préparateurs de commandes circulent au pas de course d’un rayon
à l’autre sous les néons blafards 5, l’œil rivé sur le PDA (« personal digital assistant »), sorte
de grand téléphone tactile, une jeune femme récupère les paniers, les place dans des sacs et
appelle les livreurs qui patientent à côté. Elle a trouvé ce boulot en intérim 6 il y a quelques
25 semaines et si le rythme est intense, il lui permet de « faire un complément 7 ». Son collègue, un
Malien de 27 ans, hoche la tête: après un CAP 8 cuisine, il a aussi besoin de gagner des sous.
La tâche est tout de même stressante, reconnaissent-ils du bout des lèvres: cette promesse de
livraison en dix minutes, ce sont d'abord eux qui doivent la tenir.
Pour le consommateur, l’offre est alléchante: plus besoin de réfléchir à l’avance à la liste
30 des courses, ni de réserver un créneau 9 de click and collect au supermarché, de faire la queue
chez le primeur du quartier ou devoir redescendre en urgence acheter une bouteille et des
chips pour un apéritif improvisé. Il suffit, en quelques clics, de télécharger une application,
de sélectionner ses produits et les voilà livrés en un battement de cils 10. Les prix sont à peine
plus élevés qu’en supermarché, mais il faut ajouter celui du transport. « Avec la crise du
35 Covid, on s'est rendu compte qu'il y avait une opportunité de marché sur la livraison de
courses, explique Henri Capoul, PDG 11, (ou CEO 12, comme le monde des start-up aime à
nommer ses dirigeants) tout juste trentenaire de Cajoo, un blond à la dégaine de premier de
la classe, passé par l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) puis Centrale 13. On
permet à l'utilisateur de gagner du temps et du confort, de ne plus planifier. On s'adresse à
40 une population très urbaine, des gens assez occupés. Notre cible, ce sont plutôt les célibataires
ou les jeunes couples avec enfants, pas les grosses familles. Certains clients font le plein de
courses, d'autres c'est plutôt pour les petites urgences.
[…]
Ces entreprises ont déjà réussi un tour de force en quelques mois: parvenir à s’imposer dans
le paysage des grandes villes françaises. Rue Popincourt, dans le IX e arrondissement de Paris,
45 c’est un magasin de vêtements emblématique installé depuis 2003 et connu pour ses vitrines
foutraques 14 et colorées, qui a été remplacé par un dark-store Getir 15. « C’est un quartier qui
a été longtemps concerné par la mono-activité textile, ces opérateurs viennent les remplacer
et peuvent se permettre de récupérer du foncier 16 » avance David Belliard, adjoint à la mairie
de Paris en charge de l’espace public et des transports.
50 Au total, ce sont trois dark stores concurrents qui se sont implantés sur quelques centaines de
mètres dans cette rue. Les voisins râlent car, depuis juin, une nuée de véhicules a colonisé
les trottoirs. […]
Vocabulaire
1 dérive (f) – un changement négatif
2 appli (f) – abréviation: une application
3 feuille à rouler (f) – papier à cigarettes
4 à toute berzingue – le plus vite possible
5 les néons blafards – fahles Neonlicht
6 en intérim – limité à un certain temps
7 complément (m) – Lohnzuschlag
8 CAP – abréviation pour certificat d'aptitude professionnelle: le certificat qu'on reçoit après avoir terminé une formation professionnelle
9 un créneau – intervalle de temps disponible
10 un battement de cils – Wimpernschlag
11 PDG – abréviation pour: président-directeur général: le chef d'une entreprise
12 CEO – abréviation pour: Chief Executive Officer
13 Centrale (École Centrale Paris) – grande école d'ingénieurs française
14 foutraque – extravagant
15 Getir – service de livraison en ligne qui fonctionne comme celui de Cajoo
16 récupérer du foncier – ici: Ladenfläche an sich reißen
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
2.
Étudiez les atouts et les limites du quick commerce en tenant compte de la position des auteurs face à l'essor de ces entreprises ainsi que des procédés linguistiques employés. (analyse) [18 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Teilaufgabe 3.1 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Klausurteil A
Kim Hullot-Guiot, Gurvan Kristanadjaja
Quick commerce
Livraisons rapides des courses: les dessous d'un business express
Des start-up proposant des livraisons alimentaires ou ménagères en moins de dix minutes se multiplient dans les grandes villes françaises. Un marché juteux qui séduit la grande distribution, mais fait craindre des dérives 1.
Lorsque l'on passe devant ce local du quartier des Grands Boulevards, dans le IX e
5 arrondissement de Paris, rien ne permet d'identifier, depuis la rue, l'entreprise qui l'occupe.
Il y a bien ce ballet de livreurs à vélos et, si l'on jette un regard plus attentif, ces rayonnages
de produits que l'on aperçoit au loin. Mais aucun panneau n'indique de nom sur la devanture.
Il s'agit de l'un des « dark stores » de Cajoo, service français de livraison de courses fondé
en février, à Paris. C'est ici que des petites mains empaquettent, en quelques minutes, pâtes,
10 biscuits, œufs, fruits et légumes, piles, couches pour bébé, préservatifs, dentifrice, nourriture
pour chats et chiens, vins et spiritueux, et autres produits du quotidien – sur l'appli 2, on trouve
même des sex-toys et des feuilles à rouler 3. Charge ensuite à des livreurs à vélo d'apporter
les paquets aux clients dans un rayon de 2 km environ: ils roulent à toute berzingue 4 sur le
bitume jusqu'aux paliers, où les courses sont déposées en un temps souvent record (dix à
15 vingt minutes) – mais pas toujours, selon la distance exacte entre le dépôt et l'adresse de
livraison, la météo ou même le programme télé.
A l'intérieur du dark store de Cajoo, on se croirait dans un supermarché. Sauf que les rayons
sont organisés non par familles de produits, mais en fonction de leur popularité: les plus
commandés sont à l'avant (alcool, sodas et légumes), les autres (papier toilette, allumettes,
20 savon solide…) sont entreposés au fond du local. […]
Chez Cajoo, tandis que des préparateurs de commandes circulent au pas de course d’un rayon
à l’autre sous les néons blafards 5, l’œil rivé sur le PDA (« personal digital assistant »), sorte
de grand téléphone tactile, une jeune femme récupère les paniers, les place dans des sacs et
appelle les livreurs qui patientent à côté. Elle a trouvé ce boulot en intérim 6 il y a quelques
25 semaines et si le rythme est intense, il lui permet de « faire un complément 7 ». Son collègue, un
Malien de 27 ans, hoche la tête: après un CAP 8 cuisine, il a aussi besoin de gagner des sous.
La tâche est tout de même stressante, reconnaissent-ils du bout des lèvres: cette promesse de
livraison en dix minutes, ce sont d'abord eux qui doivent la tenir.
Pour le consommateur, l’offre est alléchante: plus besoin de réfléchir à l’avance à la liste
30 des courses, ni de réserver un créneau 9 de click and collect au supermarché, de faire la queue
chez le primeur du quartier ou devoir redescendre en urgence acheter une bouteille et des
chips pour un apéritif improvisé. Il suffit, en quelques clics, de télécharger une application,
de sélectionner ses produits et les voilà livrés en un battement de cils 10. Les prix sont à peine
plus élevés qu’en supermarché, mais il faut ajouter celui du transport. « Avec la crise du
35 Covid, on s'est rendu compte qu'il y avait une opportunité de marché sur la livraison de
courses, explique Henri Capoul, PDG 11, (ou CEO 12, comme le monde des start-up aime à
nommer ses dirigeants) tout juste trentenaire de Cajoo, un blond à la dégaine de premier de
la classe, passé par l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) puis Centrale 13. On
permet à l'utilisateur de gagner du temps et du confort, de ne plus planifier. On s'adresse à
40 une population très urbaine, des gens assez occupés. Notre cible, ce sont plutôt les célibataires
ou les jeunes couples avec enfants, pas les grosses familles. Certains clients font le plein de
courses, d'autres c'est plutôt pour les petites urgences.
[…]
Ces entreprises ont déjà réussi un tour de force en quelques mois: parvenir à s’imposer dans
le paysage des grandes villes françaises. Rue Popincourt, dans le IX e arrondissement de Paris,
45 c’est un magasin de vêtements emblématique installé depuis 2003 et connu pour ses vitrines
foutraques 14 et colorées, qui a été remplacé par un dark-store Getir 15. « C’est un quartier qui
a été longtemps concerné par la mono-activité textile, ces opérateurs viennent les remplacer
et peuvent se permettre de récupérer du foncier 16 » avance David Belliard, adjoint à la mairie
de Paris en charge de l’espace public et des transports.
