Exercice 2 - Dissertation - Sujet A · Bac Français (1ère) Métropole remplacement 2023

Thème : Dissertation – Œuvres et parcours des programmes nationaux antérieurs · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2023)

Énoncé

2- Dissertation (20 points)

Objet d'étude: Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle

Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

Sujet A

Œuvre: Molière, Le Malade imaginaire.

Parcours: spectacle et comédie.

Diriez-vous que l'imagination est trompeuse dans Le Malade imaginaire ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en vous appuyant sur Le Malade imaginaire, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé, et sur votre culture personnelle.

Énoncé: Exercice 2 - Dissertation - Sujet A · Bac Français (1ère) Métropole remplacement 2023

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Diriez-vous que l'imagination est trompeuse dans Le Malade imaginaire ?

Réponse : Proposition d'axes de réflexion et plan détaillé : Introduction - Accroche : Le titre même de la pièce, *Le Malade imaginaire*, place la faculté d'imaginer au centre de la comédie-ballet de Molière (1673). - Définition des termes et paradoxe : L'imagination renvoie d'abord au délire hypocondriaque d'Argan, trompé par ses peurs et par les médecins pédants. Mais elle désigne aussi la puissance d'invention comique, poétique et spectaculaire qui permet de déjouer les tromperies et de révéler la vérité des cœurs. - Problématique : L'imagination n'est-elle qu'une source d'illusion et d'aliénation pour les personnages, ou est-elle le ressort dramatique par excellence qui permet au spectacle de démasquer, de guérir et de libérer ? - Annonce du plan : 1. L'imagination comme source de tromperie et d'aveuglement. 2. L'imagination créatrice comme arme contre le mensonge. 3. Le triomphe du spectacle : une imagination assumée et partagée. I. Une imagination trompeuse qui aliène et égare - A. L'hypocondrie d'Argan : une imagination maladive Argan s'invente des maux et compte ses lavements et ses médecines (I, 1). Son imagination déréglée fait de lui la proie des médecins (Purgon, les Diafoirus) et de l'apothicaire Fleurant. - B. L'aveuglement affectif et moral Son obsession fausse son jugement sur son entourage. Il prend la duplicité cupide de Béline pour de l'amour sincère. Il veut marier Angélique à Thomas Diafoirus pour avoir un médecin dans la famille, au mépris de ses sentiments. - C. La satire d'une médecine fondée sur des chimères Le latin de cuisine, le jargon scolastique et les prédictions terrifiantes de Purgon (III, 5) révèlent une science imaginaire mais tyrannique. La tromperie est donc aussi sociale. II. L'imagination créatrice comme arme contre le mensonge - A. Le déguisement : Toinette en médecin Toinette contrefait le médecin (III, 8-10) et parodie la médecine (« le poumon »). Elle montre par l'outrance l'absurdité des prescriptions et commence à ébranler Argan. - B. L'imagination amoureuse : l'opéra impromptu Cléante, déguisé en maître de musique, improvise avec Angélique une pastorale chantée sous les yeux d'Argan (II, 5). La fiction leur permet de se déclarer leur amour. - C. La fausse mort : la vérité révélée par la feinte Sur la proposition de Toinette (III, 11), Argan contrefait le mort. Cette mise en scène dévoile la cupidité de Béline (III, 12) et l'amour sincère d'Angélique (III, 14) : la fiction détrompe. III. La comédie-ballet : l'imagination assumée et transcendée par le spectacle - A. Béralde, le divertissement contre le dogmatisme Béralde critique la médecine et invoque les comédies de Molière (III, 3). Il propose le spectacle et la musique comme remèdes plus sûrs que les purgations. - B. L'intronisation finale : la folie transmuée en rite comique Au lieu de guérir rationnellement Argan, la pièce le fait médecin par une cérémonie burlesque en latin macaronique. L'imagination n'est plus combattue mais intégrée au jeu : chacun « entre » dans la fiction pour rendre Argan heureux. - C. Le théâtre, illusion consentie qui dit le vrai Pour le spectateur, l'imagination n'est pas trompeuse. C'est une illusion consentie, qui fait rire de nos peurs (la maladie, la mort) et qui en libère. On peut ouvrir sur le théâtre dans le théâtre, par exemple *L'Illusion comique* de Corneille, ou sur la fête comme catharsis. L'ironie tragique de Molière, mort après la quatrième représentation, renforce ce lien entre jeu et vérité. Conclusion - Bilan : L'imagination est trompeuse lorsqu'elle est subie, comme l'hypocondrie d'Argan ou la science chimérique des médecins. Elle devient libératrice lorsqu'elle est maîtrisée et jouée, par le déguisement, la feinte et le spectacle. - Réponse : Molière oppose donc une mauvaise imagination, qui aliène, à une bonne imagination théâtrale, qui démasque et réjouit. - Ouverture : Cette réflexion rejoint d'autres comédies de Molière sur le pouvoir de l'illusion, ou des réflexions modernes sur le jeu comme thérapie.

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