Abitur NRW Französisch 2025 · LK · Raybaud, A.: Simplicité, sobriété … La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs
Aufgabe Französisch aus dem IQB-Pool 2025, LK · Raybaud, A.: Simplicité, sobriété … La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs: 3 Teilaufgaben mit…
Themen der Prüfung: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Aufgabe 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs (2021)
Par Alice Raybaud
Pendant l'été, dans un château de Seine-et-Marne, des diplômés d'écoles d'ingénieurs s'initient à la conception de produits sobres et durables. Cette génération partage de plus en plus une même aspiration écologique.
Il faut se donner un coup de fouet 1 de bon matin. La nuit a été fraîche sur le Campus de la
transition, et on se met en mouvement au saut du lit. D'abord pour la « pluche » – l'épluchage
des légumes fournis par les fermes locales en vue du repas du midi –, avant de se regrouper
pour la « météo intérieure », exercice ritualisé où chacun dit comment il se sent, au pied de
5 l'élégant château du domaine de Forges (Seine-et-Marne).
Cette propriété de 12 hectares, située à 80 kilomètres de Paris, a été transformée en 2018 en
un lieu d'expérimentation de la « transition écologique et sociale », sous l'impulsion de la phi-
losophe Cécile Renouard et de l'économiste Gaël Giraud. Ici, on teste des solutions concrètes,
en matière d'énergie, d'alimentation ou de gouvernance 2, ensuite transmises aux étudiants,
10 chercheurs et entreprises qui viennent s'y frotter 3 tout au long de l'année.
Mercredi 28 juillet, ce sont une trentaine de jeunes, la plupart issus d'écoles d'ingénieurs, qui,
en tenue de chantier, écoutent l'un d'eux leur lire un texte pour ouvrir la journée. « Elle s'est
mis dans la tête qu'il fallait sauver le monde, ni plus ni moins », relate le poème. Tout un
programme. S'ils ne pensent pas sauver le monde, ces jeunes diplômés sont décidés à y
15 mettre leur grain de sable 4, rassemblés par une forte conscience écologique et l'aspiration à
une vie professionnelle – et personnelle – plus sobre. Eux qui se sont peu à peu détournés de
la voie royale qu'ouvre leur statut d'ingénieur, trop éloignée de leurs constats sur l'état de la
planète, viennent à la semaine des alternatives low tech (SALT) chercher des clés.
Organisé pour sa troisième édition sur le campus de Forges, qui loge les participants dans de
20 grandes tentes, cet événement propose des ateliers de formation aux low tech, des produits
qui se veulent sobres en énergie, à faible impact écologique et social, robustes et facilement
réparables par tout un chacun. Après avoir été initiés à l'utilisation des outils, les participants
se lancent dans la construction de douches ou de fours solaires, d'un pédalier à énergie
musculaire, de panneaux thermiques ou de biodigesteurs, dispositif qui permet de produire du
25 méthane à partir de déchets organiques. Aux quatre coins du campus, ça coupe, ça tape, ça
assemble.
« Ce sont des ingénieurs qui ont eu une formation très théorique », observe Paul Dequidt, co-
organisateur et docteur en traitement d'image. On sent chez eux un besoin viscéral de retrou-
ver le contact avec l'outil, de tenir une perceuse. » Une quête de technique, mais aussi de
30 sens: « Ils se sont rendu compte, parfois brutalement, que le monde dans lequel ils vont évo-
luer n'est pas celui qu'on leur a proposé en formation. » Peu banal, mais de plus en plus fré-
quent, que de voir ces jeunes, formés aux calculs les plus complexes, remettre en cause la
course à la haute technologie pour se tourner vers la production d'objets simples et sobres,
destinés à ne répondre qu'aux besoins essentiels. […]
35 Cadre en bois à la main, il [Simon, 28 ans, diplômé en 2016 de l'Ecole nationale supérieure
d'électricité et de mécanique de Nancy] aide à terminer la construction du panneau thermique
d'une douche solaire. Déjà adroit, il vient surtout à la SALT glaner des conseils et retours
d'expérience de professionnels. Lui qui n'espère plus trouver une entreprise en accord avec
ses valeurs écologiques et sociales s'imagine artisan ingénieur, pour conseiller des particuliers
40 sur une rénovation sobre de leur habitat, puis réaliser les travaux avec eux, à une échelle
locale. Il rêve de « faire société différemment ».