50 Au total, ce sont trois dark stores concurrents qui se sont implantés sur quelques centaines de
mètres dans cette rue. Les voisins râlent car, depuis juin, une nuée de véhicules a colonisé
les trottoirs. […]
Vocabulaire
1 dérive (f) – un changement négatif
2 appli (f) – abréviation: une application
3 feuille à rouler (f) – papier à cigarettes
4 à toute berzingue – le plus vite possible
5 les néons blafards – fahles Neonlicht
6 en intérim – limité à un certain temps
7 complément (m) – Lohnzuschlag
8 CAP – abréviation pour certificat d'aptitude professionnelle: le certificat qu'on reçoit après avoir terminé une formation professionnelle
9 un créneau – intervalle de temps disponible
10 un battement de cils – Wimpernschlag
11 PDG – abréviation pour: président-directeur général: le chef d'une entreprise
12 CEO – abréviation pour: Chief Executive Officer
13 Centrale (École Centrale Paris) – grande école d'ingénieurs française
14 foutraque – extravagant
15 Getir – service de livraison en ligne qui fonctionne comme celui de Cajoo
16 récupérer du foncier – ici: Ladenfläche an sich reißen
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
Au choix: Teilaufgabe 3.1 ou Teilaufgabe 3.2
3.1
L'adjoint à la mairie de Paris, David Belliard, dit: « Le risque avec ces dark stores [...] c'est qu'on continuera à faire perdurer ce modèle d'esclavage moderne avec un encombrement très fort des rues. Or je ne veux pas que Paris devienne une < dark city >, une ville sombre où il n'y a pas de devanture, pas de contact humain. »
Commentez ces propos en vous appuyant aussi sur ce que vous avez appris en cours au sujet de la vie en ville. (commentaire) [14 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Teilaufgabe 3.2 · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Klausurteil A
Kim Hullot-Guiot, Gurvan Kristanadjaja
Quick commerce
Livraisons rapides des courses: les dessous d'un business express
Des start-up proposant des livraisons alimentaires ou ménagères en moins de dix minutes se multiplient dans les grandes villes françaises. Un marché juteux qui séduit la grande distribution, mais fait craindre des dérives 1.
Lorsque l'on passe devant ce local du quartier des Grands Boulevards, dans le IX e
5 arrondissement de Paris, rien ne permet d'identifier, depuis la rue, l'entreprise qui l'occupe.
Il y a bien ce ballet de livreurs à vélos et, si l'on jette un regard plus attentif, ces rayonnages
de produits que l'on aperçoit au loin. Mais aucun panneau n'indique de nom sur la devanture.
Il s'agit de l'un des « dark stores » de Cajoo, service français de livraison de courses fondé
en février, à Paris. C'est ici que des petites mains empaquettent, en quelques minutes, pâtes,
10 biscuits, œufs, fruits et légumes, piles, couches pour bébé, préservatifs, dentifrice, nourriture
pour chats et chiens, vins et spiritueux, et autres produits du quotidien – sur l'appli 2, on trouve
même des sex-toys et des feuilles à rouler 3. Charge ensuite à des livreurs à vélo d'apporter
les paquets aux clients dans un rayon de 2 km environ: ils roulent à toute berzingue 4 sur le
bitume jusqu'aux paliers, où les courses sont déposées en un temps souvent record (dix à
15 vingt minutes) – mais pas toujours, selon la distance exacte entre le dépôt et l'adresse de
livraison, la météo ou même le programme télé.
A l'intérieur du dark store de Cajoo, on se croirait dans un supermarché. Sauf que les rayons
sont organisés non par familles de produits, mais en fonction de leur popularité: les plus
commandés sont à l'avant (alcool, sodas et légumes), les autres (papier toilette, allumettes,
20 savon solide…) sont entreposés au fond du local. […]
Chez Cajoo, tandis que des préparateurs de commandes circulent au pas de course d’un rayon
à l’autre sous les néons blafards 5, l’œil rivé sur le PDA (« personal digital assistant »), sorte
de grand téléphone tactile, une jeune femme récupère les paniers, les place dans des sacs et
appelle les livreurs qui patientent à côté. Elle a trouvé ce boulot en intérim 6 il y a quelques
25 semaines et si le rythme est intense, il lui permet de « faire un complément 7 ». Son collègue, un
Malien de 27 ans, hoche la tête: après un CAP 8 cuisine, il a aussi besoin de gagner des sous.
La tâche est tout de même stressante, reconnaissent-ils du bout des lèvres: cette promesse de
livraison en dix minutes, ce sont d'abord eux qui doivent la tenir.
