Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Métropole 2026 (sujet 1)

Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Métropole France 1 (2026)

Énoncé

Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire

Instructions au candidat

de répondre à la question posée par le sujet;

de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;

de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;

de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

SUJET

Comment les questions environnementales peuvent-elles devenir un problème public ?

DOCUMENT 1

DOCUMENT 2

Sondage: « Dans cette liste, quelle est la question qui vous paraît la plus importante aujourd'hui pour la France ? (Une seule réponse possible) »

En %

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

2023

2024

La hausse des prix

10

9

6

5

6

8

12

7

8

38

28

26

L'immigration

3

10

16

15

14

19

14

9

14

9

13

15

L'environnement / La transition écologique

7

2

4

5

6

8

16

10

13

10

12

9

La sécurité des biens et des personnes

5

4

5

12

9

8

8

5

11

5

12

9

Les inégalités

10

7

7

8

9

10

10

8

7

7

6

7

L'emploi

37

35

37

30

29

22

16

19

12

7

5

5

Source: d'après ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), Les Représentations sociales du changement climatique, 25 e vague du baromètre, 2024.

DOCUMENT 3

DOCUMENT 4

Il est assez rare de voir sur une même scène un chef d'entreprise du CAC 40 et un pirate. Ce 23 juin, sur les quais de Seine à Paris, dans un lieu à mi-chemin entre péniche et bar branché, Alexandre Ricard, le PDG du groupe Pernod Ricard, et Paul Watson posent ensemble pour la postérité.

Dans le milieu de la protection des océans, Paul Watson est une star. Un militant écologiste connu pour ses faits d'armes – le fameux sauvetage de bébés phoques avec Brigitte Bardot sur la banquise en 1977, quelques baleiniers coulés depuis –, exilé en France sous le coup de deux mandats d'arrêt internationaux. Barbe blanche et chemise ouverte sur tee-shirt pour l'un, costume sérieux et sourire mesuré pour l'autre. Inutile de préciser qui porte quoi.

Tous deux sont venus soutenir le lancement de Take OFF (Take Ocean For Future), une opération menée par l'Institut océanographique Paul-Ricard pour lever des fonds et mettre la recherche au cœur de la protection de l'océan. « Je suis très à l'aise avec ce mélange des genres, précise Patricia Ricard, la présidente de l'institut. Parce que chacun peut attirer l'attention avec ses méthodes. » [...]

Watson a [...] rappelé que « si l'océan meurt, nous mourrons aussi ». Alexandre Ricard a, lui, endossé son costume rassurant de « plus jeune chef d'entreprise du CAC 40 », dont le groupe finance déjà à 75 % l'action de l'institut. « Il faut que notre action sorte du petit monde de la mer. Il y a urgence », souligne sa cousine Patricia Ricard, aux manettes depuis dix ans. Pour elle, le déclic a eu lieu avec la COP 21 en France: « On a pensé que tout ce qu'on disait et faisait depuis des années dans notre coin pouvait avoir un écho. Et quand Alexandre prend la parole, il est plus facilement entendu par ses pairs, il touche un public plus large que le nôtre. » [...]

Et le PDG du numéro deux mondial dans le secteur des vins et spiritueux d'expliquer avec pédagogie qu'« en Australie les vendanges ont, en dix ans, été déplacées de janvier à mars pour cause de dérèglement climatique ». Or, pour un bon champagne, il faut du raisin de qualité. Pour une bonne vodka, un climat adapté aux champs. Surtout, « il ne faut pas oublier que le pastis est constitué en majorité d'eau ». Un pirate est un pirate, un patron est un patron.

Source: Lisa VIGNOLI, « Paul Watson l'écolo et Alexandre Ricard le patron unis pour protéger l'océan », Le Monde, 30 juin 2016.

Énoncé: Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Métropole 2026 (sujet 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Comment les questions environnementales peuvent-elles devenir un problème public ?

