Exercice 3 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2021
Thème : Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2021)
Énoncé
3- Commentaire de texte (20 points)
André Velter, L'Amour extrême et autres poèmes pour Chantal Mauduit, 2007.
Le poème est adressé à la femme aimée, Chantal Mauduit, alpiniste morte lors de l'ascension du mont Dhaulagiri au Népal.
Élégie 1
Très haut amour à présent que tu meures
Je n'ai que des mots et des larmes.
Si rares chez moi les larmes,
si simples les mots que tu aimais.
5 Très haut amour à présent que tu meures
La neige a tué mon plus bel horizon,
la neige a bloqué les issues et les rêves,
la neige de la grande nuit a ruiné notre ciel.
Très haut amour à présent que tu meures
10 Cœur en cendre, et corps et bagage,
jusqu'au souffle que je posais en offrande
sur tes lèvres à l'approche du sommet.
Très haut amour à présent que tu meures
J'en veux à la vie pour qui j'écrivais,
15 j'en veux à cette joie qui portait ma parole,
j'en veux à mes poèmes qui ne t'ont pas sauvée.
Très haut amour à présent que tu meures,
à présent qu'il n'est plus que mon chant
pour s'en aller bâtir nos demeures,
20 je m'abîme avec toi et je pleure
en chantant.
1 Élégie: étymologiquement, élégie vient du grec elegeia qui signifie « chant de mort »; il désigne tout poème qui exprime une plainte douloureuse.
Vous ferez le commentaire du texte en vous aidant des pistes suivantes:
1- Vous montrerez comment le poème construit un hommage à la femme disparue.
2- Vous étudierez comment le langage poétique fait de ce texte un chant d'amour.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Vous ferez le commentaire du texte en vous aidant des pistes suivantes : 1- Vous montrerez comment le poème construit un hommage à la femme disparue. 2- Vous étudierez comment le langage poétique fait de ce texte un chant d'amour.
Réponse : Proposition d'axes et d'éléments d'analyse rédigés pour le commentaire : Introduction : - *Situation :* Poème extrait du recueil *L'Amour extrême et autres poèmes pour Chantal Mauduit* (2007). André Velter y pleure sa compagne, célèbre alpiniste disparue lors d'une avalanche au Népal en 1998. - *Problématique :* Comment le poète parvient-il, à travers une élégie déchirante, à dépasser le deuil pour ériger un monument poétique célébrant l'amour absolu au-delà de la mort ? - *Annonce du plan :* I. L'hommage funèbre à la femme disparue : le cri de la douleur et l'évocation tragique de la disparition. II. Le chant d'amour et la puissance transfiguratrice de la parole poétique. Axe I : Un hommage poignant à la femme disparue 1. *L'expression directe et dépouillée du deuil :* - Présence du lyrisme élégiaque traditionnel : les « larmes » et les « mots » (v. 2-4), la mise à nu des sentiments (« Si rares chez moi les larmes »). - Le sentiment d'impuissance et la colère (« J'en veux à la vie », anaphore ternaire aux vers 14-16) face à l'échec de la poésie à sauver l'être aimé. 2. *L'évocation de la catastrophe et de l'univers montagnard :* - Anaphore en trois temps de « La neige » (v. 6-8) qui personnifie la fatalité mortelle : « a tué », « a bloqué », « a ruiné ». - Antithèse entre la verticalité pure du sommet / ciel et l'engloutissement dans « la grande nuit » et l'anéantissement matériel (« Cœur en cendre, et corps et bagage »). 3. *La mémoire des instants partagés :* - Souvenir sensuel et intime de l'ascension (« souffle que je posais en offrande / sur tes lèvres à l'approche du sommet »). - La femme aimée reste vivante à travers l'apostrophe intime (« tu meures », « tu aimais »). Axe II : Le langage poétique au service d'un chant d'amour immortel 1. *La forme rituelle et incantatoire :* - Répétition du vers-refrain « Très haut amour à présent que tu meures », scandant chaque strophe comme une prière ou un psaume. - Polysémie de « Très haut » : renvoie à la hauteur géographique (les sommets himalayens) tout autant qu'à la grandeur spirituelle de l'amour courtois ou absolu. 2. *L'union spirituelle dans la mort :* - Évolution finale du poème vers la fusion : « je m'abîme avec toi » (v. 20). - L'amour transcende le néant : le poète accepte de sombrer avec elle pour maintenir le lien indestructible. 3. *La puissance réparatrice du chant :* - Transition des « pleurs » vers le « chant » : le paradoxe terminal « je pleure / en chantant » associe l'affliction à la création artistique. - La poésie devient architecture éternelle : « pour s'en aller bâtir nos demeures » (v. 19), offrant un sanctuaire imaginaire et impérissable aux amants par-delà le trépas. Conclusion : Synthèse des axes montrant que ce poème modernise le topos élégiaque d'Orphée cherchant Eurydice : la poésie, impuissante à sauver la chair, réussit toutefois à éterniser l'amour et le souvenir de Chantal Mauduit.
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