[…] Pour tous ces convaincus se pose inéluctablement la question des débouchés 5, au-
jourd'hui minces dans la vague low tech. « Bosser pour une entreprise avec une démarche
low tech, ce n'est pas facile: beaucoup d'acteurs n'arrivent pas même à se dégager un
45 smic 6 », constate Alexandre Mabire, 23 ans, fraîchement sorti de l'université de technologie
de Compiègne. Il ne désespère pas pour autant de trouver chaussure à son pied 7. Comme
beaucoup sur le Campus, il se sait privilégié: grâce aux économies qu'il a pu rassembler
durant ses études en apprentissage 8, il peut prendre le temps de chercher.
Faire une croix 9 sur un certain confort de vie ne lui fait pas peur. « Je ne considère plus comme
50 une privation le fait de ne plus consommer autant », tranche-t-il, en écho à nombre des
participants de la SALT. S'ils avancent encore à tâtons 10, ils se sentent portés par une philosophie
de construction collective, soutenue par l'esprit de cogestion 11 qui règne sur le Campus.
Lorène Ortega, 25 ans, qui est sortie de l'Institut national des sciences appliquées Hauts-de-
France assaillie de questions et de doutes, y trouve une source de soulagement: « Cela fait
55 tellement de bien de voir qu'on n'est pas seul avec ces préoccupations. »
848 mots
1 se donner un coup de fouet – se motiver
2 la gouvernance – dt. Unternehmensführung
3 se frotter à qch – avoir du contact avec qch
4 mettre son grain de sable – ici: s'engager / contribuer
5 les débouchés – ici: les perspectives professionnelles
6 le smic – salaire minimum de croissance - dt. Mindestlohn
7 trouver chaussure à son pied – ici: trouver le travail parfait pour lui
8 études en apprentissage – une formation en alternance dans l'enseignement supérieur favorisant la pratique
9 faire une croix sur – abandonner l'idée de, renoncer à
10 avancer à tâtons – avancer tout doucement, prudemment
11 la cogestion – gestion à plusieurs personnes, ensemble
Raybaud, A. (2021). Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs. Le Monde Campus. 3 août 2021.
1
Présentez les activités des participants à la semaine « low tech ». [20 %]
Aufgabe 2 · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport)
Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs (2021)
Par Alice Raybaud
Pendant l'été, dans un château de Seine-et-Marne, des diplômés d'écoles d'ingénieurs s'initient à la conception de produits sobres et durables. Cette génération partage de plus en plus une même aspiration écologique.
Il faut se donner un coup de fouet 1 de bon matin. La nuit a été fraîche sur le Campus de la
transition, et on se met en mouvement au saut du lit. D'abord pour la « pluche » – l'épluchage
des légumes fournis par les fermes locales en vue du repas du midi –, avant de se regrouper
pour la « météo intérieure », exercice ritualisé où chacun dit comment il se sent, au pied de
5 l'élégant château du domaine de Forges (Seine-et-Marne).
Cette propriété de 12 hectares, située à 80 kilomètres de Paris, a été transformée en 2018 en
un lieu d'expérimentation de la « transition écologique et sociale », sous l'impulsion de la phi-
losophe Cécile Renouard et de l'économiste Gaël Giraud. Ici, on teste des solutions concrètes,
en matière d'énergie, d'alimentation ou de gouvernance 2, ensuite transmises aux étudiants,
10 chercheurs et entreprises qui viennent s'y frotter 3 tout au long de l'année.
Mercredi 28 juillet, ce sont une trentaine de jeunes, la plupart issus d'écoles d'ingénieurs, qui,
en tenue de chantier, écoutent l'un d'eux leur lire un texte pour ouvrir la journée. « Elle s'est
mis dans la tête qu'il fallait sauver le monde, ni plus ni moins », relate le poème. Tout un
programme. S'ils ne pensent pas sauver le monde, ces jeunes diplômés sont décidés à y
15 mettre leur grain de sable 4, rassemblés par une forte conscience écologique et l'aspiration à
une vie professionnelle – et personnelle – plus sobre. Eux qui se sont peu à peu détournés de
la voie royale qu'ouvre leur statut d'ingénieur, trop éloignée de leurs constats sur l'état de la
planète, viennent à la semaine des alternatives low tech (SALT) chercher des clés.
