Abitur Hessen Politik und Wirtschaft 2022 · GK · bilingual Französisch
Abiturprüfung Politik und Wirtschaft in Hessen 2022, GK · bilingual Französisch: 12 Aufgaben mit Lösungen. Themen: Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat.
Themen der Prüfung: Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat · Konjunktur und wirtschaftspolitische Konzeptionen · Wachstum, Wettbewerb und europäischer Binnenmarkt · Internationale Konflikte und Friedenssicherung · Globalisierung, Welthandel und Standort Deutschland
Aufgabe Vorschlag A - Aufgabe 1 · Wachstum, Wettbewerb und europäischer Binnenmarkt
Material
Jonathan Hackenbroich et al.: Défendre la souveraineté économique de l'Europe (2021)
Les Européens comptent parmi les plus grands défenseurs et bénéficiaires d'un ordre économique
ouvert fondé sur des règles. En promouvant l'idée d'un commerce libre et équitable, les
gouvernements et institutions de l'Union européenne (UE) espéraient que la mondialisation serait
bénéfique à tous.
5 Cependant, avant même que la crise de la COVID-19 n'éclate, cet ordre subissait une énorme
pression. La caractéristique structurelle la plus importante du monde d'aujourd'hui n'est pas le
multilatéralisme, mais plutôt une concurrence bipolaire entre la Chine et les États-Unis, les deux
principaux partenaires commerciaux de l'Europe. Il en résulte une évolution de la nature de la
mondialisation. Ni la Chine, ni les États-Unis ne souhaitant une guerre conventionnelle, leur arme la
10 plus puissante consiste à manipuler l'architecture de la mondialisation.
La Chine et les États-Unis mélangent tous deux géoéconomie 1 et géopolitique. Les Chinois utilisent
les investissements de manière stratégique, manipulent les marchés par le biais 2 d'aides d'État et
affaiblissent la voix de l'UE sur la scène mondiale en ébranlant délibérément les institutions
internationales et en fragilisant l'UE dans les pays tiers. […] Au lieu d'être une barrière au conflit,
15 l'interdépendance est de plus en plus utilisée comme une arme.
Il existe un réel danger que les Européens se retrouvent coincés 3 au milieu de la concurrence sino-
américaine 4. Ils risquent de plus en plus d'être confrontés à des sanctions extraterritoriales, à des
transferts forcés de données sensibles et à des contrôles extraterritoriaux des exportations qui
fausseraient 5 le marché européen et la concurrence mondiale. Le gouvernement chinois a essayé de
20 faire pression sur les États européens pour qu'ils fassent des concessions politiques, en les menaçant
de refuser d'exporter des fournitures médicales en pleine pandémie. Donald Trump a ébranlé 6 la
diplomatie de l'Europe en Iran, ainsi que le droit international, en imposant des sanctions secondaires
visant les entreprises européennes. Et le système monétaire et financier international, déjà hétérogène,
est désormais confronté à un réel risque de fragmentation, voire de dislocation.
25 Si nous souhaitons empêcher la fragmentation de cet ordre fondé sur des règles, nous devons
construire une souveraineté stratégique européenne et mieux intégrer la stratégie économique et
géopolitique. Cependant, pour cela, les Européens devront surmonter certains obstacles liés à notre
manière de penser, à nos capacités et à nos institutions.
Le premier obstacle est intellectuel. L'UE doit apprendre à penser comme une puissance géopolitique,
30 à définir ses objectifs et à agir stratégiquement. […]
La souveraineté européenne devrait signifier être capable non seulement de décider par nous-mêmes
concernant nos intérêts, mais aussi de négocier efficacement, dans un système d'interdépendances, par
le biais de contre-menaces crédibles face à des menaces et actions hostiles. Il ne s'agit pas de délaisser
nos valeurs libérales ou de saper 7 davantage l'ordre fondé sur des règles. Mais parfois, la meilleure
35 manière d'empêcher que nos intérêts ne soient attaqués consiste à augmenter les coûts pour les
contrevenants par la mise en place de contre-mesures efficaces. C'est une leçon que les Européens ont
bien apprise dans le domaine commercial, dans lequel la Commission européenne est autorisée à
prendre des contre-mesures pour lutter contre les sanctions des autres, même s'il s'agit de nos plus
proches alliés. Cependant, l'objectif ultime à cet égard consiste à préserver l'État de droit et à
40 empêcher les autres acteurs d'ébranler un système ouvert.
La recherche d'un ordre ouvert, fondé sur des règles guide l'action des Européens et notre objectif
devrait toujours consister à le défendre et à le faire progresser. Mais, comme pour le commerce, la
meilleure manière de défendre cet ordre est parfois d'empêcher les autres de l'affaiblir. […]
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner, Pawel Zerkal: Défendre la souveraineté économique de l'Europe: de nouvelles voies pour résister à la coercition économique, 07.01.2021, URL: https://ecfr.eu/paris/publication/defendre_la_souverainete_economique_de_leurope_lutter_contre_la_coercition/ (abgerufen am 02.07.2021).
1 La géoéconomie est l’analyse des stratégies économiques lancées par les États dans le cadre de la défense ou de l’aide au développement de leurs entreprises nationales dans le contexte concurrentiel international.
2 un biais – un moyen indirect
3 être coincé,e – être bloqué, immobilisé
4 sino-américain – chinois-américain
5 fausser – ici: déséquilibrer
6 ébranler – déstabiliser, mettre en péril
7 saper – untergraben
Hinweis
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner et Pawel Zerkal sont des collaborateurs scientifiques au Conseil européen des relations internationales (ECFR), une commission d'experts.
1
Résumez l'article. (Material) (30 BE)
Aufgabe Vorschlag A - Aufgabe 2 · Wachstum, Wettbewerb und europäischer Binnenmarkt
Material
Jonathan Hackenbroich et al.: Défendre la souveraineté économique de l'Europe (2021)
Les Européens comptent parmi les plus grands défenseurs et bénéficiaires d'un ordre économique
ouvert fondé sur des règles. En promouvant l'idée d'un commerce libre et équitable, les
gouvernements et institutions de l'Union européenne (UE) espéraient que la mondialisation serait
bénéfique à tous.
