Abitur Hessen Geschichte 2022 · GK · bilingual Französisch
Abiturprüfung Geschichte in Hessen 2022, GK · bilingual Französisch: 1 Aufgabe mit Lösungen. Themen: Kaiserreich: Herrschaft, Gesellschaft und Ausgrenzung.
Themen der Prüfung: Kaiserreich: Herrschaft, Gesellschaft und Ausgrenzung · Versailler Vertrag und Außenpolitik der Weimarer Republik · NS-Außenpolitik und Weg in den Zweiten Weltkrieg · Friedliche Revolution in der DDR und deutsche Einheit 1989/90
Aufgabe Vorschlag A · Kaiserreich: Herrschaft, Gesellschaft und Ausgrenzung
Vorschlag A
Les guerres, sont-elles inévitables ?
Material 1
Emile Zola: Sedan (1891)
C’est la date terrible. Il semblait qu’un pareil désastre ne s’était jamais abattu sur une nation. Depuis vingt ans, le souvenir n’en a pu être évoqué sans qu’une angoisse serrât les cœurs, dans un intolérable sentiment de honte et de colère.
[...]
Oui, il y a eu là un bain de sang nécessaire. La leçon, à cette heure, apparaît effroyable et profitable. Il ne restait peut-être que ce soufflet à notre orgueil, que cette saignée à nos veines, pour nous refaire une santé.
[...]
Cette vérité, amère et forte, on doit la dire, aujourd’hui que nous pouvons l’entendre. Longtemps, il a semblé que c’était la fin de la France, que jamais nous ne pourrions nous relever, épuisés de sang et de milliards. Mais la France est debout, elle n’a plus au cœur de honte ni de crainte.
Personne, certainement, ne souhaite la guerre. Ce serait un souhait exécrable, et ce que nous avons enterré avec nos morts, à Sedan, c’est la légende de notre humeur batailleuse, cette légende qui représentait le troupier français partant à la conquête des royaumes voisins, pour rien, pour le plaisir. Avec les armes nouvelles, la guerre est devenue une effrayante chose, qu’il faudra bien subir encore, mais à laquelle on ne se résignera plus que dans l’angoisse, après avoir fait tout au monde pour l’éviter. Aujourd’hui, des nécessités impérieuses, absolues, peuvent seules jeter une nation contre une autre.
Seulement, la guerre est inévitable. Les âmes tendres qui en rêvent l’abolition, qui réunissent des congrès pour décréter la paix universelle, font simplement là une utopie généreuse. Dans des siècles, si tous les peuples ne formaient plus qu’un peuple, on pourrait concevoir à la rigueur l’avènement de cet âge d’or; et encore la fin de la guerre ne serait-elle pas la fin de l’humanité ? La guerre, mais c’est la vie même ! Rien n’existe dans la nature, ne naît, ne grandit, ne se multiplie que par un combat. Il faut manger et être mangé pour que le monde vive. Et seules les nations guerrières ont prospéré, une nation meurt dès qu’elle désarme. La guerre, c’est l’école de la discipline, du sacrifice, du courage, ce sont les muscles exercés, les âmes raffermies, la fraternité devant le péril, la santé et la force.
Il faut l’attendre, gravement. Désormais, nous n’avons plus à la craindre. Le temps a travaillé pour nous, et on peut croire, maintenant, que le temps va travailler contre nos vainqueurs. Rien ne reste stationnaire, tout évolue à chaque heure qui sonne, se déplace et se modifie. Quiconque s’oublie au sommet, descend. Nous l’avons durement éprouvé, nous autres, si confiants, dans le succès légendaire de nos armes, à l’instant même où nous courions aux plus sanglants revers. L’Allemagne, si haute depuis vingt ans, est à l’apogée de sa puissance; et ne semble-t-il pas déjà qu’un sourd craquement s’y fait entendre ? Les grands hommes de la conquête disparaissent un à un dans la mort, il n’en reste qu’un debout, malade de sa disgrâce, pareil à ces vieillards que les suites de la moindre fracture emportent. Et c’est, plus haut, un drame noir de l’hérédité, le grand-père embaumé dans sa gloire, le fils détruit en quelques mois, dévoré à la gorge, le petit fils qui paraît avoir hérité du cancer et de la couronne le jour où il a jeté sur ses épaules le manteau impérial. Quel vent de tempête balayant une dynastie et quel ébranlement dans un peuple, qui a donné tout son effort et qui ne peut que décroître !
Là-bas, sur le champ de bataille de Sedan, j’ai senti ces choses. Il n’y a donc plus à cacher ni à excuser nos défaites. Il faut les expliquer et en accepter la terrible leçon. Une nation qui a survécu à une pareille catastrophe est une nation immortelle, invincible dans les âges. De cette page affreuse de Sedan, je voudrais qu’il en sortît une vivace confiance, le cri même de notre relèvement.
Par une nuit de lune claire, je suis monté du Fond-de-Givonne vers le plateau d’Illy, suivant les chemins creux, traversant les champs, où dorment tant de nos morts. Et il m’a semblé que tous ces braves gens se soulevaient de terre, les fantassins frappés isolément derrière une haie, les cavaliers de l’héroïque charge tombés en masse, et que tous ils avaient la joie du sacrifice utile, de la grande moisson d’espérances qui germe aujourd’hui de leur sang.
Emile Zola: Sedan, in: Le Figaro, 01.09.1891, in: Emile Zola: Œuvres complètes, publiées sous la direction d'Henri Mitterand, Tome 15, Paris 2007, S. 617–622.
Hinweise:
Emile Zola (1840–1902): grand romancier naturaliste français. Lors du vingt et unième anniversaire de la bataille de Sedan, le 1 er septembre 1891, « Le Figaro » publie son article « Sedan ».
« Les grands hommes de la conquête disparaissent [...] »: Le maréchal Helmuth von Moltke démissionne en 1888 et meurt en avril 1891. Bismarck doit démissionner en 1890.
« Et c’est, plus haut, un drame noir de l’hérédité [...] »: Guillaume I er est mort le 9 mars 1888, son fils Frédéric III meurt le 15 juin 1888 et son petit-fils Guillaume II succède le même jour sur le trône.
Material 2
Beuth: McCloy: Keine Wehrmacht, aber Selbstverteidigung, URL: https://www.cvce.eu/de/obj/karikatur_von_beuth_zur_sowjetischen_bedrohung_und_der_frage_der_wiederbewaffnung_der_brd_24_juli_1950-de-7d87fe3a-ae5a-493d-ab24-02fb4c5887d6.html (abgerufen am: 13.07.2021).
Hinweise:
Caricature de Beuth (24 juillet 1950) qui se réfère à la menace soviétique et à la question du réarmement de la République fédérale d'Allemagne.
McCloy: Juriste et banquier américain. Haut-commissaire à la Haute commission alliée en Allemagne (1949–1952).
L'ours représente l'Union soviétique dans la caricature.
Aufgaben
1.
Retracez les idées de Zola sur la guerre et la paix. (Material 1)
[30 BE]
2.
Expliquez les faits historiques évoqués dans le document. (Material 1)
[45 BE]
3.
« Une nation meurt dès qu'elle désarme. » (Material 1)
Vérifiez la justesse de la citation de Zola en tenant compte du message de la caricature et de son contexte historique. (Material 2)
[25 BE]
Aufgabe Vorschlag B · NS-Außenpolitik und Weg in den Zweiten Weltkrieg
1914 et 1939 – Des guerres évitables ?
