Exercice 1 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2023

Thème : Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2023)

Énoncé

Objet d'étude: la poésie du XIXe au XXIe siècle

Texte de Léopold Sédar Senghor, « Vacances », Chants d'ombre, 1945.

Poète sénégalais, Léopold Sédar Senghor a longtemps partagé son existence entre l'Afrique et la France, pour laquelle il a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être fait prisonnier par les Allemands.

VACANCES

Cette absence longue à mon cœur

Cette vacance 1 de trois mois comme ce sombre couloir de trois semestres captifs.

J'avais perdu mémoire des couleurs

Jusqu'à ton visage que je recomposais en vain, avec les yeux battus de mon esprit.

5 Et ton silence distant comme une mémoire qui s'oublie !

Restait l'odeur de tes cheveux, si chauds de soleil

– Rien que la caresse de mon col haut et souple sur ma joue

Restait la splendeur de ta tête !

Comment oublier l'éclat du soleil, et le rythme du monde – la nuit le jour

10 Et le tam-tam fou de mon cœur qui me tenait éveillé de longues nuits

Et les battements de ton cœur qui à contretemps l'accompagnaient

Et les chants alternés. Toi la flûte lointaine qui répond dans la nuit

De l'autre rive de la Mer intérieure qui unit les terres opposées

Les sœurs complémentaires: l'une est couleur de flamme et l'autre, sombre, couleur de bois précieux.

15 Ton visage !

Sans doute est-ce lui, non la ténèbre de ma prison non l'humidité de ma vie

Qui efface toute couleur et tout dessin, tel le soleil triomphant à l'entrée de l'hivernage 2

Lorsque n'est pas tombée la goutte d'eau première

Que les pays sont blancs et les sables illimités.

20 Je sais le Paradis perdu – je n'ai pas perdu souvenir du jardin d'enfance où fleurissent les oiseaux

Que viendra la moisson après l'hivernage pénible, et tu reviendras mon Aimée.

Tu seras dans mes bras comme une gerbe 3 lourde et brune

Ou le sik 4 triomphal qu'agite l'athlète vainqueur, et il se sent un dieu.

1 Vacance: ici, synonyme de vide, d'absence.

2 Hivernage: en Afrique, saison chaude et pluvieuse qui interrompt le travail dans les champs.

3 Gerbe: bouquet de fleurs coupées à longues tiges.

4 Sik: corne d'antilope ornée de clochettes que l'athlète agite pour célébrer sa victoire.

Vous ferez le commentaire de ce poème en vous aidant du parcours de lecture suivant:

La nostalgie du poète.

La célébration de l'aimée, à la fois femme et Afrique.

Énoncé: Exercice 1 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2023

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous ferez le commentaire de ce poème en vous aidant du parcours de lecture suivant : - La nostalgie du poète. - La célébration de l'aimée, à la fois femme et Afrique.