Pour le consommateur, l’offre est alléchante: plus besoin de réfléchir à l’avance à la liste
30 des courses, ni de réserver un créneau 9 de click and collect au supermarché, de faire la queue
chez le primeur du quartier ou devoir redescendre en urgence acheter une bouteille et des
chips pour un apéritif improvisé. Il suffit, en quelques clics, de télécharger une application,
de sélectionner ses produits et les voilà livrés en un battement de cils 10. Les prix sont à peine
plus élevés qu’en supermarché, mais il faut ajouter celui du transport. « Avec la crise du
35 Covid, on s'est rendu compte qu'il y avait une opportunité de marché sur la livraison de
courses, explique Henri Capoul, PDG 11, (ou CEO 12, comme le monde des start-up aime à
nommer ses dirigeants) tout juste trentenaire de Cajoo, un blond à la dégaine de premier de
la classe, passé par l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) puis Centrale 13. On
permet à l'utilisateur de gagner du temps et du confort, de ne plus planifier. On s'adresse à
40 une population très urbaine, des gens assez occupés. Notre cible, ce sont plutôt les célibataires
ou les jeunes couples avec enfants, pas les grosses familles. Certains clients font le plein de
courses, d'autres c'est plutôt pour les petites urgences.
[…]
Ces entreprises ont déjà réussi un tour de force en quelques mois: parvenir à s’imposer dans
le paysage des grandes villes françaises. Rue Popincourt, dans le IX e arrondissement de Paris,
45 c’est un magasin de vêtements emblématique installé depuis 2003 et connu pour ses vitrines
foutraques 14 et colorées, qui a été remplacé par un dark-store Getir 15. « C’est un quartier qui
a été longtemps concerné par la mono-activité textile, ces opérateurs viennent les remplacer
et peuvent se permettre de récupérer du foncier 16 » avance David Belliard, adjoint à la mairie
de Paris en charge de l’espace public et des transports.
50 Au total, ce sont trois dark stores concurrents qui se sont implantés sur quelques centaines de
mètres dans cette rue. Les voisins râlent car, depuis juin, une nuée de véhicules a colonisé
les trottoirs. […]
Vocabulaire
1 dérive (f) – un changement négatif
2 appli (f) – abréviation: une application
3 feuille à rouler (f) – papier à cigarettes
4 à toute berzingue – le plus vite possible
5 les néons blafards – fahles Neonlicht
6 en intérim – limité à un certain temps
7 complément (m) – Lohnzuschlag
8 CAP – abréviation pour certificat d'aptitude professionnelle: le certificat qu'on reçoit après avoir terminé une formation professionnelle
9 un créneau – intervalle de temps disponible
10 un battement de cils – Wimpernschlag
11 PDG – abréviation pour: président-directeur général: le chef d'une entreprise
12 CEO – abréviation pour: Chief Executive Officer
13 Centrale (École Centrale Paris) – grande école d'ingénieurs française
14 foutraque – extravagant
15 Getir – service de livraison en ligne qui fonctionne comme celui de Cajoo
16 récupérer du foncier – ici: Ladenfläche an sich reißen
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
Au choix: Teilaufgabe 3.1 ou Teilaufgabe 3.2
3.2
Les adeptes du quick commerce échangent sur le forum « Comment consommer aujourd'hui ? » à propos des atouts de ce mode de consommation. Imaginez que vous êtes un livreur qui, bien qu'il ait fait des études universitaires, n'a pas déniché d'autre emploi et qui évoque son métier et ses difficultés. Rédigez sa réponse sous la forme d'un courrier de lecteur. (produktiv-gestaltende Teilaufgabe) [14 Punkte]
Aufgabe HT 1 - Teilaufgabe 4 · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Klausurteil A
Kim Hullot-Guiot, Gurvan Kristanadjaja
Quick commerce
Livraisons rapides des courses: les dessous d'un business express
Des start-up proposant des livraisons alimentaires ou ménagères en moins de dix minutes se multiplient dans les grandes villes françaises. Un marché juteux qui séduit la grande distribution, mais fait craindre des dérives 1.
Lorsque l'on passe devant ce local du quartier des Grands Boulevards, dans le IX e
5 arrondissement de Paris, rien ne permet d'identifier, depuis la rue, l'entreprise qui l'occupe.
Il y a bien ce ballet de livreurs à vélos et, si l'on jette un regard plus attentif, ces rayonnages
de produits que l'on aperçoit au loin. Mais aucun panneau n'indique de nom sur la devanture.