Organisé pour sa troisième édition sur le campus de Forges, qui loge les participants dans de
20 grandes tentes, cet événement propose des ateliers de formation aux low tech, des produits
qui se veulent sobres en énergie, à faible impact écologique et social, robustes et facilement
réparables par tout un chacun. Après avoir été initiés à l'utilisation des outils, les participants
se lancent dans la construction de douches ou de fours solaires, d'un pédalier à énergie
musculaire, de panneaux thermiques ou de biodigesteurs, dispositif qui permet de produire du
25 méthane à partir de déchets organiques. Aux quatre coins du campus, ça coupe, ça tape, ça
assemble.
« Ce sont des ingénieurs qui ont eu une formation très théorique », observe Paul Dequidt, co-
organisateur et docteur en traitement d'image. On sent chez eux un besoin viscéral de retrou-
ver le contact avec l'outil, de tenir une perceuse. » Une quête de technique, mais aussi de
30 sens: « Ils se sont rendu compte, parfois brutalement, que le monde dans lequel ils vont évo-
luer n'est pas celui qu'on leur a proposé en formation. » Peu banal, mais de plus en plus fré-
quent, que de voir ces jeunes, formés aux calculs les plus complexes, remettre en cause la
course à la haute technologie pour se tourner vers la production d'objets simples et sobres,
destinés à ne répondre qu'aux besoins essentiels. […]
35 Cadre en bois à la main, il [Simon, 28 ans, diplômé en 2016 de l'Ecole nationale supérieure
d'électricité et de mécanique de Nancy] aide à terminer la construction du panneau thermique
d'une douche solaire. Déjà adroit, il vient surtout à la SALT glaner des conseils et retours
d'expérience de professionnels. Lui qui n'espère plus trouver une entreprise en accord avec
ses valeurs écologiques et sociales s'imagine artisan ingénieur, pour conseiller des particuliers
40 sur une rénovation sobre de leur habitat, puis réaliser les travaux avec eux, à une échelle
locale. Il rêve de « faire société différemment ».
[…] Pour tous ces convaincus se pose inéluctablement la question des débouchés 5, au-
jourd'hui minces dans la vague low tech. « Bosser pour une entreprise avec une démarche
low tech, ce n'est pas facile: beaucoup d'acteurs n'arrivent pas même à se dégager un
45 smic 6 », constate Alexandre Mabire, 23 ans, fraîchement sorti de l'université de technologie
de Compiègne. Il ne désespère pas pour autant de trouver chaussure à son pied 7. Comme
beaucoup sur le Campus, il se sait privilégié: grâce aux économies qu'il a pu rassembler
durant ses études en apprentissage 8, il peut prendre le temps de chercher.
Faire une croix 9 sur un certain confort de vie ne lui fait pas peur. « Je ne considère plus comme
50 une privation le fait de ne plus consommer autant », tranche-t-il, en écho à nombre des
participants de la SALT. S'ils avancent encore à tâtons 10, ils se sentent portés par une philosophie
de construction collective, soutenue par l'esprit de cogestion 11 qui règne sur le Campus.
Lorène Ortega, 25 ans, qui est sortie de l'Institut national des sciences appliquées Hauts-de-
France assaillie de questions et de doutes, y trouve une source de soulagement: « Cela fait
55 tellement de bien de voir qu'on n'est pas seul avec ces préoccupations. »
848 mots
1 se donner un coup de fouet – se motiver
2 la gouvernance – dt. Unternehmensführung
3 se frotter à qch – avoir du contact avec qch
4 mettre son grain de sable – ici: s'engager / contribuer
5 les débouchés – ici: les perspectives professionnelles
6 le smic – salaire minimum de croissance - dt. Mindestlohn
7 trouver chaussure à son pied – ici: trouver le travail parfait pour lui
8 études en apprentissage – une formation en alternance dans l'enseignement supérieur favorisant la pratique
9 faire une croix sur – abandonner l'idée de, renoncer à
10 avancer à tâtons – avancer tout doucement, prudemment
11 la cogestion – gestion à plusieurs personnes, ensemble
Raybaud, A. (2021). Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs. Le Monde Campus. 3 août 2021.
