Abitur Hessen Geschichte 2021 · GK · bilingual Französisch
Abiturprüfung Geschichte in Hessen 2021, GK · bilingual Französisch: 7 Aufgaben mit Lösungen. Mit automatischer Korrektur.
Themen der Prüfung: Liberal-nationale Bewegung, Revolution 1848/49 und Reichsgründung · Imperialismus und Weg in den Ersten Weltkrieg · Weimarer Republik: Entstehung, Verfassung und innere Belastungen · Versailler Vertrag und Außenpolitik der Weimarer Republik · Kalter Krieg: Blockbildung und Konfrontation · Innerdeutsche Beziehungen und Neue Ostpolitik
Aufgabe Vorschlag A · Liberal-nationale Bewegung, Revolution 1848/49 und Reichsgründung
État-nation et démocratie – enjeux majeurs de l'histoire allemande
Thema und Aufgabenstellung – Vorschlag A
Material
Alexis de Tocqueville: Souvenirs
Au moment où j'entrai au ministère, l'Europe était comme en feu, bien que l'incendie fût déjà éteint en certains pays. […]
Jamais peut-être, depuis Février, l'Allemagne n'avait paru plus divisée ni plus troublée. Quoique la chimère 1 de l'unité allemande se fût évanouie, la réalité de l'ancienne organisation germanique n'avait pas encore repris sa place. L'Assemblée nationale, qui avait essayé jusque-là de créer cette unité, réduite à un petit nombre de membres, fuyait Francfort, promenant de place en place son impuissance et le spectacle de ses fureurs ridicules. Mais sa chute ne rétablissait pas l'ordre; elle laissait, au contraire, un champ plus libre à l'anarchie.
Les révolutionnaires modérés, et on peut dire innocents, qui s'étaient flattés de pouvoir amener paisiblement, par des raisonnements et des décrets, les peuples et les princes de l'Allemagne à se soumettre à un gouvernement unitaire, ayant échoué et se retirant découragés de l'arène, laissaient la place aux révolutionnaires violents, qui avaient toujours assuré que l'Allemagne ne pouvait être conduite à l'unité que par la ruine complète de tous ses anciens gouvernements et l'abolition entière du vieil ordre social. Aux discussions parlementaires succédaient donc de toutes parts des émeutes. Les rivalités politiques tournaient en guerre de classes; les haines et les jalousies naturelles du pauvre contre le riche devenaient des théories socialistes en beaucoup d'endroits, mais surtout dans les petits États de l'Allemagne centrale et dans la grande vallée du Rhin. Le Wurtemberg était agité; la Saxe venait d'avoir une insurrection terrible, dont on n'avait pu triompher qu'à l'aide des secours de la Prusse; d'autres insurrections avaient troublé la Westphalie; le Palatinat était en pleine révolte et les Badois venaient de chasser leur grand-duc et de nommer un gouvernement provisoire. Et pourtant la victoire définitive des princes, que j'avais présagée 2 un mois auparavant, quand je traversais l'Allemagne, n'était plus douteuse; ces violences mêmes la précipitaient 3. Les grandes monarchies avaient reconquis leurs capitales et leurs armées. Leurs chefs avaient encore des difficultés à vaincre, mais plus de périls; et maîtres chez eux, ou sur le point de l'être, ils ne pouvaient manquer de le devenir bientôt dans les États secondaires. En troublant ainsi violemment l'ordre public, on leur donnait le désir, l'occasion et le droit d'intervenir.
La Prusse avait déjà commencé à le faire; les Prussiens venaient de réprimer, les armes à la main, l'insurrection de la Saxe: ils entraient dans le Palatinat du Rhin, offraient leur intervention au Wurtemberg et allaient envahir le grand-duché de Bade, occupant ainsi par leurs soldats ou leur influence presque toute l'Allemagne. […]
La constitution germanique de 1815 reprit son empire, la diète 4 ses séances; et bientôt de tout ce grand mouvement de 1848 il ne resta plus en Allemagne que deux traces visibles: une dépendance plus grande des petits États à l'égard des grandes monarchies, une atteinte irréparable portée à tout ce qui restait des institutions féodales; leur ruine, consommée par les peuples, fut sanctionnée par les princes. D'un bout de l'Allemagne à l'autre la perpétuité des rentes foncières, les dîmes seigneuriales, les corvées, les droits de mutation, de chasse, de justice 5, qui constituaient une grande partie de la richesse des nobles restèrent abolis. Les rois étaient restaurés, mais les aristocraties ne se relevèrent pas.
Alexis de Tocqueville: Souvenirs, in: De la démocratie en Amérique / Souvenirs / L'Ancien régime et la Révolution, Paris 1986, S. 865–866 und 873.
