Épreuve composée - Sujet A - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2022 (jour 1)

Thème : L'engagement politique dans les sociétés démocratiques · Tiré du sujet Jour 1 (2022)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

(10 points)

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'action collective a connu de multiples transformations.

DOCUMENT 1

Champ: Ensemble des salariés de plus de 15 ans – France métropolitaine.

Source: DARES, La syndicalisation, rubrique Données, octobre 2018.

Note: Les enquêtes n'ont pas été menées à certaines périodes.

1: La syndicalisation est ici mesurée par le pourcentage de salariés ayant adhéré à un syndicat.

DOCUMENT 2

Formes de participation déclarées par les 18-30 ans (en %)

« Au cours des douze derniers mois, avez-vous… ? »

Champ: Ensemble des jeunes âgés de 18 à 30 ans.

Source: d'après Lucie BRICE MANSENCAL, Manon COULANGE, Colette MAES, Jörg MÜLLER, Baromètre DJEPVA sur la jeunesse 2020, Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) 2020.

Note: certaines données ne sont pas disponibles.

Lecture: en 2020, 47% des jeunes âgés de 18 à 30 ans déclarent avoir signé une pétition ou défendu une cause sur internet, un blog, un réseau social.

DOCUMENT 3

Si les conflictualités dans et entre les espaces publics méritent d'être interrogées, c'est qu'elles se renouvellent sans cesse au gré des conjonctures et des contextes […]

La fin des années 1970 et le début des années 1980 marquent l'avènement de ce que de nombreux auteurs ont qualifié de nouveaux mouvements sociaux, constitués des luttes féministes, des luttes environnementalistes ou encore des luttes antiracistes. L'idée défendue par ces travaux est le passage d'une lutte structurée autour de la classe sociale à des luttes marquées par la revendication d'émancipation. En France, le sociologue Alain Touraine voit par exemple dans ces nouveaux mouvements sociaux l'émanation d'une société post-industrielle, dans laquelle les mouvements ouvriers s'affaiblissent au profit de nouvelles formes de contestation revendiquant liberté, autonomie et autogestion dans les différentes sphères de la vie sociale […]

Accéder à la sphère publique globale apparaît souvent pour les minorités comme une nécessité pour que leurs revendications soient mises à l'agenda politique. Elles sont ainsi contraintes de lutter pour la visibilité et la reconnaissance en mettant en place des actions visant à publiciser leur cause auprès de plusieurs instances (médias, pouvoirs publics, etc.). Jean-Philippe De Oliveira montre comment la mobilisation des associations de lutte contre le sida – Act'Up et Aides – a permis, à terme, la reconnaissance des groupes LGBT 1 par l'État français ainsi qu'au sein du discours public. Néanmoins, la plupart des mobilisations collectives restent à l'ombre des grands médias: moins de 5 % des manifestations font ainsi l'objet d'un article dans la presse nationale par exemple.

Source: Marion DALIBERT, Nelly QUEMENER, « Rapports sociaux et hégémonie. Conflictualités dans les espaces publics », Études de communication, 2017.

1: groupes LGBT: groupes de personnes lesbiennes, gays, bi-sexuelles et transsexuelles.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Sujet : À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'action collective a connu de multiples transformations.

Réponse : Une réponse réussie doit montrer, en s'appuyant sur les trois documents et les connaissances de cours, que l'action collective s'est transformée tant dans ses formes que dans ses acteurs et ses modes d'expression. I. Un déclin des formes institutionnalisées et traditionnelles de l'action collective - Le document 1 montre une baisse continue du taux de syndicalisation en France depuis 1949 : de plus de 30% des salariés syndiqués à la fin des années 1940 à un taux stabilisé autour de 10% depuis les années 1990-2000. - Ce déclin s'explique par plusieurs facteurs de cours : la tertiarisation de l'emploi et le déclin de l'ouvrier industriel (bastion historique du syndicalisme), la fragmentation du salariat (CDD, temps partiel, auto-entrepreneuriat) qui complique l'action collective (logique de « passager clandestin » décrite par Mancur Olson), la crise de la représentation syndicale et la perte de confiance dans les corps intermédiaires. - Ainsi, le répertoire d'action classique centré sur la grève et l'adhésion syndicale s'affaiblit structurellement. II. L'émergence de nouveaux mouvements sociaux et de nouvelles causes - Le document 3 décrit, à partir de la fin des années 1970, l'avènement des « nouveaux mouvements sociaux » (luttes féministes, environnementalistes, antiracistes), analysés par Alain Touraine comme l'expression d'une société post-industrielle où les enjeux ne sont plus seulement centrés sur la classe sociale et les rapports de production, mais sur des revendications identitaires et d'émancipation (autonomie, autogestion). - Le document 3 montre aussi comment des minorités (mouvements LGBT via Act'Up et Aides) doivent construire une visibilité médiatique pour accéder à l'agenda politique, ce qui illustre une transformation des stratégies de mobilisation (recherche de publicisation auprès des médias et des pouvoirs publics), même si la majorité des mobilisations restent peu médiatisées (moins de 5% des manifestations dans la presse nationale). III. La diversification et l'individualisation des répertoires d'action, en particulier chez les jeunes - Le document 2 montre que les jeunes de 18-30 ans privilégient des formes de participation plus individuelles, ponctuelles et numériques : signer une pétition ou défendre une cause en ligne (en hausse constante, de 36% en 2016 à 47% en 2020), don de temps bénévole (de 36% à 40%), participation à une manifestation (de 13% à 19%), au détriment de l'adhésion à un parti politique qui reste faible et stagnante (8% à 7%). - Cela illustre le passage, décrit en cours, d'une action collective organisée et durable (syndicats, partis) vers des engagements plus distanciés, individualisés et numériques (pétitions en ligne, boycott, consommation engagée), en cohérence avec les analyses sur l'individualisation de l'engagement (Ion) et l'essor d'un militantisme « à la carte ». Conclusion : L'action collective n'a pas disparu mais s'est profondément recomposée : déclin du syndicalisme traditionnel, émergence de nouvelles causes et de nouveaux acteurs (minorités, mouvements sociaux), diversification et individualisation des répertoires d'action, notamment via le numérique chez les jeunes générations.

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