Réponse : Introduction - Accroche : marches pour le climat, COP 21 (2015), rapports du GIEC : l'environnement occupe une place croissante dans le débat public. - Définitions : les questions environnementales (climat, biodiversité, pollutions, océans…) ne sont pas spontanément des problèmes publics. Un *problème public* est une situation jugée problématique, construite socialement par des acteurs. Ceux-ci la rendent visible, en désignent les causes et les responsables, et demandent une intervention des pouvoirs publics (mise à l'agenda politique). - Problématique : par quels processus, et grâce à quels acteurs aux intérêts parfois divergents, les questions environnementales sont-elles construites et inscrites sur l'agenda politique ? - Annonce du plan : I. Une construction sociale portée par des acteurs pluriels. II. Une mise à l'agenda qui dépend de la publicisation, de l'opinion et des rapports de force, entre conflits et coopération. I. La construction sociale des questions environnementales par des acteurs pluriels A. Les scientifiques et les experts objectivent et légitiment le problème - Ils mesurent les phénomènes, établissent leur origine humaine et chiffrent les risques (GIEC, IPBES). - Document 1 : les publications scientifiques sur la protection de l'environnement des 15 pays passent de 75 509 en 2010 à 230 900 en 2020, soit une multiplication par 3,1. La hausse est forte en Chine (×5,9), en Inde (×5,4) et en Iran (×7,0). Elle est plus faible en France (×1,9) et aux États-Unis (×1,7). - Cette expertise sert de ressource aux autres acteurs pour cadrer le problème. B. Les mouvements sociaux, ONG et lanceurs d'alerte publicisent l'enjeu - Ces entrepreneurs de cause mobilisent des répertoires d'action variés : pétitions, plaidoyer, actions spectaculaires, désobéissance civile, recours juridiques (« L'Affaire du siècle »). - Document 4 : Paul Watson (Sea Shepherd) recourt à des actions radicales (sauvetage de phoques, baleiniers coulés). Il dramatise l'enjeu : « si l'océan meurt, nous mourrons aussi ». Le but est de capter l'attention des médias. - Les médias jouent un rôle de caisse de résonance. Ils sélectionnent et cadrent les problèmes, avec une logique d'événement (catastrophes, canicules). C. Les entreprises sont aussi des acteurs de la construction du problème - Certaines entreprises se mobilisent par intérêt économique. Ricard rappelle que le dérèglement climatique déplace les vendanges et que le pastis est surtout de l'eau (doc. 4). - Leur parole touche un public plus large et d'autres élites (« il est plus facilement entendu par ses pairs »). - Document 3 : en 2023, les entreprises investissent pour protéger l'environnement. Les montants sont d'environ 665 M€ (et environ 735 M€ avec les études) pour les économies d'énergie et d'environ 570 M€ pour les énergies renouvelables. La protection de l'air et du climat reçoit environ 300 M€. L'environnement devient aussi un enjeu économique. II. La mise à l'agenda politique : un processus concurrentiel, entre conflits et coopération A. Une attention publique fluctuante et en concurrence avec d'autres problèmes - Document 2 : l'environnement est la question jugée prioritaire par 2 % des Français en 2014, puis 16 % en 2019 (marches climat, gilets jaunes). Le chiffre retombe à 9 % en 2024. - Il est alors concurrencé par la hausse des prix (de 8 % en 2021 à 38 % en 2022, après le retour de l'inflation) et par l'immigration (15 % en 2024). - L'agenda est un espace limité : un problème doit s'imposer face aux autres, et des fenêtres d'opportunité s'ouvrent (COP 21, élections, catastrophes). B. Des rapports de force entre acteurs aux intérêts divergents - Il y a conflit entre militants et industries polluantes (lobbying, controverses, climatoscepticisme, « fin du monde / fin du mois »). Le problème est alors redéfini selon les acteurs. - Mais il y a aussi coopération. Le document 4 montre l'alliance d'un « pirate » et d'un « patron » : Pernod Ricard finance 75 % de l'institut. La COP 21 a servi de « déclic » pour sortir la question « du petit monde de la mer ». - Cette coopération reste ambiguë (risque d'écoblanchiment : « un patron est un patron »). C. La prise en charge par les pouvoirs publics - Les partis politiques (écologistes) et les élus relaient la demande sociale. - La mise à l'agenda se traduit par des politiques publiques (réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions) et par des institutions (ministère, ADEME, Convention citoyenne pour le climat). - L'action publique rétroagit sur les acteurs. Les normes et les incitations encouragent les investissements des entreprises (doc. 3) et le financement de la recherche (doc. 1). Conclusion - Les questions environnementales deviennent un problème public au terme d'une construction sociale. Les scientifiques les objectivent, les ONG, les médias et parfois les entreprises les publicisent. Leur mise à l'agenda dépend de l'opinion, de la concurrence avec d'autres problèmes et des rapports de force entre acteurs. - Ouverture : l'échelle pertinente de l'action publique environnementale est-elle nationale ou internationale (COP, Union européenne) ?

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Épreuve composée - Deuxième partie · Métropole 2 remplacement 2026 ›

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