1 la chimère – das Hirngespinst; das Trugbild
2 présager – voraussagen, vorhersehen, prophezeien
3 précipiter – accélérer
4 la diète – hier: der Deutsche Bundestag in Frankfurt am Main
5 des rentes foncières, les dîmes seigneuriales, les corvées, les droits de mutation, de chasse, de justice – diverse Abgaben und Dienste im Rahmen der Grundherrschaft
Hinweis: Alexis de Tocqueville (1805–1859): historien, essayiste et homme politique français. Il est ministre des Affaires étrangères de la France en 1849 et député du département de la Manche de 1839 à 1851. Son œuvre « Souvenirs » a été écrite en 1850/51 et a été publiée en 1893 longtemps après sa mort.
1
Résumez le texte. (Material) [25 BE]
2.1
Situez le texte dans son contexte historique. (Material) [20 BE]
2.2
Comparez les causes et les déclencheurs qui sont à l'origine des révolutions de 1848/49 et 1918/19. [30 BE]
3
Après la fondation de l'Empire allemand en 1871, un ancien député républicain de l'Assemblée nationale de Francfort commente cet événement dans une lettre adressée à un ancien révolutionnaire qui a émigré aux Etats-Unis.
Rédigez cette lettre. [25 BE]
Aufgabe Vorschlag B - Aufgaben 1 et 3 · Imperialismus und Weg in den Ersten Weltkrieg
Material
Jean Jaurès: Discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914
Citoyens,
Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été
dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la
responsabilité de vous adresser la parole.
5 Ah ! citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau 1, je ne veux pas dire que la
rupture diplomatique dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure, entre l’Autriche et la
Serbie, signifie nécessairement qu’une guerre entre l’Autriche et la Serbie va éclater et je ne dis pas
que si la guerre éclate entre la Serbie et l’Autriche le conflit s’étendra nécessairement au reste de
l’Europe, mais je dis que nous avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l’heure
10 actuelle, des chances terribles et contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l’Europe tentent les
efforts de solidarité suprême qu’ils pourront tenter.
Citoyens, la note que l’Autriche a adressée à la Serbie est pleine de menaces et si l’Autriche envahit le
territoire slave, si les Germains, si la race germanique d’Autriche fait violence à ces Serbes qui sont
une partie du monde slave et pour lesquels les slaves de Russie éprouvent une sympathie profonde, il y
15 a à craindre et à prévoir que la Russie entrera dans le conflit, et si la Russie intervient pour défendre la
Serbie, l’Autriche ayant devant elle deux adversaires, la Serbie et la Russie, invoquera le traité
d’alliance qui l’unit à l’Allemagne et l’Allemagne fait savoir qu’elle se solidarisera avec l’Autriche. Et
si le conflit ne restait pas entre l’Autriche et la Serbie, si la Russie s’en mêlait, l’Autriche verrait
l’Allemagne prendre place sur les champs de bataille à ses côtés.
20 Mais alors, ce n’est plus seulement le traité d’alliance entre l’Autriche et l’Allemagne qui entre en jeu,
c’est le traité secret mais dont on connaît les clauses essentielles, qui lie la Russie et la France et la
Russie dira à la France: « J’ai contre moi deux adversaires, l’Allemagne et l’Autriche, j’ai le droit
d’invoquer le traité qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés. » A l’heure
actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors
25 l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde
en feu.
Dans une heure aussi grave, aussi pleine de périls 2 pour nous tous, pour toutes les patries, je ne veux
pas m’attarder à chercher longuement les responsabilités. Nous avons les nôtres, Moutet l’a dit et
j’atteste devant l’Histoire que nous les avions prévues, que nous les avions annoncées; lorsque nous
30 avons dit que pénétrer par la force, par les armes au Maroc, c’était ouvrir l’ère des ambitions, des
convoitises 3 et des conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais Français et c’est nous qui avions le
souci de la France. […]
Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche 4 à la main et maintenant voilà
l’incendie. Eh bien ! citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la
35 responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d’une part, la sournoiserie 5 et
la brutalité de la diplomatie allemande, et, d’autre part, la duplicité 6 de la diplomatie russe. […]
Si depuis trente ans, si depuis que l’Autriche a l’administration de la Bosnie-Herzégovine, elle avait
fait du bien à ces peuples, il n’y aurait pas aujourd’hui de difficultés en Europe; mais la cléricale
Autriche tyrannisait la Bosnie-Herzégovine; elle a voulu la convertir par force au catholicisme; en la
40 persécutant dans ses croyances, elle a soulevé le mécontentement de ces peuples.
La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de
l’Autriche ont contribué à créer l’état de choses horrible où nous sommes. L’Europe se débat comme
dans un cauchemar.
Eh bien ! citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes
45 de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire 7, j’espère encore malgré tout
qu’en raison même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les
gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir 8 d’horreur à la pensée du cataclysme 9
qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne.
Jean Jaurès: Discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.
URL: https://www.humanite.fr/sites/default/files/legacy/doc1jeanjaures.pdf (06.10.2018).
1 forcer les couleurs sombres du tableau – etw. schwarzmalen
2 le péril – le danger
3 la convoitise – die Begierde; das Begehren
4 la torche – die Fackel
5 la sournoiserie – die Verschlagenheit; die Hinterhältigkeit
6 la duplicité – die Falschheit
7 téméraire – kühn; gewagt
8 frémir – zittern
9 le cataclysme – die Katastrophe
Hinweise
Jean Jaurès (1859-1914) est un homme politique socialiste français. De conviction pacifiste, il se bat pour le maintien de la paix en Europe. Le 30 juillet 1914, donc cinq jours après son discours prononcé à Lyon-Vaise, il est assassiné par le nationaliste Raoul Villain dans un café à Paris.
Marius Moutet (1876-1968) est un homme politique socialiste français.
Aufgaben
1
Retracez les idées principales de Jean Jaurès. (Material) [30 BE]
3
Inspiré par ce discours de Jaurès, un membre du parti social-démocrate allemand (SPD) écrit un article pour un journal ouvrier juste avant le déclenchement de la guerre. Dans cet article, il commente la situation dans l'Empire allemand depuis le point de vue socialiste. Rédigez cet article. [25 BE]
Aufgabe Vorschlag B - Aufgabe 2 · Kalter Krieg: Blockbildung und Konfrontation
Material
Jean Jaurès: Discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914
Citoyens,
Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été
dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la
responsabilité de vous adresser la parole.
5 Ah ! citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau 1, je ne veux pas dire que la
rupture diplomatique dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure, entre l’Autriche et la
Serbie, signifie nécessairement qu’une guerre entre l’Autriche et la Serbie va éclater et je ne dis pas
que si la guerre éclate entre la Serbie et l’Autriche le conflit s’étendra nécessairement au reste de
l’Europe, mais je dis que nous avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l’heure
10 actuelle, des chances terribles et contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l’Europe tentent les
efforts de solidarité suprême qu’ils pourront tenter.
Citoyens, la note que l’Autriche a adressée à la Serbie est pleine de menaces et si l’Autriche envahit le
territoire slave, si les Germains, si la race germanique d’Autriche fait violence à ces Serbes qui sont
une partie du monde slave et pour lesquels les slaves de Russie éprouvent une sympathie profonde, il y
15 a à craindre et à prévoir que la Russie entrera dans le conflit, et si la Russie intervient pour défendre la
Serbie, l’Autriche ayant devant elle deux adversaires, la Serbie et la Russie, invoquera le traité
d’alliance qui l’unit à l’Allemagne et l’Allemagne fait savoir qu’elle se solidarisera avec l’Autriche. Et
si le conflit ne restait pas entre l’Autriche et la Serbie, si la Russie s’en mêlait, l’Autriche verrait
l’Allemagne prendre place sur les champs de bataille à ses côtés.
20 Mais alors, ce n’est plus seulement le traité d’alliance entre l’Autriche et l’Allemagne qui entre en jeu,
c’est le traité secret mais dont on connaît les clauses essentielles, qui lie la Russie et la France et la
Russie dira à la France: « J’ai contre moi deux adversaires, l’Allemagne et l’Autriche, j’ai le droit
d’invoquer le traité qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés. » A l’heure
actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors
25 l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde
en feu.
Dans une heure aussi grave, aussi pleine de périls 2 pour nous tous, pour toutes les patries, je ne veux
pas m’attarder à chercher longuement les responsabilités. Nous avons les nôtres, Moutet l’a dit et
j’atteste devant l’Histoire que nous les avions prévues, que nous les avions annoncées; lorsque nous
30 avons dit que pénétrer par la force, par les armes au Maroc, c’était ouvrir l’ère des ambitions, des
convoitises 3 et des conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais Français et c’est nous qui avions le
souci de la France. […]
Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche 4 à la main et maintenant voilà
l’incendie. Eh bien ! citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la
35 responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d’une part, la sournoiserie 5 et
la brutalité de la diplomatie allemande, et, d’autre part, la duplicité 6 de la diplomatie russe. […]
Si depuis trente ans, si depuis que l’Autriche a l’administration de la Bosnie-Herzégovine, elle avait
fait du bien à ces peuples, il n’y aurait pas aujourd’hui de difficultés en Europe; mais la cléricale
Autriche tyrannisait la Bosnie-Herzégovine; elle a voulu la convertir par force au catholicisme; en la
40 persécutant dans ses croyances, elle a soulevé le mécontentement de ces peuples.
La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de
l’Autriche ont contribué à créer l’état de choses horrible où nous sommes. L’Europe se débat comme
dans un cauchemar.
Eh bien ! citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes
45 de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire 7, j’espère encore malgré tout
qu’en raison même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les
gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir 8 d’horreur à la pensée du cataclysme 9
qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne.
Jean Jaurès: Discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.
URL: https://www.humanite.fr/sites/default/files/legacy/doc1jeanjaures.pdf (06.10.2018).
1 forcer les couleurs sombres du tableau – etw. schwarzmalen
2 le péril – le danger
3 la convoitise – die Begierde; das Begehren
4 la torche – die Fackel
5 la sournoiserie – die Verschlagenheit; die Hinterhältigkeit
6 la duplicité – die Falschheit
7 téméraire – kühn; gewagt
8 frémir – zittern
9 le cataclysme – die Katastrophe
Hinweise
Jean Jaurès (1859-1914) est un homme politique socialiste français. De conviction pacifiste, il se bat pour le maintien de la paix en Europe. Le 30 juillet 1914, donc cinq jours après son discours prononcé à Lyon-Vaise, il est assassiné par le nationaliste Raoul Villain dans un café à Paris.
Marius Moutet (1876-1968) est un homme politique socialiste français.
Aufgabe 2
Comparez le système d'alliances avant la Première Guerre mondiale avec celui qui s'est établi dans le contexte de la guerre froide en vous référant au discours de Jean Jaurès. [45 BE]
Aufgabe Vorschlag C - Aufgaben 1 et 2 · Weimarer Republik: Entstehung, Verfassung und innere Belastungen
Material
Vive l’Allemagne !
Le Soviet, n° 2, 4 Avril 1920
Le militarisme allemand est mort, il est tombé sous les coups des ouvriers allemands qui ont superbement répondu à la tentative de von Kapp et de la caste militaire. Le militarisme allemand est mort, et le communisme monte à la vie, et les soviets triompheront dans ce qui fut l’empire des Hohenzollern. Le militarisme allemand a été abattu par la deuxième révolution allemande 1; nous l’attendions cette deuxième révolution, comme le prélude de l’indispensable et de l’inévitable révolution française. Et la voici présente; nous avions raison de ne pas désespérer; le peuple allemand vient de prouver qu’il serait criminel de continuer de le solidariser avec ses anciens maîtres; il vient d’entreprendre la lutte à mort contre les social-démocrates 2 qui, depuis 18 mois, canalisaient et déviaient 3 la première révolution.
A-t-on assez réfléchi à cette chose formidable: l’Allemagne antimilitariste ?
Ce que le monde entier ligué contre l’Allemagne n’a pu obtenir au prix d’une guerre de cinq ans, le peuple allemand, se révoltant contre ses maîtres, l’a réalisé par une grève générale de cinq jours. C’est en vain que l’Humanité a perdu 15 millions de cadavres, 30 millions de mutilés, dépensé 1.000 milliards, accumulé des ruines de toutes sortes; l’expérience faite en Allemagne nous démontre que ce n’est pas la guerre qui tue la guerre et que, seule, une révolution peut libérer un peuple de son militarisme.
Un tel événement nous impose de nous arrêter, d’examiner soigneusement, de réfléchir et de tirer les enseignements qui s’imposent. Hier, nos maîtres nous ont entraîné, nous ont contraint, à une guerre atroce qui, c’était son but avoué, devait détruire le militarisme allemand, source de tous les militarismes. […]
Maintenant, nous comprenons mieux quelle fut l’erreur criminelle de nos socialistes patriotes 4. Ceux qui, pendant 4 ans 1/2, nous ont maintenu dans une guerre dite de défense nationale, ceux qui pendant 4 ans 1/2 ont voté les crédits nécessaires à la guerre, se sont révélés comme incapables de comprendre que seule une révolution peut libérer un peuple de son militarisme. L’Allemagne rouge souflète 5 la bande de parlementaires socialistes qui ont alimenté la grande boucherie. Elle rend plus évidente la nécessité non seulement d’une révolution mais encore, et surtout, d’une révolution soviétiste.
Car c’est l’enseignement essentiel de la deuxième révolution allemande, venant confirmer celui de la deuxième révolution russe: il faut, pour abattre la caste militaire, que le peuple se dresse, fasse une révolution prolétarienne, exige le désarmement de la bourgeoisie, balaye les socialistes traîtres 6 qui sont au pouvoir, institue la dictature du prolétariat. Là seulement est le salut.