5 Cependant, avant même que la crise de la COVID-19 n'éclate, cet ordre subissait une énorme
pression. La caractéristique structurelle la plus importante du monde d'aujourd'hui n'est pas le
multilatéralisme, mais plutôt une concurrence bipolaire entre la Chine et les États-Unis, les deux
principaux partenaires commerciaux de l'Europe. Il en résulte une évolution de la nature de la
mondialisation. Ni la Chine, ni les États-Unis ne souhaitant une guerre conventionnelle, leur arme la
10 plus puissante consiste à manipuler l'architecture de la mondialisation.
La Chine et les États-Unis mélangent tous deux géoéconomie 1 et géopolitique. Les Chinois utilisent
les investissements de manière stratégique, manipulent les marchés par le biais 2 d'aides d'État et
affaiblissent la voix de l'UE sur la scène mondiale en ébranlant délibérément les institutions
internationales et en fragilisant l'UE dans les pays tiers. […] Au lieu d'être une barrière au conflit,
15 l'interdépendance est de plus en plus utilisée comme une arme.
Il existe un réel danger que les Européens se retrouvent coincés 3 au milieu de la concurrence sino-
américaine 4. Ils risquent de plus en plus d'être confrontés à des sanctions extraterritoriales, à des
transferts forcés de données sensibles et à des contrôles extraterritoriaux des exportations qui
fausseraient 5 le marché européen et la concurrence mondiale. Le gouvernement chinois a essayé de
20 faire pression sur les États européens pour qu'ils fassent des concessions politiques, en les menaçant
de refuser d'exporter des fournitures médicales en pleine pandémie. Donald Trump a ébranlé 6 la
diplomatie de l'Europe en Iran, ainsi que le droit international, en imposant des sanctions secondaires
visant les entreprises européennes. Et le système monétaire et financier international, déjà hétérogène,
est désormais confronté à un réel risque de fragmentation, voire de dislocation.
25 Si nous souhaitons empêcher la fragmentation de cet ordre fondé sur des règles, nous devons
construire une souveraineté stratégique européenne et mieux intégrer la stratégie économique et
géopolitique. Cependant, pour cela, les Européens devront surmonter certains obstacles liés à notre
manière de penser, à nos capacités et à nos institutions.
Le premier obstacle est intellectuel. L'UE doit apprendre à penser comme une puissance géopolitique,
30 à définir ses objectifs et à agir stratégiquement. […]
La souveraineté européenne devrait signifier être capable non seulement de décider par nous-mêmes
concernant nos intérêts, mais aussi de négocier efficacement, dans un système d'interdépendances, par
le biais de contre-menaces crédibles face à des menaces et actions hostiles. Il ne s'agit pas de délaisser
nos valeurs libérales ou de saper 7 davantage l'ordre fondé sur des règles. Mais parfois, la meilleure
35 manière d'empêcher que nos intérêts ne soient attaqués consiste à augmenter les coûts pour les
contrevenants par la mise en place de contre-mesures efficaces. C'est une leçon que les Européens ont
bien apprise dans le domaine commercial, dans lequel la Commission européenne est autorisée à
prendre des contre-mesures pour lutter contre les sanctions des autres, même s'il s'agit de nos plus
proches alliés. Cependant, l'objectif ultime à cet égard consiste à préserver l'État de droit et à
40 empêcher les autres acteurs d'ébranler un système ouvert.
La recherche d'un ordre ouvert, fondé sur des règles guide l'action des Européens et notre objectif
devrait toujours consister à le défendre et à le faire progresser. Mais, comme pour le commerce, la
meilleure manière de défendre cet ordre est parfois d'empêcher les autres de l'affaiblir. […]
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner, Pawel Zerkal: Défendre la souveraineté économique de l'Europe: de nouvelles voies pour résister à la coercition économique, 07.01.2021, URL: https://ecfr.eu/paris/publication/defendre_la_souverainete_economique_de_leurope_lutter_contre_la_coercition/ (abgerufen am 02.07.2021).
1 La géoéconomie est l’analyse des stratégies économiques lancées par les États dans le cadre de la défense ou de l’aide au développement de leurs entreprises nationales dans le contexte concurrentiel international.
2 un biais – un moyen indirect
3 être coincé,e – être bloqué, immobilisé
4 sino-américain – chinois-américain
5 fausser – ici: déséquilibrer
6 ébranler – déstabiliser, mettre en péril
7 saper – untergraben
Hinweis
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner et Pawel Zerkal sont des collaborateurs scientifiques au Conseil européen des relations internationales (ECFR), une commission d'experts.
2
Expliquez – en vous référant au texte – le rôle de l'Union européenne dans le contexte d'une concurrence globale. (Material) (40 BE)
Aufgabe Vorschlag A - Aufgabe 3 · Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat
Material
Jonathan Hackenbroich et al.: Défendre la souveraineté économique de l'Europe (2021)
Les Européens comptent parmi les plus grands défenseurs et bénéficiaires d'un ordre économique
ouvert fondé sur des règles. En promouvant l'idée d'un commerce libre et équitable, les
gouvernements et institutions de l'Union européenne (UE) espéraient que la mondialisation serait
bénéfique à tous.
5 Cependant, avant même que la crise de la COVID-19 n'éclate, cet ordre subissait une énorme
pression. La caractéristique structurelle la plus importante du monde d'aujourd'hui n'est pas le
multilatéralisme, mais plutôt une concurrence bipolaire entre la Chine et les États-Unis, les deux
principaux partenaires commerciaux de l'Europe. Il en résulte une évolution de la nature de la
mondialisation. Ni la Chine, ni les États-Unis ne souhaitant une guerre conventionnelle, leur arme la
10 plus puissante consiste à manipuler l'architecture de la mondialisation.
