Sujet 3 · Bac STMG Philosophie Polynésie remplacement 2021
Thème : La justice · Tiré du sujet Remplacement (2021)
Énoncé
Sujet 3
Désobéir aux lois est-ce toujours injuste ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Désobéir aux lois est-ce toujours injuste ?
Réponse : Proposition de plan et éléments de corrigé : Introduction : - Accroche : L'obéissance à la loi est couramment posée comme le fondement de l'ordre social et de la justice (légalité = justice). - Définition des termes : « Désobéir » (refuser de se soumettre à un ordre ou à une règle établie) ; « loi » (règle générale édictée par l'autorité politique ou civile) ; « injuste » (contraire au droit, à l'équité ou à la morale). - Paradoxe : D'un point de vue juridique, enfreindre la loi est par définition une infraction (donc injuste du point de vue de la légalité positive). Toutefois, l'histoire abonde de lois iniques ou criminelles (esclavage, ségrégation, régimes totalitaires) qu'il a paru hautement juste de contester. - Problématique : La justice se réduit-elle au strict respect des lois positives de l'État, ou bien existe-t-il une justice supérieure (morale, légitime) au nom de laquelle la désobéissance peut devenir un devoir ? I. En un premier sens, désobéir aux lois semble toujours injuste : - La loi garantit la paix civile et protège de l'arbitraire ou de la loi du plus fort (Hobbes : l'état de nature sans lois est guerre de tous contre tous). - La désobéissance individuelle sape le contrat social et l'universalité de la règle : si chacun s'accorde le droit de désobéir selon ses préférences, la loi perd sa force (Platon, *Criton* : Socrate refuse de fuir et d'enfreindre les lois d'Athènes pour ne pas les détruire). - D'un point de vue strictement positiviste, la justice se définit par la conformité à la loi positive (Kelsen). II. Pourtant, une loi peut être injuste, rendant la désobéissance légitime : - Distinction fondamentale entre légalité (ce qui est conforme aux textes en vigueur) et légitimité (ce qui est conforme à la morale et aux droits fondamentaux). - Quand une loi positive contredit la dignité humaine, la désobéissance n'est pas seulement un droit mais une obligation morale (figure d'Antigone chez Sophocle opposant les lois divines non écrites aux décrets du tyran Créon). - L'expérience historique des régimes autoritaires montre le danger d'une obéissance aveugle (le procès Eichmann et le devoir de juger par soi-même contre les ordres légaux criminels). III. La désobéissance civile comme acte au service d'une justice plus haute : - La désobéissance civile (Thoreau, Gandhi, Martin Luther King, Rawls) n'est pas le refus de toute loi ou l'anarchie : c'est un acte public, non violent et conscient des sanctions encourues, qui vise à réformer une loi injuste au nom des principes mêmes de la justice constitutionnelle. - Désobéir peut donc être l'expression la plus lucide et la plus exigeante de l'amour des lois authentiquement justes. Conclusion : Désobéir est illégal au regard de la lettre de la loi, mais ce n'est pas toujours injuste au regard de l'idéal de justice : lorsque la loi institutionnalise l'iniquité, la désobéissance vigilante devient la condition de préservation de la justice réelle.
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