2
Analysez les caractéristiques du mouvement « low tech » en tenant compte des moyens stylistiques. [40 %]
Aufgabe 3.1 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs (2021)
Par Alice Raybaud
Pendant l'été, dans un château de Seine-et-Marne, des diplômés d'écoles d'ingénieurs s'initient à la conception de produits sobres et durables. Cette génération partage de plus en plus une même aspiration écologique.
Il faut se donner un coup de fouet 1 de bon matin. La nuit a été fraîche sur le Campus de la
transition, et on se met en mouvement au saut du lit. D'abord pour la « pluche » – l'épluchage
des légumes fournis par les fermes locales en vue du repas du midi –, avant de se regrouper
pour la « météo intérieure », exercice ritualisé où chacun dit comment il se sent, au pied de
5 l'élégant château du domaine de Forges (Seine-et-Marne).
Cette propriété de 12 hectares, située à 80 kilomètres de Paris, a été transformée en 2018 en
un lieu d'expérimentation de la « transition écologique et sociale », sous l'impulsion de la phi-
losophe Cécile Renouard et de l'économiste Gaël Giraud. Ici, on teste des solutions concrètes,
en matière d'énergie, d'alimentation ou de gouvernance 2, ensuite transmises aux étudiants,
10 chercheurs et entreprises qui viennent s'y frotter 3 tout au long de l'année.
Mercredi 28 juillet, ce sont une trentaine de jeunes, la plupart issus d'écoles d'ingénieurs, qui,
en tenue de chantier, écoutent l'un d'eux leur lire un texte pour ouvrir la journée. « Elle s'est
mis dans la tête qu'il fallait sauver le monde, ni plus ni moins », relate le poème. Tout un
programme. S'ils ne pensent pas sauver le monde, ces jeunes diplômés sont décidés à y
15 mettre leur grain de sable 4, rassemblés par une forte conscience écologique et l'aspiration à
une vie professionnelle – et personnelle – plus sobre. Eux qui se sont peu à peu détournés de
la voie royale qu'ouvre leur statut d'ingénieur, trop éloignée de leurs constats sur l'état de la
planète, viennent à la semaine des alternatives low tech (SALT) chercher des clés.
Organisé pour sa troisième édition sur le campus de Forges, qui loge les participants dans de
20 grandes tentes, cet événement propose des ateliers de formation aux low tech, des produits
qui se veulent sobres en énergie, à faible impact écologique et social, robustes et facilement
réparables par tout un chacun. Après avoir été initiés à l'utilisation des outils, les participants
se lancent dans la construction de douches ou de fours solaires, d'un pédalier à énergie
musculaire, de panneaux thermiques ou de biodigesteurs, dispositif qui permet de produire du
25 méthane à partir de déchets organiques. Aux quatre coins du campus, ça coupe, ça tape, ça
assemble.
« Ce sont des ingénieurs qui ont eu une formation très théorique », observe Paul Dequidt, co-
organisateur et docteur en traitement d'image. On sent chez eux un besoin viscéral de retrou-
ver le contact avec l'outil, de tenir une perceuse. » Une quête de technique, mais aussi de
30 sens: « Ils se sont rendu compte, parfois brutalement, que le monde dans lequel ils vont évo-
luer n'est pas celui qu'on leur a proposé en formation. » Peu banal, mais de plus en plus fré-
quent, que de voir ces jeunes, formés aux calculs les plus complexes, remettre en cause la
course à la haute technologie pour se tourner vers la production d'objets simples et sobres,
destinés à ne répondre qu'aux besoins essentiels. […]
35 Cadre en bois à la main, il [Simon, 28 ans, diplômé en 2016 de l'Ecole nationale supérieure
d'électricité et de mécanique de Nancy] aide à terminer la construction du panneau thermique
d'une douche solaire. Déjà adroit, il vient surtout à la SALT glaner des conseils et retours
d'expérience de professionnels. Lui qui n'espère plus trouver une entreprise en accord avec
ses valeurs écologiques et sociales s'imagine artisan ingénieur, pour conseiller des particuliers
40 sur une rénovation sobre de leur habitat, puis réaliser les travaux avec eux, à une échelle
locale. Il rêve de « faire société différemment ».