La Chine et les États-Unis mélangent tous deux géoéconomie 1 et géopolitique. Les Chinois utilisent
les investissements de manière stratégique, manipulent les marchés par le biais 2 d'aides d'État et
affaiblissent la voix de l'UE sur la scène mondiale en ébranlant délibérément les institutions
internationales et en fragilisant l'UE dans les pays tiers. […] Au lieu d'être une barrière au conflit,
15 l'interdépendance est de plus en plus utilisée comme une arme.
Il existe un réel danger que les Européens se retrouvent coincés 3 au milieu de la concurrence sino-
américaine 4. Ils risquent de plus en plus d'être confrontés à des sanctions extraterritoriales, à des
transferts forcés de données sensibles et à des contrôles extraterritoriaux des exportations qui
fausseraient 5 le marché européen et la concurrence mondiale. Le gouvernement chinois a essayé de
20 faire pression sur les États européens pour qu'ils fassent des concessions politiques, en les menaçant
de refuser d'exporter des fournitures médicales en pleine pandémie. Donald Trump a ébranlé 6 la
diplomatie de l'Europe en Iran, ainsi que le droit international, en imposant des sanctions secondaires
visant les entreprises européennes. Et le système monétaire et financier international, déjà hétérogène,
est désormais confronté à un réel risque de fragmentation, voire de dislocation.
25 Si nous souhaitons empêcher la fragmentation de cet ordre fondé sur des règles, nous devons
construire une souveraineté stratégique européenne et mieux intégrer la stratégie économique et
géopolitique. Cependant, pour cela, les Européens devront surmonter certains obstacles liés à notre
manière de penser, à nos capacités et à nos institutions.
Le premier obstacle est intellectuel. L'UE doit apprendre à penser comme une puissance géopolitique,
30 à définir ses objectifs et à agir stratégiquement. […]
La souveraineté européenne devrait signifier être capable non seulement de décider par nous-mêmes
concernant nos intérêts, mais aussi de négocier efficacement, dans un système d'interdépendances, par
le biais de contre-menaces crédibles face à des menaces et actions hostiles. Il ne s'agit pas de délaisser
nos valeurs libérales ou de saper 7 davantage l'ordre fondé sur des règles. Mais parfois, la meilleure
35 manière d'empêcher que nos intérêts ne soient attaqués consiste à augmenter les coûts pour les
contrevenants par la mise en place de contre-mesures efficaces. C'est une leçon que les Européens ont
bien apprise dans le domaine commercial, dans lequel la Commission européenne est autorisée à
prendre des contre-mesures pour lutter contre les sanctions des autres, même s'il s'agit de nos plus
proches alliés. Cependant, l'objectif ultime à cet égard consiste à préserver l'État de droit et à
40 empêcher les autres acteurs d'ébranler un système ouvert.
La recherche d'un ordre ouvert, fondé sur des règles guide l'action des Européens et notre objectif
devrait toujours consister à le défendre et à le faire progresser. Mais, comme pour le commerce, la
meilleure manière de défendre cet ordre est parfois d'empêcher les autres de l'affaiblir. […]
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner, Pawel Zerkal: Défendre la souveraineté économique de l'Europe: de nouvelles voies pour résister à la coercition économique, 07.01.2021, URL: https://ecfr.eu/paris/publication/defendre_la_souverainete_economique_de_leurope_lutter_contre_la_coercition/ (abgerufen am 02.07.2021).
1 La géoéconomie est l’analyse des stratégies économiques lancées par les États dans le cadre de la défense ou de l’aide au développement de leurs entreprises nationales dans le contexte concurrentiel international.
2 un biais – un moyen indirect
3 être coincé,e – être bloqué, immobilisé
4 sino-américain – chinois-américain
5 fausser – ici: déséquilibrer
6 ébranler – déstabiliser, mettre en péril
7 saper – untergraben
Hinweis
Jonathan Hackenbroich, Janka Oertel, Philipp Sandner et Pawel Zerkal sont des collaborateurs scientifiques au Conseil européen des relations internationales (ECFR), une commission d'experts.
3
« [...] l'objectif ultime à cet égard consiste à préserver l'État de droit et [...] un système ouvert. » (Material) En partant de cette citation, rédigez un discours dans lequel vous justifiez les droits fondamentaux et l'État de droit comme conditions indispensables pour la prospérité d'un pays. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B - Aufgabe 1 · Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat
Material
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité (2020)
La crise du Coronavirus vient remettre en cause beaucoup de nos certitudes. Qui aurait pu imaginer, il y a quatre mois, que le tiers de l'humanité serait aujourd'hui confiné chez lui, que le trafic aérien serait quasiment stoppé, que les frontières seraient redevenues hermétiques et, de fait, que l'économie mondiale serait sous la menace d'un crash sans précédent ? Les actes de la vie quotidienne les plus 5 banals sont devenus interdits.
Il est encore trop tôt pour savoir quand et comment nous en sortirons. Mais déjà apparaissent de grandes questions dont nul ne pourra faire l'économie lorsque cette crise sera derrière nous.
La première est l'arbitrage qu'il faudra faire entre sécurité sanitaire et libertés. Le débat sécurité/liberté n'est en rien nouveau. Il est posé régulièrement en politique intérieure notamment 10 s'agissant de la délinquance [...]. Ce même débat a été de nouveau posé, avec une force renouvelée après les attentats du 11 septembre et s'est vu conféré 1 un caractère central dans le débat public du fait de la menace terroriste. Il le sera sans aucun doute vigoureusement s'agissant de la façon de gérer d'éventuelles nouvelles pandémies. Mais quand ce lien est fait, les propositions concernent toujours les restrictions de libertés, pas leur extension. Et cela est encore plus vrai si la santé – et la survie – 15 sont en jeu.
