Sujet 4 - Option 1 · Bac STMG Philosophie Polynésie session normale 2021

Thème : La justice · Tiré du sujet Session normale (2021)

Énoncé

Il y a des devoirs à observer même envers ceux qui ont été injustes avec nous, car il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition; et peut-être est-il alors suffisant que le coupable se repente de son injustice, de telle façon que lui-même n’entreprenne plus rien de tel par la suite, et que les autres soient plus lents à commettre l’injustice. Dans la république, les droits qui ont cours en temps de guerre doivent être scrupuleusement respectés. Il y a deux sortes de conflits, qui se règlent, les uns par un débat, les autres par la violence. Et puisque le premier est propre à l’homme et que l’autre lui est commun avec les bêtes, il ne faut recourir au second que s’il est impossible d’employer le premier. C’est pourquoi, en vérité, les guerres doivent être entreprises pour le seul motif suivant: afin de vivre en paix sans injustice. Et une fois la victoire acquise, il faut respecter la vie des ennemis qui n’ont montré ni cruauté ni férocité dans la guerre.

CICÉRON, Les Devoirs (44 av. J.-C.)

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte.

Il peut:

- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);

- soit suivre le développement de son choix (option n°2).

Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.

Questions de l'option n°1

A. Éléments d'analyse

1.

Que peut signifier « il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition » ? En quoi cette idée de « juste mesure » fournit-elle un modèle de justice ?

2.

Pourquoi Cicéron considère-t-il qu'il peut être « suffisant que le coupable se repente de son injustice » ?

3.

Que signifie la distinction établie par Cicéron entre « deux sortes de conflits, qui se règlent, les uns par un débat, les autres par la violence » ?

4.

Pourquoi faut-il respecter les ennemis vaincus ? Quelles limites Cicéron donne-t-il à ce respect ?

B. Éléments de synthèse

1.

Quelle est la question à laquelle l'auteur tente ici de répondre ?

2.

Dégagez les différents moments de l'argumentation.

3.

En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l'idée principale du texte.

C. Commentaire

1.

Selon ce texte, quel rôle la force joue-t-elle dans l'exercice de la justice ?

2.

Quelle caractéristique de la justice ce texte permet-il de mettre en évidence ?

Énoncé: Sujet 4 - Option 1 · Bac STMG Philosophie Polynésie session normale 2021

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

1. Que peut signifier « il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition » ? En quoi cette idée de « juste mesure » fournit-elle un modèle de justice ?

Réponse : La « juste mesure » désigne la proportionnalité entre la gravité de la faute et l'intensité de la sanction, excluant tout déchaînement aveugle dicté par la colère ou la rancune. Elle fournit un modèle de justice en substituant à la vengeance subjective une règle rationnelle, objective et mesurée : punir ne consiste pas à anéantir le coupable, mais à restaurer l'ordre du droit dans les limites du strict nécessaire.

2. Pourquoi Cicéron considère-t-il qu'il peut être « suffisant que le coupable se repente de son injustice » ?

Réponse : Cicéron assigne à la punition une double finalité préventive et éducative : l'amendement du coupable (« que lui-même n'entreprenne plus rien de tel ») et l'exemplarité dissuasive pour autrui (« que les autres soient plus lents à commettre l'injustice »). Si le repentir sincère suffit à garantir que l'injustice ne se reproduira pas et rétablit la conscience morale du droit, une peine matérielle supplémentaire devient inutile et excessive.

3. Que signifie la distinction établie par Cicéron entre « deux sortes de conflits, qui se règlent, les uns par un débat, les autres par la violence » ?

Réponse : Cette distinction sépare ce qui relève du *logos* (la raison, la parole et la délibération politique, propre à l'humanité) de ce qui relève de la simple force physique brute (commune aux hommes et aux bêtes). La violence ne saurait être un mode de règlement normal ou souhaitable ; elle n'est qu'un pis-aller tragique, un recours de dernier rang réservé aux cas où le dialogue rationnel est rendu impossible par l'adversaire.

4. Pourquoi faut-il respecter les ennemis vaincus ? Quelles limites Cicéron donne-t-il à ce respect ?

Réponse : Il faut respecter les ennemis vaincus parce que le but unique de la guerre est le rétablissement de la paix (« vivre en paix sans injustice ») et non l'extermination. Une fois la victoire obtenue, l'état de guerre cesse et le vaincu redevient un être humain doté de droits moraux. La limite fixée par Cicéron concerne les ennemis ayant fait preuve de « cruauté » ou de « férocité » : ceux qui ont violé les lois fondamentales de la guerre et agi en bêtes féroces perdent le bénéfice de cette clémence.

1. Quelle est la question à laquelle l'auteur tente ici de répondre ?

Réponse : L'injustice commise par autrui ou la situation de conflit armé justifient-elles la suspension de nos devoirs moraux, ou bien existe-t-il des limites universelles et du droit jusque dans la guerre et le châtiment ?

Les réponses des 4 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium

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