Exercice 2 - Sujet C : Contraction de texte · Bac STMG Français Polynésie remplacement 2026
Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Remplacement (2026)
Énoncé
Sujet C – Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne, 1747. Parcours: « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux. »
Texte d'après Rémy Oudghiri, Microvoyage: le paradis à deux pas, 2025.
L'expérience du tourisme de proximité a permis de redécouvrir les richesses de son propre pays, de sa région, de son quartier et, même, de sa propre maison…
Le « microvoyage » s'inscrit naturellement dans cette tendance du tourisme de proximité. Son avantage réside dans le fait que le voyageur part moins loin et moins longtemps. C'est, en effet, un déplacement limité dans le temps (moins d'une journée en général) et dans l'espace (le temps restreint en borne naturellement le périmètre géographique). On peut le faire à pied, à bicyclette, en bus, en barque, en voiture… D'autres mots peuvent le désigner: « excursion », « équipée », « virée », « randonnée », « balade »…
Le microvoyage, de ce point de vue, est plus proche de l'escapade que du voyage. Il offre une occasion de découvrir ou de redécouvrir des lieux près de chez soi et s'apparente à une forme d'évasion de proximité.
Ses atouts à l'heure du réchauffement climatique et du surtourisme, ne manquent pas. Ce type de voyage coche toutes les cases du tourisme de proximité. Quatre bénéfices clairs peuvent ainsi lui être attribués et contribuent à le rendre plus actuel que jamais.
Il propose une formule économique. Voyager près de chez soi coûte moins cher que de partir aux antipodes, ce qui, dans un contexte où le pouvoir d'achat est devenu la priorité des Français, n'est pas un argument négligeable.
Il est également écologique. Toutes choses égales par ailleurs, l'empreinte carbone d'un voyage est proportionnelle à la distance parcourue. Un microvoyage, de par sa nature, entraîne ainsi moins de conséquences négatives sur l'environnement.
Il favorise une forme de déconnexion du quotidien. Il s'agit là d'un avantage particulièrement pertinent à une époque où les écrans assujettissent 1 chaque individu à une sédentarité 2 dangereuse pour sa santé physique aussi bien que pour sa santé mentale. En microvoyageant, on fait un pas de côté: on débranche ses appareils, on laisse reposer son corps et son esprit, on redevient attentif à ce qui nous entoure, on remarque des détails qu'on ne voyait pas d'habitude.
Le microvoyage est enfin une solution pratique qui s'intègre facilement dans les agendas surchargés de nos contemporains. Même à celui qui manque de temps pour prendre des congés, il offre une plage de liberté relativement accessible pour reprendre son souffle. C'est un déplacement qui n'a pas besoin d'être préparé à l'avance et le microvoyageur ne s'embarrasse ni de bagage, ni de passeport, ni de matériel spécifique.
Bref, le microvoyage, dans le contexte actuel, ne peut que séduire. Il répond à des aspirations croissantes de la population: qualité de vie, principe d'économie, souci de l'environnement, besoin de simplicité. Ces avantages ne sont pas négligeables, mais je voudrais défendre dans cette note une particularité qui n'est pas toujours mise en valeur par les défenseurs du tourisme de proximité: sa dimension poétique.
De nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui pour appeler à « repoétiser » ou à « repassionner » l'existence. Derrière ces voix s'exprime une conviction: la poésie est une voie d'accès privilégiée à la réalité. La poésie ne se réduit pas aux œuvres répertoriées comme telles, mais à une expérience du monde. Le poète Jean-Pierre Siméon le dit à sa manière: « La poésie, c'est comme les lunettes. C'est pour mieux voir. Parce que nos yeux ne savent plus, ils sont fatigués, usés ». L'enjeu est donc de retrouver un rapport au monde plus direct, plus authentique. L'universitaire Jean Onimus, qui a beaucoup écrit sur le sujet, souligne que « presque toutes les expériences ardentes 3 de la vie, les perceptions des choses et des êtres, recèlent une dimension poétique ». Selon lui, le poétique « relève d'un besoin élémentaire, un besoin d'exister plus » et manifeste une « intensité de présence ». Autrement dit, vivre une expérience poétique ne consiste pas à fuir dans un monde imaginaire ou à migrer sur un territoire artificiellement embelli, mais à dévoiler un pan de la réalité. Il s'agit d'accéder à l'intensité que nous masque notre regard émoussé 4 par l'habitude et éteint par les priorités pratiques.
C'est là que réside le lien avec le microvoyage. Ce type de voyage, parce qu'il ne s'inscrit pas dans la logique des circuits touristiques classiques et parce qu'il se déroule dans les limites d'un périmètre familier – loin de l'exotisme associé aux voyages lointains – offre une voie de passage privilégiée vers la mise en contact avec la réalité. Dit autrement: il nous permet d'éprouver notre présence au monde et de nous sentir pleinement vivant.
765 mots
1 Assujettissent: soumettent.
2 Sédentarité: absence de déplacement.
3 Ardentes: passionnées.
4 Émoussé: rendu insensible.
Contraction de texte (10 points)
Vous résumerez ce texte en 192 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 172 mots et au plus 212 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
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Réponse : Le tourisme de proximité a permis de redécouvrir les richesses de notre environnement immédiat. Le « microvoyage » s'inscrit dans cette tendance : déplacement bref, limité dans le temps et l'espace, il ressemble plus à une escapade qu'à un voyage. Face au réchauffement climatique et au surtourisme, il présente quatre /50/ atouts. Il est d'abord économique, ce qui compte quand le pouvoir d'achat préoccupe les Français. Il est aussi écologique, puisque l'empreinte carbone dépend de la distance parcourue. Il permet ensuite de rompre avec une sédentarité imposée par les écrans et néfaste pour la santé : on se déconnecte /100/, on se repose et on observe mieux ce qui nous entoure. Enfin, il est pratique : sans préparation ni bagage, il s'intègre aisément aux emplois du temps surchargés. Cependant, plus que ces avantages, le microvoyage possède une dimension poétique souvent négligée. Beaucoup souhaitent aujourd'hui « repoétiser » l'existence, car la poésie /150/ est une expérience du monde qui permet de mieux voir le réel. Elle ne consiste pas à fuir dans l'imaginaire, mais à retrouver l'intensité que l'habitude nous masque. Or, le microvoyage, en explorant un cadre familier loin de l'exotisme, favorise ce contact direct avec le réel et nous rend pleinement vivants. [205 mots]
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