Aufgabe HT 2 - Teilaufgabe 4 · Abitur NRW Französisch LK · Haupttermin · fortgeführt 2023
Thema: Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation) · Aus der Prüfung LK · Haupttermin · fortgeführt (2023)
Aufgabenstellung
Klausurteil A
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
Le récit présente Sarah, qui vit au Canada et exerce son métier chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d'avocats très réputé.
Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons 1 à la vitesse d'un cheval lancé au
galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
territoire, son colisée 2. Lorsqu'elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
5 plus grave, plus solennelle. Elle s'exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
des uppercuts 3. Elle laissait ses adversaires KO, s'engouffrant dans la moindre faille, la
moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par cœur ses dossiers. Elle ne se
laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu'elle avait commencé à exercer,
dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l'avait embauchée après son diplôme du barreau 4,
10 elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
Au cabinet, le bruit courait qu'elle était la prochaine Managing Partner 5. Johnson était âgé,
il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s'y voyaient déjà,
califes à la place du calife 6. Ce poste était une consécration 7, un Everest 8 dans le monde de
15 l'avocature 9. Sarah avait tout pour être désignée: un parcours exemplaire, une volonté sans
faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
s'attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l'attendait sans
20 vraiment l'espérer.
Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
et ses deux mariages. […]
Accaparée 10 par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
moments avec ses enfants. Faire l'impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
25 d'année, les spectacles de danse, les goûters d'anniversaire, les vacances, lui pesait plus
qu'elle ne voulait l'admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
pensée l'affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
l'avait assaillie dès la naissance d'Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
alors âgée de cinq jours, dans les bras d'une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
30 l'employait. Elle avait vite compris qu'il n'y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
pour les atermoiements 11 d'une mère éplorée 12. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
couche de fond de teint, avant d'aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
35 porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n'emportaient que leurs
dossiers, alors qu'elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
elle n'y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
40 de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d'un visage, disgracieuse, inutile, mais
c'était ainsi: elle était là. Il fallait faire avec. […]
Dans l'intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
« Magic Ron », comme les enfants l'avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
qui était devenue presque un titre.
45 Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. […] Surprise de
trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d'abord écarté sa candidature – on lit tant de
choses dans les journaux… En outre, ses deux maris s'étant peu illustrés dans l'art de changer
une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d'un homme à exceller dans ces
tâches. Elle s'était alors rappelé son entretien d'embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
50 qu'elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s'imposer dans ce milieu. Elle avait
finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
un quartier voisin. Il était évident qu'il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
l'avait mis à l'essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s'était révélé parfait: il
55 passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d'astreignant. Les enfants
l'avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu'une figure masculine
serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
60 s'assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
avait réussi: elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les
65 magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
indécelable 13 sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
Pourtant elle était là.
Annotations
1 gravir les échelons · die Karriereleiter hinaufsteigen
2 le colisée · un immense amphithéâtre
3 un uppercut · en boxe: coup de poing porté de bas en haut
4 un diplôme du barreau · juristisches Staatsexamen
5 Managing Partner (angl.) · geschäftsführender Gesellschafter
6 (être) calife à la place du calife (fig.) · den Chefsessel einnehmen
7 une consécration · ici: un triomphe
8 un Everest · ici: le succès le plus grand
9 l'avocature (f) · tout ce qui fait partie du métier d'avocat
10 être accaparé par qc · völlig von etwas in Anspruch genommen werden
11 un atermoiement · une hésitation
12 une mère éplorée · une mère très triste
13 indécelable · impossible à voir
Klausurteil B: Sprachmittlung isoliert
4. Dans le cadre d'un projet d'orientation professionnelle organisé à l'école, votre correspondant Romain s'est renseigné sur un métier lié à la garde d'enfants. Comme il hésite encore sur son choix de carrière, il voudrait mieux connaître la perception des hommes qui travaillent dans ce secteur en Allemagne. Répondez-lui par e-mail à partir de l'article « Frauensache ? Ein Bielefelder erzählt, warum mehr Männer Tagesvater werden sollten ».