Il s'agit de l'un des « dark stores » de Cajoo, service français de livraison de courses fondé
en février, à Paris. C'est ici que des petites mains empaquettent, en quelques minutes, pâtes,
10 biscuits, œufs, fruits et légumes, piles, couches pour bébé, préservatifs, dentifrice, nourriture
pour chats et chiens, vins et spiritueux, et autres produits du quotidien – sur l'appli 2, on trouve
même des sex-toys et des feuilles à rouler 3. Charge ensuite à des livreurs à vélo d'apporter
les paquets aux clients dans un rayon de 2 km environ: ils roulent à toute berzingue 4 sur le
bitume jusqu'aux paliers, où les courses sont déposées en un temps souvent record (dix à
15 vingt minutes) – mais pas toujours, selon la distance exacte entre le dépôt et l'adresse de
livraison, la météo ou même le programme télé.
A l'intérieur du dark store de Cajoo, on se croirait dans un supermarché. Sauf que les rayons
sont organisés non par familles de produits, mais en fonction de leur popularité: les plus
commandés sont à l'avant (alcool, sodas et légumes), les autres (papier toilette, allumettes,
20 savon solide…) sont entreposés au fond du local. […]
Chez Cajoo, tandis que des préparateurs de commandes circulent au pas de course d’un rayon
à l’autre sous les néons blafards 5, l’œil rivé sur le PDA (« personal digital assistant »), sorte
de grand téléphone tactile, une jeune femme récupère les paniers, les place dans des sacs et
appelle les livreurs qui patientent à côté. Elle a trouvé ce boulot en intérim 6 il y a quelques
25 semaines et si le rythme est intense, il lui permet de « faire un complément 7 ». Son collègue, un
Malien de 27 ans, hoche la tête: après un CAP 8 cuisine, il a aussi besoin de gagner des sous.
La tâche est tout de même stressante, reconnaissent-ils du bout des lèvres: cette promesse de
livraison en dix minutes, ce sont d'abord eux qui doivent la tenir.
Pour le consommateur, l’offre est alléchante: plus besoin de réfléchir à l’avance à la liste
30 des courses, ni de réserver un créneau 9 de click and collect au supermarché, de faire la queue
chez le primeur du quartier ou devoir redescendre en urgence acheter une bouteille et des
chips pour un apéritif improvisé. Il suffit, en quelques clics, de télécharger une application,
de sélectionner ses produits et les voilà livrés en un battement de cils 10. Les prix sont à peine
plus élevés qu’en supermarché, mais il faut ajouter celui du transport. « Avec la crise du
35 Covid, on s'est rendu compte qu'il y avait une opportunité de marché sur la livraison de
courses, explique Henri Capoul, PDG 11, (ou CEO 12, comme le monde des start-up aime à
nommer ses dirigeants) tout juste trentenaire de Cajoo, un blond à la dégaine de premier de
la classe, passé par l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) puis Centrale 13. On
permet à l'utilisateur de gagner du temps et du confort, de ne plus planifier. On s'adresse à
40 une population très urbaine, des gens assez occupés. Notre cible, ce sont plutôt les célibataires
ou les jeunes couples avec enfants, pas les grosses familles. Certains clients font le plein de
courses, d'autres c'est plutôt pour les petites urgences.
[…]
Ces entreprises ont déjà réussi un tour de force en quelques mois: parvenir à s’imposer dans
le paysage des grandes villes françaises. Rue Popincourt, dans le IX e arrondissement de Paris,
45 c’est un magasin de vêtements emblématique installé depuis 2003 et connu pour ses vitrines
foutraques 14 et colorées, qui a été remplacé par un dark-store Getir 15. « C’est un quartier qui
a été longtemps concerné par la mono-activité textile, ces opérateurs viennent les remplacer
et peuvent se permettre de récupérer du foncier 16 » avance David Belliard, adjoint à la mairie
de Paris en charge de l’espace public et des transports.
50 Au total, ce sont trois dark stores concurrents qui se sont implantés sur quelques centaines de
mètres dans cette rue. Les voisins râlent car, depuis juin, une nuée de véhicules a colonisé
les trottoirs. […]
Vocabulaire
1 dérive (f) – un changement négatif
2 appli (f) – abréviation: une application
3 feuille à rouler (f) – papier à cigarettes
4 à toute berzingue – le plus vite possible
5 les néons blafards – fahles Neonlicht
6 en intérim – limité à un certain temps
7 complément (m) – Lohnzuschlag
8 CAP – abréviation pour certificat d'aptitude professionnelle: le certificat qu'on reçoit après avoir terminé une formation professionnelle
9 un créneau – intervalle de temps disponible
10 un battement de cils – Wimpernschlag
11 PDG – abréviation pour: président-directeur général: le chef d'une entreprise
12 CEO – abréviation pour: Chief Executive Officer
13 Centrale (École Centrale Paris) – grande école d'ingénieurs française
14 foutraque – extravagant
15 Getir – service de livraison en ligne qui fonctionne comme celui de Cajoo
16 récupérer du foncier – ici: Ladenfläche an sich reißen
Klausurteil B: Sprachmittlung isoliert
4.
