Abitur Hessen Französisch 2021 · GK
Abiturprüfung Französisch in Hessen 2021, GK: 10 Aufgaben mit Lösungen. Themen: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez). Kostenlos.
Themen der Prüfung: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez) · Bezug zu Unterrichtsinhalten (Comparez / Mettez en rapport) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Kreatives Schreiben: Perspektivwechsel und Fortsetzung (Journal intime, lettre d'un personnage) · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Prüfungsteil 1 - Vorschlag A · Sprachmittlung Deutsch → Französisch (Médiation)
Material
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait (article, 2009)
Anne, psychologue, et Luc, artiste peintre, vivent dans un appartement de Lyon avec leur petite Zélie, née il y a un mois. [...]
– Vous avez un bel appartement; c’est vous qui l’avez peint ?
ANNE: Tu penses bien, avec un mari artiste peintre ! Luc aime beaucoup faire les choses par lui- 5 même. On loue pas cher parce que c’est plein de défauts, le sol n’est pas tout à fait droit... mais on a mis à notre goût. Luc râle un peu car on ne peut pas faire de vrais travaux. Il préférerait être propriétaire. Pour lui ce serait une liberté, celle de modeler l’endroit où il vit, voire de le construire entièrement de ses mains.
– Pour toi ce ne serait pas une liberté ?
10 Non, moi je voudrais ne rien posséder du tout. Le moins j’en ai, le mieux je me porte. Quand tu es locataire, tu peux partir quand tu en as marre, tu as moins de responsabilités. [...]
– Est-ce pour cela que vous n’avez pas la télé ?
Oh non, c’est d’abord pour ne pas être lobotomisés 1. [...] Je travaille auprès des personnes âgées, en maison de retraite et à l’hôpital dans un service de psychiatrie. Au contact de cette génération-là, je me 15 suis imprégnée 2 de leur culture, de leur bon sens, de ce rapport différent qu’ils ont à la consommation. Ils savent bien que la télé c’est bête. Ils écoutent la radio, tous ne lisent pas. Pas besoin d’aimer lire pour se passer de télé, on peut très bien aller faire une promenade, par exemple.
– Que t’ont appris ces personnes ?
Des choses simples: qu’on n’achète pas quelque chose qu’on a déjà, qu’on répare au lieu de jeter... 20 C’est une logique évidente qui s’est perdue dans les jeunes générations, alors qu’elle a toujours été là. Moi j’aime mieux la logique des vieux. Je trouve qu’elle est plus en harmonie avec notre nature humaine, plus en accord avec le temps, la nature et nos aspirations profondes.
– Travailles-tu beaucoup ?
En ce moment je suis en congé maternité 3, [...] je ne suis pas obligée de travailler à temps plein pour 25 gagner correctement ma vie, le temps partiel me suffit. Luc parvient à se dégager 1000 euros par mois, notre critère à tous les deux est de gagner le SMIC 4. Si on gagne plus, moi j’essaie de rendre. Je dis rendre, pas donner; en effet, je n’ai pas de mérite à être qualifiée: je suis issue 5 d’un milieu bourgeois où faire des études était facile. Tout ce que la société me donne en plus j’essaie de le rendre à ceux qui en ont davantage besoin. J’essaie ainsi de donner une part de mes revenus... même si ce n’est pas 30 évident avec un mari qui veut économiser pour devenir propriétaire !
– À qui donnes-tu par exemple ?
À ATD Quart-Monde 6, j’ai donné une prime 7 inattendue dont je n’avais pas besoin. [...] Il m’a fallu des années pour accepter les gens comme ils sont, accepter leur gaspillage et leur pollution, les aimer, les respecter quand même. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas à moi de dire ce qui est bien ou pas 35 bien. Je peux témoigner d’une vie simple, et me faire respecter à mon tour. Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me dire: « Tu n’as toujours pas de portable ? » Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me prendre pour une originale. On ne cherche pas à être originaux, ce n’est pas une pose ! Ou sinon j’aimerais que tout le monde soit original !
– Ton mari Luc, il en pense quoi ?
