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Sujet du Bac STMG Français 2021 · Antilles-Guyane Jour 1

Sujet du Bac STMG de Français 2021, Antilles-Guyane Jour 1 : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.

Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Exercice 1 - Commentaire de texte · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

1- Commentaire de texte

Objet d'étude: le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Blaise Cendrars, L'Or, Chap. II, séquence 7, 1925.

Dans cette œuvre, Cendrars raconte l'histoire du général Johann August Suter en mettant en avant ses aventures et plus précisément sa découverte de l'or en Californie, qui va le ruiner.

Le chapitre évoque la fascination qui se développe chez le général Suter autour de la question des contrées de l'Ouest, cet endroit mystérieux qu'il cherche à découvrir à tout prix.

Un jour, il a une illumination. Tous, tous les voyageurs qui ont défilé chez lui, les menteurs, les bavards, les vantards, les hâbleurs 1, et même les plus taciturnes, tous ont employé un mot immense qui donne toute sa grandeur à leurs récits. Ceux qui en disent trop comme ceux qui n'en disent pas assez, les fanfarons, les peureux, les chasseurs, les outlaws 2, les trafiquants, les colons, les trappeurs, tous, tous, tous parlent de l'Ouest, ne parlent en somme que de l'Ouest.

L'Ouest.

Mot mystérieux.

Qu'est-ce que l'Ouest ?

Voici la notion qu'il en a.

De la vallée du Mississipi jusqu'au-delà des montagnes géantes, bien loin, bien loin, bien avant dans l'ouest, s'étendent des territoires immenses, des terres fertiles à l'infini, des steppes arides à l'infini. La prairie. La patrie des innombrables tribus peaux rouges et des grands troupeaux de bisons qui vont et viennent comme le flux de la mer.

Mais après, mais derrière ?

Il y a des récits d'Indiens qui parlent d'un pays enchanté, de villes d'or, de femmes qui n'ont qu'un sein. Même les trappeurs qui descendent du nord avec leur chargement de fourrures ont entendu parler sous leur haute latitude, de ces pays merveilleux de l'Ouest, où, disent-ils, les fruits sont d'or et d'argent.

L'Ouest ? Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi y a-t-il tant d'hommes qui s'y rendent et qui n'en reviennent jamais ? Ils sont tués par les Peaux Rouges; mais celui qui passe outre ? Il meurt de soif; mais celui qui traverse les déserts ? Il est arrêté par les montagnes; mais celui qui franchit le col ? Où est-il ? Qu'a-t-il vu ? Pourquoi y a-t-il tant parmi ceux qui passent chez moi qui piquent directement au nord et qui, à peine dans la solitude, obliquent brusquement à l'ouest ?

La plupart vont à Santa Fé, cette colonie mexicaine avancée dans les montagnes Rocheuses, mais ce ne sont que de vulgaires marchands que le gain facile attire et qui ne s'occupent jamais de ce qu'il y a plus loin.

Johan August Suter est un homme d'action.

Il bazarde sa ferme et réalise tout son avoir 3. Il achète trois wagons couverts, les remplit de marchandises, monte à cheval armé du fusil à deux coups. Il s'adjoint à une compagnie de trente-cinq marchands qui se rendent à Santa Fé, à plus de 800 lieues. Mais l'affaire était mal montée, l'organisation peu sérieuse et ses compagnons, des vauriens qui s'égaillèrent rapidement. Aussi bien Suter y aurait tout perdu, car la saison était trop avancée, s'il ne s'était établi parmi les Indiens de ces territoires, aux extrêmes confins du monde civilisé, troquant et trafiquant.

Et c'est là, chez ces Indiens, qu'il apprend l'existence d'un autre pays, s'étendant encore beaucoup plus à l'ouest, bien au-delà des montagnes Rocheuses; au-delà des vastes déserts de sable.

Enfin il en sait le nom.

La Californie.

Mais pour se rendre dans ce pays, il doit s'en retourner en Missouri.

Il est hanté.

1 Hâbleurs: beaux parleurs, fanfarons.

2 Outlaws: hors-la-loi, bandits.

3 Il réalise tout son avoir: il vend tout ce qu'il possède.

Vous commenterez ce texte extrait de L'Or de Blaise Cendrars.

Vous pourrez vous inspirer du parcours de lecture suivant:

De quoi se compose le rêve de Suter ?

Dans quelle mesure cette obsession fait-elle de lui un aventurier ?