Thema und Aufgabenstellung – Vorschlag B
Material 1: L'ultimatum allemand à la France
Télégramme du chancelier de l'Empire allemand Bethmann Hollweg à l'ambassadeur allemand à Paris, le 31 juillet 1914 (4h10):
Berlin, le 31 juillet 1914. « La Russie, en dépit de notre action de médiation 1 encore en cours, et bien que nous n'ayons nous-mêmes pris aucune mesure de mobilisation, a ordonné la mobilisation de toute son armée et de sa flotte, donc aussi contre nous. Nous avons déclaré l'état de menace de guerre qui doit être suivi de la mobilisation si, dans le délai de douze heures, la Russie n'arrête pas toute mesure de mobilisation contre nous et l'Autriche-Hongrie. La mobilisation signifie inévitablement la guerre. Je vous prie de demander au gouvernement français si, dans une guerre entre l'Allemagne et la Russie, il restera neutre. La réponse doit être donnée dans le délai de 18 heures. Télégraphiez immédiatement l'heure à laquelle vous aurez posé cette question. La plus grande hâte s'impose.
Secret. – Si, ce qu'il n'y a pas lieu de supposer 2, le gouvernement français déclare qu'il reste neutre, je prie votre Excellence de déclarer au gouvernement français que nous devons exiger comme gage 3 de sa neutralité la remise des forteresses de Toul et Verdun, que nous occuperons et que nous restituerons après que la guerre avec la Russie sera terminée. La réponse à cette question doit être connue d'ici demain à 4 heures de l'après-midi. » signé « Bethmann Hollweg »
Télégramme du chancelier de l'Empire allemand à l'ambassadeur allemand à Paris, 31.07.1914, in: Documents allemands relatifs à l'origine de la guerre, t. III.
1 l'action de médiation (f.) – der Vermittlungsversuch
2 si, ce qu'il n'y a pas lieu de supposer – si, ce qui est peu probable
3 le gage – das Pfand, die Garantie
Hinweis: Theobald von Bethmann Hollweg, chancelier de l'Empire allemand de 1909 à 1917.
Material 2: Lettre du 1 er septembre 1939 remise par M. Coulondre à M. Ribbentrop
EXCELLENCE,
Sur les instructions du Ministre français des Affaires Étrangères, j'ai l'honneur de faire la communication suivante.
De bonne heure ce matin, le Chancelier allemand a fait paraître une proclamation à l'armée allemande qui indiquait clairement qu'il était sur le point d'attaquer la Pologne.
Les informations parvenues au Gouvernement français et au Gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni indiquent que des troupes ont traversé la frontière polonaise et que des attaques contre des villes polonaises sont en cours.
Dans ces conditions, il apparaît aux Gouvernements français et du Royaume-Uni, que par son action le Gouvernement allemand a créé les conditions (c'est-à-dire acte de force de caractère agressif contre la Pologne menaçant l'indépendance de ce pays) qui appellent l'accomplissement 1 par les Gouvernements de la France et du Royaume-Uni de leur engagement à l'égard de la Pologne de venir à son aide.
En conséquence, je dois informer Votre Excellence qu'à moins que le Gouvernement allemand ne soit disposé à donner au Gouvernement français des assurances satisfaisantes que le Gouvernement allemand a suspendu toute action agressive contre la Pologne et est prêt à retirer promptement ses forces du territoire polonais, le Gouvernement français remplira 2 sans hésitation ses obligations à l'égard de la Pologne.
Je saisis cette occasion pour renouveler à Votre Excellence l'assurance de ma très haute considération.
COULONDRE.
Lettre du 1er septembre 1939 remise par M. Coulondre à M. Ribbentrop, in: Documents diplomatiques 1938–1939, Nr. 345, S. 325.
1 l'accomplissement (m.) – la réalisation, l'exécution
2 remplir – erfüllen
Hinweise: Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich allemand de 1938 à 1945. Robert Coulondre, ambassadeur français à Berlin de 1938 à 1939.
1.
Retracez la position de Bethmann Hollweg vis-à-vis de la France (Material 1) et celle de Coulondre vis-à-vis de l'Allemagne (Material 2). [25 BE]
2.
Expliquez la position allemande de 1914 (Material 1) et la position française de 1939 (Material 2) à l'aide du contexte historique respectif. [45 BE]
3.
Jean Giraudoux, diplomate et écrivain français (1882–1944): « La guerre finit par échapper aux hommes et, quelle que soit leur volonté, ce sont alors des éléments incontrôlables, des logiques hasardeuses, qui président à son déclenchement. »
Discutez du bien-fondé de cette thèse en vous référant:
– soit à la crise de juillet 1914
– soit à la veille de la Seconde Guerre mondiale. [30 BE]
Aufgabe Vorschlag C · Versailler Vertrag und Außenpolitik der Weimarer Republik
Quelle place pour l’Allemagne en Europe ? – Le traité de Versailles et le traité « 4 + 2 »
Material
Jacques Bainville: Les Conséquences politiques de la paix (1920)
Une Allemagne diminuée d’environ 100.000 kilomètres carrés, mais, sur ce territoire réduit, réunissant encore 60 millions d’habitants, un tiers de plus que la France, subsistait au centre de l’Europe. L’œuvre de Bismarck et des Hohenzollern était respectée dans ce qu’elle avait d’essentiel. L’unité allemande n’était pas seulement maintenue, mais renforcée. Les Alliés avaient affirmé leur volonté de ne pas intervenir dans les affaires intérieures allemandes. Ils y étaient intervenus pourtant. Toutes les mesures qu’ils avaient prises avaient eu pour résultat de centraliser l’Etat fédéral allemand et de consolider les anciennes victoires de la Prusse. S’il y avait des aspirations à l’autonomie ou au fédéralisme parmi les populations allemandes, elles étaient étouffées. Le traité poussait, enfermait, parquait 60 millions d’hommes entre des frontières rétrécies. C’est « l’Allemagne d’autre part » au nom de laquelle deux ministres sont venus signer à Versailles le 28 juin 1919.
Du fond de la Galerie des Glaces, Müller et Bell, de noir habillés, avaient comparu devant les représentants de vingt-sept peuples réunis. Dans le même lieu, sous les mêmes peintures, quarante-huit ans plus tôt, l’Empire allemand avait été proclamé. Il y revenait pour s’entendre déclarer à la fois coupable et légitime, intangible et criminel. À sa condamnation, il gagnait d’être reconnu. Müller et Bell, obscurs délégués d’une Allemagne vaincue, pensaient-ils à ce que la défaite laissait survivre d’essentiel ? Peut-être, pour beaucoup des assistants et des juges, était-ce une jouissance de voir le redoutable Empire de Guillaume II humilié dans la personne d’un intellectuel socialiste et d’un avoué de province. La voix brève de M. Clemenceau ajoutait à l’humiliation: « Il est bien entendu, Messieurs les délégués allemands, que tous les engagements que vous allez signer devront être tenus intégralement et loyalement. » Nous entendrons toujours ce verbe tranchant, et les deux Ja, indifférents et mous, qui sortirent de la bouche de Müller et de Bell, conduits comme des automates par le chef du protocole. Faible voix. Débile garantie. Qu’est-ce que Müller et Bell pouvaient engager ? Le traité de Versailles mettait en mouvement des forces qui échappaient déjà à la volonté de ses auteurs.
Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur: dès qu’elle avait été connue, nous en avions donné cette définition. On verra qu’elle reste juste et qu’elle a résisté à l’expérience. Le traité enlève tout à l’Allemagne, sauf le principal, sauf la puissance politique, génératrice de toutes les autres. Il croit supprimer les moyens de nuire que l’Allemagne possédait en 1914. Il lui accorde le premier de ces moyens, celui qui doit lui permettre de reconstituer les autres, l’Etat, un Etat central, qui dispose des ressources et des forces de 60 millions d’êtres humains et qui sera au service de leurs passions.
[...]
