Exercice II - B.1 - Contraction · Bac STMG Français Antilles-Guyane remplacement 2021

Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Remplacement (2021)

Énoncé

II - B.1 - Contraction

Raymond Pujol et Geneviève Carbone, « L’homme et l’animal », Histoires des mœurs, I, volume 2, 1991.

Les animaux sont source d’inspiration. Ils offrent une étonnante gamme de références réelles ou imaginaires, dans lesquelles puisent l’art animalier, la littérature, le rituel, sans en exploiter toute la richesse ni en révéler toutes les facettes. Les productions artistiques, publicitaires et enfantines mettent en forme ces significations car, tout en représentant les animaux dans des attitudes naturelles et spécifiques, elles suggèrent, par le décor, le slogan, l’accessoire, la réalité de l’image mentale réinventant l’animal. La perception réfléchie de ceux qui sont présents dans l’écosystème ou dans l’imaginaire est retranscrite dans les gestes, les paroles et l’emploi des animaux au quotidien comme en période festive. L’animal joue, dans l’espace humain, le rôle que l’homme lui a écrit, et qu’il redit au long de ses littératures orales. Représenté sur les cimiers des danseurs Bambara ou mis en représentation dans les fantaisies carnavalesques, l’animal parle pour l’homme, parle de l’homme qui se regarde dans ces miroirs. […]

Les animaux, idéalement porteurs des valeurs dont l’homme désire habiller son personnage social, sont singulièrement puissants, par leurs forces, par leurs qualités, par leurs pouvoirs d’évocation. […]

Sous la forme des fantaisies carnavalesques du travestissement, l’homme introduit toujours au cœur des gestes les mêmes animaux puissamment évocateurs. L’ours dressé est l’autre de l’homme; à ce titre, il évolue dans un espace sexualisé, que sa présence oriente vers le masculin. Les scènes de carnaval, comme les histoires des bergers andins, évoquent l’enlèvement d’une jeune fille par l’ours, afin qu’elle devienne sa compagne. Ce couple conçoit parfois un enfant, qui héritera de sa mère l’apparence humaine et de son père ours la force, la puissance et l’entendement des choses de la nature. Jean de l’Ours, les Ukuku 1, sont l’« ombre » positive de la nature sauvage, et les gardiens qui partagent avec elle les secrets dont l’homme sans qualité voudrait jouir.

Travestissement vestimentaire, transformation des attitudes humaines achèvent de mettre en œuvre la confusion qui s’opère quand les hommes cherchent à se rapprocher des valeurs incarnées par l’animal. Le lion représente le guerrier par excellence, simultanément destructeur et noble combattant. Sa chasse fut de tout le temps le privilège des rois, et le port de sa dépouille celui des héros. Présent en effigie dans les demeures royales, il est vivant auprès des guerriers africains, qui entretiennent, d’homme à fauve, une étroite connivence, transcendant en chacun leurs limites. […]

Superstitions, craintes et attirances mobilisent nos regards sur quelques-uns des animaux, dits porteurs, de ces bestiaires sinon fabuleux, du moins fantastiques. L’ours, le loup, le lion, l’aigle, le serpent tels que nous les utilisons sont issus des domaines de l’imaginaire. La représentation, qu’elle soit graphique ou gestuelle, est un moyen d’exprimer les conceptions qui la guident et qui tantôt révèlent, tantôt dérobent faits d’observation et travail de re-création. Ainsi, la disparition de l’emprise écologique de l’ours, du loup, de l’aigle, du lion n’a pas diminué le poids qu’ils exercent sur nos préoccupations. Les enfants puisent encore parmi eux les thèmes de leurs rêveries d’espèces dangereuses, capables d’incarner leurs peurs. Leurs dessins, leurs jeux mettent en images les traits dont ils parent, de façon constante, ces animaux. Le loup est ainsi poilu, griffu, dentu, affamé et hurlant, ravisseur et dévoreur d’enfants; le lion, rugissant, est roi, sa crinière est sa couronne; l’aigle est le maître du ciel et l’ours le compagnon dont la douceur fait oublier la puissance.

Variable avec les modèles et les cultures, la représentation des animaux a le privilège d’octroyer à chacun un statut, de lui offrir un espace de références spécifiques, articulé sur le mystère ou l’utilité, l’explication ou la fonction. Mais les terra incognita ne figurent plus sur les cartes, peuplées d’être mi-fabuleux, mi-réels, tandis que la mécanisation a chassé des villes et des campagnes les concentrations d’animaux indispensables. Aujourd’hui, le cheval, la panthère, l’aigle sont des moyens publicitaires performants pour vanter et pour vendre. L’animal est un outil vivant juste encore assez irrigué des sens qu’il a longtemps véhiculés pour être parlant. L’illustration est désormais esthétique, fidèle dans les moindres détails ou ignorante des principales données de forme, de couleur et d’attitude. Naturellement inférieur à l’homme et réduit à des instincts ou humanisé et restreint à l’homme dont il se vêt, l’animal n’est plus à décoder en phrases et en symboles, mais en chiffres; ceux des dépenses d’entretien de nos animaux de compagnie, nouvelle faune dépendante et adulée d’un univers urbanisé, en mal de nature.

(795 mots)

1 Ukuku: personnage mythique andin, moitié ours-moitié homme.

Vous résumerez ce texte en 199 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 179 et au plus 219 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

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Énoncé: Exercice II - B.1 - Contraction · Bac STMG Français Antilles-Guyane remplacement 2021

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous résumerez ce texte en 199 mots.

Réponse : Les animaux inspirent l'art, la littérature et les rites, qui sont loin d'en épuiser la richesse. Artistes, publicitaires et enfants les représentent fidèlement tout en les réinventant selon une image mentale. L'homme leur attribue un rôle qu'il a lui-même écrit : en parlant d'eux, il parle / (50) de lui et se regarde dans ce miroir. Porteurs des valeurs dont il veut parer sa personne sociale, ils fascinent par leur puissance. Ainsi, dans les carnavals, le travestissement met en scène l'ours, double masculin de l'homme, qui enlève une jeune fille et engendre avec elle un être / (100) tenant de sa mère l'humanité et de son père la force et le savoir de la nature. En se déguisant, l'homme cherche à s'approprier les vertus animales : le lion, guerrier noble, symbolise la royauté et l'héroïsme. Peurs et attirances se fixent sur quelques rares animaux imaginaires / (150) : l'ours, le loup, le lion, l'aigle, le serpent, dont l'emprise symbolique survit à leur disparition écologique. Les enfants y projettent leurs peurs et leur prêtent des traits immuables. Mais aujourd'hui, l'urbanisation a éloigné les animaux ; réduits à des outils publicitaires, ils se lisent en chiffres : ceux / (200) des dépenses pour les animaux de compagnie de citadins en mal de nature. (213 mots)

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