Exercice 2.A - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

Sujet 2 - Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Le candidat traite, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité, 2020.

1 Face à la tragédie en cours (rappelons que même la très prudente ONU 1 évoque ce qu'un grand journal canadien résume par « un génocide environnemental prévu »), l'appel à la responsabilité individuelle ne suffit pas. Les humains sont faibles – même par rapport à leurs propres critères – et ont tendance à abuser des possibles qui leur sont offerts. Mais 5 nous avons précisément inventé la politique pour affronter cette faiblesse. Nous n'avons souvent pas la force de nous restreindre, mais nous avons celle d'accepter – voire de demander – une loi qui nous restreigne. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est là que l'action est possible face à l'urgence. Il faut que la loi intervienne pour enfreindre les vélléités 2 individuelles qui ne sont plus compatibles avec la vie commune. Il n'est pas 10 question ici de dresser une liste exhaustive des mesures nécessaires, mais les comportements aux conséquences « trop nocives » ne manquent pas. Doit-on tolérer avec fatalisme et contempler les dégâts irréparables avec regret ?

Nous avons depuis longtemps – et fort heureusement – accepté, par exemple, que le droit ne nous permet pas de porter atteinte physiquement à quiconque nous déplaît. Sans 15 doute faut-il accepter également qu'il nous empêche de trop contribuer à détruire globalement la vie terrestre – humaine et non humaine.

Il semble qu'en dépit de son aspect « coercitif 3 », une évolution législative plus contraignante quant à l'interdiction des comportements « contraires à la vie » tendrait in fine vers une liberté accrue. En interdisant l'excès mortifère 4, ce sont autant de chemins 20 d'enrichissement et d'apaisement qui s'ouvriront. En interdisant à un homme de conduire en état d'ébriété, on restreint sa liberté de l'instant, mais on lui ouvre la possibilité d'un futur. Il est temps de nous empêcher de piloter le monde en état d'ébriété écologique. L'interdiction peut prendre une forme « dissuasive douce », par exemple avec des taxes rédhibitoires 5, mais il faut alors prendre garde que le droit de polluer ne devienne pas une 25 simple question de niveau de richesse.

Décroître – au sens de l'exploitation industrielle – me semble être rationnellement indispensable. Ce mot n'a pas à être tabou. Mais nous ne parlons que de décroissance matérielle. Il n'est pas question de freiner la production intellectuelle, l'amour, la créativité. Mettre fin à un emballement technocratique qui confond la fin et les moyens, qui fait de la 30 surproduction une visée – et non un accident –, ne relève finalement que du bon sens et de la redécouverte de valeurs élémentaires ou ancestrales. Il s'agit de réinventer la continuité. Il s'agit de ne plus penser les animaux et végétaux comme des ressources, mais comme des entités ayant sens en elles-mêmes, avec lesquelles il est évidemment possible d'interagir, mais hors de la logique réificatrice 6 qui 35 prévaut aujourd'hui. D'aucune manière il n'est question d'interdire les évolutions ou de renoncer à des avancées signifiantes.

Il n'y a pas d'argument mathématiquement inébranlable pour nous pousser à opérer 40 la révolution écologique. Le mot « écologie » est lui-même trop étroit. C'est plutôt de biophilie – d'amour de la vie – qu'il faudrait parler. De même que le mot « environnement » est trop anthropocentré 7: c'est bien de la nature qu'il s'agit et pas seulement de ce qui nous entoure. Il n'est pas question de trouver la « vérité » ou « le bien ». Ce serait trop simple. Il ne s'agit que d'un choix contre un autre. Il ne s'agit que de décider si nous préférons sauver 45 des vies ou des biens, des espèces ou un système, un avenir ou un instant. Tout est là. […]

L'avenir que nous appelons devrait aussi s'accompagner d'une redéfinition philosophique de notre rapport à l'étranger, à l'animal et à la nature. L'Europe n'a pas su accueillir les Syriens fuyant la guerre. La catastrophe humaine est immense. Comment pouvons-nous imaginer faire face aux centaines de millions de réfugiés climatiques à venir ? 50 L'autre doit-il continuer d'être pensé a priori comme l'ennemi ? Comme le « si lointain » qu'il n'a rien en commun avec ce « nous » fantasmé ? La famine tue 25 000 humains chaque jour tandis que nous jetons dans le même temps 3,5 millions de tonnes de nourriture. Cela ne nous empêche pas vraiment de dormir. Il faudrait enfin devenir de vrais patriotes: des membres fiers de la grande « patrie des vivants ».