Examinons les faits.
A la suite de la défaite militaire allemande, une première révolution jette à terre le régime impérial et porte les socialistes 7 au pouvoir. Ceux-ci sont démocrates et convoquent une assemblée constituante, élue au suffrage universel, avec vote des femmes; cette constituante ne peut être que démocrate et conserver l’Etat démocratique avec sa centralisation des pouvoirs, mais aussi la séparation des pouvoirs. Le peuple a voix au chapitre 8 (et encore, une seule fois au début de la révolution) pour nommer le parlement; mais le pouvoir exécutif, superbement illustré par Noske 9, est à peu près indépendant; quant au pouvoir militaire il reste fortement centralisé dans les mains de quelques généraux. Il y a là tous les éléments d’un coup d’Etat. […]
On n’insistera jamais assez sur le danger d’une Assemblée constituante; assemblée qui ne peut être que démocratique, qui doit faire passer le citoyen avant le producteur, qui doit défendre l’Etat, le monstre Etat, qui ne peut admettre l’armement du prolétariat, le contrôle prolétarien sur tous les pouvoirs économiques, politiques, administratifs, judiciaires, etc. Un abîme 10 sépare la révolution prolétarienne, communiste et soviétiste de ce qu’on pourrait appeler la révolution socialiste.
Et c’est pourquoi nos camarades allemands ont raison de continuer la lutte; ils n’auront la victoire complète que le jour où ils auront balayé leur gouvernement social-démocrate et institué la République des Soviets. […]
Alex LEBOURG
Recueil de textes du Parti Communiste: Vive l’Allemagne !, 04.04.1920, in: la revue Invariance, URL: http://archivesautonomies.org/spip.php?article701 (abgerufen am 10.07.2017).
Hinweise
Le Soviet: journal communiste français de l’entre-deux-guerres
Alex Lebourg (né en 1887 et mort après 1938): communiste français
Notes de vocabulaire et précisions historiques
1 la deuxième révolution allemande: – ici: la résistance des ouvriers et des syndiqués en réaction au putsch de Kapp
2 les social-démocrates (eigentlich: les sociaux-démocrates): gemeint ist die SPD (Mehrheitssozialdemokraten)
3 dévier – ablenken, umleiten
4 ici: l’auteur se réfère aux socialistes français.
5 soufleter; eigentlich souffleter: jdn. ohrfeigen
6 ici: l’auteur se réfère aux socialistes qui refusent l’idée marxiste d’une révolution prolétaire.
7 les socialistes – ici: les sociaux-démocrates
8 avoir voix au chapitre: ein Wort mitzureden haben
9 Gustav Noske – ministre social-démocrate de la Défense (1919–1920); connu pour son rôle dans l’écrasement de la révolte spartakiste de Berlin
10 un abîme – (tiefe) Kluft
1
Résumez le document. (Material) (30 BE)
2
Expliquez les défis auxquels la République de Weimar (1918–1920) est confrontée en vous appuyant sur le document (Material) et vos propres connaissances. (40 BE)
Aufgabe Vorschlag C - Aufgabe 3 · Innerdeutsche Beziehungen und Neue Ostpolitik
Material
Vive l’Allemagne !
Le Soviet, n° 2, 4 Avril 1920
Le militarisme allemand est mort, il est tombé sous les coups des ouvriers allemands qui ont superbement répondu à la tentative de von Kapp et de la caste militaire. Le militarisme allemand est mort, et le communisme monte à la vie, et les soviets triompheront dans ce qui fut l’empire des Hohenzollern. Le militarisme allemand a été abattu par la deuxième révolution allemande 1; nous l’attendions cette deuxième révolution, comme le prélude de l’indispensable et de l’inévitable révolution française. Et la voici présente; nous avions raison de ne pas désespérer; le peuple allemand vient de prouver qu’il serait criminel de continuer de le solidariser avec ses anciens maîtres; il vient d’entreprendre la lutte à mort contre les social-démocrates 2 qui, depuis 18 mois, canalisaient et déviaient 3 la première révolution.
A-t-on assez réfléchi à cette chose formidable: l’Allemagne antimilitariste ?
Ce que le monde entier ligué contre l’Allemagne n’a pu obtenir au prix d’une guerre de cinq ans, le peuple allemand, se révoltant contre ses maîtres, l’a réalisé par une grève générale de cinq jours. C’est en vain que l’Humanité a perdu 15 millions de cadavres, 30 millions de mutilés, dépensé 1.000 milliards, accumulé des ruines de toutes sortes; l’expérience faite en Allemagne nous démontre que ce n’est pas la guerre qui tue la guerre et que, seule, une révolution peut libérer un peuple de son militarisme.