Rédigez cet e-mail. (médiation) [18 Punkte]
Texte source pour la médiation:
Angelina Kuhlmann, Max Maschmann
Frauensache? Ein Bielefelder erzählt, warum mehr Männer Tagesvater werden sollten (2019)
[...]
Bielefeld. Was Sven Teigelkamp (43) macht, machen nicht viele Männer. Und trotzdem würde er es „jederzeit wieder“ machen, sagt er.
Denn dass die Arbeit in der Kindertagespflege Frauensache ist, findet der Bielefelder Tagesvater nicht. Im Gegenteil: Er findet, dass sich der geringe Männeranteil dringend ändern muss. Zwar weiß er, dass viele Männer Vorurteile gegen Erziehungsberufe haben – bestätigen kann er die aber nicht.
Noch dominieren aber die weiblichen Beschäftigten in ganz Deutschland den Erziehungssektor: 85 Prozent der Angestellten in zum Beispiel Kitas oder Grundschulen in Deutschland sind weiblich. Ihr Anteil in der Kindertagespflege ist noch größer.
Kaum Tagesväter in OWL¹-Städten
In Deutschland gibt es insgesamt 44.000 Kindertagespflegepersonen, die rund 168.000 Kinder betreuen. Die Männerquote in den Einrichtungen ist länderübergreifend sehr niedrig. Nur 567 Männer arbeiteten laut Zahlen vom März 2018 in NRW als Tagesvater. Dieses Verhältnis spiegelt sich auch in OWL wider: In Bielefeld gibt es aktuell fast 200 Tagesmütter und nur acht Tagesväter. Ähnlich sieht es in Gütersloh aus. Dort kommen auf 80 Tagesmütter vier Tagesväter. Und in Herford befindet sich unter 48 Frauen noch kein Mann.
Der Grund dafür seien Vorurteile, sagt Tagesvater Sven Teigelkamp: „Ich glaube, das ist noch so, dass viele das als sehr stressig empfinden und meinen, dass das ein reiner Frauenberuf ist und man nicht genug verdient“, erklärt er. Das würde sich in seinem Arbeitstag aber gar nicht bestätigen.
Der 43-jährige Bielefelder hat vor über einem Jahr mit seiner Kollegin Jacqueline Meyer die Großtagespflege „Glashauskids“ im Stadtteil Schildesche gegründet. Zusammen kümmern sie sich jeden Tag um bis zu neun Kinder unter drei Jahren.
”Meine Frau ist Tagesmutter und ich habe ihr auch mal geholfen den ganzen Alltag zu bewältigen. Das hat mich so fasziniert, dass ich dann irgendwann gesagt habe, ich mache Nägel mit Köpfen und mach's dann auch“, sagt er.
Aus dem Büro in die Kinderbetreuung, ein Bielefelder erzählt
Anderthalb Jahre lang hat Teigelkamp ein- bis zweimal die Woche die Qualifizierung zur Tagespflegeperson bei der AWO² gemacht. Insgesamt muss jemand, der keine Erzieherausbildung gemacht hat, 160 Unterrichtsstunden absolvieren, ein polizeiliches Föhrungszeugnis vorweisen und Kurse zur Ersten Hilfe bei Säuglingen und Kleinkindern machen.
Anfangs hat Teigelkamp danach die Nachmittagsbetreuung der Tageskinder seiner Frau übernommen. Im Gespräch mit Jacqueline Meyer, die er während der Ausbildung kennen gelernt hat, wurde aber schnell klar, dass sie zusammen was Eigenes machen wollen.
[...]
Teigelkamp hofft, dass sich der Blick von Männern auf die Berufsperspektive Tagesvater ändert. Für die Kinder hätte das Vorteile: „Ich denke schon, dass ganz viele Kinder eine männliche Bezugsperson brauchen. Gerade in der heutigen Zeit gibt es viele, deren Eltern getrennt sind oder getrennt leben, und Kinder brauchen auch eine männliche Identifikationsperson.“
Das bestätigt auch Bettina Konrath, Vorsitzende des Landesverbands für Kindertagespflege NRW. „Gerade für Kinder alleinerziehender Eltern können Tagesväter hilfreich sein, etwa wenn eine Vaterfigur fehlt“, sagt sie.