(749 mots)

1 ONU: organisation des nations unies.

2 Pour enfreindre les velléités individuelles: pour contraindre ceux qui hésitent encore à adopter des comportements compatibles avec l'intérêt collectif.

3 Coercitif: qui exerce une contrainte.

4 Mortifère: qui provoque la mort.

5 Taxes rédhibitoires: taxes dissuasives.

6 Réificatrice: qui transforme en chose, en objet.

7 Anthropocentré: qui considère l'homme comme le centre de l'univers.

Contraction de texte: Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 168 et au plus 206 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Mots écrits (approximatif):

Exercice 2.A - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Sujet 2 - Essai

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Le candidat traite, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

A - Œuvre: Montaigne, Essais, « Des Cannibales », I, 31 - Parcours: Notre Monde vient d'en trouver un autre.

Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité, 2020.

1 Face à la tragédie en cours (rappelons que même la très prudente ONU 1 évoque ce qu'un grand journal canadien résume par « un génocide environnemental prévu »), l'appel à la responsabilité individuelle ne suffit pas. Les humains sont faibles – même par rapport à leurs propres critères – et ont tendance à abuser des possibles qui leur sont offerts. Mais 5 nous avons précisément inventé la politique pour affronter cette faiblesse. Nous n'avons souvent pas la force de nous restreindre, mais nous avons celle d'accepter – voire de demander – une loi qui nous restreigne. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est là que l'action est possible face à l'urgence. Il faut que la loi intervienne pour enfreindre les vélléités 2 individuelles qui ne sont plus compatibles avec la vie commune. Il n'est pas 10 question ici de dresser une liste exhaustive des mesures nécessaires, mais les comportements aux conséquences « trop nocives » ne manquent pas. Doit-on tolérer avec fatalisme et contempler les dégâts irréparables avec regret ?

Nous avons depuis longtemps – et fort heureusement – accepté, par exemple, que le droit ne nous permet pas de porter atteinte physiquement à quiconque nous déplaît. Sans 15 doute faut-il accepter également qu'il nous empêche de trop contribuer à détruire globalement la vie terrestre – humaine et non humaine.

Il semble qu'en dépit de son aspect « coercitif 3 », une évolution législative plus contraignante quant à l'interdiction des comportements « contraires à la vie » tendrait in fine vers une liberté accrue. En interdisant l'excès mortifère 4, ce sont autant de chemins 20 d'enrichissement et d'apaisement qui s'ouvriront. En interdisant à un homme de conduire en état d'ébriété, on restreint sa liberté de l'instant, mais on lui ouvre la possibilité d'un futur. Il est temps de nous empêcher de piloter le monde en état d'ébriété écologique. L'interdiction peut prendre une forme « dissuasive douce », par exemple avec des taxes rédhibitoires 5, mais il faut alors prendre garde que le droit de polluer ne devienne pas une 25 simple question de niveau de richesse.

Décroître – au sens de l'exploitation industrielle – me semble être rationnellement indispensable. Ce mot n'a pas à être tabou. Mais nous ne parlons que de décroissance matérielle. Il n'est pas question de freiner la production intellectuelle, l'amour, la créativité. Mettre fin à un emballement technocratique qui confond la fin et les moyens, qui fait de la 30 surproduction une visée – et non un accident –, ne relève finalement que du bon sens et de la redécouverte de valeurs élémentaires ou ancestrales. Il s'agit de réinventer la continuité. Il s'agit de ne plus penser les animaux et végétaux comme des ressources, mais comme des entités ayant sens en elles-mêmes, avec lesquelles il est évidemment possible d'interagir, mais hors de la logique réificatrice 6 qui 35 prévaut aujourd'hui. D'aucune manière il n'est question d'interdire les évolutions ou de renoncer à des avancées signifiantes.