[…] Pour tous ces convaincus se pose inéluctablement la question des débouchés 5, au-
jourd'hui minces dans la vague low tech. « Bosser pour une entreprise avec une démarche
low tech, ce n'est pas facile: beaucoup d'acteurs n'arrivent pas même à se dégager un
45 smic 6 », constate Alexandre Mabire, 23 ans, fraîchement sorti de l'université de technologie
de Compiègne. Il ne désespère pas pour autant de trouver chaussure à son pied 7. Comme
beaucoup sur le Campus, il se sait privilégié: grâce aux économies qu'il a pu rassembler
durant ses études en apprentissage 8, il peut prendre le temps de chercher.
Faire une croix 9 sur un certain confort de vie ne lui fait pas peur. « Je ne considère plus comme
50 une privation le fait de ne plus consommer autant », tranche-t-il, en écho à nombre des
participants de la SALT. S'ils avancent encore à tâtons 10, ils se sentent portés par une philosophie
de construction collective, soutenue par l'esprit de cogestion 11 qui règne sur le Campus.
Lorène Ortega, 25 ans, qui est sortie de l'Institut national des sciences appliquées Hauts-de-
France assaillie de questions et de doutes, y trouve une source de soulagement: « Cela fait
55 tellement de bien de voir qu'on n'est pas seul avec ces préoccupations. »
848 mots
1 se donner un coup de fouet – se motiver
2 la gouvernance – dt. Unternehmensführung
3 se frotter à qch – avoir du contact avec qch
4 mettre son grain de sable – ici: s'engager / contribuer
5 les débouchés – ici: les perspectives professionnelles
6 le smic – salaire minimum de croissance - dt. Mindestlohn
7 trouver chaussure à son pied – ici: trouver le travail parfait pour lui
8 études en apprentissage – une formation en alternance dans l'enseignement supérieur favorisant la pratique
9 faire une croix sur – abandonner l'idée de, renoncer à
10 avancer à tâtons – avancer tout doucement, prudemment
11 la cogestion – gestion à plusieurs personnes, ensemble
Raybaud, A. (2021). Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs. Le Monde Campus. 3 août 2021.
3.1
« La technologie n'est pas la solution, mais un des principaux problèmes, un des principaux moteurs de la catastrophe en cours. » (Nicolas Casaux, écologiste radical et auteur contemporain d'articles technocritiques)
Discutez. [40 %]
Aufgabe 3.2 · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs (2021)
Par Alice Raybaud
Pendant l'été, dans un château de Seine-et-Marne, des diplômés d'écoles d'ingénieurs s'initient à la conception de produits sobres et durables. Cette génération partage de plus en plus une même aspiration écologique.
Il faut se donner un coup de fouet 1 de bon matin. La nuit a été fraîche sur le Campus de la
transition, et on se met en mouvement au saut du lit. D'abord pour la « pluche » – l'épluchage
des légumes fournis par les fermes locales en vue du repas du midi –, avant de se regrouper
pour la « météo intérieure », exercice ritualisé où chacun dit comment il se sent, au pied de
5 l'élégant château du domaine de Forges (Seine-et-Marne).
Cette propriété de 12 hectares, située à 80 kilomètres de Paris, a été transformée en 2018 en
un lieu d'expérimentation de la « transition écologique et sociale », sous l'impulsion de la phi-
losophe Cécile Renouard et de l'économiste Gaël Giraud. Ici, on teste des solutions concrètes,
en matière d'énergie, d'alimentation ou de gouvernance 2, ensuite transmises aux étudiants,
10 chercheurs et entreprises qui viennent s'y frotter 3 tout au long de l'année.
Mercredi 28 juillet, ce sont une trentaine de jeunes, la plupart issus d'écoles d'ingénieurs, qui,
en tenue de chantier, écoutent l'un d'eux leur lire un texte pour ouvrir la journée. « Elle s'est
mis dans la tête qu'il fallait sauver le monde, ni plus ni moins », relate le poème. Tout un
programme. S'ils ne pensent pas sauver le monde, ces jeunes diplômés sont décidés à y
15 mettre leur grain de sable 4, rassemblés par une forte conscience écologique et l'aspiration à
une vie professionnelle – et personnelle – plus sobre. Eux qui se sont peu à peu détournés de
la voie royale qu'ouvre leur statut d'ingénieur, trop éloignée de leurs constats sur l'état de la
planète, viennent à la semaine des alternatives low tech (SALT) chercher des clés.