Votre école partenaire a lancé un blog consacré au développement durable. Afin d'appuyer cette initiative, vous y présentez l'idée et les activités du projet « Restlos Glücklich ». Rédigez cet article de blog. (médiation) [18 Punkte]
Texte d'appui (allemand)
Charlotte Bauer: Schöneberger Verein gibt Lebensmitteln eine zweite Chance (2020)
Drei Mal die Woche rettet das Team aus Schöneberg die übrig gebliebenen Lebensmittel aus ihrem Bio-Supermarkt um die Ecke, um Kartoffeln, Obst, Gemüse und Reis eine zweite Chance zu geben.
Vor fünf Jahren hatten die Gründerinnen Annette Keuchel und Leoni Beckmann die Idee, ein Restaurant zu eröffnen, in dem hauptsächlich mit geretteten Lebensmitteln gekocht werden soll. Auf diese Weise wollten sie mehr Aufmerksamkeit und vor allem Wertschätzung für Essen schaffen.
Seit der Idee ist einige Zeit ins Land gegangen. Anfang 2018 gründeten die beiden einen Verein. Seitdem richten sie Bildungs-Workshops zu Themen rund um Lebensmittelverschwendung für Kinder und Erwachsene aus. Der Verein hat mittlerweile zwölf überwiegend weibliche Mitarbeiter. Gemeinsam möchten sie dazu beitragen, dass Menschen ihre Lebensmittel wieder mehr wertschätzen.
Die Mitarbeiter von „Restlos Glücklich e. V.“ bieten kostenfreie Koch-Events, Workshops und Seminare an, bei denen die geretteten Zutaten weiterverarbeitet werden. Alles, was sie nicht verwenden können, verschenkt das Team weiter an Freunde und Bekannte, damit auch wirklich nichts in der Mülltonne landet.
„Wir wollen die Workshops für alle zugänglich machen, um möglichst viele Menschen zu erreichen und ein Bewusstsein für mehr Nachhaltigkeit in Bezug auf Nahrung zu schaffen“, erklärt Geschäftsleiterin Hanna Legleitner (34).
Jeden Montag und Mittwoch holen die Mitarbeiter von „Restlos Glücklich“ bei ihrem Bio-Supermarkt die bereits aus den Regalen aussortierten Lebensmittel ab. „Nach dem Wochenende bleibt immer besonders viel übrig“, erklärt Heuts, das seien die Restbestände vom Sonnabend.
Die Vielfalt dabei ist groß, sie reicht von Nudeln und Eiern über Milch bis hin zu Öl. Und immer bleiben laut den beiden Lebensmittel-Retterinnen viel Obst, Gemüse und Brot übrig. „Meistens ist es so, dass die Leute immer das Schönste haben wollen und somit etwa krumme Karotten in den Regalen liegen bleiben, obwohl man sie genauso gut essen kann“, sagt Heuts.
Dieses Mal hat der Verein am Ende sechs große Kisten voller Essen gerettet. „Ich schätze, das sind so ungefähr 80 bis 100 Kilo an Nahrung – das entspricht etwa dem Gewicht eines ausgewachsenen Mannes“, erklärt Geschäftsführerin Legleitner. Normalerweise hätte so ein Einkauf im Bio-Supermarkt mindestens 200 bis 250 Euro gekostet, schätzt sie.
Bevor die Waren aber für Koch-Events oder andere Veranstaltungen verwendet werden, prüft das Team noch einmal genau, ob sie wirklich noch zum Verzehr geeignet sind.
„Auf vielen Lebensmitteln steht zwar ein Mindesthaltbarkeitsdatum, was einem sagen soll, wie lange das Produkt gut ist. In den meisten Fällen sind die Sachen aber noch viel länger haltbar“, sagt sie. Bei Milchprodukten könne man zum Beispiel ganz einfach am Geruch und am Geschmack erkennen, ob Joghurt oder Käse noch essbar sind.