Au tout début de la crise, lorsque la Chine a confiné des millions d'habitants, beaucoup, notamment en Occident, affirmaient que seul un pays totalitaire pouvait prendre des mesures aussi contraignantes, voire liberticides 2. Tous ont ensuite réalisé que c'était loin d'être le monopole des régimes autoritaires. La France, une démocratie indéniable 3, est confinée depuis une dizaine de jours et celui qui déroge à 20 cette règle peut être lourdement sanctionné. Dans un pays où la démocratie est solidement établie et où la société civile a un rôle prégnant, la Corée du Sud, ont été mises en place des mesures draconiennes 4 impliquant le port du masque pour tous et une pratique massive de tests. Cela a permis de contenir la pandémie. Un site et une carte en ligne créés par le gouvernement permettent même à chacun de voir en temps réel où se trouvent les individus contaminés. Les données sont recueillies par le biais 5 25 d'images de vidéosurveillance, d'analyse des cartes bancaires et des téléphones des individus affectés. Une personne qui refuse de partager ses informations peut risquer jusqu'à deux ans de prison. Le système est accepté par la population, car considéré comme juste.
Si la mondialisation a rendu possible la propagation ultrarapide de la pandémie, les nouveaux moyens technologiques permettent un contrôle accru de la population. Que va-t-il se passer à l'avenir ? 30 Jusqu'où acceptera-t-on de donner accès à nos données privées pour garantir notre santé ? Après tout, ne sommes-nous pas déjà en train de les rendre accessibles volontairement via les réseaux sociaux ? Il serait en tout cas important que ce type de débat ait lieu en amont de la prochaine crise plutôt que des mesures soient à nouveau prises dans l'urgence. C'est un problème fondamental qui ne peut être traité en période de crise. Il s'agit d'un débat de fond que toute société démocratique doit traiter de façon 35 ouverte et inclusive. Cela mérite un vrai débat national.
Le deuxième débat porte sur les dépenses publiques et la fiscalité. De nombreuses restrictions budgétaires semblent sauter dans ce contexte de crise, notamment dans les pays occidentaux. Comme si l'argent public, qui n'existait pas auparavant, était rendu disponible d'un coup.
En France, le président, Emmanuel Macron, vient d'annoncer un plan massif d'aide au système 40 hospitalier. Celui-ci était en ébullition 6 l'an dernier et les aides annoncées ne paraissaient pas suffisantes. Cela fait des années finalement que les gouvernements successifs, au nom d'impératifs budgétaires, notamment européens, ont rogné 7 sur les crédits de santé publique alors que l'augmentation de la population et l'allongement de la durée de vie rendaient les besoins plus importants.
45 N'est-il pas temps de réhabiliter la dépense publique et l'impôt ? [...]
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité, in: Institut de relations internationales et stratégiques, 27.03.2020,
URL: https://www.iris-france.org/145654-coronavirus-liberte-securite-fiscalite-2/ (abgerufen am 10.03.2021).
Hinweis
Pascal Boniface est un géopolitologue français. Il est fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégique (IRIS), une commission d'experts.
1 conféré – attribué
2 liberticide – privant de liberté
3 indéniable – que l'on ne peut pas nier, réfuter
4 draconien – dur, sévère, strict
5 le biais – un moyen indirect et habile de résoudre une difficulté
6 en ébullition – ici: en grandes difficultés
7 rogner sur qc – an etw. sparen
Aufgaben
1
Résumez le raisonnement de Pascal Boniface. (Material) (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B - Aufgabe 2 · Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat
Material
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité (2020)
La crise du Coronavirus vient remettre en cause beaucoup de nos certitudes. Qui aurait pu imaginer, il y a quatre mois, que le tiers de l'humanité serait aujourd'hui confiné chez lui, que le trafic aérien serait quasiment stoppé, que les frontières seraient redevenues hermétiques et, de fait, que l'économie mondiale serait sous la menace d'un crash sans précédent ? Les actes de la vie quotidienne les plus 5 banals sont devenus interdits.
Il est encore trop tôt pour savoir quand et comment nous en sortirons. Mais déjà apparaissent de grandes questions dont nul ne pourra faire l'économie lorsque cette crise sera derrière nous.
La première est l'arbitrage qu'il faudra faire entre sécurité sanitaire et libertés. Le débat sécurité/liberté n'est en rien nouveau. Il est posé régulièrement en politique intérieure notamment 10 s'agissant de la délinquance [...]. Ce même débat a été de nouveau posé, avec une force renouvelée après les attentats du 11 septembre et s'est vu conféré 1 un caractère central dans le débat public du fait de la menace terroriste. Il le sera sans aucun doute vigoureusement s'agissant de la façon de gérer d'éventuelles nouvelles pandémies. Mais quand ce lien est fait, les propositions concernent toujours les restrictions de libertés, pas leur extension. Et cela est encore plus vrai si la santé – et la survie – 15 sont en jeu.
Au tout début de la crise, lorsque la Chine a confiné des millions d'habitants, beaucoup, notamment en Occident, affirmaient que seul un pays totalitaire pouvait prendre des mesures aussi contraignantes, voire liberticides 2. Tous ont ensuite réalisé que c'était loin d'être le monopole des régimes autoritaires. La France, une démocratie indéniable 3, est confinée depuis une dizaine de jours et celui qui déroge à 20 cette règle peut être lourdement sanctionné. Dans un pays où la démocratie est solidement établie et où la société civile a un rôle prégnant, la Corée du Sud, ont été mises en place des mesures draconiennes 4 impliquant le port du masque pour tous et une pratique massive de tests. Cela a permis de contenir la pandémie. Un site et une carte en ligne créés par le gouvernement permettent même à chacun de voir en temps réel où se trouvent les individus contaminés. Les données sont recueillies par le biais 5 25 d'images de vidéosurveillance, d'analyse des cartes bancaires et des téléphones des individus affectés. Une personne qui refuse de partager ses informations peut risquer jusqu'à deux ans de prison. Le système est accepté par la population, car considéré comme juste.
Si la mondialisation a rendu possible la propagation ultrarapide de la pandémie, les nouveaux moyens technologiques permettent un contrôle accru de la population. Que va-t-il se passer à l'avenir ? 30 Jusqu'où acceptera-t-on de donner accès à nos données privées pour garantir notre santé ? Après tout, ne sommes-nous pas déjà en train de les rendre accessibles volontairement via les réseaux sociaux ? Il serait en tout cas important que ce type de débat ait lieu en amont de la prochaine crise plutôt que des mesures soient à nouveau prises dans l'urgence. C'est un problème fondamental qui ne peut être traité en période de crise. Il s'agit d'un débat de fond que toute société démocratique doit traiter de façon 35 ouverte et inclusive. Cela mérite un vrai débat national.
