Exercice 2.A - Essai · Bac STMG Français Polynésie remplacement 2024
Thème : Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Tiré du sujet Remplacement (2024)
Énoncé
Essai
La bonne éducation repose-t-elle sur un équilibre entre contrainte et liberté ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.
Texte de Camille Roelens, « Récompenses et punitions, peut-on s'en passer ? », Les grands dossiers des sciences humaines, n° 67, juin-juillet-août 2022.
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 195 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 176 mots et au plus 215 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
1 Historiquement, le succès [des] outils éducatifs s'explique ainsi par leur réelle efficacité à produire des individus conformes aux attentes sociales et peu enclins à contester les rapports de domination. Le philosophe Alain Renaut, auteur de La Libération des enfants (2002), y voit d'ailleurs la principale raison de l'avènement tardif 5 des droits de l'enfant, promulgués en 1989, soit deux siècles après la première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Pourtant, au moins deux raisons justifient l'abandon des punitions et récompenses dans une société démocratique. La première est pragmatique 1: ces outils éducatifs contrecarrent l'objectif de former des 10 citoyens autonomes, reconnaissant la valeur de l'égalité, le respect de l'altérité, ainsi que la capacité de chacun à agir, choisir, et penser par lui-même. La seconde est morale: dès lors qu'on admet que la violence, la manipulation ou la corruption ne sont pas des moyens acceptables d'agir avec nos semblables, comment pourrions-nous 15 continuer à user auprès des enfants d'attitudes éducatives qui en sont des formes atténuées ? Il ne serait pas davantage éthique 2 de vouloir former des individus à l'obéissance aveugle par crainte de la punition ou espoir de la récompense, ni de les soumettre à des traitements dont on connaît les dégâts physiques ou psychologiques 20 qu'ils peuvent occasionner. […]
En outre, les punitions et récompenses ne sont d'aucun secours pour cultiver les compétences et attitudes qui sont aujourd'hui socialement valorisées. Par exemple, elles peuvent contraindre un élève à reproduire à la perfection le modèle du maître, mais ne suffiront jamais à rendre une personne créative. Elles peuvent faire avancer 25 un âne sur un chemin tracé, mais ne lui diront rien de la manière de tracer sa propre route sans son cornac 3. Pour le philosophe de l'éducation Philippe Foray, auteur de Devenir autonome (2016), changer de perspective commence par reconnaître que l'autonomie individuelle est un but légitime de l'éducation dans une société démocratique. Néanmoins, sa construction reste un processus délicat, qui requiert un 30 accompagnement éducatif sur mesure fondé sur le dialogue et le respect. Dès lors, quels nouveaux outils inventer pour remplacer les punitions et récompenses d'autrefois ?
Une première réponse a été proposée au début des années 2000 par Eirick Prairat, professeur en sciences de l'éducation ( La Sanction en éducation, 2003, 6 e éd. 2021). Pour lui, trois conditions sont nécessaires pour réprimer les comportements 35 indésirables d'une manière efficace et respectueuse de la dignité de l'enfant. La sanction doit d'abord avoir pour but de rappeler la valeur des règles communes. Elle doit ensuite conduire l'enfant à endosser une responsabilité morale en reconnaissant les conséquences de sa transgression. Enfin, elle doit lui offrir la possibilité de réparer 40 ses torts. Autant de critères que ne remplissent pas les punitions traditionnellement utilisées à l'école, comme les heures de retenue, ou les lignes à copier. Une autre option, pouvant être complémentaire, est de repenser le rapport à la discipline 4 dans l'éducation en le fondant sur la mise en œuvre d'une « autorité bienveillante », qui viserait notamment 45 à limiter aux situations les plus graves le recours à la sanction. Mais sur quelle base la définir ? […]
L'objectif est […] moins d'avoir une influence directe sur les comportements de l'enfant que de lui donner la possibilité concrète de faire des choix et de grandir. Le mot « bienveillance » est alors compris dans un sens littéral, « bien veiller », qui 50 signifie être attentif aux besoins et désirs de l'enfant, prendre soin de lui, de la relation qu'on entretient avec lui, sans perdre de vue qu'un tel accompagnement est voué à disparaître à mesure que l'enfant s'autonomise. De ce fait, l'autorité bienveillante conduit à réduire drastiquement 5 les situations où une sanction s'avère nécessaire. 55 Par exemple, proposer une gamme variée d'activités sportives ou culturelles aux enfants peut être plus efficace pour réduire le temps d'écran que de chercher à les astreindre à des règles rigides d'utilisation. De même, proposer à l'enfant d'expérimenter la sensation de froid est souvent plus efficace que de lui imposer arbitrairement le port d'un manteau ou d'un bonnet quand il neige. Réciproquement, 60 l'autorité bienveillante permet aussi de réduire chez l'enfant sa dépendance à l'égard des gratifications de l'adulte. Par exemple, dire à l'enfant « montre-moi comme tu lis bien » lui permet de prendre conscience de ses progrès et renforcer son estime de soi bien plus efficacement que de recevoir un simple compliment.
Faut-il en conclure que l'autorité bienveillante consisterait à laisser aux enfants 65 un libre arbitre 6 absolu, sans aucune contrainte ? Loin s'en faut. La pensée politique libérale 7 nous enseigne au contraire qu'une contrainte est légitime dès lors qu'elle a pour but d'empêcher les individus de se nuire les uns aux autres ou de violer les droits de leurs semblables.
779 mots
1 Pragmatique: pratique.
2 Éthique: conforme à la morale.
3 Cornac: personne chargée des soins et de la conduite d'un éléphant.
4 La discipline: respect des règles de fonctionnement, du règlement.
5 Drastiquement: d'une manière radicale, rigoureuse.
6 Libre arbitre: aptitude de l'être humain à décider lui-même de sa vie.
7 Libérale: pensée politique qui prône la liberté des individus.
Compara tu ensayo con la propuesta de corrección.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
La bonne éducation repose-t-elle sur un équilibre entre contrainte et liberté ?
Réponse : Il n'existe pas de correction unique : l'essai est évalué sur la qualité de l'argumentation, la pertinence et la précision des références (Gargantua, texte de Roelens, objet d'étude sur la littérature d'idées), la structure du développement (introduction, plan organisé, conclusion) et la qualité de l'expression écrite.
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Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
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