Manche Produkte, wie Öl und Salz, könnten überhaupt nicht schlecht werden, sagt sie. […]
Mehrmals pro Woche bietet „Restlos Glücklich“ unterschiedliche Workshops, Kochevents, Bildungsprojekte und Mitmach-Aktionen zum Thema nachhaltige und klimafreundliche Ernährung an. „Wir wollen dadurch den Menschen vermitteln, dass Nahrung mehr wertgeschätzt werden muss und wie viel Arbeit eigentlich in der Lebensmittelproduktion, wie etwa der Ernte, steckt“, sagt Heuts. „17 Prozent der vom Mensch verursachten Treibhausgasemissionen sind auf unsere Ernährung zurückzuführen – dafür wollen wir ein Bewusstsein schaffen“.
Dafür geht der Verein beispielsweise an Schulen, wo die Mitarbeiter dann gemeinsam mit den Kindern Gerichte aus den geretteten Lebensmitteln kochen. Auch für Unternehmen veranstalten sie solche Events. „Kochen macht Spaß und man kann so einfach ins Gespräch mit den Leuten kommen“, findet Heuts.
Da ausschließlich mit geretteten Lebensmitteln gekocht wird, müssen die Köchinnen häufig sehr kreativ in ihren Rezeptideen sein. […]
In ihren Workshops wollen sie den Teilnehmern auch Wissen vermitteln, wie man umweltbewusst und nachhaltig mit Lebensmitteln umgeht. „Saisonale und regionale Nahrungsmittel sind besser für die Umwelt. Zusätzlich leisten Bio-Produkte und eine möglichst fleischarme Ernährung einen großen Beitrag für eine nachhaltigere Ernährungsweise“, erklärt Legleitner. Aber auch durch die richtige Lagerung könne man Lebensmittel länger haltbar halten.
Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
1. Présentez la vie de Sarah sur le plan privé et professionnel. (compréhension) (12 Punkte)
Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 2 · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez)
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
2. Étudiez comment Sarah se positionne par rapport à son travail, en vous appuyant sur les procédés stylistiques employés par l'auteure. (analyse) (17 Punkte)
Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 3.1 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
Au choix:
3.1 Réussir sa vie professionnelle tout en s'occupant de sa famille: est-ce un défi que les hommes comme les femmes peuvent relever ? Discutez. (commentaire) (13 Punkte)
Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 3.2 · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil A: Leseverstehen und Schreiben integriert
Au choix:
3.2 Avec votre école partenaire, vous faites un projet sur le monde du travail. Pour cela, vous sélectionnez des textes qui présentent des projets d'avenir, personnels et professionnels.
Rédigez un article de blog dans lequel vous évaluez si l'extrait du roman « La tresse » convient à ce recueil. (produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (13 Punkte)
Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 4 · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil B: Sprachmittlung isoliert
4. Dans le cadre d'un projet d'orientation professionnelle organisé à l'école, votre correspondant Romain s'est renseigné sur un métier lié à la garde d'enfants. Comme il hésite encore sur son choix de carrière, il voudrait mieux connaître la perception des hommes qui travaillent dans ce secteur en Allemagne. Répondez-lui par e-mail à partir de l'article « Frauensache ? Ein Bielefelder erzählt, warum mehr Männer Tagesvater werden sollten ».
Rédigez cet e-mail. (médiation) [18 Punkte]
Texte source pour la médiation:
Angelina Kuhlmann, Max Maschmann
Frauensache? Ein Bielefelder erzählt, warum mehr Männer Tagesvater werden sollten (2019)
[...]
Bielefeld. Was Sven Teigelkamp (43) macht, machen nicht viele Männer. Und trotzdem würde er es „jederzeit wieder“ machen, sagt er.
Denn dass die Arbeit in der Kindertagespflege Frauensache ist, findet der Bielefelder Tagesvater nicht. Im Gegenteil: Er findet, dass sich der geringe Männeranteil dringend ändern muss. Zwar weiß er, dass viele Männer Vorurteile gegen Erziehungsberufe haben – bestätigen kann er die aber nicht.
Noch dominieren aber die weiblichen Beschäftigten in ganz Deutschland den Erziehungssektor: 85 Prozent der Angestellten in zum Beispiel Kitas oder Grundschulen in Deutschland sind weiblich. Ihr Anteil in der Kindertagespflege ist noch größer.