Un tel événement nous impose de nous arrêter, d’examiner soigneusement, de réfléchir et de tirer les enseignements qui s’imposent. Hier, nos maîtres nous ont entraîné, nous ont contraint, à une guerre atroce qui, c’était son but avoué, devait détruire le militarisme allemand, source de tous les militarismes. […]
Maintenant, nous comprenons mieux quelle fut l’erreur criminelle de nos socialistes patriotes 4. Ceux qui, pendant 4 ans 1/2, nous ont maintenu dans une guerre dite de défense nationale, ceux qui pendant 4 ans 1/2 ont voté les crédits nécessaires à la guerre, se sont révélés comme incapables de comprendre que seule une révolution peut libérer un peuple de son militarisme. L’Allemagne rouge souflète 5 la bande de parlementaires socialistes qui ont alimenté la grande boucherie. Elle rend plus évidente la nécessité non seulement d’une révolution mais encore, et surtout, d’une révolution soviétiste.
Car c’est l’enseignement essentiel de la deuxième révolution allemande, venant confirmer celui de la deuxième révolution russe: il faut, pour abattre la caste militaire, que le peuple se dresse, fasse une révolution prolétarienne, exige le désarmement de la bourgeoisie, balaye les socialistes traîtres 6 qui sont au pouvoir, institue la dictature du prolétariat. Là seulement est le salut.
Examinons les faits.
A la suite de la défaite militaire allemande, une première révolution jette à terre le régime impérial et porte les socialistes 7 au pouvoir. Ceux-ci sont démocrates et convoquent une assemblée constituante, élue au suffrage universel, avec vote des femmes; cette constituante ne peut être que démocrate et conserver l’Etat démocratique avec sa centralisation des pouvoirs, mais aussi la séparation des pouvoirs. Le peuple a voix au chapitre 8 (et encore, une seule fois au début de la révolution) pour nommer le parlement; mais le pouvoir exécutif, superbement illustré par Noske 9, est à peu près indépendant; quant au pouvoir militaire il reste fortement centralisé dans les mains de quelques généraux. Il y a là tous les éléments d’un coup d’Etat. […]
On n’insistera jamais assez sur le danger d’une Assemblée constituante; assemblée qui ne peut être que démocratique, qui doit faire passer le citoyen avant le producteur, qui doit défendre l’Etat, le monstre Etat, qui ne peut admettre l’armement du prolétariat, le contrôle prolétarien sur tous les pouvoirs économiques, politiques, administratifs, judiciaires, etc. Un abîme 10 sépare la révolution prolétarienne, communiste et soviétiste de ce qu’on pourrait appeler la révolution socialiste.
Et c’est pourquoi nos camarades allemands ont raison de continuer la lutte; ils n’auront la victoire complète que le jour où ils auront balayé leur gouvernement social-démocrate et institué la République des Soviets. […]
Alex LEBOURG
Recueil de textes du Parti Communiste: Vive l’Allemagne !, 04.04.1920, in: la revue Invariance, URL: http://archivesautonomies.org/spip.php?article701 (abgerufen am 10.07.2017).
Hinweise
Le Soviet: journal communiste français de l’entre-deux-guerres
Alex Lebourg (né en 1887 et mort après 1938): communiste français
Notes de vocabulaire et précisions historiques
1 la deuxième révolution allemande: – ici: la résistance des ouvriers et des syndiqués en réaction au putsch de Kapp
2 les social-démocrates (eigentlich: les sociaux-démocrates): gemeint ist die SPD (Mehrheitssozialdemokraten)
3 dévier – ablenken, umleiten
4 ici: l’auteur se réfère aux socialistes français.
5 soufleter; eigentlich souffleter: jdn. ohrfeigen
6 ici: l’auteur se réfère aux socialistes qui refusent l’idée marxiste d’une révolution prolétaire.
7 les socialistes – ici: les sociaux-démocrates
8 avoir voix au chapitre: ein Wort mitzureden haben
9 Gustav Noske – ministre social-démocrate de la Défense (1919–1920); connu pour son rôle dans l’écrasement de la révolte spartakiste de Berlin
10 un abîme – (tiefe) Kluft
3
En automne 1961, un député social-démocrate critique la politique intransigeante du chancelier Adenauer par rapport à la RDA.