40 Il pense que nous sommes très riches: nous avons un frigo qui fait congélateur, c’est génial, une machine à laver le linge, quel luxe, une imprimante, deux ordinateurs... et même une voiture dont on ne se sert presque pas ! On est des ultra-riches en fait. On va au restaurant, on part en vacances, on s’éclate 8 !
(684 Wörter)
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait, in: La Décroissance (60). Vivre la simplicité volontaire. Histoire et témoignages 2014, S. 30–33.
1 lobotomisé,e – adj. fig.: dt.: hirnlos, manipuliert
2 s’imprégner de qc. – se laisser influencer par qc
3 le congé maternité – la période durant laquelle une femme ne travaille pas avant et après la naissance d’un enfant, dt.: Mutterschaftsurlaub
4 le SMIC – abrév.: dt.: Mindestlohn
5 être issu,e de – venir de
6 ATD Quart-Monde – abrév.: Agir Tous pour la Dignité: organisation non-gouvernementale qui s’engage pour les droits de l’homme et la paix dans le monde
7 une prime – dt.: Prämie
8 s’éclater – s’amuser
Vous faites un stage chez ARTE où on prépare le thème des jardins familiaux pour l'émission Karambolage. À ce sujet, le rédacteur vous demande de présenter la situation actuelle en Allemagne.
Vous lui répondez par e-mail en vous appuyant sur l'article d'Alexandra Ringendahl « Kölner Kleingartenszene: Pächter werden immer jünger und multikultureller ». (Material)
Rédigez cet e-mail.
(100 BE)
Aufgabe Vorschlag B1 - 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Material
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait (article, 2009)
Anne, psychologue, et Luc, artiste peintre, vivent dans un appartement de Lyon avec leur petite Zélie, née il y a un mois. [...]
– Vous avez un bel appartement; c’est vous qui l’avez peint ?
ANNE: Tu penses bien, avec un mari artiste peintre ! Luc aime beaucoup faire les choses par lui- 5 même. On loue pas cher parce que c’est plein de défauts, le sol n’est pas tout à fait droit... mais on a mis à notre goût. Luc râle un peu car on ne peut pas faire de vrais travaux. Il préférerait être propriétaire. Pour lui ce serait une liberté, celle de modeler l’endroit où il vit, voire de le construire entièrement de ses mains.
– Pour toi ce ne serait pas une liberté ?
10 Non, moi je voudrais ne rien posséder du tout. Le moins j’en ai, le mieux je me porte. Quand tu es locataire, tu peux partir quand tu en as marre, tu as moins de responsabilités. [...]
– Est-ce pour cela que vous n’avez pas la télé ?
Oh non, c’est d’abord pour ne pas être lobotomisés 1. [...] Je travaille auprès des personnes âgées, en maison de retraite et à l’hôpital dans un service de psychiatrie. Au contact de cette génération-là, je me 15 suis imprégnée 2 de leur culture, de leur bon sens, de ce rapport différent qu’ils ont à la consommation. Ils savent bien que la télé c’est bête. Ils écoutent la radio, tous ne lisent pas. Pas besoin d’aimer lire pour se passer de télé, on peut très bien aller faire une promenade, par exemple.
– Que t’ont appris ces personnes ?
Des choses simples: qu’on n’achète pas quelque chose qu’on a déjà, qu’on répare au lieu de jeter... 20 C’est une logique évidente qui s’est perdue dans les jeunes générations, alors qu’elle a toujours été là. Moi j’aime mieux la logique des vieux. Je trouve qu’elle est plus en harmonie avec notre nature humaine, plus en accord avec le temps, la nature et nos aspirations profondes.
– Travailles-tu beaucoup ?
En ce moment je suis en congé maternité 3, [...] je ne suis pas obligée de travailler à temps plein pour 25 gagner correctement ma vie, le temps partiel me suffit. Luc parvient à se dégager 1000 euros par mois, notre critère à tous les deux est de gagner le SMIC 4. Si on gagne plus, moi j’essaie de rendre. Je dis rendre, pas donner; en effet, je n’ai pas de mérite à être qualifiée: je suis issue 5 d’un milieu bourgeois où faire des études était facile. Tout ce que la société me donne en plus j’essaie de le rendre à ceux qui en ont davantage besoin. J’essaie ainsi de donner une part de mes revenus... même si ce n’est pas 30 évident avec un mari qui veut économiser pour devenir propriétaire !