Pendant plus d’une génération, les Allemands devront payer tribut aux Alliés. Ils devront payer le tribut principal aux Français qui sont un tiers de moins qu’eux: 40 millions de Français ont pour débiteurs 60 millions d’Allemands dont la dette ne peut être éteinte avant trente années, un demi-siècle peut-être. Des enfants qui ne sont pas encore nés, qui n’auront connu la guerre que par ouï-dire, par une légende dont le caractère se laisse déjà deviner (« nous n’avons pas été vaincus »), ces enfants seront arrivés à l’âge d’hommes et, sur le produit de leur travail, il leur faudra encore prélever la part des réparations. Quelles garanties, quelles précautions eût appelées cette formidable créance !
Au moins que ces millions de créatures ne fussent pas attachées au même boulet, avec un seul gouvernement, peut-être demain un seul chef, pour les dresser à briser leur chaîne.
J.M. Keynes: Les Conséquences économiques de la paix, in: J. Bainville: Les Conséquences politiques de la paix, Gallimard, Paris 2002, S. 310–311, S. 315–316.
Hinweise
Jacques Bainville (1879–1936): Journaliste et historien, membre de l’Académie française. Son œuvre « Les Conséquences politiques de la paix » de 1920 traite des répercussions du traité de Versailles.
Margaret MacMillan (née en 1943): Historienne canadienne qui enseigne à l’université d’Oxford.
Aufgaben
1
Résumez le texte. (Material) [30 BE]
2
Le traité de Versailles et le traité « 4 + 2 » redéfinissent la position géopolitique de l’Allemagne en Europe.
Exposez les contextes et les principaux contenus des deux traités. [45 BE]
3
Selon l’historienne Margaret MacMillan dans l’interview publiée dans l’hebdomadaire « Die Zeit », le traité de Versailles n’était pas excessivement injuste.
Discutez cet aspect. [25 BE]
Aufgabe Vorschlag D · Friedliche Revolution in der DDR und deutsche Einheit 1989/90
L’Allemagne – une menace pour l’Europe ?
Material 1
Emanuele Gazzo: L’Allemagne en Europe: des responsabilités accrues (1990)
Le 3 octobre 1990, commentant la réunification de l’Allemagne, Emanuele Gazzo, rédacteur en chef de l’Agence Europe, analyse le rôle de l’Allemagne réunifiée dans l’Europe communautaire.
L’Europe salue la nouvelle Allemagne qui prend naissance aujourd’hui sous le signe d’une unité européenne renforcée par une volonté commune confirmée. Rappelons que lorsque Nicholas Ridley fut obligé de démissionner suite à la brutalité du jugement qu’il avait exprimé au sujet des conséquences pour l’Europe de l’unification allemande, nous écrivions: « Ridley s’en va, mais le problème reste » (Ed. du 16 juillet). Nous avions précisé à l’époque que, si les accusations portées par Ridley au sujet du peuple allemand et de certains aspects de son caractère (mais aussi de l’organisation de l’unité européenne dans le cadre communautaire) devaient être vigoureusement repoussées, parce que sans fondement, le fait en soi demeurait: des craintes subsistent et sont répandues dans de larges couches de l’opinion européenne. Elles s’accroissent naturellement face à la montée en puissance de l’Allemagne unifiée.
Comme toujours, la peur – même si elle est latente – est dangereuse car elle peut inspirer des réactions erronées et créer des incompréhensions qui, apparemment, justifient cette même peur: c’est un enchaînement fatal. […]
Il faut donc combattre avec vigueur la peur latente et surtout agir afin que toute suspicion ou doute soit dissipé. Ceci en prêtant foi d’abord aux engagements solennels et aux déclarations des plus hauts responsables. Le préambule au Traité d’union exprime la volonté du peuple allemand « d’établir l’unité étatique de l’Allemagne pour servir la paix du monde en tant que membre égal et souverain d’une Europe unie ». M. Kohl a confirmé solennellement cet engagement à plusieurs occasions, et ici même à Bruxelles. En ce qui concerne M. Genscher, il a déclaré et écrit sans nuances que l’Allemagne n’emploierait jamais son poids accru pour prétendre à une plus grande puissance, mais bien pour exercer une plus grande responsabilité. On nous dira que les hommes passent et que les Constitutions peuvent changer. C’est vrai, mais telle est l’histoire: il appartient aux forces politiques d’orienter l’évolution des choses. Aujourd’hui, la démocratie est établie en Allemagne d’une manière pas moins solide que chez ses partenaires européens.