Le deuxième débat porte sur les dépenses publiques et la fiscalité. De nombreuses restrictions budgétaires semblent sauter dans ce contexte de crise, notamment dans les pays occidentaux. Comme si l'argent public, qui n'existait pas auparavant, était rendu disponible d'un coup.
En France, le président, Emmanuel Macron, vient d'annoncer un plan massif d'aide au système 40 hospitalier. Celui-ci était en ébullition 6 l'an dernier et les aides annoncées ne paraissaient pas suffisantes. Cela fait des années finalement que les gouvernements successifs, au nom d'impératifs budgétaires, notamment européens, ont rogné 7 sur les crédits de santé publique alors que l'augmentation de la population et l'allongement de la durée de vie rendaient les besoins plus importants.
45 N'est-il pas temps de réhabiliter la dépense publique et l'impôt ? [...]
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité, in: Institut de relations internationales et stratégiques, 27.03.2020,
URL: https://www.iris-france.org/145654-coronavirus-liberte-securite-fiscalite-2/ (abgerufen am 10.03.2021).
Hinweis
Pascal Boniface est un géopolitologue français. Il est fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégique (IRIS), une commission d'experts.
1 conféré – attribué
2 liberticide – privant de liberté
3 indéniable – que l'on ne peut pas nier, réfuter
4 draconien – dur, sévère, strict
5 le biais – un moyen indirect et habile de résoudre une difficulté
6 en ébullition – ici: en grandes difficultés
7 rogner sur qc – an etw. sparen
Aufgaben
2
En partant du texte, expliquez comment la Loi fondamentale allemande protège l'ordre démocratique libéral. (Material) (40 BE)
Aufgabe Vorschlag B - Aufgabe 3 · Konjunktur und wirtschaftspolitische Konzeptionen
Material
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité (2020)
La crise du Coronavirus vient remettre en cause beaucoup de nos certitudes. Qui aurait pu imaginer, il y a quatre mois, que le tiers de l'humanité serait aujourd'hui confiné chez lui, que le trafic aérien serait quasiment stoppé, que les frontières seraient redevenues hermétiques et, de fait, que l'économie mondiale serait sous la menace d'un crash sans précédent ? Les actes de la vie quotidienne les plus 5 banals sont devenus interdits.
Il est encore trop tôt pour savoir quand et comment nous en sortirons. Mais déjà apparaissent de grandes questions dont nul ne pourra faire l'économie lorsque cette crise sera derrière nous.
La première est l'arbitrage qu'il faudra faire entre sécurité sanitaire et libertés. Le débat sécurité/liberté n'est en rien nouveau. Il est posé régulièrement en politique intérieure notamment 10 s'agissant de la délinquance [...]. Ce même débat a été de nouveau posé, avec une force renouvelée après les attentats du 11 septembre et s'est vu conféré 1 un caractère central dans le débat public du fait de la menace terroriste. Il le sera sans aucun doute vigoureusement s'agissant de la façon de gérer d'éventuelles nouvelles pandémies. Mais quand ce lien est fait, les propositions concernent toujours les restrictions de libertés, pas leur extension. Et cela est encore plus vrai si la santé – et la survie – 15 sont en jeu.
Au tout début de la crise, lorsque la Chine a confiné des millions d'habitants, beaucoup, notamment en Occident, affirmaient que seul un pays totalitaire pouvait prendre des mesures aussi contraignantes, voire liberticides 2. Tous ont ensuite réalisé que c'était loin d'être le monopole des régimes autoritaires. La France, une démocratie indéniable 3, est confinée depuis une dizaine de jours et celui qui déroge à 20 cette règle peut être lourdement sanctionné. Dans un pays où la démocratie est solidement établie et où la société civile a un rôle prégnant, la Corée du Sud, ont été mises en place des mesures draconiennes 4 impliquant le port du masque pour tous et une pratique massive de tests. Cela a permis de contenir la pandémie. Un site et une carte en ligne créés par le gouvernement permettent même à chacun de voir en temps réel où se trouvent les individus contaminés. Les données sont recueillies par le biais 5 25 d'images de vidéosurveillance, d'analyse des cartes bancaires et des téléphones des individus affectés. Une personne qui refuse de partager ses informations peut risquer jusqu'à deux ans de prison. Le système est accepté par la population, car considéré comme juste.
Si la mondialisation a rendu possible la propagation ultrarapide de la pandémie, les nouveaux moyens technologiques permettent un contrôle accru de la population. Que va-t-il se passer à l'avenir ? 30 Jusqu'où acceptera-t-on de donner accès à nos données privées pour garantir notre santé ? Après tout, ne sommes-nous pas déjà en train de les rendre accessibles volontairement via les réseaux sociaux ? Il serait en tout cas important que ce type de débat ait lieu en amont de la prochaine crise plutôt que des mesures soient à nouveau prises dans l'urgence. C'est un problème fondamental qui ne peut être traité en période de crise. Il s'agit d'un débat de fond que toute société démocratique doit traiter de façon 35 ouverte et inclusive. Cela mérite un vrai débat national.
Le deuxième débat porte sur les dépenses publiques et la fiscalité. De nombreuses restrictions budgétaires semblent sauter dans ce contexte de crise, notamment dans les pays occidentaux. Comme si l'argent public, qui n'existait pas auparavant, était rendu disponible d'un coup.
En France, le président, Emmanuel Macron, vient d'annoncer un plan massif d'aide au système 40 hospitalier. Celui-ci était en ébullition 6 l'an dernier et les aides annoncées ne paraissaient pas suffisantes. Cela fait des années finalement que les gouvernements successifs, au nom d'impératifs budgétaires, notamment européens, ont rogné 7 sur les crédits de santé publique alors que l'augmentation de la population et l'allongement de la durée de vie rendaient les besoins plus importants.
