Sujet 2 · Bac STMG Philosophie Métropole Secours 2025

Thème : La justice · Tiré du sujet Métropole Secours (2025)

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Sujet 2

La justice doit-elle être au service des plus faibles ?

Énoncé: Sujet 2 · Bac STMG Philosophie Métropole Secours 2025

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La justice doit-elle être au service des plus faibles ?

Réponse : ### Proposition d'analyse et de plan détaillé #### 1. Problématisation du sujet - Définition des termes : - *Justice* : à la fois vertu morale (donner à chacun ce qui lui revient) et institution juridico-politique chargée de faire respecter les lois et le droit. - *Être au service de* : avoir pour vocation ou finalité de défendre, protéger, voire avantager. - *Les plus faibles* : personnes vulnérables sur le plan physique, économique, social ou politique. - Paradoxe : Par essence, la justice se définit par l'impartialité, la neutralité et l'égalité arithmétique devant la loi (symbolisée par le bandeau sur les yeux de Thémis). Si elle se met au service exclusif d'une partie (les plus faibles), ne trahit-elle pas son exigence d'universalité ? Pourtant, ignorer les inégalités réelles de fait entre forts et faibles revient souvent à consacrer le règne de la force au détriment du droit (« Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit »). #### 2. Plan possible I. La justice vise l'impartialité et l'universalité, non le parti pris pour un groupe particulier - La justice est aveugle : elle applique la loi de façon égale à tous, sans distinction de rang, de puissance ou de vulnérabilité. - Se mettre « au service » des faibles pourrait être interprété comme une partialité injuste, voire un ressentiment dénoncé par Calliclès (dans le *Gorgias* de Platon) ou Nietzsche (morale des faibles cherchant à entraver les forts). II. Mais une égalité purement formelle perpétue la domination des plus forts - À l'état de nature ou sous le régime du droit du plus fort (Rousseau, *Du contrat social*), l'absence de régulation livre les faibles à l'arbitraire. - Sans protection institutionnelle, l'égalité en droit dissimule des inégalités réelles écrasantes. La vocation première du droit est d'empêcher que la force fasse la loi. III. De l'égalité formelle à l'équité : compenser les inégalités pour servir l'idéal de justice - La distinction aristotélicienne entre justice commutative (égalité stricte) et distributive (proportionnelle aux situations). - L'équité et la justice sociale selon John Rawls (*Théorie de la justice*) : le principe de différence stipule que les inégalités économiques et sociales ne sont justes que si elles améliorent le sort des plus défavorisés. - La justice ne s'abaisse pas en protégeant les faibles : elle s'accomplit en garantissant que même le plus démuni dispose des conditions réelles de son autonomie et de sa dignité de citoyen.

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