[...] Gezielte Förderprogramme, um mehr Männer in die Kindertagespflege zu holen, gebe es nicht. „Aber vielleicht kann man in Werbeaktionen darauf hinweisen, dass es Männer in diesem Beruf gibt, und dass weitere gesucht werden“, schlägt Bettina Konrath vor.
Wibke Op den Akker, Pressesprecherin des Ministeriums für Kinder, Familie, Flüchtlinge und Integration NRW, spricht in Bezug auf die fehlenden Männer in den Betreuungseinrichtungen von „Grundhemmnissen“. Verdienstmöglichkeiten, Aufstiegschancen und gesellschaftliche Anerkennung seien wichtig für das Rollenbild eines Mannes. Im Erziehungsbereich sei das schwierig.
[...]
Bundesregierung will Kindertagespflege stärken
Die Kindertagespflege ist zwar noch lange kein Männerberuf, aber: die Zahl der Tagesväter steigt langsam an. In Herford lässt sich zum Beispiel gerade der allererste Tagesvater der Stadt ausbilden.
Parallel will die Bundesregierung dafür sorgen, dass die Kindertagespflege mehr Anerkennung und Akzeptanz erhält. Gerade hat sie ein Förderprogramm über 22,5 Millionen Euro beschlossen, von dem 43 Kommunen und Landkreise profitieren sollen.
[...]
¹ OWL: Ostwestfalen-Lippe
² AWO: Arbeiterwohlfahrt, dezentral organisierter deutscher Wohlfahrtsverband

Lösung
Nach den offiziellen Korrekturhinweisen
4. Dans le cadre d'un projet d'orientation professionnelle organisé à l'école, votre correspondant Romain s'est renseigné sur un métier lié à la garde d'enfants. Comme il hésite encore sur son choix de carrière, il voudrait mieux connaître la perception des hommes qui travaillent dans ce secteur en Allemagne. Répondez-lui par e-mail à partir de l'article « Frauensache ? Ein Bielefelder erzählt, warum mehr Männer Tagesvater werden sollten ». Rédigez cet e-mail. (médiation)
Lösung: Exemple d'e-mail rédigé : Objet : Ton projet professionnel / Les hommes dans la garde d'enfants en Allemagne Salut Romain, J'ai bien reçu ton message et je trouve formidable que tu t'intéresses au domaine de la petite enfance. Comme tu hésites encore et que tu voulais savoir comment les hommes assistants maternels (« Tagesväter ») sont perçus ici, je viens de lire un article très intéressant sur ce sujet qui pourrait t'aider. En Allemagne, le secteur de la petite enfance reste très largement dominé par les femmes : environ 85 % du personnel des écoles maternelles et primaires sont des femmes, et ce pourcentage est encore plus élevé chez les assistants maternels. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, par exemple, il n'y avait que 567 hommes exerçant cette profession en 2018, et dans certaines villes, il n'y en a presque aucun. Cette réticence s'explique principalement par des stéréotypes encore bien ancrés. Beaucoup d'hommes considèrent qu'il s'agit d'un métier strictement féminin, trop stressant, peu valorisé socialement et mal rémunéré, offrant peu de perspectives de promotion. Pourtant, le témoignage d'un assistant maternel de 43 ans, Sven Teigelkamp, montre une toute autre réalité. Après avoir aidé son épouse elle-même assistante maternelle, il a suivi une formation de 160 heures et a créé sa propre structure d'accueil avec une collègue. Il s'épanouit pleinement dans son métier et affirme qu'il referait ce choix sans hésiter. De plus, les experts soulignent qu'une présence masculine est essentielle pour le développement des enfants, notamment pour ceux issus de familles monoparentales ou de parents séparés, car ils ont besoin de modèles et de repères masculins. Heureusement, les choses commencent à évoluer : le nombre d'hommes augmente lentement, et le gouvernement fédéral a lancé un programme d'aide de 22,5 millions d'euros pour valoriser et soutenir financièrement ce secteur. J'espère que ces informations t'aideront dans ta réflexion. N'hésite pas si tu as d'autres questions ! À très bientôt, [Ton prénom]
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