45 N'est-il pas temps de réhabiliter la dépense publique et l'impôt ? [...]
Pascal Boniface: Coronavirus: liberté, sécurité, fiscalité, in: Institut de relations internationales et stratégiques, 27.03.2020,
URL: https://www.iris-france.org/145654-coronavirus-liberte-securite-fiscalite-2/ (abgerufen am 10.03.2021).
Hinweis
Pascal Boniface est un géopolitologue français. Il est fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégique (IRIS), une commission d'experts.
1 conféré – attribué
2 liberticide – privant de liberté
3 indéniable – que l'on ne peut pas nier, réfuter
4 draconien – dur, sévère, strict
5 le biais – un moyen indirect et habile de résoudre une difficulté
6 en ébullition – ici: en grandes difficultés
7 rogner sur qc – an etw. sparen
Aufgaben
3
« N’est-il pas temps de réhabiliter la dépense publique et l’impôt ? » (Material)
Formulez un plan de relance économique d’inspiration keynésienne pour contrer une crise économique. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag C - Aufgabe 1 · Globalisierung, Welthandel und Standort Deutschland
Aufgaben
1
Résumez le texte. (Material) (30 BE)
Aufgabe Vorschlag C - Aufgabe 2 · Globalisierung, Welthandel und Standort Deutschland
2
« La terre entière s’est subitement rendu compte que l’irruption du phénomène terroriste pouvait remettre en cause […] l’économie mondialisée. » (Material)
Analysez le rapport entre mondialisation et terrorisme tout en considérant les différentes dimensions de la mondialisation. (40 BE)
Aufgabe Vorschlag C - Aufgabe 3 · Konjunktur und wirtschaftspolitische Konzeptionen
3
L’auteur approuve l’idée d’un « retour de l’Etat dans l’économie » (Material).
Prenez position en vous référant aussi aux théories d’interventions économiques. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 1 · Internationale Konflikte und Friedenssicherung
Material
Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur 1 le développement au Sahel (2021)
Le sommet du G5 Sahel 2 se referme à N’Djamena 3 sur plusieurs annonces: d’abord un renforcement des troupes tchadiennes dans la région des trois frontières, aux confins 4 du Mali, du Niger et du Burkina Faso. 1200 soldats tchadiens supplémentaires seront déployés 5 dans la zone.
« On peut se demander si c’est une bonne idée, doute Thomas Schiller, directeur de la Fondation allemande Konrad Adenauer à Bamako 6, quand on sait que le Tchad est lui-même confronté à l’insécurité dans le bassin du Lac Tchad et dans le Nord. Mais cette ‹ sahélisation › 7 de l’intervention militaire pourrait, sur la durée, permettre à la France de se désengager. »
Si Emmanuel Macron n’a pas annoncé la réduction des troupes françaises « dans l’immédiat », la France commence à préparer sa « stratégie de sortie » et Paris compte concentrer sa présence militaire dans la région encore davantage sur la lutte contre le terrorisme. L’Elysée compte sur le soutien de ses partenaires régionaux et internationaux […].
La France pourrait d’ailleurs revoir son refus catégorique de négocier avec tous les djihadistes: c’est-à-dire, certes, continuer à tenter de « décapiter » le groupe Etat islamique au grand Sahara […], comme le clame 8 Emmanuel Macron, mais d’un autre côté s’aligner sur le dialogue amorcé par les autorités maliennes, déjà sous la présidence IBK 9, avec le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).
Thomas Schiller nuance en effet entre les deux groupes armés. Le GSIM est […] selon lui, « […] essentiellement composé de locaux. Son leader, Iyad Ag Ghaly, est un Malien. Il connaît d’ailleurs de nombreuses personnalités ici à Bamako. Donc il y a effectivement une possibilité de négociation.
Actuellement il me semble, mais c’est un point de vue personnel, que la France se laisse ouverte toutes les possibilités: à la fois négociation et destruction de ces groupes terroristes. C’est une question de souplesse 10 dans l’approche qui peut permettre de trouver des accords au sein de ces groupes terroristes avec des gens qui seraient peut-être prêts à quitter les groupes armés. »
De nombreux analystes s’accordent à penser que le « tout militaire » ne permettra pas de réduire l’insécurité dans la région, où les violences ont déjà provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes, selon l’Onu.
La stratégie de la riposte 11 militaire est même « redoutable », c’est un échec de l’avis de Grit Lenz, coordinatrice de l’organisation Fokus Sahel 12. Elle rappelle que le nombre de victimes civiles dans la région n’a jamais été aussi élevé que l’année dernière.
Pour revenir à une situation plus stable, il faut donc renforcer les Etats dans la région, engager des réformes afin d’améliorer la gouvernance, que l’Etat ne soit plus considéré dans les zones instables comme une machine corrompue, hostile, qui prélève uniquement des impôts… mais [l’Etat doit] surtout écouter les besoins des populations.
Et en cela, l’Allemagne pourrait jouer un rôle plus important, estime Grit Lenz, notamment « au sein de l’Union européenne pour promouvoir une gestion non-violente des conflits, en vue d’une réconciliation et pour la résilience 13 des sociétés. L’Allemagne doit aussi s’émanciper de la France dans sa politique au Sahel pour surmonter les inégalités socio-économiques qui sont à la base de nombreux conflits et violences. »
Thomas Schiller, de la Fondation Konrad Adenauer à Bamako, rappelle que l’engagement allemand ne se limite pas à la formation des forces de sécurité et de défense au Sahel, mais qu’il s’étend aussi au développement.
Thomas Schiller préconise 14 un renforcement des programmes destinés à appuyer les fonctions régaliennes 15 des Etats du Sahel, ainsi qu’un maintien des programmes de développement déjà financés par l’Allemagne, par exemple par le biais de la GIZ 16 dans l’agriculture, afin qu’ils bénéficient réellement aux populations. […]
Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur le développement au Sahel, 16.2.2021, URL: https://www.dw.com/fr/et-si-lallemagne-misait-sur-le-d%C3%A9veloppement-au-sahel/a-56591440 (abgerufen am 8.3.2021).
