Exercice 2 - Sujet A - Essai · Bac STMG Français Métropole 2025

Thème : Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Tiré du sujet Métropole France (2025)

Énoncé

Sujet A – Essai

Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV – Parcours: la bonne éducation.

Sujet A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV – Parcours: la bonne éducation.

Texte d'après Martine Fournier, « Apprendre tout au long de la vie », Éduquer et former, 2016.

Aujourd'hui, apprendre n'est plus réservé au temps passé dans la classe ou sur les bancs de l'université. L'éducation formelle n'est finalement qu'un petit pan de ce que nous apprenons tout au long de l'existence, de manière informelle.

Certes, depuis toujours, le désir d'apprendre se manifeste chez les êtres vivants. Les bébés humains n'ont eu de cesse de savoir marcher, parler, imiter les plus grands... Mais, aujourd'hui, l'acte d'apprendre semble n'avoir jamais été aussi présent, à tous les moments et les âges de la vie. Une appétence 1 stimulée par les avancées technologiques des sociétés contemporaines.

À l'ère numérique, les écrans offrent un accès illimité à toutes les questions que chacun se pose. Qui n'a pas assisté à un dîner où les convives sollicitent Google sur leur smartphone pour répondre à une question ou vérifier une information ? Qui n'a pas visité x fois Wikipédia pour s'informer sur un point d'histoire, d'actualité ou de culture générale ? Qui n'a jamais sollicité Youtube pour découvrir une nouvelle recette de cuisine, apprendre comment faire pousser des tomates bio sur sa terrasse ou vidanger sa voiture sans passer chez le garagiste ? Remarquons au passage que la « fracture numérique », prophétisée par certains à l'aube du XXIe siècle, n'a pas eu lieu. L'accès aux « nouvelles » technologies s'est généralisé sur toute la planète, via notamment les petits téléphones portables qui ont désenclavé 2 les contrées les plus pauvres et les plus reculées.

Les pères de l'éducation populaire militaient pour une société où la culture serait accessible à tous. Aujourd'hui, même si beaucoup d'inégalités persistent, à tous les niveaux, tous les âges, selon ses choix personnels on apprend. Des adolescents créent leurs propres musiques sur le Web, les partagent et les transforment avec leurs amis. Les Journées du patrimoine attirent les foules tout comme les musées, les mémoriaux ou autres expositions. On part en voyage pour visiter de nouvelles contrées et aller à la rencontre d'autres cultures. Les universités populaires affichent complet et certaines s'adressent aux plus déshérités. Même les réseaux sociaux véhiculent des apprentissages, où chacun, selon ses goûts et son groupe d'amis, trouve des tuyaux pour sa propre quête de développement personnel aussi bien que d'enrichissement artistique...

Dans le monde du travail, les transformations de ces dernières décennies alimentent un besoin croissant de formation pour les travailleurs et les entreprises. Basculement du système de production de masse vers un « apprentissage organisationnel » piloté par l'innovation; montée en puissance des services (dans les pays développés, ils représentent environ aujourd'hui 80% des PIB 3) générant de nouvelles aptitudes et de nouvelles professions... Ces transformations ont eu un impact sur l'image du travailleur. Le travail normé, prescrit et répétitif a laissé place à des métiers requérant des compétences nouvelles, des capacités d'initiative, d'autonomie, de responsabilité et d'adaptabilité, en même temps qu'un niveau plus élevé de formation.

Pour Philippe Carré, nous sommes entrés dans des sociétés de l'« apprenance ». Selon ce chercheur en sciences de l'éducation, spécialiste de la formation et auteur de nombreux ouvrages sur la question, si les connaissances et les compétences sont devenues « un élément vital du développement personnel », elles sont aussi la principale source de création de richesse des pays développés, passés en un demi-siècle d'économies industrielles aux économies du savoir.

Les contours de cette économie ont été bien formulés par nombre d'analyses. Elle est née d'une part de la formidable expansion des technologies de l'information et de la communication qui, selon l'essayiste américain Jeremy Rifkin, ont engendré l'avènement d'une troisième révolution industrielle. Aux États-Unis, le secteur du numérique et des réseaux est devenu le premier secteur économique, avec un taux de croissance de l'emploi six fois supérieur à la moyenne. Par ailleurs, la révolution numérique a accompagné le développement d'une économie immatérielle, dans laquelle les investissements dans la recherche, la formation et le traitement de l'information ont pris une part croissante.

Depuis les années 1990, les institutions nationales, européennes, internationales, s'unissent pour inciter au développement du capital humain dans un concert célébrant « le trésor de l'éducation » et « la formation tout au long de la vie ».

Parallèlement, dans les pays développés, la formation professionnelle est devenue un immense secteur d'activité. D'autant que les besoins sont aujourd'hui renforcés par le caractère de plus en plus incertain de la conjoncture économique. Alors qu'auparavant, il n'était pas rare de garder le même métier toute sa vie, les générations actuelles sont destinées à en changer plusieurs fois, de l'avis de tous les experts.

777 mots

1 Appétence: tendance à vouloir satisfaire ses désirs.

2 Désenclaver: rompre l'isolement d'un lieu par l'amélioration des communications.

3 P.I.B.: Produit intérieur brut (qui exprime la richesse d'un pays).

Une bonne éducation amène-t-elle à apprendre tout au long de sa vie ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

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Corrigé

Corrigé établi d’après les éléments de correction officiels

Une bonne éducation amène-t-elle à apprendre tout au long de sa vie ?

Réponse : L'expression de « bonne éducation » renvoie à l'idée humaniste d'une formation de l'individu, liée à un apprentissage continu ; il s'agit de former le corps et l'esprit, d'améliorer sa compréhension du monde et de viser un épanouissement intellectuel. La formule « apprendre tout au long de sa vie » invite à réfléchir au fait qu'on peut découvrir et apprendre au-delà du temps et de l'âge de l'école.

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