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Sujet du Bac STMG Français 2025 · Polynésie Session normale

Sujet du Bac STMG de Français 2025, Polynésie Session normale : 1 exercice corrigé. Thèmes : Commentaire de texte et Contraction de texte. Gratuit.

Thèmes du sujet : Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Exercice 1 - Commentaire de texte · Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle

Objet d’étude: La poésie du XIX e siècle au XXI e siècle

Sully Prudhomme, Stances et poèmes, 1865.

L’Habitude

L’habitude est une étrangère

Qui supplante 1 en nous la raison:

C’est une ancienne ménagère 2

Qui s’installe dans la maison.

5 Elle est discrète, humble, fidèle,

Familière avec tous les coins;

On ne s’occupe jamais d’elle,

Car elle a d’invisibles soins:

Elle conduit les pieds de l’homme,

10 Sait le chemin qu’il eût choisi,

Connaît son but sans qu’il le nomme,

Et lui dit tout bas: « Par ici. »

Travaillant pour nous en silence,

D’un geste sûr, toujours pareil,

15 Elle a l’œil de la vigilance,

Les lèvres douces du sommeil.

Mais imprudent qui s’abandonne

À son joug 3 une fois porté !

Cette vieille au pas monotone

20 Endort la jeune liberté;

Et tous ceux que sa force obscure

A gagnés insensiblement

Sont des hommes par la figure,

Des choses par le mouvement.

1 Supplante: remplace.

2 Ménagère: femme au foyer.

3 Joug: morceau de bois servant à attacher les bœufs et les atteler à un charriot ou une charrue.

Vous ferez le commentaire littéraire de ce texte. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention aux éléments suivants:

L’habitude présentée comme une compagne.

Une compagne redoutable.

Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

Sujet A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.

Texte d'après Olivier Rey et Maxime Travert, « Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport », tribune publiée dans Le Monde, le 26 mars 2024.

Cette année olympique est une occasion pour questionner la place du sport à l'école. Les pouvoirs publics ont pris le parti de valoriser une politique tournée vers les aspects sanitaires, appelée grande cause nationale, projetant de mettre les enfants et les adolescents en mouvement. L'objectif est d'atteindre une quantité de pratique suffisante pour avoir un effet sur la santé physique. Dans le cadre scolaire, deux initiatives sont mises au service de cette ambition: trente minutes d'activité quotidienne dans le primaire et deux heures de sport en plus sur le temps périscolaire en collège.

Le sport est déjà présent à l'école grâce à l'éducation physique et sportive (EPS). Elle concerne l'ensemble des élèves, dans toute leur diversité, du début jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire. Son ambition ne peut pas se résumer à la construction d'un lien formel entre un corps et son esprit autour de la santé par des habitudes de vie active. Elle est avant tout éducative. Elle offre l'opportunité aux élèves de vivre une diversité d'expériences sportives ouvrant au développement des capacités et des compétences en s'appropriant des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être et des savoir-devenir propices au développement d'un mode de vie sportif.

Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport. Certes de nombreux travaux scientifiques montrent la relation positive entre le développement d'un mode de vie sportif et des modes de vie sains. Mais ils montrent également qu'en dehors d'un bénéfice sur le bien-être physique la pratique du sport a une influence notamment sur la construction de l'estime de soi et de compétences sociales comme sur les performances scolaires.

Des enquêtes montrent que les jeunes pratiquent de moins en moins le sport. Il existe une rupture franche qui se repère à partir de l'entrée au collège et qui se poursuit entre le collège et le lycée. Cette baisse est liée à l'abandon de la pratique sportive. Les raisons de ce décrochage sportif sont, à ce moment de leur scolarité, principalement liées à la pratique du sport telle qu'elle leur est proposée. Le climat dans lequel elle se déroule, l'image qu'elle renvoie d'eux-mêmes et l'environnement contraignant qui s'y associe sont répulsifs. À côté de ces décrocheurs existent des « non-sportifs », à distance de la culture sportive.

