Exercice 1 - Commentaire · Bac Français (1ère) Polynésie session normale 2023

Thème : Commentaire – La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Session normale (2023)

Énoncé

Objet d'étude: La poésie du XIX e au XXI e siècle

Vous commenterez le texte suivant:

LE VASE BRISÉ

À Albert Decrais 1.

Le vase où meurt cette verveine 2

D'un coup d'éventail fut fêlé;

Le coup dut effleurer à peine:

Aucun bruit ne l'a révélé.

5 Mais la légère meurtrissure,

Mordant le cristal chaque jour,

D'une marche invisible et sûre

En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,

10 Le suc 3 des fleurs s'est épuisé;

Personne encore ne s'en doute;

N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,

Effleurant le cœur, le meurtrit;

15 Puis le cœur se fend de lui-même,

La fleur de son amour périt;

Toujours intact aux yeux du monde,

Il sent croître et pleurer tout bas

Sa blessure fine et profonde;

20 Il est brisé, n'y touchez pas.

René-François Sully Prudhomme, Stances et poèmes, « La vie intérieure », 1865

1 Albert Decrais: dédicataire du poème.

2 Verveine: plante qui fleurit.

3 Le suc: la sève.

Énoncé: Exercice 1 - Commentaire · Bac Français (1ère) Polynésie session normale 2023

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous commenterez le texte suivant : Sully Prudhomme, « Le Vase brisé »

Réponse : Proposition d'axes d'analyse pour le commentaire littéraire : Introduction : - Situation : Sully Prudhomme (1839-1907), poète parnassien puis lauréat du premier prix Nobel de littérature (1901), publie ce poème dans son premier recueil *Stances et poèmes* (1865). - Thème : La fêlure imperceptible d'un vase en cristal devient l'allégorie d'un chagrin d'amour intime, invisible au monde mais mortel. - Problématique : Comment Sully Prudhomme tisse-t-il une allégorie sensible et rigoureuse pour traduire le drame silencieux de la désillusion amoureuse ? Axe I. La métaphore filée d'un drame miniature : la lente agonie du vase 1. Un accident dérisoire et imperceptible : Légèreté du geste initial (« coup d'éventail », « effleurer à peine ») qui contraste avec la violence du résultat (« fut fêlé »). Absence de sonorité (« Aucun bruit »). 2. La progression sourde et inexorable de la destruction : Personnification de la meurtrissure (« Mordant le cristal », « marche invisible et sûre ») ; lexique de la temporalité et de la durée (« chaque jour », « lentement »). 3. La mort par dessèchement : Ruine progressive de la vie végétale (« Son eau fraîche a fui goutte à goutte », « Le suc des fleurs s'est épuisé »), illustrant une hémorragie invisible. Axe II. L'analogie du cœur brisé : de l'objet au sentiment intime 1. Le basculement allégorique (strophe 4) : L'adverbe « Souvent aussi » marque l'analogie directe entre le vase et le cœur. Parallélisme des termes (« effleurant », « meurtrit », « la fleur de son amour périt »). 2. La douleur de la dissimulation et de la solitude : Dissociation entre l'apparence sociale (« Toujours intact aux yeux du monde ») et la réalité de la souffrance intime (« Il sent croître et pleurer tout bas »). Antithèse de « fine et profonde ». 3. Le refrain d'avertissement : La clausule répétée en écho ou chiasme (« N'y touchez pas, il est brisé » / « Il est brisé, n'y touchez pas ») sonne comme une mise en garde désespérée contre la vulnérabilité extrême de l'être blessé. Conclusion : Un poème d'une facture parnassienne classique (octosyllabes, rimes croisées régulières) au service d'une sensibilité intime et pudique, élevant un objet du quotidien au rang de symbole universel de la fragilité humaine.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 1 - Commentaire · Polynésie session normale 2025 · Exercice 1 - Commentaire · Polynésie jour 1 - Remplacement 2021 ›

Plus d’exercices de Commentaire – La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle