Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Bac STMG Français Polynésie remplacement 2025
Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Remplacement (2025)
Énoncé
Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 191 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 172 mots et au plus 210 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.
Texte d'après Sigolène Couchot-Schiex, Eva Nada, Clothilde Palozzo-Crettol et Béatrice Bertho, « Sport: l'épreuve féministe », dans Nouvelles questions féministes, Féminisme aux risques du sport, 2024.
Au moment où nous écrivons cet éditorial, les préparatifs de l'accueil des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2024 vont bon train en France. Du 26 juillet au 11 août, la capitale française palpitera au rythme de ces compétitions sportives: « Vibrez au rythme des jeux », scande la mairie de Paris. Dans la même ville, en 1900, les femmes ont été autorisées à concourir pour la première fois, conquérant un droit et un privilège dont les hommes, qui détiennent les clés des Jeux, des sports et du mouvement sportif, les avaient évincées. En 2024, la parité est reconnue et mise en avant comme une avancée du féminisme.
Difficile de ne pas être partagés, en tant que féministes, face au résultat hautement symbolique de plus d'un siècle de luttes des femmes pour pouvoir participer, à parts égales avec les hommes, au sport de loisir comme de haut niveau, amateur comme professionnel. Il existe une tension fondamentale, dans une perspective féministe, entre la recherche de l'égalité dans la participation, et la nécessité de déconstruire les mécanismes et les fondements sur lesquels reposerait cette supposée égalité. Quels risques le féminisme court-il face aux sports ? Risque-t-il de perdre son potentiel subversif 1 et émancipateur au profit d'une normalisation, d'une institutionnalisation dans et par le sport ? En effet, énoncer l'égalité entre les femmes et les hommes ne suffit pas à déjouer les pièges de l'ordre du genre.
Le mouvement sportif, en tant qu'ensemble des organismes qui contribuent à la structuration des activités sportives, s'est progressivement organisé à la fin du 19 e siècle. Aujourd'hui, le sport, comme institution, est devenu un fait social total dans les espaces médiatiques et par les fonctions qu'il occupe, offrant certains bénéfices fondamentaux tels que la santé, l'estime de soi, la capacité à coopérer en équipe ou, tout simplement, le plaisir. Le sport est d'abord une activité physique, mais il comprend de multiples manifestations plus ou moins organisées, et il se décline sous diverses modalités, dans des pratiques différenciées, allant de l'occasionnel à l'intensif. Si « sport » au singulier s'entend comme l'ensemble des activités physiques, son pluriel spécifie les pratiques structurées et institutionnalisées, organisées en disciplines sportives. Quelles que soient les pratiques sportives, qu'elles soient amicales, occupationnelles, divertissantes ou professionnelles et de haut niveau, le sport implique une disciplinarisation 2 et un contrôle sur les corps et, la plupart du temps, il est l'expression de multiples rapports de domination, comme en témoignent les luttes des femmes et des personnes dominées pour se faire reconnaître comme sportives.
En tant qu'il est reconnu comme un milieu d'hommes, le sport a fait l'objet de nombreuses critiques et contestations féministes, y compris dans le milieu académique. D'autres systèmes d'oppression ont aussi été mis au jour.
D'emblée, on remarquera que l'ajout « féminin » accolé au nom du sport ou de la pratique participe de la reproduction réitérée de la pratique masculine comme étant celle du « neutre », et première. Les pratiques féminines sont « secondes », accessoires et systématiquement qualifiées comme telles.
Dans les mondes du sport, le genre continue de produire et de valoriser la différence et la hiérarchie sexuées. L'argument se fonde sur de supposées différences biologiques immuables et sur l'alignement sexe-genre-sexualité où le corps masculin blanc hétérosexuel fait figure de catégorie normative de référence. Dans ce contexte, les « autres », les personnes en situation de handicap ou définies comme telles, les femmes, les personnes racisées ou minorisées, n'ont le droit de concourir que sous conditions. Et lorsqu'elles concourent, leurs performances sont minimisées ou au contraire survalorisées, réduisant les personnes à leurs exploits physiques. Le biais profondément masculiniste 3 de la compétition sportive s'illustre dans l'obligation qui a été faite aux femmes, quand elles ont gagné le droit de participer, de prouver qu'elles étaient bien des « femmes » par des tests de féminité humiliants alors qu'on ne demande jamais aux hommes de prouver qu'ils le sont.
Les pratiques sportives placent d'emblée les femmes aux prises avec des injonctions paradoxales: être performantes sur les terrains, tout en performant une féminité normative. À l'occasion du premier marathon olympique féminin le 5 août 1984 à Los Angeles, remporté par Joan Benoit, des commentaires fusent, stigmatisant 4 les signes de détresse physique terrassant certaines coureuses. Le spectacle est jugé intolérable par le public, les médias et la fédération d'athlétisme pour lesquels les sportives doivent rester dignes, offrir des émotions qui subliment les corps féminins et séduire, à l'instar 5 de ce qui se donne à voir dans les disciplines artistiques et gymniques. Ces représentations stéréotypées de la féminité pèsent évidemment aussi sur le choix des pratiques récréatives et de loisir.
765 mots
1 Subversif: capable de produire un renversement de l'ordre établi.
2 Disciplinarisation: fait de soumettre à des règles strictes de comportement.
3 Masculiniste: misogyne et antiféministe.
4 Stigmatiser: blâmer publiquement.
5 À l'instar: à la manière de.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Contraction de texte : résumer le texte en 191 mots (+/- 10 %)
Réponse : Alors que les Jeux de Paris 2024 célèbrent une parité historique, cette victoire symbolique suscite l'inquiétude des féministes : l'inclusion dans le sport ne risque-t-elle pas de neutraliser le pouvoir contestataire de leurs revendications plutôt que de renverser les normes de genre ? Devenu une institution incontournable [50 mots] génératrice de bien-être, le mouvement sportif n'en reste pas moins un puissant outil de contrôle et d'assujettissement des corps. Historiquement dominé par les hommes, cet univers continue de hiérarchiser les sexes en érigeant le corps masculin, blanc et hétérosexuel en standard normatif absolu. Dès lors, les pratiques féminines sont [100 mots] dévalorisées comme secondaires, tandis que les sportives subissent des suspicions permanentes, illustrées par d'humiliants examens de féminité. Par ailleurs, les athlètes féminines se heurtent à des injonctions contradictoires. Elles sont sommées d'accomplir des prouesses physiques tout en préservant les apparences d'une féminité traditionnelle faite de grâce, de [150 mots] beauté et de séduction. Les vives critiques adressées à l'épuisement des coureuses du premier marathon olympique en témoignent : leur détresse physique fut jugée intolérable, car contraire à l'idéal esthétique exigé. Ces représentations stéréotypées pèsent ainsi lourdement sur leurs pratiques. *(191 mots)*
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