Tous profils confondus, il nous semble essentiel de leur proposer une forme de pratique sportive scolaire « hybride », leur permettant de vivre la diversité des défis sportifs, à savoir la « compétition », la « performance », « l'épreuve ». Ils peuvent ainsi choisir, en conscience et de manière cultivée, l'expérience qui leur procure le plus de plaisir, condition indispensable à la construction, dans la durée, d'un mode de vie sportif. Un cycle d'escalade, de natation, de basket-ball ou autre doit permettre à l'élève de se confronter aux autres, de jouer avec ses limites et de surmonter des obstacles, au sein d'une même activité.

En ce qui concerne les « décrocheurs sportifs » (une cible prioritaire au collège), il s'agit de leur redonner le goût du sport. Il est indispensable de considérer les raisons pour lesquelles le sport les a repoussés plutôt qu'attirés. Il s'agit alors de proposer une pratique qui valorise, et non qui stigmatise, l'image du pratiquant. Il est important de créer autour de ce partage collectif d'une expérience corporelle un climat relationnel attractif et non répulsif. Enfin, l'intensité et la nature de l'effort à fournir ne doivent pas être imposées et subies mais coconstruites 1 et volontaires, afin qu'elles en « vaillent la peine ».

Pour les « non-sportifs », il s'agit de contrôler la nature et l'intensité de l'effort qu'ils auront à fournir, car cette population n'est pas habituée à mettre son corps en situation d'inconfort. Le tutorat culturel est ici une opportunité en proposant à un sportif d'accompagner un élève qui ne l'est pas.

L'école, par l'intermédiaire de l'EPS, est la garante du développement d'un mode de vie sportif, quelles que soient les origines sociales, culturelles et de sexe. Pour être efficace et contribuer à l'éducation des élèves, il est impératif qu'elle s'appuie sur un diagnostic sérieux de l'état des liens qui unissent aujourd'hui les jeunes et les sports. En tenant compte des résultats des différentes enquêtes, il est important de mettre en avant la nécessité pour cette discipline de proposer aux différents profils d'élèves une offre éducative adaptée. L'EPS doit se penser avec plusieurs « S ».

740 mots

1 Coconstruire: construire en commun, ensemble.

Contraction de texte

Vous résumerez ce texte en 185 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 167 mots et au plus 203 mots.

Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Exercice 2 - Sujet A - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Sujet A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.

Texte d'après Olivier Rey et Maxime Travert, « Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport », tribune publiée dans Le Monde, le 26 mars 2024.

Cette année olympique est une occasion pour questionner la place du sport à l'école. Les pouvoirs publics ont pris le parti de valoriser une politique tournée vers les aspects sanitaires, appelée grande cause nationale, projetant de mettre les enfants et les adolescents en mouvement. L'objectif est d'atteindre une quantité de pratique suffisante pour avoir un effet sur la santé physique. Dans le cadre scolaire, deux initiatives sont mises au service de cette ambition: trente minutes d'activité quotidienne dans le primaire et deux heures de sport en plus sur le temps périscolaire en collège.

Le sport est déjà présent à l'école grâce à l'éducation physique et sportive (EPS). Elle concerne l'ensemble des élèves, dans toute leur diversité, du début jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire. Son ambition ne peut pas se résumer à la construction d'un lien formel entre un corps et son esprit autour de la santé par des habitudes de vie active. Elle est avant tout éducative. Elle offre l'opportunité aux élèves de vivre une diversité d'expériences sportives ouvrant au développement des capacités et des compétences en s'appropriant des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être et des savoir-devenir propices au développement d'un mode de vie sportif.

Réduire les bienfaits des pratiques sportives à un simple apport sanitaire ne permet pas de mesurer l'étendue d'une éducation fondée sur le sport. Certes de nombreux travaux scientifiques montrent la relation positive entre le développement d'un mode de vie sportif et des modes de vie sains. Mais ils montrent également qu'en dehors d'un bénéfice sur le bien-être physique la pratique du sport a une influence notamment sur la construction de l'estime de soi et de compétences sociales comme sur les performances scolaires.

Des enquêtes montrent que les jeunes pratiquent de moins en moins le sport. Il existe une rupture franche qui se repère à partir de l'entrée au collège et qui se poursuit entre le collège et le lycée. Cette baisse est liée à l'abandon de la pratique sportive. Les raisons de ce décrochage sportif sont, à ce moment de leur scolarité, principalement liées à la pratique du sport telle qu'elle leur est proposée. Le climat dans lequel elle se déroule, l'image qu'elle renvoie d'eux-mêmes et l'environnement contraignant qui s'y associe sont répulsifs. À côté de ces décrocheurs existent des « non-sportifs », à distance de la culture sportive.

Tous profils confondus, il nous semble essentiel de leur proposer une forme de pratique sportive scolaire « hybride », leur permettant de vivre la diversité des défis sportifs, à savoir la « compétition », la « performance », « l'épreuve ». Ils peuvent ainsi choisir, en conscience et de manière cultivée, l'expérience qui leur procure le plus de plaisir, condition indispensable à la construction, dans la durée, d'un mode de vie sportif. Un cycle d'escalade, de natation, de basket-ball ou autre doit permettre à l'élève de se confronter aux autres, de jouer avec ses limites et de surmonter des obstacles, au sein d'une même activité.

En ce qui concerne les « décrocheurs sportifs » (une cible prioritaire au collège), il s'agit de leur redonner le goût du sport. Il est indispensable de considérer les raisons pour lesquelles le sport les a repoussés plutôt qu'attirés. Il s'agit alors de proposer une pratique qui valorise, et non qui stigmatise, l'image du pratiquant. Il est important de créer autour de ce partage collectif d'une expérience corporelle un climat relationnel attractif et non répulsif. Enfin, l'intensité et la nature de l'effort à fournir ne doivent pas être imposées et subies mais coconstruites 1 et volontaires, afin qu'elles en « vaillent la peine ».

Pour les « non-sportifs », il s'agit de contrôler la nature et l'intensité de l'effort qu'ils auront à fournir, car cette population n'est pas habituée à mettre son corps en situation d'inconfort. Le tutorat culturel est ici une opportunité en proposant à un sportif d'accompagner un élève qui ne l'est pas.

L'école, par l'intermédiaire de l'EPS, est la garante du développement d'un mode de vie sportif, quelles que soient les origines sociales, culturelles et de sexe. Pour être efficace et contribuer à l'éducation des élèves, il est impératif qu'elle s'appuie sur un diagnostic sérieux de l'état des liens qui unissent aujourd'hui les jeunes et les sports. En tenant compte des résultats des différentes enquêtes, il est important de mettre en avant la nécessité pour cette discipline de proposer aux différents profils d'élèves une offre éducative adaptée. L'EPS doit se penser avec plusieurs « S ».

740 mots

1 Coconstruire: construire en commun, ensemble.

Essai

Selon vous, une bonne éducation peut-elle ignorer le corps ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les chapitres XI à XXIV de Gargantua de Rabelais, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

Sujet B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

Texte d'après Christilla Pellé-Douël, « Sommes-nous tous naturellement bons ? », Psychologies magazine, 21/02/2024.

5 « L'être humain a des potentialités pour la bonté comme pour la cruauté. À côté de tendances potentiellement agressives (que je ne cherche nullement à nier) sont présentes, et de manière plus importante encore, des tendances à l'empathie 1, à l'altruisme 2, à la coopération. » Une telle affirmation a aujourd'hui de quoi surprendre ! C'est pourtant la thèse que défend Jacques Lecomte, docteur en psychologie, dans La Bonté humaine.

Jacques Lecomte n'est pas le seul à faire émerger l'idée appuyée sur des études psychologiques et comportementales – comme celle menée en 2005 par Douglas Fry ( The Human Potential for Peace), de la présence fondamentale de l'altruisme et de l'empathie chez les humains. Tout le courant de la psychologie positive et d'auteurs tels que le médecin 10 et psychothérapeute Thierry Janssen vont dans ce sens. Il serait réconfortant d'opter pour cette hypothèse. Mais est-ce possible ?

« L'opposition binaire entre le bien et le mal est excessive. L'être humain possède des potentialités 3 pour les deux. Mais la potentialité à la bonté et à l'empathie est plus importante que l'inverse. Des études ont révélé que les bébés qui commencent juste à 15 marcher, dès l'âge d'un an, peuvent aider spontanément des adultes en difficulté pour ouvrir un meuble. La neurobiologie montre qu'il existe des zones cérébrales de la satisfaction et de la récompense qui sont activées lorsque l'on se montre généreux.

Inversement, les zones du dégoût et de l'aversion le sont lorsque nous sommes face 20 à une injustice. Les neurones miroirs nous font ressentir la douleur chez l'autre. Sur ce substrat 4 viennent se greffer l'éducation, le milieu, la culture. Dans les relations humaines, la violence n'est qu'une attitude de défaut.

Si l'on examine la guerre, la thèse selon laquelle elle est spontanée pour les hommes est battue en brèche 5. Il y a une véritable répugnance à tuer chez l'humain, et, s'il le fait, 25 cela entraîne la plupart du temps de la culpabilité. D'où l'utilisation du conditionnement, de l'entraînement, de la drogue, de l'alcool, de la soumission à l'autorité pour obtenir la violence.

Ce qui existe, c'est le goût de l'action et la recherche de sensations, tendances souvent associées à la violence. On peut l'observer au travers des jeux vidéo: si l'on 30 propose à de jeunes "accros" des jeux aussi actifs et pleins de sensations, mais non violents, leur satisfaction est équivalente, voire supérieure.

Oui, le goût de la violence pure existe, mais elle ne concerne qu'un ou deux pour cent de la population, chez les sociopathes 6. L'homme n'est pas un loup pour l'homme. »

Non, l'homme ne naît pas loup pour l'homme: après s'être penché sur toutes les 35 études menées sur le sujet, Jacques Lecomte en a désormais la conviction. Le docteur en psychologie expose ici ces travaux, les argumente et les confronte à des histoires de vie, pour un résultat impressionnant qui en fait une nouvelle bible de la psychologie positive.

« Cette question hante la philosophie et la littérature depuis leurs origines, mais elle 40 est posée différemment depuis quelques années. L'homme est autant un produit de ses cultures que de la nature. Une discipline nouvelle, l'épigénétique, étudie d'ailleurs la façon dont l'environnement favorise ou inhibe la manifestation de nos gènes.

Malheureusement, l'enfant qui n'a pas été accompagné précocement dans ses 45 émotions peine à reconnaître ce qu'il ressent, à identifier les émotions d'autrui et à les partager. Et, lorsqu'il se sent incompris, il pense que son interlocuteur a des intentions malveillantes à son égard. La suite est connue: il peut devenir hostile, manipulateur, violent… Tout l'éventail de la cruauté dont il est capable se déploie. Alors, l'homme est-il "naturellement" bon ?

