Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 3 · Abitur Hessen Politik und Wirtschaft GK · bilingual Französisch 2022

Thema: Internationale Konflikte und Friedenssicherung · Aus der Prüfung GK · bilingual Französisch (2022)

Aufgabenstellung

Material

Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur 1 le développement au Sahel (2021)

Le sommet du G5 Sahel 2 se referme à N’Djamena 3 sur plusieurs annonces: d’abord un renforcement des troupes tchadiennes dans la région des trois frontières, aux confins 4 du Mali, du Niger et du Burkina Faso. 1200 soldats tchadiens supplémentaires seront déployés 5 dans la zone.

« On peut se demander si c’est une bonne idée, doute Thomas Schiller, directeur de la Fondation allemande Konrad Adenauer à Bamako 6, quand on sait que le Tchad est lui-même confronté à l’insécurité dans le bassin du Lac Tchad et dans le Nord. Mais cette ‹ sahélisation › 7 de l’intervention militaire pourrait, sur la durée, permettre à la France de se désengager. »

Si Emmanuel Macron n’a pas annoncé la réduction des troupes françaises « dans l’immédiat », la France commence à préparer sa « stratégie de sortie » et Paris compte concentrer sa présence militaire dans la région encore davantage sur la lutte contre le terrorisme. L’Elysée compte sur le soutien de ses partenaires régionaux et internationaux […].

La France pourrait d’ailleurs revoir son refus catégorique de négocier avec tous les djihadistes: c’est-à-dire, certes, continuer à tenter de « décapiter » le groupe Etat islamique au grand Sahara […], comme le clame 8 Emmanuel Macron, mais d’un autre côté s’aligner sur le dialogue amorcé par les autorités maliennes, déjà sous la présidence IBK 9, avec le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).

Thomas Schiller nuance en effet entre les deux groupes armés. Le GSIM est […] selon lui, « […] essentiellement composé de locaux. Son leader, Iyad Ag Ghaly, est un Malien. Il connaît d’ailleurs de nombreuses personnalités ici à Bamako. Donc il y a effectivement une possibilité de négociation.

Actuellement il me semble, mais c’est un point de vue personnel, que la France se laisse ouverte toutes les possibilités: à la fois négociation et destruction de ces groupes terroristes. C’est une question de souplesse 10 dans l’approche qui peut permettre de trouver des accords au sein de ces groupes terroristes avec des gens qui seraient peut-être prêts à quitter les groupes armés. »

De nombreux analystes s’accordent à penser que le « tout militaire » ne permettra pas de réduire l’insécurité dans la région, où les violences ont déjà provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes, selon l’Onu.

La stratégie de la riposte 11 militaire est même « redoutable », c’est un échec de l’avis de Grit Lenz, coordinatrice de l’organisation Fokus Sahel 12. Elle rappelle que le nombre de victimes civiles dans la région n’a jamais été aussi élevé que l’année dernière.

Pour revenir à une situation plus stable, il faut donc renforcer les Etats dans la région, engager des réformes afin d’améliorer la gouvernance, que l’Etat ne soit plus considéré dans les zones instables comme une machine corrompue, hostile, qui prélève uniquement des impôts… mais [l’Etat doit] surtout écouter les besoins des populations.

Et en cela, l’Allemagne pourrait jouer un rôle plus important, estime Grit Lenz, notamment « au sein de l’Union européenne pour promouvoir une gestion non-violente des conflits, en vue d’une réconciliation et pour la résilience 13 des sociétés. L’Allemagne doit aussi s’émanciper de la France dans sa politique au Sahel pour surmonter les inégalités socio-économiques qui sont à la base de nombreux conflits et violences. »

Thomas Schiller, de la Fondation Konrad Adenauer à Bamako, rappelle que l’engagement allemand ne se limite pas à la formation des forces de sécurité et de défense au Sahel, mais qu’il s’étend aussi au développement.

Thomas Schiller préconise 14 un renforcement des programmes destinés à appuyer les fonctions régaliennes 15 des Etats du Sahel, ainsi qu’un maintien des programmes de développement déjà financés par l’Allemagne, par exemple par le biais de la GIZ 16 dans l’agriculture, afin qu’ils bénéficient réellement aux populations. […]

Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur le développement au Sahel, 16.2.2021, URL: https://www.dw.com/fr/et-si-lallemagne-misait-sur-le-d%C3%A9veloppement-au-sahel/a-56591440 (abgerufen am 8.3.2021).

Hinweis

Sandrine Blanchard, journaliste au quotidien Le Monde, collabore aussi avec d’autres médias, telle la Deutsche Welle ou France Inter.

1 miser sur – ici: favoriser

2 Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad forment le G5 Sahel, un cadre de coopération régional.

3 N’Djamena est la capitale du Tchad.

4 aux confins de – à la frontière de

5 déployer – mettre en place

6 Bamako est la capitale du Mali.

7 Par « sahélisation », on entend ici la délimitation des conflits et la participation de plusieurs Etats.

8 clamer – ici: souligner

9 IBK – Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali du 4 septembre 2013 au 19 août 2020

10 la souplesse – la flexibilité

11 la riposte – der Gegenschlag, die Gegenreaktion

12 Fokus Sahel est un réseau d’ONG qui s’engage pour le développement du Sahel.

13 la résilience – la capacité de résistance

14 préconiser – approuver

15 régalien,ne – hoheitlich

16 GIZ – La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit est une organisation étatique allemande qui organise de l’aide au développement.

3

L'État devrait-il négocier avec des terroristes ? Prenez position.

(25 BE)

Aufgabenstellung: Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 3 · Abitur Hessen Politik und Wirtschaft GK · bilingual Französisch 2022

Lösung

Nach den offiziellen Korrekturhinweisen

3 L'État devrait-il négocier avec des terroristes ? Prenez position.

Lösung: Une prise de position argumentée et nuancée évaluant la légitimité et l'efficacité de la négociation : - Arguments en faveur de négociations (sous conditions) : * Sauvegarde des vies humaines : l'obligation constitutionnelle pour l'État de protéger ses citoyens et les otages prime sur les principes abstraits. * Approche pragmatique et différenciée : négocier avec des factions locales ou modérées peut permettre de fracturer le mouvement terroriste, d'isoler les extrémistes radicaux et d'offrir une porte de sortie aux combattants de base. * Prise en compte de revendications socio-politiques réelles : certaines revendications locales peuvent avoir une légitimité sous-jacente (marginalisation régionale, injustices), même si les méthodes violentes demeurent inacceptables. - Arguments contre les négociations : * Risque de légitimation politique et morale : négocier avec des groupes recourant à la terreur cautionne l'usage de la violence comme moyen de pression politique. * Incitation à la surenchère et effet d'imitation : céder au chantage démontre la vulnérabilité de l'État et encourage de nouvelles attaques ou prises d'otages. * Préservation de l'autorité et de la crédibilité de l'État : l'État de droit ne peut pas transiger avec des acteurs qui violent délibérément les principes juridiques fondamentaux. - Jugement personnel synthétique et fondé sur les critères d'efficacité et d'éthique démocratique.

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