Aufgabe Vorschlag A · Abitur Hessen Geschichte GK · bilingual Französisch 2022
Thema: Kaiserreich: Herrschaft, Gesellschaft und Ausgrenzung · Aus der Prüfung GK · bilingual Französisch (2022)
Aufgabenstellung
Vorschlag A
Les guerres, sont-elles inévitables ?
Material 1
Emile Zola: Sedan (1891)
C’est la date terrible. Il semblait qu’un pareil désastre ne s’était jamais abattu sur une nation. Depuis vingt ans, le souvenir n’en a pu être évoqué sans qu’une angoisse serrât les cœurs, dans un intolérable sentiment de honte et de colère.
[...]
Oui, il y a eu là un bain de sang nécessaire. La leçon, à cette heure, apparaît effroyable et profitable. Il ne restait peut-être que ce soufflet à notre orgueil, que cette saignée à nos veines, pour nous refaire une santé.
[...]
Cette vérité, amère et forte, on doit la dire, aujourd’hui que nous pouvons l’entendre. Longtemps, il a semblé que c’était la fin de la France, que jamais nous ne pourrions nous relever, épuisés de sang et de milliards. Mais la France est debout, elle n’a plus au cœur de honte ni de crainte.
Personne, certainement, ne souhaite la guerre. Ce serait un souhait exécrable, et ce que nous avons enterré avec nos morts, à Sedan, c’est la légende de notre humeur batailleuse, cette légende qui représentait le troupier français partant à la conquête des royaumes voisins, pour rien, pour le plaisir. Avec les armes nouvelles, la guerre est devenue une effrayante chose, qu’il faudra bien subir encore, mais à laquelle on ne se résignera plus que dans l’angoisse, après avoir fait tout au monde pour l’éviter. Aujourd’hui, des nécessités impérieuses, absolues, peuvent seules jeter une nation contre une autre.
Seulement, la guerre est inévitable. Les âmes tendres qui en rêvent l’abolition, qui réunissent des congrès pour décréter la paix universelle, font simplement là une utopie généreuse. Dans des siècles, si tous les peuples ne formaient plus qu’un peuple, on pourrait concevoir à la rigueur l’avènement de cet âge d’or; et encore la fin de la guerre ne serait-elle pas la fin de l’humanité ? La guerre, mais c’est la vie même ! Rien n’existe dans la nature, ne naît, ne grandit, ne se multiplie que par un combat. Il faut manger et être mangé pour que le monde vive. Et seules les nations guerrières ont prospéré, une nation meurt dès qu’elle désarme. La guerre, c’est l’école de la discipline, du sacrifice, du courage, ce sont les muscles exercés, les âmes raffermies, la fraternité devant le péril, la santé et la force.
Il faut l’attendre, gravement. Désormais, nous n’avons plus à la craindre. Le temps a travaillé pour nous, et on peut croire, maintenant, que le temps va travailler contre nos vainqueurs. Rien ne reste stationnaire, tout évolue à chaque heure qui sonne, se déplace et se modifie. Quiconque s’oublie au sommet, descend. Nous l’avons durement éprouvé, nous autres, si confiants, dans le succès légendaire de nos armes, à l’instant même où nous courions aux plus sanglants revers. L’Allemagne, si haute depuis vingt ans, est à l’apogée de sa puissance; et ne semble-t-il pas déjà qu’un sourd craquement s’y fait entendre ? Les grands hommes de la conquête disparaissent un à un dans la mort, il n’en reste qu’un debout, malade de sa disgrâce, pareil à ces vieillards que les suites de la moindre fracture emportent. Et c’est, plus haut, un drame noir de l’hérédité, le grand-père embaumé dans sa gloire, le fils détruit en quelques mois, dévoré à la gorge, le petit fils qui paraît avoir hérité du cancer et de la couronne le jour où il a jeté sur ses épaules le manteau impérial. Quel vent de tempête balayant une dynastie et quel ébranlement dans un peuple, qui a donné tout son effort et qui ne peut que décroître !
Là-bas, sur le champ de bataille de Sedan, j’ai senti ces choses. Il n’y a donc plus à cacher ni à excuser nos défaites. Il faut les expliquer et en accepter la terrible leçon. Une nation qui a survécu à une pareille catastrophe est une nation immortelle, invincible dans les âges. De cette page affreuse de Sedan, je voudrais qu’il en sortît une vivace confiance, le cri même de notre relèvement.
Par une nuit de lune claire, je suis monté du Fond-de-Givonne vers le plateau d’Illy, suivant les chemins creux, traversant les champs, où dorment tant de nos morts. Et il m’a semblé que tous ces braves gens se soulevaient de terre, les fantassins frappés isolément derrière une haie, les cavaliers de l’héroïque charge tombés en masse, et que tous ils avaient la joie du sacrifice utile, de la grande moisson d’espérances qui germe aujourd’hui de leur sang.
Emile Zola: Sedan, in: Le Figaro, 01.09.1891, in: Emile Zola: Œuvres complètes, publiées sous la direction d'Henri Mitterand, Tome 15, Paris 2007, S. 617–622.
Hinweise:
Emile Zola (1840–1902): grand romancier naturaliste français. Lors du vingt et unième anniversaire de la bataille de Sedan, le 1 er septembre 1891, « Le Figaro » publie son article « Sedan ».
« Les grands hommes de la conquête disparaissent [...] »: Le maréchal Helmuth von Moltke démissionne en 1888 et meurt en avril 1891. Bismarck doit démissionner en 1890.
« Et c’est, plus haut, un drame noir de l’hérédité [...] »: Guillaume I er est mort le 9 mars 1888, son fils Frédéric III meurt le 15 juin 1888 et son petit-fils Guillaume II succède le même jour sur le trône.
Material 2
Beuth: McCloy: Keine Wehrmacht, aber Selbstverteidigung, URL: https://www.cvce.eu/de/obj/karikatur_von_beuth_zur_sowjetischen_bedrohung_und_der_frage_der_wiederbewaffnung_der_brd_24_juli_1950-de-7d87fe3a-ae5a-493d-ab24-02fb4c5887d6.html (abgerufen am: 13.07.2021).
Hinweise:
Caricature de Beuth (24 juillet 1950) qui se réfère à la menace soviétique et à la question du réarmement de la République fédérale d'Allemagne.
McCloy: Juriste et banquier américain. Haut-commissaire à la Haute commission alliée en Allemagne (1949–1952).
L'ours représente l'Union soviétique dans la caricature.
Aufgaben
1.
Retracez les idées de Zola sur la guerre et la paix. (Material 1)
[30 BE]
2.
Expliquez les faits historiques évoqués dans le document. (Material 1)
[45 BE]
3.
« Une nation meurt dès qu'elle désarme. » (Material 1)
Vérifiez la justesse de la citation de Zola en tenant compte du message de la caricature et de son contexte historique. (Material 2)
[25 BE]

Lösung
Nach den offiziellen Korrekturhinweisen
1 Retracez les idées de Zola sur la guerre et la paix. (Material 1)
Lösung: Analyse structurée des idées de Zola sur la guerre et la paix.
2 Expliquez les faits historiques évoqués dans le document. (Material 1)
Lösung: Explication des événements historiques (fondation de l'Empire allemand en 1870/71 et transition vers l'ère guillaumienne en 1888-1890).
3 « Une nation meurt dès qu'elle désarme. » (Material 1) Vérifiez la justesse de la citation de Zola en tenant compte du message de la caricature et de son contexte historique. (Material 2)
Lösung: Vérification critique de la citation de Zola au regard de la caricature de 1950 et de la guerre froide.
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