Aufgabe 3 · Abitur NRW Geschichte GK · Haupttermin · bilingual Französisch 2021
Thema: Deutsche Frage 1815-1871: Wiener Kongress, Revolution 1848/49, Reichsgründung · Aus der Prüfung GK · Haupttermin · bilingual Französisch (2021)
Aufgabenstellung
Abiturprüfung 2021 – Geschichte bilingual-französisch, Grundkurs
Aufgabenstellung:
1.
Analysez le texte. (26 Punkte)
2.
Expliquez les allusions historiques présentes dans le texte (14 Punkte) et dégagez la manière dont l'auteur considère les principes du congrès de Vienne (14 Punkte). (28 Punkte)
3.
Prenez position sur l'appréciation que porte l'auteur à propos de l'effet pacificateur du congrès de Vienne. (26 Punkte)
[Darstellungsleistung: 20 Punkte; Gesamtpunktzahl: 100 Punkte]
Materialgrundlage:
Thierry Lentz: Le congrès de Vienne. Une refondation de l'Europe. 1814 – 1815. Paris 2015, S. 328 – 331.
(Rechtschreibung und Hervorhebungen wie im Original)
Hinweise zum Autor und zum Material:
Thierry Lentz, né en 1959, historien français, auteur de plusieurs publications traitant surtout de Napoléon et de son époque.
Epilogue
Le concert européen
1 Le concert européen et son « système des congrès » venaient d’être portés sur les fonts
2 baptismaux 1. Il confiait aux « grandes puissances » la surveillance des autres et, surtout, la
3 tâche de maintenir un état de paix le plus général possible, quitte à 2 intervenir de façon ciblée
4 pour protéger l’ordre établi à Vienne et complété par les accords parisiens 3 (Sainte-Alliance
5 et Quadruple-Alliance 4). Il n’y avait pas encore d’unité politique en Europe mais au moins
6 une unité de but, qu’Albert Sorel qualifia « d’utopie de la paix perpétuelle organisée pour le
7 plus grand profit des souverains 5 ». Le grand historien avait raison: le système des congrès
8 devait se perpétuer dans la volonté de maintenir l’ordre social retrouvé, mais modernisé, sous
9 la conduite paternelle de monarques légitimés par le droit international. […]
10 Dans ce maintien de l’ordre interétatique 6, la Sainte-Alliance joua un rôle à ses débuts,
11 suscitant plusieurs rencontres et attribuant même des mandats à ses membres pour venir en
12 aide aux monarques mis en difficulté à l’intérieur de leurs frontières […]. Mais finalement, ce
13 fut la Quadruple-Alliance qui eut le rôle le plus effectif: lorsque la France fut définitivement
14 admise dans le « directoire des grandes puissances », on put parler d’une « pentarchie »
15 chargée du maintien de la paix. 7 […] Ainsi, malgré la rupture du statu quo territorial, le
16 congrès et ses suites assurèrent à l’Europe un siècle sans guerre générale. […]
17 Le congrès avait créé de jure 8 une distinction entre les agrandissements par conquête,
18 jugés nuls et non avenus 9, et ceux obtenus par les traités. Les modifications unilatérales de
19 l’ordre international n’étaient plus tolérées: cela ne rendait pas les annexions et rectifications
20 de territoires toujours légitimes, mais, au moins, elles se faisaient désormais en accord avec
21 une norme juridique admise par tous. On n’en était pas encore à mettre la guerre et la violence
22 interétatique hors la loi (le seront-elles jamais ?), mais on traçait la voie d’un consentement
23 multilatéral et formel aux modifications de frontières. Avec l’intervention de Talleyrand,
24 on avait même vu le droit des vainqueurs évoluer à l’égard du vaincu: celui-ci avait non
25 seulement droit au respect, mais aussi à être entendu, sorte de premier pas vers une « victoire
26 du consentement » en matière internationale, idée qui survécut jusqu’au traités mettant fin à
27 la Première Guerre mondiale et prit spectaculairement fin avec celui de Versailles, imposé à
28 l’Allemagne sans que la délégation des vaincus ait été écoutée, ni même reçue.