Organisé pour sa troisième édition sur le campus de Forges, qui loge les participants dans de
20 grandes tentes, cet événement propose des ateliers de formation aux low tech, des produits
qui se veulent sobres en énergie, à faible impact écologique et social, robustes et facilement
réparables par tout un chacun. Après avoir été initiés à l'utilisation des outils, les participants
se lancent dans la construction de douches ou de fours solaires, d'un pédalier à énergie
musculaire, de panneaux thermiques ou de biodigesteurs, dispositif qui permet de produire du
25 méthane à partir de déchets organiques. Aux quatre coins du campus, ça coupe, ça tape, ça
assemble.
« Ce sont des ingénieurs qui ont eu une formation très théorique », observe Paul Dequidt, co-
organisateur et docteur en traitement d'image. On sent chez eux un besoin viscéral de retrou-
ver le contact avec l'outil, de tenir une perceuse. » Une quête de technique, mais aussi de
30 sens: « Ils se sont rendu compte, parfois brutalement, que le monde dans lequel ils vont évo-
luer n'est pas celui qu'on leur a proposé en formation. » Peu banal, mais de plus en plus fré-
quent, que de voir ces jeunes, formés aux calculs les plus complexes, remettre en cause la
course à la haute technologie pour se tourner vers la production d'objets simples et sobres,
destinés à ne répondre qu'aux besoins essentiels. […]
35 Cadre en bois à la main, il [Simon, 28 ans, diplômé en 2016 de l'Ecole nationale supérieure
d'électricité et de mécanique de Nancy] aide à terminer la construction du panneau thermique
d'une douche solaire. Déjà adroit, il vient surtout à la SALT glaner des conseils et retours
d'expérience de professionnels. Lui qui n'espère plus trouver une entreprise en accord avec
ses valeurs écologiques et sociales s'imagine artisan ingénieur, pour conseiller des particuliers
40 sur une rénovation sobre de leur habitat, puis réaliser les travaux avec eux, à une échelle
locale. Il rêve de « faire société différemment ».
[…] Pour tous ces convaincus se pose inéluctablement la question des débouchés 5, au-
jourd'hui minces dans la vague low tech. « Bosser pour une entreprise avec une démarche
low tech, ce n'est pas facile: beaucoup d'acteurs n'arrivent pas même à se dégager un
45 smic 6 », constate Alexandre Mabire, 23 ans, fraîchement sorti de l'université de technologie
de Compiègne. Il ne désespère pas pour autant de trouver chaussure à son pied 7. Comme
beaucoup sur le Campus, il se sait privilégié: grâce aux économies qu'il a pu rassembler
durant ses études en apprentissage 8, il peut prendre le temps de chercher.
Faire une croix 9 sur un certain confort de vie ne lui fait pas peur. « Je ne considère plus comme
50 une privation le fait de ne plus consommer autant », tranche-t-il, en écho à nombre des
participants de la SALT. S'ils avancent encore à tâtons 10, ils se sentent portés par une philosophie
de construction collective, soutenue par l'esprit de cogestion 11 qui règne sur le Campus.
Lorène Ortega, 25 ans, qui est sortie de l'Institut national des sciences appliquées Hauts-de-
France assaillie de questions et de doutes, y trouve une source de soulagement: « Cela fait
55 tellement de bien de voir qu'on n'est pas seul avec ces préoccupations. »
848 mots
1 se donner un coup de fouet – se motiver
2 la gouvernance – dt. Unternehmensführung
3 se frotter à qch – avoir du contact avec qch
4 mettre son grain de sable – ici: s'engager / contribuer
5 les débouchés – ici: les perspectives professionnelles
6 le smic – salaire minimum de croissance - dt. Mindestlohn
7 trouver chaussure à son pied – ici: trouver le travail parfait pour lui
8 études en apprentissage – une formation en alternance dans l'enseignement supérieur favorisant la pratique
9 faire une croix sur – abandonner l'idée de, renoncer à
10 avancer à tâtons – avancer tout doucement, prudemment
11 la cogestion – gestion à plusieurs personnes, ensemble
Raybaud, A. (2021). Simplicité, sobriété… La conversion aux « low tech » de jeunes ingénieurs. Le Monde Campus. 3 août 2021.
3.2
À son retour de la semaine des alternatives low tech, Simon, jeune diplômé d'une école d'ingénieurs, décide de fonder une entreprise low tech. Sur son blog personnel, il fait donc part de ses motivations et de sa vision de l'avenir.
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