Evidemment, la nouvelle Allemagne est différente de celle d’hier. Il sera utile d’analyser les changements autres que purement quantitatifs et qui portent les signes + ou –. On peut « spéculer », imaginer l’avenir. Dans son ensemble, l’Allemagne sera plus nordique et plus protestante, davantage tournée vers l’Est. Elle gardera un noyau de « protestataires » organisés dans les « Landsmannschaften » pour les « compatriotes séparés ». Le poids relatif des partis pourra changer. Il faudra essayer de répondre à d’autres questions encore. Il y aura, certes, changement des « poids spécifiques » en Europe, mais chacun devra y mettre du sien pour établir un équilibre global satisfaisant. Pour la France, le problème est difficile car elle devient « moins nécessaire » à l’Allemagne (le fait de disposer de l’arme nucléaire n’a plus une grande signification). […]
Tout cela confirme ce que nous écrivions il y a un an, à savoir que la réponse à la question allemande est la fédération européenne. Pourquoi ? Parce que l’acceptation de l’ordre fédéral écarte automatiquement toute velléité d’hégémonie. Ceci est vrai à terme: dans l’immédiat, le test de l’engagement européen de l’Allemagne réside dans l’acceptation « psychologique » d’une monnaie européenne qui remplacera le D-Mark, et donc dans la fixation dès maintenant des délais et des contenus des étapes devant aboutir à l’Union monétaire.
Emanuele Gazzo: L’Allemagne en Europe: des responsabilités accrues, in: Lodovico Riccardi (Hg.): Europe. Agence internationale d’information pour la presse., Nr. 5341, Brüssel, 03.10.1990.
Hinweise zum Text
Nicholas Ridley, baron Ridley of Liddesdale (1929–1993): homme politique conservateur britannique et ministre dans le gouvernement de Margaret Thatcher. Dans une interview publiée par « The Spectator », il décrit le projet d’Union économique et monétaire comme « un racket allemand destiné à prendre le contrôle de toute l’Europe » et déclare que céder la souveraineté à l’Union européenne est aussi grave que de la céder à Adolf Hitler. Par conséquent, il est obligé de démissionner.
Les « Landsmannschaften »: les organisations des réfugiés originaires des anciens territoires allemands.
Les « compatriotes séparés »: les minorités allemandes qui vivent hors des frontières allemandes.
Material 2
Walter Hanel: Das Neugeborene, 1990.
Hinweise zur Karikatur
Karikatur des deutschen Karikaturisten Walter Hanel (geboren 1930) aus dem Jahr 1990. Die drei Hebammen stellen von links nach rechts die Politiker Lothar de Maizière, Helmut Kohl und Hans-Dietrich Genscher dar.
Hinter der Glasscheibe sieht man ganz links, unmittelbar neben dem Vorhang, in der ersten Reihe den sowjetischen Staatschef Michail Gorbatschow. Die dritte Person in der ersten Reihe von links mit dem großen Zylinder auf dem Kopf zeigt Uncle Sam, der die USA symbolisiert. Rechts neben Uncle Sam erkennt man in der ersten Reihe den französischen Staatspräsidenten François Mitterrand und die britische Premierministerin Margaret Thatcher.
Aufgaben
1
Résumez le texte. (Material 1) [30 BE]
2
Expliquez la peur à l’égard de l’Allemagne exprimée dans le texte avec vos connaissances des conflits qui ont marqué l’histoire européenne entre 1918 et 1945. [40 BE]
3
Interprétez la caricature. (Material 2) [30 BE]
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