Il n'y a pas d'argument mathématiquement inébranlable pour nous pousser à opérer 40 la révolution écologique. Le mot « écologie » est lui-même trop étroit. C'est plutôt de biophilie – d'amour de la vie – qu'il faudrait parler. De même que le mot « environnement » est trop anthropocentré 7: c'est bien de la nature qu'il s'agit et pas seulement de ce qui nous entoure. Il n'est pas question de trouver la « vérité » ou « le bien ». Ce serait trop simple. Il ne s'agit que d'un choix contre un autre. Il ne s'agit que de décider si nous préférons sauver 45 des vies ou des biens, des espèces ou un système, un avenir ou un instant. Tout est là. […]

L'avenir que nous appelons devrait aussi s'accompagner d'une redéfinition philosophique de notre rapport à l'étranger, à l'animal et à la nature. L'Europe n'a pas su accueillir les Syriens fuyant la guerre. La catastrophe humaine est immense. Comment pouvons-nous imaginer faire face aux centaines de millions de réfugiés climatiques à venir ? 50 L'autre doit-il continuer d'être pensé a priori comme l'ennemi ? Comme le « si lointain » qu'il n'a rien en commun avec ce « nous » fantasmé ? La famine tue 25 000 humains chaque jour tandis que nous jetons dans le même temps 3,5 millions de tonnes de nourriture. Cela ne nous empêche pas vraiment de dormir. Il faudrait enfin devenir de vrais patriotes: des membres fiers de la grande « patrie des vivants ».

(749 mots)

1 ONU: organisation des nations unies.

2 Pour enfreindre les velléités individuelles: pour contraindre ceux qui hésitent encore à adopter des comportements compatibles avec l'intérêt collectif.

3 Coercitif: qui exerce une contrainte.

4 Mortifère: qui provoque la mort.

5 Taxes rédhibitoires: taxes dissuasives.

6 Réificatrice: qui transforme en chose, en objet.

7 Anthropocentré: qui considère l'homme comme le centre de l'univers.

Dans quelle mesure les êtres humains ont-ils la responsabilité urgente d'agir en tant que « membres fiers de la grande 'patrie des vivants' » ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le chapitre « Des Cannibales » des Essais de Montaigne, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Exercice 2.B - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

B - Œuvre: Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) - Parcours: Imagination et pensée au XVIIe siècle.

Christophe Bouriau, Qu'est-ce que l'imagination ?, 2003.

Chacun d'entre nous peut vérifier que l'imagination est nécessaire pour retrouver les souvenirs lointains qui se perdent dans notre passé. Lorsque, âgé d'une cinquantaine d'années, je chercherai à évoquer avec d'anciens camarades de classe notre vie au collège, cette évocation sera le résultat d'une reconstruction laborieuse. Nos souvenirs personnels 5 et notre savoir communs se seront considérablement effrités. C'est avec ces données fragmentaires que nous tâcherons de retrouver le passé, l'imagination, guidée par l'intelligence et la confrontation des témoignages, venant remplir les cadres que la mémoire laisse vides. L'évocation de notre passé lointain [...] relève pour une grande part de l'imagination.

Celle-ci intervient également dans le rappel du passé récent, comme en attestent les 10 témoignages recueillis par les enquêteurs. Des scènes observées, la mémoire ne garde qu'une représentation schématique, et certains détails lui échappent. Quand l'enquêteur nous interroge sur ce que nous avons vu, nous avons tendance, inconsciemment, à compléter le schéma enregistré, en nous fondant sur la vraisemblance. De là les 15 contradictions de témoins également de bonne foi. L'évocation du passé récent lui-même comporte une part d'imagination créatrice, qui combine du « vu » avec du « non-vu » qu'elle invente, sans même s'en rendre compte.

À la limite, tout acte de souvenir est « créateur ». En effet la mémoire, spontanément, ne distribue pas dans un ordre logique les impressions enregistrées. Elle les conserve en 20 vrac, si l'on peut dire. Aussi est-ce dans un ordre capricieux, vagabond, que les impressions évoquent à la conscience des fragments du passé. Par exemple, la vue d'une ancienne amie me fera songer à son village d'origine, celui-ci au lac où nous allions nous baigner, ce lac à la mer, et de là je passerai à l'Amérique, puis à Marilyne Monroe, etc. Cette suite non 25 coordonnée d'images n'est pas encore la mémoire et nous serions incapables de nous souvenir de quoi que ce soit de précis si nous ne pouvions maîtriser cette cohue de représentations jaillissantes. La cohérence des souvenirs et leur reconstitution est l'œuvre de l'imagination éclairée par l'intelligence qui élimine et ordonne. Si je veux retrouver les circonstances de ma première rencontre avec cette ancienne amie, je dois faire le tri parmi 30 les souvenirs épars qui affluent à son évocation, pour ne garder que ceux qui sont utiles à la reconstitution du tableau recherché. De tout souvenir quelque peu rétif 1 on peut dire qu'il est moins restitué que construit. On croit n'interroger que sa mémoire, en réalité on imagine autant qu'on se souvient.

