Exercice 2 - Dissertation - Sujet C · Bac Français (1ère) Polynésie jour 1 - Remplacement 2021
Thème : Dissertation – Œuvres et parcours des programmes nationaux antérieurs · Tiré du sujet Jour 1 - Remplacement (2021)
Énoncé
2. Dissertation (20 points)
Objet d'étude « Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle »
C - Œuvre: Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Parcours: « Crise personnelle, crise familiale »
Sujet: Un metteur en scène contemporain explique: « l'histoire de Juste la fin du monde est celle de toutes les solitudes au milieu des autres ». Pensez-vous que le dialogue familial de la pièce parvienne à rapprocher les solitudes ?
Vous répondrez à cette question dans un développement structuré. Votre travail prendra appui sur la pièce de Lagarce, sur les textes et documents que vous avez étudiés en classe dans le cadre du parcours associé à cette œuvre, et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Un metteur en scène contemporain explique : « l'histoire de Juste la fin du monde est celle de toutes les solitudes au milieu des autres ». Pensez-vous que le dialogue familial de la pièce parvienne à rapprocher les solitudes ?
Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - Accroche : Écrite à Berlin en 1990, alors que Jean-Luc Lagarce se sait condamné par le sida, *Juste la fin du monde* met en scène le retour d'un fils prodigue. Louis revient après de longues années d'absence pour annoncer sa mort prochaine à sa famille. - Définition & Problématique : La citation souligne le paradoxe d'un huis clos familial où chacun souffre d'isolement au sein même du groupe (« solitudes au milieu des autres »). Le dialogue est traditionnellement conçu comme échange et communion. Permet-il de rompre cet isolement, ou devient-il au contraire la manifestation de l'impossible rencontre ? - Annonce du plan : 1. Le dialogue familial semble d'abord marquer l'échec de la communication et creuser les solitudes. 2. Cependant, la parole traduit une tentative désespérée de lien et laisse affleurer des éclats d'intimité et d'amour. 3. Si la parole ne comble pas l'abîme, la scène théâtrale transforme ces solitudes partagées en une tragédie poétique universelle. I. L'impossibilité de dialoguer : un langage qui isole au lieu de relier : 1. La crise du langage et l'épanorthose : La parole lagarcienne bégaie, se reprend, s'interrompt (incises, hésitations, répétitions). Elle dit surtout la difficulté à exprimer l'essentiel. 2. Des monologues juxtaposés plutôt qu'un échange : Les longues tirades de Suzanne, de la Mère et d'Antoine fonctionnent comme des soliloques. Chacun ressasse ses rancœurs sans écouter l'autre : Suzanne se plaint de ne pas être connue de son frère, Antoine reproche à Louis son silence. 3. Le silence central : l'aveu impossible : Louis repart sans avoir annoncé sa mort. Le dialogue échoue devant l'essentiel. II. Des tentatives de rapprochement et l'expression d'un amour blessé : 1. La parole comme quête d'étreinte : On parle tant pour retenir l'autre. Le bavardage de la Mère recrée l'illusion d'une famille soudée, notamment à travers le récit des dimanches d'autrefois. 2. Des moments suspendus de tendresse et de lucidité : Catherine, l'étrangère au clan, perçoit la retenue de Louis. Lors du tête-à-tête avec Louis, la Mère lui demande d'offrir à ses cadets une parole réconfortante. 3. La violence d'Antoine, cri d'amour contrarié : La colère d'Antoine dans la deuxième partie dit l'intensité du lien. C'est la blessure du frère resté, qui se sent mal aimé. III. La mise en scène des solitudes : de l'isolement individuel à la résonance universelle : 1. Le monologue adressé au public : Le prologue, l'intermède et l'épilogue font du spectateur le seul vrai confident de Louis. Le rapprochement impossible sur scène se réalise dans la salle. 2. Une solitude partagée qui devient commune : Tous les personnages sont seuls de la même façon. Cette communauté de souffrance dessine paradoxalement un lien, celui d'une famille unie par ses manques. On peut faire résonner cette idée avec d'autres textes du parcours, comme *Le Fils prodigue* (parabole biblique) ou les drames familiaux de Tchekhov. 3. La parole poétique comme consolation : L'épilogue et l'image du cri que Louis ne pousse pas transforment l'échec en beauté tragique. Le théâtre offre à ces solitudes une voix, et au spectateur une expérience universelle de la fin et de l'amour inexprimé. Conclusion : - Bilan : Le dialogue familial échoue à rapprocher réellement les solitudes. Il les rend pourtant visibles, révèle l'amour qui les sous-tend et les fait partager au public. - Ouverture : On peut ouvrir sur *Le Pays lointain*, réécriture de la pièce par Lagarce, ou sur l'adaptation filmique de Xavier Dolan (2016), qui accentue le huis clos par les gros plans.
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