50 Rousseau explique que la bonté humaine existe, car les êtres humains n'ont aucun désir spontané de souffrir et de faire souffrir, sans quoi l'humanité aurait disparu depuis longtemps. Les hommes sont dotés d'empathie, qualité qui, pour Levinas, est "la bonté, cette capacité à se mettre dans la peau de l'autre". Cependant, pour Rousseau le mal existe car l'homme a perdu cette capacité; il a remplacé la bonté par le goût du pouvoir et de la richesse. »

682 mots

1 Empathie: faculté de se mettre à la place d'autrui et de percevoir ce qu'il ressent.

2 Altruisme: tendance à s'occuper des autres plutôt que de soi.

3 Potentialités: capacités.

4 Substrat: base.

5 Battue en brèche: contestée.

6 Sociopathe: personne souffrant d'un trouble de la personnalité souvent caractérisé par une tendance générale à l'indifférence.

Contraction de texte

Vous résumerez ce texte en 170 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 153 mots et au plus 187 mots.

Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Exercice 2 - Sujet B - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Sujet B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

Texte d'après Christilla Pellé-Douël, « Sommes-nous tous naturellement bons ? », Psychologies magazine, 21/02/2024.

5 « L'être humain a des potentialités pour la bonté comme pour la cruauté. À côté de tendances potentiellement agressives (que je ne cherche nullement à nier) sont présentes, et de manière plus importante encore, des tendances à l'empathie 1, à l'altruisme 2, à la coopération. » Une telle affirmation a aujourd'hui de quoi surprendre ! C'est pourtant la thèse que défend Jacques Lecomte, docteur en psychologie, dans La Bonté humaine.

Jacques Lecomte n'est pas le seul à faire émerger l'idée appuyée sur des études psychologiques et comportementales – comme celle menée en 2005 par Douglas Fry ( The Human Potential for Peace), de la présence fondamentale de l'altruisme et de l'empathie chez les humains. Tout le courant de la psychologie positive et d'auteurs tels que le médecin 10 et psychothérapeute Thierry Janssen vont dans ce sens. Il serait réconfortant d'opter pour cette hypothèse. Mais est-ce possible ?

« L'opposition binaire entre le bien et le mal est excessive. L'être humain possède des potentialités 3 pour les deux. Mais la potentialité à la bonté et à l'empathie est plus importante que l'inverse. Des études ont révélé que les bébés qui commencent juste à 15 marcher, dès l'âge d'un an, peuvent aider spontanément des adultes en difficulté pour ouvrir un meuble. La neurobiologie montre qu'il existe des zones cérébrales de la satisfaction et de la récompense qui sont activées lorsque l'on se montre généreux.

Inversement, les zones du dégoût et de l'aversion le sont lorsque nous sommes face 20 à une injustice. Les neurones miroirs nous font ressentir la douleur chez l'autre. Sur ce substrat 4 viennent se greffer l'éducation, le milieu, la culture. Dans les relations humaines, la violence n'est qu'une attitude de défaut.

Si l'on examine la guerre, la thèse selon laquelle elle est spontanée pour les hommes est battue en brèche 5. Il y a une véritable répugnance à tuer chez l'humain, et, s'il le fait, 25 cela entraîne la plupart du temps de la culpabilité. D'où l'utilisation du conditionnement, de l'entraînement, de la drogue, de l'alcool, de la soumission à l'autorité pour obtenir la violence.

Ce qui existe, c'est le goût de l'action et la recherche de sensations, tendances souvent associées à la violence. On peut l'observer au travers des jeux vidéo: si l'on 30 propose à de jeunes "accros" des jeux aussi actifs et pleins de sensations, mais non violents, leur satisfaction est équivalente, voire supérieure.

Oui, le goût de la violence pure existe, mais elle ne concerne qu'un ou deux pour cent de la population, chez les sociopathes 6. L'homme n'est pas un loup pour l'homme. »

Non, l'homme ne naît pas loup pour l'homme: après s'être penché sur toutes les 35 études menées sur le sujet, Jacques Lecomte en a désormais la conviction. Le docteur en psychologie expose ici ces travaux, les argumente et les confronte à des histoires de vie, pour un résultat impressionnant qui en fait une nouvelle bible de la psychologie positive.