Hinweis
Sandrine Blanchard, journaliste au quotidien Le Monde, collabore aussi avec d’autres médias, telle la Deutsche Welle ou France Inter.
1 miser sur – ici: favoriser
2 Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad forment le G5 Sahel, un cadre de coopération régional.
3 N’Djamena est la capitale du Tchad.
4 aux confins de – à la frontière de
5 déployer – mettre en place
6 Bamako est la capitale du Mali.
7 Par « sahélisation », on entend ici la délimitation des conflits et la participation de plusieurs Etats.
8 clamer – ici: souligner
9 IBK – Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali du 4 septembre 2013 au 19 août 2020
10 la souplesse – la flexibilité
11 la riposte – der Gegenschlag, die Gegenreaktion
12 Fokus Sahel est un réseau d’ONG qui s’engage pour le développement du Sahel.
13 la résilience – la capacité de résistance
14 préconiser – approuver
15 régalien,ne – hoheitlich
16 GIZ – La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit est une organisation étatique allemande qui organise de l’aide au développement.
1
Résumez la situation au Sahel ainsi que les différentes approches de soutien, présentées par le texte de Sandrine Blanchard. (Material)
(30 BE)
Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 2 · Verfassung, Grundrechte und Rechtsstaat
Material
Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur 1 le développement au Sahel (2021)
Le sommet du G5 Sahel 2 se referme à N’Djamena 3 sur plusieurs annonces: d’abord un renforcement des troupes tchadiennes dans la région des trois frontières, aux confins 4 du Mali, du Niger et du Burkina Faso. 1200 soldats tchadiens supplémentaires seront déployés 5 dans la zone.
« On peut se demander si c’est une bonne idée, doute Thomas Schiller, directeur de la Fondation allemande Konrad Adenauer à Bamako 6, quand on sait que le Tchad est lui-même confronté à l’insécurité dans le bassin du Lac Tchad et dans le Nord. Mais cette ‹ sahélisation › 7 de l’intervention militaire pourrait, sur la durée, permettre à la France de se désengager. »
Si Emmanuel Macron n’a pas annoncé la réduction des troupes françaises « dans l’immédiat », la France commence à préparer sa « stratégie de sortie » et Paris compte concentrer sa présence militaire dans la région encore davantage sur la lutte contre le terrorisme. L’Elysée compte sur le soutien de ses partenaires régionaux et internationaux […].
La France pourrait d’ailleurs revoir son refus catégorique de négocier avec tous les djihadistes: c’est-à-dire, certes, continuer à tenter de « décapiter » le groupe Etat islamique au grand Sahara […], comme le clame 8 Emmanuel Macron, mais d’un autre côté s’aligner sur le dialogue amorcé par les autorités maliennes, déjà sous la présidence IBK 9, avec le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).
Thomas Schiller nuance en effet entre les deux groupes armés. Le GSIM est […] selon lui, « […] essentiellement composé de locaux. Son leader, Iyad Ag Ghaly, est un Malien. Il connaît d’ailleurs de nombreuses personnalités ici à Bamako. Donc il y a effectivement une possibilité de négociation.
Actuellement il me semble, mais c’est un point de vue personnel, que la France se laisse ouverte toutes les possibilités: à la fois négociation et destruction de ces groupes terroristes. C’est une question de souplesse 10 dans l’approche qui peut permettre de trouver des accords au sein de ces groupes terroristes avec des gens qui seraient peut-être prêts à quitter les groupes armés. »
De nombreux analystes s’accordent à penser que le « tout militaire » ne permettra pas de réduire l’insécurité dans la région, où les violences ont déjà provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes, selon l’Onu.
La stratégie de la riposte 11 militaire est même « redoutable », c’est un échec de l’avis de Grit Lenz, coordinatrice de l’organisation Fokus Sahel 12. Elle rappelle que le nombre de victimes civiles dans la région n’a jamais été aussi élevé que l’année dernière.
Pour revenir à une situation plus stable, il faut donc renforcer les Etats dans la région, engager des réformes afin d’améliorer la gouvernance, que l’Etat ne soit plus considéré dans les zones instables comme une machine corrompue, hostile, qui prélève uniquement des impôts… mais [l’Etat doit] surtout écouter les besoins des populations.
Et en cela, l’Allemagne pourrait jouer un rôle plus important, estime Grit Lenz, notamment « au sein de l’Union européenne pour promouvoir une gestion non-violente des conflits, en vue d’une réconciliation et pour la résilience 13 des sociétés. L’Allemagne doit aussi s’émanciper de la France dans sa politique au Sahel pour surmonter les inégalités socio-économiques qui sont à la base de nombreux conflits et violences. »
Thomas Schiller, de la Fondation Konrad Adenauer à Bamako, rappelle que l’engagement allemand ne se limite pas à la formation des forces de sécurité et de défense au Sahel, mais qu’il s’étend aussi au développement.
Thomas Schiller préconise 14 un renforcement des programmes destinés à appuyer les fonctions régaliennes 15 des Etats du Sahel, ainsi qu’un maintien des programmes de développement déjà financés par l’Allemagne, par exemple par le biais de la GIZ 16 dans l’agriculture, afin qu’ils bénéficient réellement aux populations. […]
Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur le développement au Sahel, 16.2.2021, URL: https://www.dw.com/fr/et-si-lallemagne-misait-sur-le-d%C3%A9veloppement-au-sahel/a-56591440 (abgerufen am 8.3.2021).
Hinweis
Sandrine Blanchard, journaliste au quotidien Le Monde, collabore aussi avec d’autres médias, telle la Deutsche Welle ou France Inter.
1 miser sur – ici: favoriser
2 Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad forment le G5 Sahel, un cadre de coopération régional.