[...] Il nous reste à montrer que, contrairement à la perception et à la mémoire, 35 l'imagination seule est impliquée dans l'ensemble de nos opérations intellectuelles. [...]

Abstraire consiste à isoler certains éléments d'un tout en laissant de côté les autres éléments de ce tout. Nous souhaitons montrer comment l'imagination prend part à l'abstraction. Dans ses Écrits et propos sur l'art, Matisse souligne à maintes reprises qu'il « peint d'imagination ». Il veut dire qu'après avoir observé un modèle (un paysage par 40 exemple), il s'en détourne pour s'attacher à l'image simplifiée qu'en a gardé son imagination: c'est cette image sélective qu'il s'agira ensuite de produire sur la toile. Le but de l'opération est de ne retenir du paysage que ses lignes forces, ses formes essentielles, à l'exclusion des détails contingents 2.

On voit ici comment l'imagination permet d'abstraire ou d'isoler du paysage les lignes 45 essentielles en laissant de côté ses variations accidentelles. L'image qu'elle donne du paysage n'est pas sa copie conforme mais son épure. Elle en fait ressortir la structure sous-jacente. La défaillance souvent attribuée à l'imagination reproductrice, à savoir sa restitution lacunaire du réel, se change ici en qualité, en précieux atout. Peindre d'imagination permet en effet à l'artiste de donner au paysage une expressivité qu'il ne possède pas de lui-même. 50 La différence entre la stricte imitation et la stylisation passe par l'imagination. La peinture, à la faveur de l'abstraction ou de la sélection opérée par l'imagination, devient révélation de rapports formels qui n'apparaissent pas d'emblée à l'observateur. On retrouve ici la fonction essentielle de l'imagination qui est de rendre visible, de faire apparaître ce qui, sans elle, resterait invisible ou passerait inaperçu.

(762 mots)

1 Rétif: qui résiste à l'effort de mémoire.

2 Contingent: qui relève du hasard.

Vous résumerez ce texte en 191 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 172 et au plus 210 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Nombre de mots (approximatif):

Réponse envoyée. Compare ta contraction avec la solution proposée.

Exercice 2.B - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

B - Œuvre: Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) - Parcours: Imagination et pensée au XVIIe siècle.

Christophe Bouriau, Qu'est-ce que l'imagination ?, 2003.

Chacun d'entre nous peut vérifier que l'imagination est nécessaire pour retrouver les souvenirs lointains qui se perdent dans notre passé. Lorsque, âgé d'une cinquantaine d'années, je chercherai à évoquer avec d'anciens camarades de classe notre vie au collège, cette évocation sera le résultat d'une reconstruction laborieuse. Nos souvenirs personnels 5 et notre savoir communs se seront considérablement effrités. C'est avec ces données fragmentaires que nous tâcherons de retrouver le passé, l'imagination, guidée par l'intelligence et la confrontation des témoignages, venant remplir les cadres que la mémoire laisse vides. L'évocation de notre passé lointain [...] relève pour une grande part de l'imagination.

Celle-ci intervient également dans le rappel du passé récent, comme en attestent les 10 témoignages recueillis par les enquêteurs. Des scènes observées, la mémoire ne garde qu'une représentation schématique, et certains détails lui échappent. Quand l'enquêteur nous interroge sur ce que nous avons vu, nous avons tendance, inconsciemment, à compléter le schéma enregistré, en nous fondant sur la vraisemblance. De là les 15 contradictions de témoins également de bonne foi. L'évocation du passé récent lui-même comporte une part d'imagination créatrice, qui combine du « vu » avec du « non-vu » qu'elle invente, sans même s'en rendre compte.