Réponse : Proposition de corrigé rédigé pour le commentaire littéraire : Introduction : - Accroche : Publié en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le recueil *Chants d'ombre* de Léopold Sédar Senghor porte la mémoire de la captivité du poète sénégalais dans les camps de prisonniers, tout en affirmant les valeurs de la Négritude. - Présentation du texte : Dans le poème « Vacances », le titre joue sur la polysémie du terme. Il désigne moins le repos qu'un vide douloureux (note 1), une absence insupportable au cœur de l'enfermement. - Problématique : Comment l'évocation nostalgique de l'exil et de la captivité se transforme-t-elle en une fervente célébration de la femme aimée et de la terre natale africaine ? - Annonce du plan : Nous étudierons d'abord l'expression de la nostalgie et de l'enfermement, puis la célébration conjointe de la femme et de l'Afrique, source d'espérance. --- Axe 1 : La nostalgie du poète face à l'absence et à l'enfermement 1. La réclusion et la dépossession sensorielle : - L'anaphore « Cette absence… / Cette vacance… » (v. 1-2) ouvre le poème sur le manque. - La comparaison « comme ce sombre couloir de trois semestres captifs » (v. 2) associe le vide affectif à la captivité. - La perte des repères est exprimée au vers 3 : « J'avais perdu mémoire des couleurs ». Les « yeux battus de mon esprit » (v. 4) traduisent l'échec de l'imagination (« en vain »). - La comparaison « comme une mémoire qui s'oublie » (v. 5) dit l'effacement du souvenir. 2. Le combat de la mémoire contre l'oubli : - L'anaphore de « Restait » (v. 6 et 8) montre que des sensations survivent : l'odeur (« l'odeur de tes cheveux, si chauds de soleil »), le toucher (« la caresse de mon col »), la vue (« la splendeur de ta tête »). - La question rhétorique « Comment oublier… » (v. 9) exprime le refus de l'oubli. - Le rythme « la nuit le jour » et l'insomnie (« qui me tenait éveillé de longues nuits », v. 10) disent une obsession continue. 3. L'analogie entre la captivité et la sécheresse africaine : - Aux vers 16-19, le poète écarte les causes extérieures (« non la ténèbre de ma prison non l'humidité de ma vie »). C'est l'éclat même du visage aimé qui efface les couleurs, « tel le soleil triomphant à l'entrée de l'hivernage ». - Le paysage d'avant la pluie (« la goutte d'eau première », « les pays sont blancs et les sables illimités ») figure le vide intérieur et l'attente d'une renaissance. --- Axe 2 : La célébration de l'aimée, à la fois femme et Afrique 1. Une femme sensuelle et lumineuse : - L'aimée est évoquée par des parties de son corps : visage, cheveux, tête, cœur. L'exclamation isolée « Ton visage ! » (v. 15) la met en valeur. - Le champ lexical de la lumière et de la chaleur la célèbre : « si chauds de soleil », « splendeur », « éclat du soleil ». - L'apostrophe « mon Aimée » (v. 21), avec sa majuscule, la sacralise. 2. La fusion de la femme et de l'Afrique : - L'amour se dit par la musique africaine : « le tam-tam fou de mon cœur » (v. 10), les battements « à contretemps », les « chants alternés », « la flûte lointaine qui répond dans la nuit » (v. 12). Ce dialogue amoureux rappelle la poésie chantée et rythmée de la Négritude. - La « Mer intérieure qui unit les terres opposées » (v. 13) et « les sœurs complémentaires » (v. 14) suggèrent l'union de deux mondes. La couleur de flamme et le « bois précieux » (peau sombre, Afrique) évoquent le métissage culturel cher à Senghor. - La femme se confond avec la terre natale, paysage et climat africains : soleil, hivernage, sables. 3. Une espérance triomphale : - Le « Paradis perdu » est opposé au « jardin d'enfance où fleurissent les oiseaux » (v. 20). Le Royaume d'enfance, l'Afrique originelle, reste vivant dans la mémoire, et l'image audacieuse des oiseaux qui fleurissent en fait un monde merveilleux. - Le futur (« viendra », « reviendras », « seras ») et le cycle agricole (« la moisson après l'hivernage pénible », v. 21) annoncent la fin de l'épreuve et les retrouvailles. - Les comparaisons finales sont puisées dans la culture africaine : la « gerbe lourde et brune » et le « sik triomphal qu'agite l'athlète vainqueur ». Elles font de l'aimée un trophée de victoire. La chute « il se sent un dieu » exprime une exaltation quasi sacrée. --- Conclusion : - Bilan : « Vacances » part du vide de la captivité et de la menace de l'oubli. Il aboutit à un chant d'espérance où la femme aimée et l'Afrique se confondent dans une même célébration sensuelle, musicale et lumineuse. - Portée : La poésie devient pour Senghor un moyen de résister à l'enfermement et d'affirmer les valeurs de la Négritude. - Ouverture : On peut rapprocher ce texte de « Femme noire » (*Chants d'ombre*), où Senghor célèbre de même la femme comme incarnation de l'Afrique.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 1 - Commentaire de texte · Métropole remplacement 2024 · Exercice 1 - Commentaire de texte · Métropole remplacement 2022 ›

Plus d’exercices de Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle