Exercice 2 - Dissertation - Sujet C · Bac Français (1ère) Métropole remplacement 2023
Thème : Dissertation – Œuvres et parcours des programmes nationaux antérieurs · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2023)
Énoncé
2- Dissertation (20 points)
Objet d'étude: Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:
Sujet C
Œuvre: Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde.
Parcours: crise personnelle, crise familiale.
Faut-il parler pour se faire entendre dans la pièce de Jean-Luc Lagarce Juste la fin du monde ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en vous appuyant sur Juste la fin du monde, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé, et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Faut-il parler pour se faire entendre dans la pièce de Jean-Luc Lagarce Juste la fin du monde ?
Réponse : Proposition d'axes de réflexion et plan détaillé : Introduction - Accroche : Pièce écrite en 1990 alors que l'auteur se sait condamné par le sida, *Juste la fin du monde* met en scène le retour d'un fils, Louis, venu annoncer sa mort prochaine à sa famille. - Définition et problématisation : « Parler » renvoie à l'acte d'énonciation verbale, omniprésent dans la pièce par un flux continu de paroles. « Se faire entendre » implique la réception, l'écoute véritable et la compréhension mutuelle. Le paradoxe de la pièce est que plus les personnages parlent, moins ils parviennent à communiquer. - Problématique : Dans quelle mesure la parole, loin de permettre aux personnages d'être entendus, constitue-t-elle un écran et une barrière contre l'aveu, faisant du silence et du jeu scénique les véritables vecteurs du sens ? - Annonce du plan : 1. L'illusion de la parole : un flot verbal incessant qui empêche l'écoute. 2. Les détours du langage : silences, hésitations et non-dits comme moyens paradoxaux de se faire entendre. 3. L'écriture théâtrale de Lagarce : une parole réinventée qui se fait entendre du spectateur. I. Une parole proliférante qui masque, encombre et empêche d'être entendu - A. La logorrhée familiale comme mécanisme de défense La Mère et Suzanne parlent sans arrêt pour combler le vide des retrouvailles. Leur bavardage et le ressassement du passé (les dimanches en famille, les prénoms des enfants) étouffent toute confession. - B. L'échec de la communication et l'épanorthose permanente Le style de Lagarce repose sur la reformulation constante (« ou plutôt », « si l'on veut »). Cette recherche du mot juste traduit l'inadéquation du langage à exprimer l'intériorité. - C. L'agressivité verbale comme substitut au dialogue Antoine s'enferme dans la rancœur et les reproches (« Tu me touches, je te tue »). La parole blesse et exclut au lieu d'unir. II. Le silence, le corps et le non-dit : quand l'absence de parole fait sens - A. Le secret de Louis : le choix du mutisme Louis était venu « pour annoncer, dire, seulement dire » sa mort, mais il repart sans avoir formulé l'aveu. Son silence concentre toute la charge émotionnelle de la crise. - B. L'écoute intuitive et la clairvoyance des silences Catherine, par sa réserve, perçoit la gêne mieux que ceux qui pérorent. La Mère devine que Louis repartira vite et que les autres ne sauront pas lui parler. - C. L'éloquence des corps et des regards Les didascalies, les pauses, les gestes avortés et les départs précipités expriment l'amour et la détresse bien plus puissamment que les longues tirades. III. L'écriture de Lagarce : une parole théâtrale qui se fait entendre du spectateur - A. Le monologue et l'adresse au public Prologue, intermède et épilogue : Louis parle directement au spectateur, seul vrai destinataire de son aveu. Ce que la famille n'entend pas, le public l'entend. - B. Les grands monologues comme moments de vérité Suzanne, la Mère puis Antoine finissent par exprimer, dans de longues tirades, leurs blessures et leur amour maladroit. La parole libérée permet alors, ponctuellement, d'être entendu. - C. Une parole poétique et tragique Rythme, répétitions et lyrisme (l'image finale du cri que Louis ne pousse pas) transforment la crise familiale en tragédie universelle de l'incommunicabilité. On peut la rapprocher de Racine, Ionesco, Sarraute ou de *Festen* de Vinterberg. Conclusion Se faire entendre dans *Juste la fin du monde* ne passe pas par l'accumulation de paroles, qui sert souvent d'écran. Cela passe par le silence, le non-dit et une parole enfin sincère, quoique tardive. Le théâtre de Lagarce fait du spectateur le confident de ce qui ne peut se dire en famille : c'est là que la parole est réellement entendue. Ouverture : *Le Pays lointain*, où Lagarce reprend et prolonge cette impossibilité de l'aveu.
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