Exercice 2 - Sujet A - Essai · Bac STMG Français Polynésie session normale 2025
Thème : Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Tiré du sujet Session normale (2025)
Énoncé
Sujet A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.
Texte d'après Olivier Rey et Maxime Travert, « Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport », tribune publiée dans Le Monde, le 26 mars 2024.
Cette année olympique est une occasion pour questionner la place du sport à l'école. Les pouvoirs publics ont pris le parti de valoriser une politique tournée vers les aspects sanitaires, appelée grande cause nationale, projetant de mettre les enfants et les adolescents en mouvement. L'objectif est d'atteindre une quantité de pratique suffisante pour avoir un effet sur la santé physique. Dans le cadre scolaire, deux initiatives sont mises au service de cette ambition: trente minutes d'activité quotidienne dans le primaire et deux heures de sport en plus sur le temps périscolaire en collège.
Le sport est déjà présent à l'école grâce à l'éducation physique et sportive (EPS). Elle concerne l'ensemble des élèves, dans toute leur diversité, du début jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire. Son ambition ne peut pas se résumer à la construction d'un lien formel entre un corps et son esprit autour de la santé par des habitudes de vie active. Elle est avant tout éducative. Elle offre l'opportunité aux élèves de vivre une diversité d'expériences sportives ouvrant au développement des capacités et des compétences en s'appropriant des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être et des savoir-devenir propices au développement d'un mode de vie sportif.
Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport. Certes de nombreux travaux scientifiques montrent la relation positive entre le développement d'un mode de vie sportif et des modes de vie sains. Mais ils montrent également qu'en dehors d'un bénéfice sur le bien-être physique la pratique du sport a une influence notamment sur la construction de l'estime de soi et de compétences sociales comme sur les performances scolaires.
Des enquêtes montrent que les jeunes pratiquent de moins en moins le sport. Il existe une rupture franche qui se repère à partir de l'entrée au collège et qui se poursuit entre le collège et le lycée. Cette baisse est liée à l'abandon de la pratique sportive. Les raisons de ce décrochage sportif sont, à ce moment de leur scolarité, principalement liées à la pratique du sport telle qu'elle leur est proposée. Le climat dans lequel elle se déroule, l'image qu'elle renvoie d'eux-mêmes et l'environnement contraignant qui s'y associe sont répulsifs. À côté de ces décrocheurs existent des « non-sportifs », à distance de la culture sportive.
Tous profils confondus, il nous semble essentiel de leur proposer une forme de pratique sportive scolaire « hybride », leur permettant de vivre la diversité des défis sportifs, à savoir la « compétition », la « performance », « l'épreuve ». Ils peuvent ainsi choisir, en conscience et de manière cultivée, l'expérience qui leur procure le plus de plaisir, condition indispensable à la construction, dans la durée, d'un mode de vie sportif. Un cycle d'escalade, de natation, de basket-ball ou autre doit permettre à l'élève de se confronter aux autres, de jouer avec ses limites et de surmonter des obstacles, au sein d'une même activité.
En ce qui concerne les « décrocheurs sportifs » (une cible prioritaire au collège), il s'agit de leur redonner le goût du sport. Il est indispensable de considérer les raisons pour lesquelles le sport les a repoussés plutôt qu'attirés. Il s'agit alors de proposer une pratique qui valorise, et non qui stigmatise, l'image du pratiquant. Il est important de créer autour de ce partage collectif d'une expérience corporelle un climat relationnel attractif et non répulsif. Enfin, l'intensité et la nature de l'effort à fournir ne doivent pas être imposées et subies mais coconstruites 1 et volontaires, afin qu'elles en « vaillent la peine ».
Pour les « non-sportifs », il s'agit de contrôler la nature et l'intensité de l'effort qu'ils auront à fournir, car cette population n'est pas habituée à mettre son corps en situation d'inconfort. Le tutorat culturel est ici une opportunité en proposant à un sportif d'accompagner un élève qui ne l'est pas.
L'école, par l'intermédiaire de l'EPS, est la garante du développement d'un mode de vie sportif, quelles que soient les origines sociales, culturelles et de sexe. Pour être efficace et contribuer à l'éducation des élèves, il est impératif qu'elle s'appuie sur un diagnostic sérieux de l'état des liens qui unissent aujourd'hui les jeunes et les sports. En tenant compte des résultats des différentes enquêtes, il est important de mettre en avant la nécessité pour cette discipline de proposer aux différents profils d'élèves une offre éducative adaptée. L'EPS doit se penser avec plusieurs « S ».
740 mots
1 Coconstruire: construire en commun, ensemble.
Essai
Selon vous, une bonne éducation peut-elle ignorer le corps ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les chapitres XI à XXIV de Gargantua de Rabelais, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Selon vous, une bonne éducation peut-elle ignorer le corps ?
Réponse : Une réponse construite et organisée doit comporter : - Une introduction problématisant la notion d'éducation intégrale face aux dérives intellectuelles ou physiques, annonçant le plan. - Une première partie rappelant qu'une tradition éducative a longtemps méprisé ou ignoré le corps au profit de l'esprit (l'éducation des théologiens sophistes dans *Gargantua* comme Thubal Holoferne, qui enferme l'élève dans l'inaction physique et l'abrutissement ; le dualisme platonicien ou chrétien ascétique). - Une deuxième partie démontrant que le corps est un vecteur indispensable d'apprentissage, d'équilibre psychologique et d'intégration sociale (l'éducation humaniste de Ponocrates où exercices physiques, maniement des armes, natation et hygiène rythment les journées ; les arguments d'O. Rey et M. Travert montrant que le sport scolaire développe l'estime de soi et les compétences citoyennes ; Rousseau dans *Émile* qui affirme que pour former la raison de l'élève, il faut fortifier son corps). - Une troisième partie montrant qu'une éducation complète ne doit ni négliger le corps ni le réduire à un simple instrument hygiéniste ou performatif, mais viser l'harmonie (« un esprit sain dans un corps sain ») et l'émancipation de chaque individu selon ses capacités propres. - Une conclusion synthétisant la réflexion et ouvrant sur la place actuelle du corps à l'école.
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