– À qui donnes-tu par exemple ?
À ATD Quart-Monde 6, j’ai donné une prime 7 inattendue dont je n’avais pas besoin. [...] Il m’a fallu des années pour accepter les gens comme ils sont, accepter leur gaspillage et leur pollution, les aimer, les respecter quand même. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas à moi de dire ce qui est bien ou pas 35 bien. Je peux témoigner d’une vie simple, et me faire respecter à mon tour. Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me dire: « Tu n’as toujours pas de portable ? » Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me prendre pour une originale. On ne cherche pas à être originaux, ce n’est pas une pose ! Ou sinon j’aimerais que tout le monde soit original !
– Ton mari Luc, il en pense quoi ?
40 Il pense que nous sommes très riches: nous avons un frigo qui fait congélateur, c’est génial, une machine à laver le linge, quel luxe, une imprimante, deux ordinateurs... et même une voiture dont on ne se sert presque pas ! On est des ultra-riches en fait. On va au restaurant, on part en vacances, on s’éclate 8 !
(684 Wörter)
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait, in: La Décroissance (60). Vivre la simplicité volontaire. Histoire et témoignages 2014, S. 30–33.
1 lobotomisé,e – adj. fig.: dt.: hirnlos, manipuliert
2 s’imprégner de qc. – se laisser influencer par qc
3 le congé maternité – la période durant laquelle une femme ne travaille pas avant et après la naissance d’un enfant, dt.: Mutterschaftsurlaub
4 le SMIC – abrév.: dt.: Mindestlohn
5 être issu,e de – venir de
6 ATD Quart-Monde – abrév.: Agir Tous pour la Dignité: organisation non-gouvernementale qui s’engage pour les droits de l’homme et la paix dans le monde
7 une prime – dt.: Prämie
8 s’éclater – s’amuser
1
Présentez Anne et Luc et leur attitude. (Material) (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B1 - 2 · Bezug zu Unterrichtsinhalten (Comparez / Mettez en rapport)
Material
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait (article, 2009)
Anne, psychologue, et Luc, artiste peintre, vivent dans un appartement de Lyon avec leur petite Zélie, née il y a un mois. [...]
– Vous avez un bel appartement; c’est vous qui l’avez peint ?
ANNE: Tu penses bien, avec un mari artiste peintre ! Luc aime beaucoup faire les choses par lui- 5 même. On loue pas cher parce que c’est plein de défauts, le sol n’est pas tout à fait droit... mais on a mis à notre goût. Luc râle un peu car on ne peut pas faire de vrais travaux. Il préférerait être propriétaire. Pour lui ce serait une liberté, celle de modeler l’endroit où il vit, voire de le construire entièrement de ses mains.
– Pour toi ce ne serait pas une liberté ?
10 Non, moi je voudrais ne rien posséder du tout. Le moins j’en ai, le mieux je me porte. Quand tu es locataire, tu peux partir quand tu en as marre, tu as moins de responsabilités. [...]
– Est-ce pour cela que vous n’avez pas la télé ?
Oh non, c’est d’abord pour ne pas être lobotomisés 1. [...] Je travaille auprès des personnes âgées, en maison de retraite et à l’hôpital dans un service de psychiatrie. Au contact de cette génération-là, je me 15 suis imprégnée 2 de leur culture, de leur bon sens, de ce rapport différent qu’ils ont à la consommation. Ils savent bien que la télé c’est bête. Ils écoutent la radio, tous ne lisent pas. Pas besoin d’aimer lire pour se passer de télé, on peut très bien aller faire une promenade, par exemple.
– Que t’ont appris ces personnes ?
Des choses simples: qu’on n’achète pas quelque chose qu’on a déjà, qu’on répare au lieu de jeter... 20 C’est une logique évidente qui s’est perdue dans les jeunes générations, alors qu’elle a toujours été là. Moi j’aime mieux la logique des vieux. Je trouve qu’elle est plus en harmonie avec notre nature humaine, plus en accord avec le temps, la nature et nos aspirations profondes.
– Travailles-tu beaucoup ?
En ce moment je suis en congé maternité 3, [...] je ne suis pas obligée de travailler à temps plein pour 25 gagner correctement ma vie, le temps partiel me suffit. Luc parvient à se dégager 1000 euros par mois, notre critère à tous les deux est de gagner le SMIC 4. Si on gagne plus, moi j’essaie de rendre. Je dis rendre, pas donner; en effet, je n’ai pas de mérite à être qualifiée: je suis issue 5 d’un milieu bourgeois où faire des études était facile. Tout ce que la société me donne en plus j’essaie de le rendre à ceux qui en ont davantage besoin. J’essaie ainsi de donner une part de mes revenus... même si ce n’est pas 30 évident avec un mari qui veut économiser pour devenir propriétaire !
– À qui donnes-tu par exemple ?
À ATD Quart-Monde 6, j’ai donné une prime 7 inattendue dont je n’avais pas besoin. [...] Il m’a fallu des années pour accepter les gens comme ils sont, accepter leur gaspillage et leur pollution, les aimer, les respecter quand même. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas à moi de dire ce qui est bien ou pas 35 bien. Je peux témoigner d’une vie simple, et me faire respecter à mon tour. Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me dire: « Tu n’as toujours pas de portable ? » Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me prendre pour une originale. On ne cherche pas à être originaux, ce n’est pas une pose ! Ou sinon j’aimerais que tout le monde soit original !
– Ton mari Luc, il en pense quoi ?
40 Il pense que nous sommes très riches: nous avons un frigo qui fait congélateur, c’est génial, une machine à laver le linge, quel luxe, une imprimante, deux ordinateurs... et même une voiture dont on ne se sert presque pas ! On est des ultra-riches en fait. On va au restaurant, on part en vacances, on s’éclate 8 !
(684 Wörter)
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait, in: La Décroissance (60). Vivre la simplicité volontaire. Histoire et témoignages 2014, S. 30–33.
1 lobotomisé,e – adj. fig.: dt.: hirnlos, manipuliert
2 s’imprégner de qc. – se laisser influencer par qc
3 le congé maternité – la période durant laquelle une femme ne travaille pas avant et après la naissance d’un enfant, dt.: Mutterschaftsurlaub
4 le SMIC – abrév.: dt.: Mindestlohn
5 être issu,e de – venir de
6 ATD Quart-Monde – abrév.: Agir Tous pour la Dignité: organisation non-gouvernementale qui s’engage pour les droits de l’homme et la paix dans le monde
7 une prime – dt.: Prämie
8 s’éclater – s’amuser
2
Comparez leur mode de vie à celui d’un ou de plusieurs personnage(s) que vous avez étudié(s) en cours. (40 BE)
Aufgabe Vorschlag B1 - 3 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Material
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait (article, 2009)
Anne, psychologue, et Luc, artiste peintre, vivent dans un appartement de Lyon avec leur petite Zélie, née il y a un mois. [...]
– Vous avez un bel appartement; c’est vous qui l’avez peint ?
ANNE: Tu penses bien, avec un mari artiste peintre ! Luc aime beaucoup faire les choses par lui- 5 même. On loue pas cher parce que c’est plein de défauts, le sol n’est pas tout à fait droit... mais on a mis à notre goût. Luc râle un peu car on ne peut pas faire de vrais travaux. Il préférerait être propriétaire. Pour lui ce serait une liberté, celle de modeler l’endroit où il vit, voire de le construire entièrement de ses mains.
– Pour toi ce ne serait pas une liberté ?
10 Non, moi je voudrais ne rien posséder du tout. Le moins j’en ai, le mieux je me porte. Quand tu es locataire, tu peux partir quand tu en as marre, tu as moins de responsabilités. [...]
– Est-ce pour cela que vous n’avez pas la télé ?
Oh non, c’est d’abord pour ne pas être lobotomisés 1. [...] Je travaille auprès des personnes âgées, en maison de retraite et à l’hôpital dans un service de psychiatrie. Au contact de cette génération-là, je me 15 suis imprégnée 2 de leur culture, de leur bon sens, de ce rapport différent qu’ils ont à la consommation. Ils savent bien que la télé c’est bête. Ils écoutent la radio, tous ne lisent pas. Pas besoin d’aimer lire pour se passer de télé, on peut très bien aller faire une promenade, par exemple.
– Que t’ont appris ces personnes ?
Des choses simples: qu’on n’achète pas quelque chose qu’on a déjà, qu’on répare au lieu de jeter... 20 C’est une logique évidente qui s’est perdue dans les jeunes générations, alors qu’elle a toujours été là. Moi j’aime mieux la logique des vieux. Je trouve qu’elle est plus en harmonie avec notre nature humaine, plus en accord avec le temps, la nature et nos aspirations profondes.
– Travailles-tu beaucoup ?
En ce moment je suis en congé maternité 3, [...] je ne suis pas obligée de travailler à temps plein pour 25 gagner correctement ma vie, le temps partiel me suffit. Luc parvient à se dégager 1000 euros par mois, notre critère à tous les deux est de gagner le SMIC 4. Si on gagne plus, moi j’essaie de rendre. Je dis rendre, pas donner; en effet, je n’ai pas de mérite à être qualifiée: je suis issue 5 d’un milieu bourgeois où faire des études était facile. Tout ce que la société me donne en plus j’essaie de le rendre à ceux qui en ont davantage besoin. J’essaie ainsi de donner une part de mes revenus... même si ce n’est pas 30 évident avec un mari qui veut économiser pour devenir propriétaire !
– À qui donnes-tu par exemple ?
À ATD Quart-Monde 6, j’ai donné une prime 7 inattendue dont je n’avais pas besoin. [...] Il m’a fallu des années pour accepter les gens comme ils sont, accepter leur gaspillage et leur pollution, les aimer, les respecter quand même. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas à moi de dire ce qui est bien ou pas 35 bien. Je peux témoigner d’une vie simple, et me faire respecter à mon tour. Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me dire: « Tu n’as toujours pas de portable ? » Il a fallu du temps pour qu’on arrête de me prendre pour une originale. On ne cherche pas à être originaux, ce n’est pas une pose ! Ou sinon j’aimerais que tout le monde soit original !
– Ton mari Luc, il en pense quoi ?
40 Il pense que nous sommes très riches: nous avons un frigo qui fait congélateur, c’est génial, une machine à laver le linge, quel luxe, une imprimante, deux ordinateurs... et même une voiture dont on ne se sert presque pas ! On est des ultra-riches en fait. On va au restaurant, on part en vacances, on s’éclate 8 !
(684 Wörter)
Sophie Divry: On est des ultra-riches en fait, in: La Décroissance (60). Vivre la simplicité volontaire. Histoire et témoignages 2014, S. 30–33.
1 lobotomisé,e – adj. fig.: dt.: hirnlos, manipuliert
2 s’imprégner de qc. – se laisser influencer par qc
3 le congé maternité – la période durant laquelle une femme ne travaille pas avant et après la naissance d’un enfant, dt.: Mutterschaftsurlaub
4 le SMIC – abrév.: dt.: Mindestlohn
5 être issu,e de – venir de
6 ATD Quart-Monde – abrév.: Agir Tous pour la Dignité: organisation non-gouvernementale qui s’engage pour les droits de l’homme et la paix dans le monde
7 une prime – dt.: Prämie
8 s’éclater – s’amuser
3
Commentez le concept de richesse d’Anne qui se considère comme « ultra-riche ». (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B2 - 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Material
Hemley Boum: Le clan des femmes (roman, 2010)
L’histoire se déroule en Afrique au début du XX e siècle. La narratrice raconte la vie de sa grand-mère Sarah qui a mis longtemps à avoir un enfant. Les passages en italique sont des propos de Sarah.
Dans les sociétés traditionnelles, à fortiori 1 polygames 2, une femme sans enfants était considérée comme peu de chose. [...] Elle pouvait travailler comme quatre, aider la société autant qu’elle le voulait, sans enfants, elle n’était qu’une moitié de personne, quelqu’un qui n’avait pas rempli sa part de contrat en quelque sorte. [...]