Rédigez son discours au Bundestag. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag D - Aufgaben 1 et 2 · Versailler Vertrag und Außenpolitik der Weimarer Republik
Material
Keynes: Les Conséquences économiques de la paix (1919)
L’économiste britannique John Maynard Keynes était le représentant de la Trésorerie anglaise (une section du ministère des Finances) pendant la Conférence de Paris qui devait préparer le Traité de Versailles. Il démissionna le 7 juin 1919 car il ne voulait plus soutenir les décisions adoptées pendant les négociations.
En dehors des autres aspects de la question, la campagne accomplie pour faire payer par l’Allemagne les dépenses de guerre, nous semble avoir été un des actes les plus graves de folie politique dont nos hommes d’État aient jamais été responsables. C’est vers un avenir bien différent que l’Europe aurait pu se tourner, si M. Lloyd George ou M. Wilson avaient compris que les plus importants problèmes qui devaient les occuper n’étaient ni politiques, ni territoriaux, mais financiers et économiques, et que les dangers qui menaçaient n’était 1 pas dans des questions de frontières et de souveraineté, mais de ravitaillement, de charbon et de transports. À aucun moment de la Conférence ils n’accordèrent à ces problèmes une attention suffisante. […] Les espérances auxquelles le Premier Ministre [britannique] avait donné naissance [auprès de son peuple] ne le forçaient pas seulement à défendre un fondement économique injuste et impraticable du traité. Elles le mettaient aussi en désaccord avec le Président Wilson, et en opposition avec les intérêts de la France et de la Belgique. Plus il devint évident [pour la Grande-Bretagne] que l’on ne pourrait pas obtenir grand’chose de l’Allemagne, plus il devint nécessaire d’avoir recours à l’avidité 2 patriotique, à « l’égoïsme sacré » et d’arracher l’os 3 à la France ou à la Belgique, qui en avaient davantage besoin ou l’espéraient avec plus de raison. Cependant, l’avidité ne pouvait pas résoudre les problèmes financiers dont l’Europe allait souffrir. Sa situation ne pouvait être améliorée que par la générosité. […]
C’est ainsi que l’examen scientifique des capacités de paiement de l’Allemagne fut écarté dès le début. Les espérances que la politique avait fait naître étaient si éloignées de la vérité qu’une légère déformation des chiffres ne servait à rien. […]
La position financière de la France et de l’Italie était si mauvaise qu’il était impossible de faire entendre raison à ces pays au sujet de l’indemnité allemande, à moins de leur indiquer en même temps quelque autre moyen d’échapper à leurs embarras 4. À notre avis, les représentants des États-Unis eurent grand tort d’avoir nulle proposition constructive à offrir à une Europe souffrante et bouleversée. Il faut noter en passant un autre élément de la situation, l’opposition qui existait entre la politique d’ « écrasement » de M. Clemenceau et les nécessités financières de M. Klotz 5. Le but de Clemenceau était d’affaiblir et de détruire l’Allemagne par tous les moyens possibles, et nous imaginons qu’il a toujours été quelque peu dédaigneux 6 au sujet de l’indemnité, car il n’était pas dans ses intentions de laisser à l’Allemagne le moyen de manifester une grande activité commerciale. Mais il ne se donnait pas le souci de comprendre quelque chose, soit à l’indemnité, soit aux difficultés financières écrasantes de ce pauvre M. Klotz. […]
Je ne puis décrire ici les controverses et les intrigues interminables qu’il y eut entre les alliés eux-mêmes et qui aboutirent à la présentation à l’Allemagne du Chapitre des Réparations, sous sa forme finale. Mais il n’y a pas eu dans l’histoire beaucoup de négociations aussi tortueuses 7, aussi misérables et aussi peu satisfaisantes pour tout le monde et nous ne pensons pas qu’aucun de ceux qui ont pris part à ce débat puisse à présent regarder en arrière sans avoir honte. […]
John M. Keynes: Les Conséquences économiques de la paix, 1919, S. 76–77, URL: http://www.pratclif.com/economy/keynes/keynes_consequences_paix.pdf (abgerufen am 20.04.2018).
1 était – ici: étaient
2 l’avidité (f.) – die Gier
3 arracher l’os – ici: réclamer une grande partie des réparations aux dépens de la France et de la Belgique
4 leurs embarras – leurs problèmes financiers
5 Louis-Lucien Klotz (1868-1930) – le ministre français des Finances
6 dédaigneux, -se – herablassend, verächtlich
7 tortueux, -se – ici: compliqué,e
1
Résumez le texte. (Material) (30 BE)
2
Décrivez les positions françaises par rapport à la question de l’indemnité allemande selon Keynes (Material) et expliquez le contexte historique du document. (40 BE)
Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 3 · Kalter Krieg: Blockbildung und Konfrontation
Material
Keynes: Les Conséquences économiques de la paix (1919)
L’économiste britannique John Maynard Keynes était le représentant de la Trésorerie anglaise (une section du ministère des Finances) pendant la Conférence de Paris qui devait préparer le Traité de Versailles. Il démissionna le 7 juin 1919 car il ne voulait plus soutenir les décisions adoptées pendant les négociations.