« Cette question hante la philosophie et la littérature depuis leurs origines, mais elle 40 est posée différemment depuis quelques années. L'homme est autant un produit de ses cultures que de la nature. Une discipline nouvelle, l'épigénétique, étudie d'ailleurs la façon dont l'environnement favorise ou inhibe la manifestation de nos gènes.

Malheureusement, l'enfant qui n'a pas été accompagné précocement dans ses 45 émotions peine à reconnaître ce qu'il ressent, à identifier les émotions d'autrui et à les partager. Et, lorsqu'il se sent incompris, il pense que son interlocuteur a des intentions malveillantes à son égard. La suite est connue: il peut devenir hostile, manipulateur, violent… Tout l'éventail de la cruauté dont il est capable se déploie. Alors, l'homme est-il "naturellement" bon ?

50 Rousseau explique que la bonté humaine existe, car les êtres humains n'ont aucun désir spontané de souffrir et de faire souffrir, sans quoi l'humanité aurait disparu depuis longtemps. Les hommes sont dotés d'empathie, qualité qui, pour Levinas, est "la bonté, cette capacité à se mettre dans la peau de l'autre". Cependant, pour Rousseau le mal existe car l'homme a perdu cette capacité; il a remplacé la bonté par le goût du pouvoir et de la richesse. »

682 mots

1 Empathie: faculté de se mettre à la place d'autrui et de percevoir ce qu'il ressent.

2 Altruisme: tendance à s'occuper des autres plutôt que de soi.

3 Potentialités: capacités.

4 Substrat: base.

5 Battue en brèche: contestée.

6 Sociopathe: personne souffrant d'un trouble de la personnalité souvent caractérisé par une tendance générale à l'indifférence.

Essai

Peindre les hommes peut-il changer le regard sur la nature humaine ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le chapitre « De l'Homme » des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Parcours: écrire et combattre pour l'égalité

Contraction de texte

Vous résumerez ce texte en 178 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 161 mots et au plus 195 mots.

Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Sujet C — Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.

Texte d'après Oriane Amalric, Le genre dans la littérature jeunesse, Synthèse de l'intervention dans le cadre d'une conférence organisée par la BPI (Bibliothèque publique d'information) et le réseau des médiathèques de Brest en juin 2021.

Divers travaux, notamment ceux de Carole Brugeilles, Isabelle Cromer et Sylvie Cromer, révèlent qu'on observe dans la littérature jeunesse une majorité de personnages masculins: 65 % en moyenne (35 % de filles), et non 50-50 comme dans la société. Si on observe les héroïnes et les héros, la même tendance se dessine: 62 % de héros pour 38 %

5 d'héroïnes.

En 2020, Oriane Amalric a mené avec des élèves de CM1-CM2 une étude visant à observer les activités des personnages dans un corpus de 18 livres de leur classe. Il en ressort que les personnages qui font des activités calmes sont en majorité (67 %) des filles. Les activités physiques sont du côté des garçons à 60 %. Les activités intellectuelles sont

10 pour les deux tiers attribuées aux garçons (67 %). Il y a également beaucoup plus de garçons que de filles du côté des activités artistiques (75 %). Dans ce même corpus, 100 % des activités domestiques sont attribuées aux filles.

Deux tendances se dessinent dans la caractérisation des personnages: les filles sont douces, jolies, rêveuses; les garçons forts, courageux, en colère. On retrouve les

15 figures typiques de la princesse et du chevalier, même s'il n'y a pas que des princesses et des chevaliers dans la littérature jeunesse, loin de là. Mais ce sont des motifs 1 qui reviennent souvent: on a un petit garçon qui part à l'aventure, qui a une quête; et une petite fille ou un personnage féminin qui est dans la rêverie, la beauté, la douceur…

Si l'on tente, dans un livre de littérature jeunesse, de distinguer ce qui permet de

20 voir si l'on est face à une fille ou à un garçon, on se rend compte que, pour les personnages masculins, il n'y a pas d'indice à proprement parler. En revanche, pour les personnages féminins, c'est l'ajout d'un accessoire qui permet de le savoir: un accessoire (bijou, robe) ou un trait esthétique — typiquement, l'ajout de cils plus longs. Le personnage masculin

25 servirait en quelque sorte de base neutre pour ensuite faire un personnage féminin.