5 Le pire quand une femme n’avait pas d’enfants, c’était sa grande solitude. Lorsqu’elle devait attendre son tour parmi dix femmes pour passer un moment avec son homme, les enfants remplissaient tout le temps qui reste. Les enfants étaient les sujets de conversation préférés, leurs progrès, leurs petits malheurs, leurs rires, leurs larmes [...] et alimentaient du matin au soir les bavardages de femmes.
10 Dans les bras à longueur de journée, souvent au dos même pendant les travaux des champs, pendus au sein dès qu’elle s’asseyait. Le corps-à-corps entre une maman et son enfant était permanent, au moins jusqu’à sa deuxième année, moment où normalement naissait un nouvel enfant, tandis que le précédent s’affranchissait de sa mère. Ne pas avoir d’enfants, c’était aussi vivre en marge de cette communauté de femmes. La société ne savait plus vraiment dans quelle case vous classer. Et les gens sont souvent cruels avec ceux qui sortent des rangs.
15 Au début, il 3 me disait, « ce n’est pas grave, je t’ai toi et ça me suffit. »
Mais les années passaient, Sarah vieillissait, elle voyait venir avec appréhension le moment où la nature ne lui permettrait plus d’avoir un enfant. La pression du village était de plus en plus forte pour obliger mon grand-père de prendre une deuxième épouse. Une branche tout entière de la famille ne pouvait quand même pas s’éteindre par la défaillance d’une femme ! Des réunions entre hommes 20 avaient lieu pour lui rappeler sa place et ses devoirs vis-à-vis du clan.
Je le sentais changer, me dit Sarah, son regard fuyait le mien, [...] je le sentais malheureux.
Comme il est de coutume quand une femme ne peut pas avoir d’enfant, Sarah consulta beaucoup de guérisseuses. « Je connais quelqu’un qui fait des miracles, lui dit une femme du village, il a réussi avec ma sœur quand tout avait échoué. » Elle s’y rendait, buvait toutes sortes de potions, en ramenait 25 chez elle, mais rien n’y faisait. [...]
Je ne sais pas comment sont les femmes d’aujourd’hui, tu me dis que certaines choisissent de ne pas avoir d’enfants du tout, comme le monde a changé. [...]
Mois après mois, je sentais mon cœur se dessécher. Je m’apercevais que les femmes enceintes me fuyaient. Personne ne m’annonçait plus jamais sa grossesse. Les mères gardaient leurs enfants en bas 30 âge loin de moi. Et les rumeurs reprenaient de plus belle...
« On savait bien que c’était une sorcière, quelle femme pourrait garder comme cela un homme pour elle seule ? » Les plus âgées racontaient aux plus jeunes que j’avais été enceinte à une époque lointaine 4...
35 « Un matin, elle est partie aux champs avec une grossesse très avancée et le soir, il n’y avait plus rien, une sorcière on vous dit, elle a certainement vendu cet enfant et ceux qui restaient dans son ventre aux esprits 5 de la forêt. C’est avec ce pouvoir qu’elle a volé l’âme de ce pauvre homme. N’avez-vous pas remarqué que tous les hommes avec qui elle a été sont devenus comme fous d’elle ? Une sorcière on vous dit. »
40 Je n’étais plus la femme chérie d’un homme merveilleux, finie la complicité entre femmes qui naît du dur labeur des champs, fini aussi le respect dû à celle qui connaît les plantes et soulage les maux 6. Je n’étais plus qu’une femme stérile. Autrement dit, rien et même moins. Comme une terre infertile; qui se soucie d’une terre où rien ne pousse ?
[...] Aux yeux du village je n’étais pas seulement stérile, j’étais d’abord et avant tout mauvaise. Une sorcière, le mot était lâché 7.
(679 Wörter)
Hemley Boum: Le clan des femmes, Paris 2010, S. 90–93.
Hinweis
Finalement, Sarah tombe enceinte, pour cette raison elle a une petite-fille qui devient la narratrice du roman.
