Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie jour 1 - Remplacement 2024
Thème : L'engagement politique dans les sociétés démocratiques · Tiré du sujet Jour 1 - Remplacement (2024)
Énoncé
Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire
Il est demandé au candidat: de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Comment peut-on expliquer l'engagement politique ?
DOCUMENT 1
Champ: personnes inscrites sur les listes électorales et résidant en France métropolitaine.
Source: d'après INSEE, 2022.
1: Vote systématique: Comportement électoral d'une personne ayant voté à tous les scrutins.
DOCUMENT 2
Origine sociale des députés (en %)
· Catégorie sociale des députés en 2022 · Part dans la population active en 2021
Agriculteurs · 1,9 · 1,5
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise · 8,7 · 6,5
Cadres supérieurs · 69,5 · 21,6
Professions intermédiaires · 12,3 · 24,7
Employés · 4,5 · 26,2
Ouvriers · 1,4 · 19,1
Non renseigné · 1,7 · 0,5
Ensemble · 100 · 100
Note: les professionnels de la politique (conseillers des élus par exemple) sont comptés parmi les cadres supérieurs.
Source: d'après Observatoire des inégalités, 2023.
DOCUMENT 3
Champ: échantillon national de 4 395 bénévoles actifs au sein d'une association.
Source: d'après Cécile BAZIN, Marie DUROS, Aziz BEN AYED, Patrick BONNEAU et Jacques MALET, « La France bénévole: évolutions et perspectives », Recherches et Solidarité, 2022.
DOCUMENT 4
Promis par l'exécutif à l'issue du grand débat national, le projet de loi « Engagement et proximité », présenté le 17 juillet 2019 en Conseil des ministres, a pour objectif d'améliorer les conditions d'exercice du mandat de maire et tenter de rétablir la confiance avec les élus locaux. Formation, protection juridique, pouvoir de police, intercommunalités... le texte répond à quelques-unes de leurs plus anciennes revendications et ouvre le délicat débat sur les indemnités des élus.
Les maires « veulent surtout des conditions d'exercice claires de leur mandat », souligne le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, qui porte le projet. Le texte ayant été définitivement adopté mi-décembre par le Parlement, certaines mesures s'appliqueront dès le 1er janvier. [...]
Selon une enquête de l'Observatoire de la démocratie de proximité et du Cevipof publiée en novembre 2019, un maire sur deux ne souhaite pas se représenter aux municipales de 2020. Plus d'un tiers invoquent le manque de moyens financiers pour assumer leur fonction et 14,8 % le manque de personnels. 36 % expliquent également avoir « de plus en plus de difficultés à satisfaire les demandes de leurs administrés ».
« Dans certaines communes, il n'y aura pas de candidat au poste de maire et nous aurons sans doute beaucoup de listes incomplètes, par manque de volontaires », s'alarmait Sébastien Lecornu. [...]
Revalorisation des indemnités des élus. Les députés ont validé notamment un nouveau régime plus favorable pour les petites communes: le maire touchera une indemnité par défaut (environ 1 670 euros pour les communes de 1 000 à 3 500 habitants), qui pourra être rehaussée par un vote du conseil municipal, dans la limite d'une indemnité maximale (environ 2 000 euros). Les sénateurs avaient eux prévu un dispositif gradué automatique.
Les indemnités de fonction pourront se cumuler en partie avec l'allocation aux adultes handicapés (AAH).
Le texte prévoit la prise en charge des frais de garde des enfants lors des réunions obligatoires.
Source: d'après Valérie MAZUIR, « Une loi pour faciliter le mandat des maires », www.lesechos.fr, 19 décembre 2019.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Comment peut-on expliquer l'engagement politique ?
Réponse : Introduction : Définir l'engagement politique (participation au vote, mais aussi actions collectives, engagement associatif ou bénévole, candidature à des mandats). Constats : baisse du vote systématique, surtout chez les jeunes (Document 1) ; sous-représentation de certaines catégories sociales parmi les élus (Document 2) ; persistance d'autres formes d'engagement comme le bénévolat (Document 3) ; crise des vocations chez les maires (Document 4). Problématique : Quels sont les facteurs sociaux et institutionnels qui expliquent les différentes formes et l'évolution de l'engagement politique ? I. L'engagement politique dépend de facteurs sociaux liés aux individus 1. L'âge influence fortement le vote systématique. En 2022, environ 17 % des 18-29 ans votent systématiquement, contre près de 48 % des 65 ans ou plus (Document 1). L'écart s'est maintenu, voire légèrement creusé, sur la période. Cela s'explique par un effet de cycle de vie (insertion professionnelle et familiale plus tardive) et par un effet de génération. 2. Le capital culturel, le capital économique et le sentiment de compétence politique favorisent l'engagement. Les cadres supérieurs représentent 69,5 % des députés contre 21,6 % de la population active. À l'inverse, les ouvriers (1,4 % contre 19,1 %) et les employés (4,5 % contre 26,2 %) sont fortement sous-représentés (Document 2). Cela traduit des inégalités d'accès à la représentation politique. 3. Les motivations individuelles de l'engagement évoluent. Être utile et agir pour les autres reste la motivation dominante et progresse (86 % en 2022). La reconnaissance sociale progresse nettement (environ 9 % en 2016, 18 % en 2022). Exercer une responsabilité recule légèrement (14 %) (Document 3). L'engagement mêle donc altruisme et attentes de rétributions symboliques, dans une logique plus individualisée et ponctuelle que militante et durable. II. L'engagement politique dépend aussi de facteurs institutionnels et contextuels 1. Les conditions d'exercice des mandats peuvent décourager l'engagement. Un maire sur deux ne souhaite pas se représenter en 2020 : plus d'un tiers invoquent le manque de moyens financiers et 14,8 % le manque de personnel (Document 4). L'offre politique dépend donc des incitations institutionnelles. 2. Les pouvoirs publics cherchent à lever ces freins. La loi « Engagement et proximité » prévoit la revalorisation des indemnités, la prise en charge des frais de garde d'enfants, la formation et une protection juridique (Document 4). Ces mesures visent à répondre à la crise des vocations et à élargir le recrutement social des élus. 3. La défiance envers les institutions et le sentiment d'inefficacité du vote expliquent un report vers d'autres formes d'engagement (associatif, bénévole, numérique). Ces formes sont plus ponctuelles et répondent davantage aux attentes d'utilité concrète et de reconnaissance personnelle (Document 3). C'est notamment le cas des jeunes, qui délaissent le vote systématique (Document 1). Conclusion : L'engagement politique s'explique par la combinaison de deux types de facteurs. D'une part, des facteurs sociaux : âge, capital culturel et économique, socialisation, motivations. D'autre part, des facteurs institutionnels : conditions d'exercice des mandats et incitations publiques. Il ne disparaît pas mais se transforme, passant d'une participation électorale régulière à des formes plus intermittentes et diversifiées. Ouverture : les réformes institutionnelles (démocratie participative, statut de l'élu) peuvent-elles réduire les inégalités sociales de participation ?
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