3 N’Djamena est la capitale du Tchad.
4 aux confins de – à la frontière de
5 déployer – mettre en place
6 Bamako est la capitale du Mali.
7 Par « sahélisation », on entend ici la délimitation des conflits et la participation de plusieurs Etats.
8 clamer – ici: souligner
9 IBK – Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali du 4 septembre 2013 au 19 août 2020
10 la souplesse – la flexibilité
11 la riposte – der Gegenschlag, die Gegenreaktion
12 Fokus Sahel est un réseau d’ONG qui s’engage pour le développement du Sahel.
13 la résilience – la capacité de résistance
14 préconiser – approuver
15 régalien,ne – hoheitlich
16 GIZ – La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit est une organisation étatique allemande qui organise de l’aide au développement.
2
En vous référant à la constitution allemande ou française, expliquez les principes de l'État démocratique et mettez-les en rapport avec la situation au Sahel. (Material)
(45 BE)
Aufgabe Vorschlag D - Aufgabe 3 · Internationale Konflikte und Friedenssicherung
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Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur 1 le développement au Sahel (2021)
Le sommet du G5 Sahel 2 se referme à N’Djamena 3 sur plusieurs annonces: d’abord un renforcement des troupes tchadiennes dans la région des trois frontières, aux confins 4 du Mali, du Niger et du Burkina Faso. 1200 soldats tchadiens supplémentaires seront déployés 5 dans la zone.
« On peut se demander si c’est une bonne idée, doute Thomas Schiller, directeur de la Fondation allemande Konrad Adenauer à Bamako 6, quand on sait que le Tchad est lui-même confronté à l’insécurité dans le bassin du Lac Tchad et dans le Nord. Mais cette ‹ sahélisation › 7 de l’intervention militaire pourrait, sur la durée, permettre à la France de se désengager. »
Si Emmanuel Macron n’a pas annoncé la réduction des troupes françaises « dans l’immédiat », la France commence à préparer sa « stratégie de sortie » et Paris compte concentrer sa présence militaire dans la région encore davantage sur la lutte contre le terrorisme. L’Elysée compte sur le soutien de ses partenaires régionaux et internationaux […].
La France pourrait d’ailleurs revoir son refus catégorique de négocier avec tous les djihadistes: c’est-à-dire, certes, continuer à tenter de « décapiter » le groupe Etat islamique au grand Sahara […], comme le clame 8 Emmanuel Macron, mais d’un autre côté s’aligner sur le dialogue amorcé par les autorités maliennes, déjà sous la présidence IBK 9, avec le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).
Thomas Schiller nuance en effet entre les deux groupes armés. Le GSIM est […] selon lui, « […] essentiellement composé de locaux. Son leader, Iyad Ag Ghaly, est un Malien. Il connaît d’ailleurs de nombreuses personnalités ici à Bamako. Donc il y a effectivement une possibilité de négociation.
Actuellement il me semble, mais c’est un point de vue personnel, que la France se laisse ouverte toutes les possibilités: à la fois négociation et destruction de ces groupes terroristes. C’est une question de souplesse 10 dans l’approche qui peut permettre de trouver des accords au sein de ces groupes terroristes avec des gens qui seraient peut-être prêts à quitter les groupes armés. »
De nombreux analystes s’accordent à penser que le « tout militaire » ne permettra pas de réduire l’insécurité dans la région, où les violences ont déjà provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes, selon l’Onu.
La stratégie de la riposte 11 militaire est même « redoutable », c’est un échec de l’avis de Grit Lenz, coordinatrice de l’organisation Fokus Sahel 12. Elle rappelle que le nombre de victimes civiles dans la région n’a jamais été aussi élevé que l’année dernière.
Pour revenir à une situation plus stable, il faut donc renforcer les Etats dans la région, engager des réformes afin d’améliorer la gouvernance, que l’Etat ne soit plus considéré dans les zones instables comme une machine corrompue, hostile, qui prélève uniquement des impôts… mais [l’Etat doit] surtout écouter les besoins des populations.
Et en cela, l’Allemagne pourrait jouer un rôle plus important, estime Grit Lenz, notamment « au sein de l’Union européenne pour promouvoir une gestion non-violente des conflits, en vue d’une réconciliation et pour la résilience 13 des sociétés. L’Allemagne doit aussi s’émanciper de la France dans sa politique au Sahel pour surmonter les inégalités socio-économiques qui sont à la base de nombreux conflits et violences. »
Thomas Schiller, de la Fondation Konrad Adenauer à Bamako, rappelle que l’engagement allemand ne se limite pas à la formation des forces de sécurité et de défense au Sahel, mais qu’il s’étend aussi au développement.
Thomas Schiller préconise 14 un renforcement des programmes destinés à appuyer les fonctions régaliennes 15 des Etats du Sahel, ainsi qu’un maintien des programmes de développement déjà financés par l’Allemagne, par exemple par le biais de la GIZ 16 dans l’agriculture, afin qu’ils bénéficient réellement aux populations. […]
Sandrine Blanchard: Et si l'Allemagne misait sur le développement au Sahel, 16.2.2021, URL: https://www.dw.com/fr/et-si-lallemagne-misait-sur-le-d%C3%A9veloppement-au-sahel/a-56591440 (abgerufen am 8.3.2021).
Hinweis
Sandrine Blanchard, journaliste au quotidien Le Monde, collabore aussi avec d’autres médias, telle la Deutsche Welle ou France Inter.
1 miser sur – ici: favoriser
2 Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad forment le G5 Sahel, un cadre de coopération régional.
3 N’Djamena est la capitale du Tchad.
4 aux confins de – à la frontière de
5 déployer – mettre en place
6 Bamako est la capitale du Mali.
7 Par « sahélisation », on entend ici la délimitation des conflits et la participation de plusieurs Etats.
8 clamer – ici: souligner
9 IBK – Ibrahim Boubacar Keïta, Président du Mali du 4 septembre 2013 au 19 août 2020
10 la souplesse – la flexibilité
11 la riposte – der Gegenschlag, die Gegenreaktion
12 Fokus Sahel est un réseau d’ONG qui s’engage pour le développement du Sahel.
13 la résilience – la capacité de résistance
14 préconiser – approuver
15 régalien,ne – hoheitlich
16 GIZ – La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit est une organisation étatique allemande qui organise de l’aide au développement.
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L'État devrait-il négocier avec des terroristes ? Prenez position.
(25 BE)
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