Kaum Tagesväter in OWL¹-Städten
In Deutschland gibt es insgesamt 44.000 Kindertagespflegepersonen, die rund 168.000 Kinder betreuen. Die Männerquote in den Einrichtungen ist länderübergreifend sehr niedrig. Nur 567 Männer arbeiteten laut Zahlen vom März 2018 in NRW als Tagesvater. Dieses Verhältnis spiegelt sich auch in OWL wider: In Bielefeld gibt es aktuell fast 200 Tagesmütter und nur acht Tagesväter. Ähnlich sieht es in Gütersloh aus. Dort kommen auf 80 Tagesmütter vier Tagesväter. Und in Herford befindet sich unter 48 Frauen noch kein Mann.
Der Grund dafür seien Vorurteile, sagt Tagesvater Sven Teigelkamp: „Ich glaube, das ist noch so, dass viele das als sehr stressig empfinden und meinen, dass das ein reiner Frauenberuf ist und man nicht genug verdient“, erklärt er. Das würde sich in seinem Arbeitstag aber gar nicht bestätigen.
Der 43-jährige Bielefelder hat vor über einem Jahr mit seiner Kollegin Jacqueline Meyer die Großtagespflege „Glashauskids“ im Stadtteil Schildesche gegründet. Zusammen kümmern sie sich jeden Tag um bis zu neun Kinder unter drei Jahren.
”Meine Frau ist Tagesmutter und ich habe ihr auch mal geholfen den ganzen Alltag zu bewältigen. Das hat mich so fasziniert, dass ich dann irgendwann gesagt habe, ich mache Nägel mit Köpfen und mach's dann auch“, sagt er.
Aus dem Büro in die Kinderbetreuung, ein Bielefelder erzählt
Anderthalb Jahre lang hat Teigelkamp ein- bis zweimal die Woche die Qualifizierung zur Tagespflegeperson bei der AWO² gemacht. Insgesamt muss jemand, der keine Erzieherausbildung gemacht hat, 160 Unterrichtsstunden absolvieren, ein polizeiliches Föhrungszeugnis vorweisen und Kurse zur Ersten Hilfe bei Säuglingen und Kleinkindern machen.
Anfangs hat Teigelkamp danach die Nachmittagsbetreuung der Tageskinder seiner Frau übernommen. Im Gespräch mit Jacqueline Meyer, die er während der Ausbildung kennen gelernt hat, wurde aber schnell klar, dass sie zusammen was Eigenes machen wollen.
[...]
Teigelkamp hofft, dass sich der Blick von Männern auf die Berufsperspektive Tagesvater ändert. Für die Kinder hätte das Vorteile: „Ich denke schon, dass ganz viele Kinder eine männliche Bezugsperson brauchen. Gerade in der heutigen Zeit gibt es viele, deren Eltern getrennt sind oder getrennt leben, und Kinder brauchen auch eine männliche Identifikationsperson.“
Das bestätigt auch Bettina Konrath, Vorsitzende des Landesverbands für Kindertagespflege NRW. „Gerade für Kinder alleinerziehender Eltern können Tagesväter hilfreich sein, etwa wenn eine Vaterfigur fehlt“, sagt sie.
[...] Gezielte Förderprogramme, um mehr Männer in die Kindertagespflege zu holen, gebe es nicht. „Aber vielleicht kann man in Werbeaktionen darauf hinweisen, dass es Männer in diesem Beruf gibt, und dass weitere gesucht werden“, schlägt Bettina Konrath vor.
Wibke Op den Akker, Pressesprecherin des Ministeriums für Kinder, Familie, Flüchtlinge und Integration NRW, spricht in Bezug auf die fehlenden Männer in den Betreuungseinrichtungen von „Grundhemmnissen“. Verdienstmöglichkeiten, Aufstiegschancen und gesellschaftliche Anerkennung seien wichtig für das Rollenbild eines Mannes. Im Erziehungsbereich sei das schwierig.
[...]
Bundesregierung will Kindertagespflege stärken
Die Kindertagespflege ist zwar noch lange kein Männerberuf, aber: die Zahl der Tagesväter steigt langsam an. In Herford lässt sich zum Beispiel gerade der allererste Tagesvater der Stadt ausbilden.
Parallel will die Bundesregierung dafür sorgen, dass die Kindertagespflege mehr Anerkennung und Akzeptanz erhält. Gerade hat sie ein Förderprogramm über 22,5 Millionen Euro beschlossen, von dem 43 Kommunen und Landkreise profitieren sollen.
[...]
¹ OWL: Ostwestfalen-Lippe
² AWO: Arbeiterwohlfahrt, dezentral organisierter deutscher Wohlfahrtsverband
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Übe ein Thema mit gemischten Aufgaben aus den Prüfungen und dem IQB-Pool aller Jahre.
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