En dehors des autres aspects de la question, la campagne accomplie pour faire payer par l’Allemagne les dépenses de guerre, nous semble avoir été un des actes les plus graves de folie politique dont nos hommes d’État aient jamais été responsables. C’est vers un avenir bien différent que l’Europe aurait pu se tourner, si M. Lloyd George ou M. Wilson avaient compris que les plus importants problèmes qui devaient les occuper n’étaient ni politiques, ni territoriaux, mais financiers et économiques, et que les dangers qui menaçaient n’était 1 pas dans des questions de frontières et de souveraineté, mais de ravitaillement, de charbon et de transports. À aucun moment de la Conférence ils n’accordèrent à ces problèmes une attention suffisante. […] Les espérances auxquelles le Premier Ministre [britannique] avait donné naissance [auprès de son peuple] ne le forçaient pas seulement à défendre un fondement économique injuste et impraticable du traité. Elles le mettaient aussi en désaccord avec le Président Wilson, et en opposition avec les intérêts de la France et de la Belgique. Plus il devint évident [pour la Grande-Bretagne] que l’on ne pourrait pas obtenir grand’chose de l’Allemagne, plus il devint nécessaire d’avoir recours à l’avidité 2 patriotique, à « l’égoïsme sacré » et d’arracher l’os 3 à la France ou à la Belgique, qui en avaient davantage besoin ou l’espéraient avec plus de raison. Cependant, l’avidité ne pouvait pas résoudre les problèmes financiers dont l’Europe allait souffrir. Sa situation ne pouvait être améliorée que par la générosité. […]
C’est ainsi que l’examen scientifique des capacités de paiement de l’Allemagne fut écarté dès le début. Les espérances que la politique avait fait naître étaient si éloignées de la vérité qu’une légère déformation des chiffres ne servait à rien. […]
La position financière de la France et de l’Italie était si mauvaise qu’il était impossible de faire entendre raison à ces pays au sujet de l’indemnité allemande, à moins de leur indiquer en même temps quelque autre moyen d’échapper à leurs embarras 4. À notre avis, les représentants des États-Unis eurent grand tort d’avoir nulle proposition constructive à offrir à une Europe souffrante et bouleversée. Il faut noter en passant un autre élément de la situation, l’opposition qui existait entre la politique d’ « écrasement » de M. Clemenceau et les nécessités financières de M. Klotz 5. Le but de Clemenceau était d’affaiblir et de détruire l’Allemagne par tous les moyens possibles, et nous imaginons qu’il a toujours été quelque peu dédaigneux 6 au sujet de l’indemnité, car il n’était pas dans ses intentions de laisser à l’Allemagne le moyen de manifester une grande activité commerciale. Mais il ne se donnait pas le souci de comprendre quelque chose, soit à l’indemnité, soit aux difficultés financières écrasantes de ce pauvre M. Klotz. […]
Je ne puis décrire ici les controverses et les intrigues interminables qu’il y eut entre les alliés eux-mêmes et qui aboutirent à la présentation à l’Allemagne du Chapitre des Réparations, sous sa forme finale. Mais il n’y a pas eu dans l’histoire beaucoup de négociations aussi tortueuses 7, aussi misérables et aussi peu satisfaisantes pour tout le monde et nous ne pensons pas qu’aucun de ceux qui ont pris part à ce débat puisse à présent regarder en arrière sans avoir honte. […]
John M. Keynes: Les Conséquences économiques de la paix, 1919, S. 76–77, URL: http://www.pratclif.com/economy/keynes/keynes_consequences_paix.pdf (abgerufen am 20.04.2018).
1 était – ici: étaient
2 l’avidité (f.) – die Gier
3 arracher l’os – ici: réclamer une grande partie des réparations aux dépens de la France et de la Belgique
4 leurs embarras – leurs problèmes financiers
5 Louis-Lucien Klotz (1868-1930) – le ministre français des Finances
6 dédaigneux, -se – herablassend, verächtlich
7 tortueux, -se – ici: compliqué,e
3
Mettez-vous dans le rôle d’un membre de la commission qui doit préparer la mise en œuvre du plan Marshall. Rédigez un document de stratégie sous forme de lettre au président américain dans lequel vous esquissez le rôle des Etats-Unis en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Tenez compte des erreurs commises par les Alliés après la Première Guerre mondiale. (30 BE)
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