À la limite, tout acte de souvenir est « créateur ». En effet la mémoire, spontanément, ne distribue pas dans un ordre logique les impressions enregistrées. Elle les conserve en 20 vrac, si l'on peut dire. Aussi est-ce dans un ordre capricieux, vagabond, que les impressions évoquent à la conscience des fragments du passé. Par exemple, la vue d'une ancienne amie me fera songer à son village d'origine, celui-ci au lac où nous allions nous baigner, ce lac à la mer, et de là je passerai à l'Amérique, puis à Marilyne Monroe, etc. Cette suite non 25 coordonnée d'images n'est pas encore la mémoire et nous serions incapables de nous souvenir de quoi que ce soit de précis si nous ne pouvions maîtriser cette cohue de représentations jaillissantes. La cohérence des souvenirs et leur reconstitution est l'œuvre de l'imagination éclairée par l'intelligence qui élimine et ordonne. Si je veux retrouver les circonstances de ma première rencontre avec cette ancienne amie, je dois faire le tri parmi 30 les souvenirs épars qui affluent à son évocation, pour ne garder que ceux qui sont utiles à la reconstitution du tableau recherché. De tout souvenir quelque peu rétif 1 on peut dire qu'il est moins restitué que construit. On croit n'interroger que sa mémoire, en réalité on imagine autant qu'on se souvient.

[...] Il nous reste à montrer que, contrairement à la perception et à la mémoire, 35 l'imagination seule est impliquée dans l'ensemble de nos opérations intellectuelles. [...]

Abstraire consiste à isoler certains éléments d'un tout en laissant de côté les autres éléments de ce tout. Nous souhaitons montrer comment l'imagination prend part à l'abstraction. Dans ses Écrits et propos sur l'art, Matisse souligne à maintes reprises qu'il « peint d'imagination ». Il veut dire qu'après avoir observé un modèle (un paysage par 40 exemple), il s'en détourne pour s'attacher à l'image simplifiée qu'en a gardé son imagination: c'est cette image sélective qu'il s'agira ensuite de produire sur la toile. Le but de l'opération est de ne retenir du paysage que ses lignes forces, ses formes essentielles, à l'exclusion des détails contingents 2.

On voit ici comment l'imagination permet d'abstraire ou d'isoler du paysage les lignes 45 essentielles en laissant de côté ses variations accidentelles. L'image qu'elle donne du paysage n'est pas sa copie conforme mais son épure. Elle en fait ressortir la structure sous-jacente. La défaillance souvent attribuée à l'imagination reproductrice, à savoir sa restitution lacunaire du réel, se change ici en qualité, en précieux atout. Peindre d'imagination permet en effet à l'artiste de donner au paysage une expressivité qu'il ne possède pas de lui-même. 50 La différence entre la stricte imitation et la stylisation passe par l'imagination. La peinture, à la faveur de l'abstraction ou de la sélection opérée par l'imagination, devient révélation de rapports formels qui n'apparaissent pas d'emblée à l'observateur. On retrouve ici la fonction essentielle de l'imagination qui est de rendre visible, de faire apparaître ce qui, sans elle, resterait invisible ou passerait inaperçu.

(762 mots)

1 Rétif: qui résiste à l'effort de mémoire.

2 Contingent: qui relève du hasard.

Essai

En quoi l'imagination nous aide-t-elle à connaître et à comprendre le monde ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur les livres VII à IX des Fables de La Fontaine, sur le texte de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Réponse envoyée. Compare ton essai avec la proposition de plan.

Exercice 2.C - Contraction de texte · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)

Sujet 2.C — Contraction de texte

C — Œuvre: Voltaire, L'Ingénu — Parcours: Voltaire, esprit des Lumières.

Stefan Klein, « Le cerveau est une machine à falsifier », Books, décembre 2018 - janvier 2019.

Les singes singent, dit-on. Homo sapiens, en revanche, est censé être doté d'une conscience critique. De nouvelles expériences dans lesquelles notre intelligence sociale a été comparée à celle du chimpanzé sèment toutefois quelques doutes. Les résultats montrent pourquoi nous ne percevons pas la réalité mais ce que les autres en disent. À l'occasion d'une expérience menée en 2007, des chercheurs de l'université de Saint Andrews, en Écosse, ont fait effectuer la même tâche à des enfants et à des chimpanzés: il s'agissait d'ouvrir une boîte à trésors contenant des fruits. La boîte était munie de serrures et de verrous, tous inopérants sauf un. Les enfants et les chimpanzés ont regardé l'un des chercheurs effectuer une série d'actions pour ouvrir la boîte. Puis ce fut à eux d'imiter ce qu'ils avaient observé. Très vite, les singes se sont aperçus qu'une simple pression sur l'un des verrous suffisait à ouvrir la boîte et ont cessé toute autre manipulation. Les enfants, en revanche, se sont obstinés à reproduire toute la procédure qui leur avait été montrée. Ils avaient pourtant bien vu qu'on pouvait procéder plus simplement. Les psychologues écossais ont donné à cet entêtement le nom de « surimitation ».