On peut dès lors s'interroger sur l'influence de toutes ces représentations sur les représentations que les enfants se font du monde, de la société, mais aussi d'elles-mêmes et d'eux-mêmes en tant que filles et en tant que garçons.

Les tendances observées ont plusieurs conséquences. S'agissant des inégalités

30 quantitatives, on constate que la norme de référence à laquelle on propose aux enfants de s'identifier est un petit garçon. Par ailleurs, le nombre moins important de personnages féminins implique qu'il y a moins de modèles d'identification du même sexe pour les filles, réduisant ainsi l'éventail des possibles. Enfin, cela dessine deux sortes de littérature: l'une qui serait pour tout le monde, l'autre pour les filles spécifiquement. Les filles s'habituent à

35 s'identifier à des personnages masculins, mais l'inverse n'est pas vrai.

S'agissant des représentations stéréotypées, on observe que ce qui est valorisé quand on est une fille est la beauté, l'obéissance. Les filles sont plus souvent encouragées à plaire, à rêver, à rester à l'intérieur. L'aventure, la hardiesse 2, l'intelligence sont valorisées chez les garçons, qui sont encouragés à sortir, entreprendre, partir à l'aventure.

40 Conséquence globale: tandis que les valeurs masculines sont valorisées pour les filles et pour les garçons, les valeurs féminines ne sont pas valorisées pour les garçons. Par cette différenciation, une hiérarchisation se met en place entre les sexes et entre les genres.

Bien sûr, ce ne sont pas les livres de littérature jeunesse qui, directement, produisent ces inégalités. En revanche, on peut y voir un lien, parce que tout cela est pris

45 dans un ensemble: la socialisation genrée. Ces représentations nous sont transmises inconsciemment, et nous les retransmettons inconsciemment.

Face à ce constat, on peut évoquer quelques pistes pour sortir de ce schéma. Il peut d'abord être intéressant de faire un travail de décompte et d'analyse de la littérature jeunesse que l'on a à disposition: quel constat quant au nombre de personnages féminins

50 et masculins, et à leurs activités ? On peut également accompagner la lecture d'un discours qui interroge les représentations stéréotypées, ou animer des temps avec des outils ressources. Il est également possible de communiquer entre enseignants, avec le public et les parents, par l'affichage par exemple. Enfin, enrichir son fonds de livres dans un souci d'une perspective égalitaire.

714 mots

1. Motifs: caractéristiques.

2. Hardiesse: courage.

Exercice 2 - Sujet C - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Parcours: écrire et combattre pour l'égalité

Essai

La littérature et les arts renforcent-ils les stéréotypes et les préjugés ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Sujet C — Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.

Texte d'après Oriane Amalric, Le genre dans la littérature jeunesse, Synthèse de l'intervention dans le cadre d'une conférence organisée par la BPI (Bibliothèque publique d'information) et le réseau des médiathèques de Brest en juin 2021.

Divers travaux, notamment ceux de Carole Brugeilles, Isabelle Cromer et Sylvie Cromer, révèlent qu'on observe dans la littérature jeunesse une majorité de personnages masculins: 65 % en moyenne (35 % de filles), et non 50-50 comme dans la société. Si on observe les héroïnes et les héros, la même tendance se dessine: 62 % de héros pour 38 %

5 d'héroïnes.

