Exercice 2.A - Contraction de texte · Bac STMG Français Antilles-Guyane 2021 (jour 1)

Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Jour 1 (2021)

Énoncé

Sujet 2 - Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Le candidat traite, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité, 2020.

1 Face à la tragédie en cours (rappelons que même la très prudente ONU 1 évoque ce qu'un grand journal canadien résume par « un génocide environnemental prévu »), l'appel à la responsabilité individuelle ne suffit pas. Les humains sont faibles – même par rapport à leurs propres critères – et ont tendance à abuser des possibles qui leur sont offerts. Mais 5 nous avons précisément inventé la politique pour affronter cette faiblesse. Nous n'avons souvent pas la force de nous restreindre, mais nous avons celle d'accepter – voire de demander – une loi qui nous restreigne. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est là que l'action est possible face à l'urgence. Il faut que la loi intervienne pour enfreindre les vélléités 2 individuelles qui ne sont plus compatibles avec la vie commune. Il n'est pas 10 question ici de dresser une liste exhaustive des mesures nécessaires, mais les comportements aux conséquences « trop nocives » ne manquent pas. Doit-on tolérer avec fatalisme et contempler les dégâts irréparables avec regret ?

Nous avons depuis longtemps – et fort heureusement – accepté, par exemple, que le droit ne nous permet pas de porter atteinte physiquement à quiconque nous déplaît. Sans 15 doute faut-il accepter également qu'il nous empêche de trop contribuer à détruire globalement la vie terrestre – humaine et non humaine.

Il semble qu'en dépit de son aspect « coercitif 3 », une évolution législative plus contraignante quant à l'interdiction des comportements « contraires à la vie » tendrait in fine vers une liberté accrue. En interdisant l'excès mortifère 4, ce sont autant de chemins 20 d'enrichissement et d'apaisement qui s'ouvriront. En interdisant à un homme de conduire en état d'ébriété, on restreint sa liberté de l'instant, mais on lui ouvre la possibilité d'un futur. Il est temps de nous empêcher de piloter le monde en état d'ébriété écologique. L'interdiction peut prendre une forme « dissuasive douce », par exemple avec des taxes rédhibitoires 5, mais il faut alors prendre garde que le droit de polluer ne devienne pas une 25 simple question de niveau de richesse.

Décroître – au sens de l'exploitation industrielle – me semble être rationnellement indispensable. Ce mot n'a pas à être tabou. Mais nous ne parlons que de décroissance matérielle. Il n'est pas question de freiner la production intellectuelle, l'amour, la créativité. Mettre fin à un emballement technocratique qui confond la fin et les moyens, qui fait de la 30 surproduction une visée – et non un accident –, ne relève finalement que du bon sens et de la redécouverte de valeurs élémentaires ou ancestrales. Il s'agit de réinventer la continuité. Il s'agit de ne plus penser les animaux et végétaux comme des ressources, mais comme des entités ayant sens en elles-mêmes, avec lesquelles il est évidemment possible d'interagir, mais hors de la logique réificatrice 6 qui 35 prévaut aujourd'hui. D'aucune manière il n'est question d'interdire les évolutions ou de renoncer à des avancées signifiantes.

Il n'y a pas d'argument mathématiquement inébranlable pour nous pousser à opérer 40 la révolution écologique. Le mot « écologie » est lui-même trop étroit. C'est plutôt de biophilie – d'amour de la vie – qu'il faudrait parler. De même que le mot « environnement » est trop anthropocentré 7: c'est bien de la nature qu'il s'agit et pas seulement de ce qui nous entoure. Il n'est pas question de trouver la « vérité » ou « le bien ». Ce serait trop simple. Il ne s'agit que d'un choix contre un autre. Il ne s'agit que de décider si nous préférons sauver 45 des vies ou des biens, des espèces ou un système, un avenir ou un instant. Tout est là. […]

L'avenir que nous appelons devrait aussi s'accompagner d'une redéfinition philosophique de notre rapport à l'étranger, à l'animal et à la nature. L'Europe n'a pas su accueillir les Syriens fuyant la guerre. La catastrophe humaine est immense. Comment pouvons-nous imaginer faire face aux centaines de millions de réfugiés climatiques à venir ? 50 L'autre doit-il continuer d'être pensé a priori comme l'ennemi ? Comme le « si lointain » qu'il n'a rien en commun avec ce « nous » fantasmé ? La famine tue 25 000 humains chaque jour tandis que nous jetons dans le même temps 3,5 millions de tonnes de nourriture. Cela ne nous empêche pas vraiment de dormir. Il faudrait enfin devenir de vrais patriotes: des membres fiers de la grande « patrie des vivants ».

(749 mots)

1 ONU: organisation des nations unies.

2 Pour enfreindre les velléités individuelles: pour contraindre ceux qui hésitent encore à adopter des comportements compatibles avec l'intérêt collectif.

3 Coercitif: qui exerce une contrainte.

4 Mortifère: qui provoque la mort.

5 Taxes rédhibitoires: taxes dissuasives.

6 Réificatrice: qui transforme en chose, en objet.

7 Anthropocentré: qui considère l'homme comme le centre de l'univers.

Contraction de texte: Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 168 et au plus 206 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Mots écrits (approximatif):

Énoncé: Exercice 2.A - Contraction de texte · Bac STMG Français Antilles-Guyane 2021 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise.

Réponse : Face à la crise écologique, l'appel à la seule responsabilité individuelle ne suffit pas, car les humains sont faibles et abusent des possibles offerts. Mais la politique existe pour pallier cette faiblesse : une loi contraignante peut restreindre les comportements nocifs, afin d'éviter des dégâts irréparables. Le droit, qui interdit de (50) nuire à autrui, doit aussi nous empêcher de détruire la vie terrestre. Paradoxalement, une législation plus contraignante contre les comportements contraires à la vie accroîtrait notre liberté future, comme l'interdiction de conduire ivre préserve l'avenir du conducteur. Il faut cesser de piloter le monde en état d'ébriété écologique, y compris (100) par des taxes dissuasives, sans que polluer devienne un privilège de riches. La décroissance matérielle s'impose rationnellement ; elle ne freine ni l'amour ni la créativité, mais met fin à un emballement technocratique qui confond fins et moyens. Animaux et végétaux doivent être considérés comme des entités ayant sens en elles-mêmes, (150) non comme des ressources. Aucune vérité ne commande cette révolution : il s'agit de choisir entre des vies et des biens, un avenir et un instant. Il faut repenser notre rapport à l'étranger, à l'animal et à la nature, pour devenir de vrais patriotes de la « patrie des vivants ». (198 mots)

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte · Antilles-Guyane session normale 2022 · Exercice 2.B - Contraction de texte · Antilles-Guyane 2021 (jour 1) ›

Plus d’exercices de Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)