[…] La surimitation ne peut fonctionner que si nous sommes prêts à accepter ce qui nous semble absurde. Sans cette capacité de croire aveuglément, l'humanité n'aurait jamais pu accoucher de la civilisation. Et ce qui s'est une fois fixé dans les esprits est transmis de génération en génération. Pour nos ancêtres, il était plus utile d'être naïf et manipulable que de faire preuve d'esprit critique.

L'évolution n'a que faire de la vérité. La seule chose qui compte pour elle, ce sont les chances de survie. Qui doit-on croire alors ? Trop de scepticisme n'est pas profitable, mais celui qui se fait avoir par le premier charlatan venu compromet également ses chances. Pour nos lointains ancêtres, la voie vers le succès consistait à chercher les bons modèles.

Dans les sociétés tribales, l'influence des hommes se mesure au nombre de leurs trophées de chasse. Le footballeur Franz Beckenbauer a été choisi comme ambassadeur de marques de voitures, d'essence et même de gaz russe. Quand on a remporté deux fois la Coupe du monde, on ne saurait se tromper. Lors d'une expérience, enfin, de futurs banquiers d'affaires ont suivi les règles du bon placement financier tant qu'ils ignoraient les opérations des autres étudiants. Lorsqu'ils ont appris qu'un de leurs camarades était en train de gagner beaucoup d'argent, ils ont oublié tout ce qu'ils savaient des marchés de capitaux. Ils se sont mis à copier ceux qui réussissaient le mieux — avec des résultats désastreux. Ils savaient à quel point le succès boursier peut n'être dû qu'au hasard, mais, quand ils ont vu s'élever une nouvelle étoile dans le ciel de la Bourse, ils ont perdu tout discernement.

[…]

Façonner l'opinion à partir d'affirmations mensongères est devenu la norme dans de nombreux pays européens. Blasés des slogans, nous nous y sommes insidieusement habitués. Le débat ne consiste plus qu'à défendre son propre point de vue. Qu'il existe une différence entre une opinion et un fait ne va plus de soi pour une grande partie de la population. En Grande-Bretagne, la mère patrie de la démocratie parlementaire, la situation a débouché sur le vote en faveur d'un Brexit probablement préjudiciable.

Si les mensonges fonctionnent, ce n'est pas parce que nous manquons d'intelligence pour les débusquer. Ils s'imposent parce que nous voulons y croire — mais avant tout parce que, collectivement, les êtres humains se laissent contaminer par le jugement d'autrui. Le conformisme est intrinsèque à Homo sapiens 1. Mais les êtres humains sont aussi curieux et indisciplinés. Les petits enfants imitent les adultes, ils les agacent aussi sans cesse en leur demandant: « Pourquoi ? » On sait que c'est un enfant qui refusa d'adhérer à l'enthousiasme de tout un peuple pour les habits neufs de l'empereur 2.

C'est peut-être à ce genre d'insubordination que la démocratie devra sa survie. Il est possible que notre avenir dépende de notre capacité à conserver l'envie de poser des questions. Cela supposerait de ne pas attendre de nos écrans une réponse définitive à tous les problèmes de la vie. L'incertitude pourrait s'avérer un état non seulement supportable, mais même fructueux.

(750 mots)

1 Intrinsèque à Homo sapiens: Qui relève de la nature même de Homo sapiens.

2 L'auteur fait allusion à un conte d'Andersen.

Vous résumerez ce texte en 188 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 170 et au plus 206 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Nombre de mots:

Exercice 2.C - Essai · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle

Sujet 2.C — Essai

C — Œuvre: Voltaire, L'Ingénu — Parcours: Voltaire, esprit des Lumières.

Stefan Klein, « Le cerveau est une machine à falsifier », Books, décembre 2018 - janvier 2019.

