Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2025 (jour 2)

Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Jour 2 (2025)

Énoncé

Sujet de dissertation 2

Formes et acteurs de la guerre du 18 ème siècle à nos jours.

Il est attendu du candidat qu'il rédige une dissertation complète comprenant une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement structuré en deux ou trois parties argumentées et illustrées d'exemples précis, ainsi qu'une conclusion (bilan et ouverture).

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Formes et acteurs de la guerre du 18ème siècle à nos jours.

Réponse : Proposition d'organisation et axes majeurs attendus : Introduction : - Accroche : De la guerre de Sept Ans ou des guerres révolutionnaires aux conflits hybrides et asymétriques du 21ème siècle (guerre en Ukraine, terrorisme transnational). - Définition des termes : La « guerre » (conflit armé collectif), ses « formes » (guerre régulière/symétrique, totale, asymétrique, irrégulière, hybride) et ses « acteurs » (États, armées régulières de conscrits ou de métier, milices, groupes terroristes, mercenaires et sociétés militaires privées). - Problématique : Dans quelle mesure les mutations de la conflictualité depuis le 18ème siècle traduisent-elles un passage de la guerre interétatique conventionnelle à une diversification des formes et des acteurs, qui rend la théorisation clausewitzienne à la fois contestée et renouvelée ? - Annonce du plan. Axe 1 — Du 18ème siècle au début du 20ème siècle : la prédominance du modèle clausewitzien de la guerre interétatique - Au 18ème siècle, des guerres limitées menées par des armées de métier (ex. guerre de Sept Ans) et subordonnées aux intérêts des souverains. - La rupture de la Révolution française et de l'Empire : levée en masse, guerre populaire et nationale, début de la « montée aux extrêmes » théorisée par Clausewitz (*De la guerre*, 1832). - Au 19ème siècle, la guerre comme instrument politique des États-nations (guerres d'unification italienne et allemande). Axe 2 — Le 20ème siècle : l'apogée de la guerre totale et le bouleversement de la dissuasion nucléaire - Les guerres mondiales (1914–1918 et 1939–1945) : mobilisation totale des sociétés, de l'économie et des sciences ; effacement de la distinction entre civils et combattants (bombardements massifs, crimes contre l'humanité, Shoah) ; guerre idéologique visant l'anéantissement de l'adversaire. - La guerre froide et l'arme nucléaire : l'équilibre de la terreur (MAD) rend impossible l'affrontement militaire direct entre superpuissances. La conflictualité se déplace vers des guerres par procuration (*proxy wars*) et des guerres asymétriques d'indépendance et de décolonisation (guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerre du Vietnam). Axe 3 — Depuis les années 1990 : la prolifération des guerres irrégulières, des acteurs non étatiques et des conflits hybrides - Le développement des guerres asymétriques et non conventionnelles : affirmation d'acteurs non étatiques (organisations terroristes comme Al-Qaïda ou Daech, milices, cartels) face auxquels l'État peine à imposer une victoire militaire décisive (guerres d'Irak et d'Afghanistan). - La privatisation de la violence : sociétés militaires privées (SMP, ex. Wagner/Africa Corps, Blackwater/Academi). - Les nouvelles formes d'agression : cyberguerre, désinformation, guerre de l'information et conflits hybrides combinant moyens militaires et civils, sans déclaration formelle de guerre. - Le retour simultané de la guerre conventionnelle de haute intensité entre États souverains (guerre russo-ukrainienne depuis 2022, après l'annexion de la Crimée en 2014). Il montre que le modèle interétatique n'a pas disparu mais qu'il s'hybride (drones, cyberattaques, mercenaires, guerre informationnelle). Conclusion : - Bilan : Du 18ème siècle à nos jours, on passe de guerres limitées entre souverains à la guerre totale des nations, puis à une conflictualité éclatée où coexistent des acteurs étatiques et non étatiques et des formes symétriques, asymétriques et hybrides. Le cadre clausewitzien (la guerre comme continuation de la politique) est contesté par les acteurs non étatiques, mais il reste pertinent pour penser les finalités politiques des conflits. - Ouverture : Les nouveaux espaces de conflictualité (espace extra-atmosphérique, cyberespace) et l'intelligence artificielle (armes autonomes) annoncent-ils une nouvelle mutation des formes et des acteurs de la guerre ?

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