29 Le congrès de Vienne a pourtant été fort critiqué, en son temps et depuis. […] Depuis,
30 souvent sur le même ton, la légende noire du congrès est restée vivace, parce qu’on le confond
31 avec la Sainte-Alliance, rejetée par les « laïcs » […], mais dont l’impact fut pourtant de courte
32 durée […].
33 Dans notre Hexagone, le congrès a été « un objet de haine et d’horreur pour le patriotisme
34 français » 10. On croit y déceler une nouvelle « trahison » de Talleyrand (la Prusse sur le Rhin !
35 …) et la faiblesse de la diplomatie royale, en oubliant la position de vaincue de la France, en
36 1814 et en 1815, deux chocs qui, plus tard, auraient immanquablement entraîné la dislocation
37 du pays, comme le montrent les accords le 1918, pour l’Autriche-Hongrie, et de 1945, pour
38 l’Allemagne. On a encore blâmé l’attitude du tsar, la brutalité des Prussiens, le flegme, voire
39 le dilettantisme de Metternich, la méconnaissance de l’Europe de Castlereagh 11, la vénalité 12
40 de Talleyrand, la « nullité » de François I er 13, l’instabilité de Frédéric-Guillaume III, le
41 tout en ramenant la réunion viennoise à un événement mondain au cours duquel on régla le
42 sort des nations autour d’une bonne table. Si l’on ajoute que les principes sur lesquels se
43 fondèrent les diplomates (légitimité, marchandage d’âmes 14, conservatisme, etc.) sont
44 unanimement rejetés aujourd’hui (sans qu’on puisse garantir qu’ils aient totalement disparu
45 des relations internationales), le congrès pourrait passer pour ce qu’il ne fut pas: une péripétie
46 préjudiciable 15 à l’Europe.
47 En réalité, au contraire de cette caricature, les accords de Vienne, défendus par « des gens
48 qui avaient souffert de la guerre et désiraient en empêcher le retour 16 », instauraient une
49 nouvelle géographie politique du continent qui se voulait, et se révéla largement, réparatrice
50 et équilibrée, au sortir de vingt-cinq années terribles. […]
1 être porté sur les fonts baptismaux: naître; être créé (« aus der Taufe gehoben werden »)
2 quitte à: hier = auch auf die Gefahr hin …
3 accords parisiens: traités de Paris de 1814 et 1815 pour régler le sort de la France après la défaite de Napoléon
4 Quadruple-Alliance: suite de la Sainte Alliance, avec en plus le Royaume-Uni
5 citation d'Albert Sorel de l'année 1876
6 l'ordre interétatique: l'ordre entre les états
7 L'auteur se réfère ici à la Quintuple Alliance en 1818, où la France rejoint la Quadruple Alliance.
8 de jure: de par le droit, par la loi
9 nul et non avenu: null und nichtig
10 citation de l'historien J. Bainville de l'année 1915
11 Lord Castlereagh, 1769 – 1822, est un diplomate britannique; il représente la Grande-Bretagne au congrès de Vienne.
12 la vénalité: Käuflichkeit
13 François I er (Franz I.): empereur de l'Autriche
14 marchandage d'âmes: Kuhhandel/Feilscherei (um Bevölkerungsanteile)
15 une péripétie préjudiciable: nachteiliger/schädlicher Zwischenfall
16 citation de l'historien C. Seignobos de l'année 1915
1.
2.
3.

Lösung
Nach den offiziellen Korrekturhinweisen
1. Analysez le texte.
Lösung: Analyse méthodique du texte historiographique (auteur, genre, date, thème, intention, structure argumentative).
2. Expliquez les allusions historiques présentes dans le texte (14 Punkte) et dégagez la manière dont l'auteur considère les principes du congrès de Vienne (14 Punkte).
Lösung: Explication des contextes historiques mentionnés et dégagement de la conception de l'auteur sur les principes de 1815.
3. Prenez position sur l'appréciation que porte l'auteur à propos de l'effet pacificateur du congrès de Vienne.
Lösung: Discussion critique et argumentée du jugement de Lentz sur le rôle pacificateur du congrès.
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