Les singes singent, dit-on. Homo sapiens, en revanche, est censé être doté d'une conscience critique. De nouvelles expériences dans lesquelles notre intelligence sociale a été comparée à celle du chimpanzé sèment toutefois quelques doutes. Les résultats montrent pourquoi nous ne percevons pas la réalité mais ce que les autres en disent. À l'occasion d'une expérience menée en 2007, des chercheurs de l'université de Saint Andrews, en Écosse, ont fait effectuer la même tâche à des enfants et à des chimpanzés: il s'agissait d'ouvrir une boîte à trésors contenant des fruits. La boîte était munie de serrures et de verrous, tous inopérants sauf un. Les enfants et les chimpanzés ont regardé l'un des chercheurs effectuer une série d'actions pour ouvrir la boîte. Puis ce fut à eux d'imiter ce qu'ils avaient observé. Très vite, les singes se sont aperçus qu'une simple pression sur l'un des verrous suffisait à ouvrir la boîte et ont cessé toute autre manipulation. Les enfants, en revanche, se sont obstinés à reproduire toute la procédure qui leur avait été montrée. Ils avaient pourtant bien vu qu'on pouvait procéder plus simplement. Les psychologues écossais ont donné à cet entêtement le nom de « surimitation ».

[…] La surimitation ne peut fonctionner que si nous sommes prêts à accepter ce qui nous semble absurde. Sans cette capacité de croire aveuglément, l'humanité n'aurait jamais pu accoucher de la civilisation. Et ce qui s'est une fois fixé dans les esprits est transmis de génération en génération. Pour nos ancêtres, il était plus utile d'être naïf et manipulable que de faire preuve d'esprit critique.

L'évolution n'a que faire de la vérité. La seule chose qui compte pour elle, ce sont les chances de survie. Qui doit-on croire alors ? Trop de scepticisme n'est pas profitable, mais celui qui se fait avoir par le premier charlatan venu compromet également ses chances. Pour nos lointains ancêtres, la voie vers le succès consistait à chercher les bons modèles.

Dans les sociétés tribales, l'influence des hommes se mesure au nombre de leurs trophées de chasse. Le footballeur Franz Beckenbauer a été choisi comme ambassadeur de marques de voitures, d'essence et même de gaz russe. Quand on a remporté deux fois la Coupe du monde, on ne saurait se tromper. Lors d'une expérience, enfin, de futurs banquiers d'affaires ont suivi les règles du bon placement financier tant qu'ils ignoraient les opérations des autres étudiants. Lorsqu'ils ont appris qu'un de leurs camarades était en train de gagner beaucoup d'argent, ils ont oublié tout ce qu'ils savaient des marchés de capitaux. Ils se sont mis à copier ceux qui réussissaient le mieux — avec des résultats désastreux. Ils savaient à quel point le succès boursier peut n'être dû qu'au hasard, mais, quand ils ont vu s'élever une nouvelle étoile dans le ciel de la Bourse, ils ont perdu tout discernement.

[…]

Façonner l'opinion à partir d'affirmations mensongères est devenu la norme dans de nombreux pays européens. Blasés des slogans, nous nous y sommes insidieusement habitués. Le débat ne consiste plus qu'à défendre son propre point de vue. Qu'il existe une différence entre une opinion et un fait ne va plus de soi pour une grande partie de la population. En Grande-Bretagne, la mère patrie de la démocratie parlementaire, la situation a débouché sur le vote en faveur d'un Brexit probablement préjudiciable.

Si les mensonges fonctionnent, ce n'est pas parce que nous manquons d'intelligence pour les débusquer. Ils s'imposent parce que nous voulons y croire — mais avant tout parce que, collectivement, les êtres humains se laissent contaminer par le jugement d'autrui. Le conformisme est intrinsèque à Homo sapiens 1. Mais les êtres humains sont aussi curieux et indisciplinés. Les petits enfants imitent les adultes, ils les agacent aussi sans cesse en leur demandant: « Pourquoi ? » On sait que c'est un enfant qui refusa d'adhérer à l'enthousiasme de tout un peuple pour les habits neufs de l'empereur 2.

C'est peut-être à ce genre d'insubordination que la démocratie devra sa survie. Il est possible que notre avenir dépende de notre capacité à conserver l'envie de poser des questions. Cela supposerait de ne pas attendre de nos écrans une réponse définitive à tous les problèmes de la vie. L'incertitude pourrait s'avérer un état non seulement supportable, mais même fructueux.

(750 mots)

1 Intrinsèque à Homo sapiens: Qui relève de la nature même de Homo sapiens.

2 L'auteur fait allusion à un conte d'Andersen.

Pensez-vous comme l'auteur que « notre avenir dépende de notre capacité à conserver l'envie de poser des questions » ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur L'Ingénu de Voltaire, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

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