En 2020, Oriane Amalric a mené avec des élèves de CM1-CM2 une étude visant à observer les activités des personnages dans un corpus de 18 livres de leur classe. Il en ressort que les personnages qui font des activités calmes sont en majorité (67 %) des filles. Les activités physiques sont du côté des garçons à 60 %. Les activités intellectuelles sont

10 pour les deux tiers attribuées aux garçons (67 %). Il y a également beaucoup plus de garçons que de filles du côté des activités artistiques (75 %). Dans ce même corpus, 100 % des activités domestiques sont attribuées aux filles.

Deux tendances se dessinent dans la caractérisation des personnages: les filles sont douces, jolies, rêveuses; les garçons forts, courageux, en colère. On retrouve les

15 figures typiques de la princesse et du chevalier, même s'il n'y a pas que des princesses et des chevaliers dans la littérature jeunesse, loin de là. Mais ce sont des motifs 1 qui reviennent souvent: on a un petit garçon qui part à l'aventure, qui a une quête; et une petite fille ou un personnage féminin qui est dans la rêverie, la beauté, la douceur…

Si l'on tente, dans un livre de littérature jeunesse, de distinguer ce qui permet de

20 voir si l'on est face à une fille ou à un garçon, on se rend compte que, pour les personnages masculins, il n'y a pas d'indice à proprement parler. En revanche, pour les personnages féminins, c'est l'ajout d'un accessoire qui permet de le savoir: un accessoire (bijou, robe) ou un trait esthétique — typiquement, l'ajout de cils plus longs. Le personnage masculin

25 servirait en quelque sorte de base neutre pour ensuite faire un personnage féminin.

On peut dès lors s'interroger sur l'influence de toutes ces représentations sur les représentations que les enfants se font du monde, de la société, mais aussi d'elles-mêmes et d'eux-mêmes en tant que filles et en tant que garçons.

Les tendances observées ont plusieurs conséquences. S'agissant des inégalités

30 quantitatives, on constate que la norme de référence à laquelle on propose aux enfants de s'identifier est un petit garçon. Par ailleurs, le nombre moins important de personnages féminins implique qu'il y a moins de modèles d'identification du même sexe pour les filles, réduisant ainsi l'éventail des possibles. Enfin, cela dessine deux sortes de littérature: l'une qui serait pour tout le monde, l'autre pour les filles spécifiquement. Les filles s'habituent à

35 s'identifier à des personnages masculins, mais l'inverse n'est pas vrai.

S'agissant des représentations stéréotypées, on observe que ce qui est valorisé quand on est une fille est la beauté, l'obéissance. Les filles sont plus souvent encouragées à plaire, à rêver, à rester à l'intérieur. L'aventure, la hardiesse 2, l'intelligence sont valorisées chez les garçons, qui sont encouragés à sortir, entreprendre, partir à l'aventure.

40 Conséquence globale: tandis que les valeurs masculines sont valorisées pour les filles et pour les garçons, les valeurs féminines ne sont pas valorisées pour les garçons. Par cette différenciation, une hiérarchisation se met en place entre les sexes et entre les genres.

Bien sûr, ce ne sont pas les livres de littérature jeunesse qui, directement, produisent ces inégalités. En revanche, on peut y voir un lien, parce que tout cela est pris

45 dans un ensemble: la socialisation genrée. Ces représentations nous sont transmises inconsciemment, et nous les retransmettons inconsciemment.

Face à ce constat, on peut évoquer quelques pistes pour sortir de ce schéma. Il peut d'abord être intéressant de faire un travail de décompte et d'analyse de la littérature jeunesse que l'on a à disposition: quel constat quant au nombre de personnages féminins

50 et masculins, et à leurs activités ? On peut également accompagner la lecture d'un discours qui interroge les représentations stéréotypées, ou animer des temps avec des outils ressources. Il est également possible de communiquer entre enseignants, avec le public et les parents, par l'affichage par exemple. Enfin, enrichir son fonds de livres dans un souci d'une perspective égalitaire.

714 mots

1. Motifs: caractéristiques.

2. Hardiesse: courage.

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