1 à fortiori – avant tout
2 polygame – désigne un homme qui a plusieurs épouses/femmes
3 il – ici: son mari
4 Elle avait fait une fausse couche.
5 un esprit – ici: un fantôme
6 le mal, les maux – la souffrance physique
7 le mot était lâché – dt.: das Wort war gefallen
1 Présentez la situation de Sarah. (Material) [30 BE]
Aufgabe Vorschlag B2 - 2 · Bezug zu Unterrichtsinhalten (Comparez / Mettez en rapport)
Material
Hemley Boum: Le clan des femmes (roman, 2010)
L’histoire se déroule en Afrique au début du XX e siècle. La narratrice raconte la vie de sa grand-mère Sarah qui a mis longtemps à avoir un enfant. Les passages en italique sont des propos de Sarah.
Dans les sociétés traditionnelles, à fortiori 1 polygames 2, une femme sans enfants était considérée comme peu de chose. [...] Elle pouvait travailler comme quatre, aider la société autant qu’elle le voulait, sans enfants, elle n’était qu’une moitié de personne, quelqu’un qui n’avait pas rempli sa part de contrat en quelque sorte. [...]
5 Le pire quand une femme n’avait pas d’enfants, c’était sa grande solitude. Lorsqu’elle devait attendre son tour parmi dix femmes pour passer un moment avec son homme, les enfants remplissaient tout le temps qui reste. Les enfants étaient les sujets de conversation préférés, leurs progrès, leurs petits malheurs, leurs rires, leurs larmes [...] et alimentaient du matin au soir les bavardages de femmes.
10 Dans les bras à longueur de journée, souvent au dos même pendant les travaux des champs, pendus au sein dès qu’elle s’asseyait. Le corps-à-corps entre une maman et son enfant était permanent, au moins jusqu’à sa deuxième année, moment où normalement naissait un nouvel enfant, tandis que le précédent s’affranchissait de sa mère. Ne pas avoir d’enfants, c’était aussi vivre en marge de cette communauté de femmes. La société ne savait plus vraiment dans quelle case vous classer. Et les gens sont souvent cruels avec ceux qui sortent des rangs.
15 Au début, il 3 me disait, « ce n’est pas grave, je t’ai toi et ça me suffit. »
Mais les années passaient, Sarah vieillissait, elle voyait venir avec appréhension le moment où la nature ne lui permettrait plus d’avoir un enfant. La pression du village était de plus en plus forte pour obliger mon grand-père de prendre une deuxième épouse. Une branche tout entière de la famille ne pouvait quand même pas s’éteindre par la défaillance d’une femme ! Des réunions entre hommes 20 avaient lieu pour lui rappeler sa place et ses devoirs vis-à-vis du clan.
Je le sentais changer, me dit Sarah, son regard fuyait le mien, [...] je le sentais malheureux.
Comme il est de coutume quand une femme ne peut pas avoir d’enfant, Sarah consulta beaucoup de guérisseuses. « Je connais quelqu’un qui fait des miracles, lui dit une femme du village, il a réussi avec ma sœur quand tout avait échoué. » Elle s’y rendait, buvait toutes sortes de potions, en ramenait 25 chez elle, mais rien n’y faisait. [...]
Je ne sais pas comment sont les femmes d’aujourd’hui, tu me dis que certaines choisissent de ne pas avoir d’enfants du tout, comme le monde a changé. [...]
Mois après mois, je sentais mon cœur se dessécher. Je m’apercevais que les femmes enceintes me fuyaient. Personne ne m’annonçait plus jamais sa grossesse. Les mères gardaient leurs enfants en bas 30 âge loin de moi. Et les rumeurs reprenaient de plus belle...
« On savait bien que c’était une sorcière, quelle femme pourrait garder comme cela un homme pour elle seule ? » Les plus âgées racontaient aux plus jeunes que j’avais été enceinte à une époque lointaine 4...
35 « Un matin, elle est partie aux champs avec une grossesse très avancée et le soir, il n’y avait plus rien, une sorcière on vous dit, elle a certainement vendu cet enfant et ceux qui restaient dans son ventre aux esprits 5 de la forêt. C’est avec ce pouvoir qu’elle a volé l’âme de ce pauvre homme. N’avez-vous pas remarqué que tous les hommes avec qui elle a été sont devenus comme fous d’elle ? Une sorcière on vous dit. »
40 Je n’étais plus la femme chérie d’un homme merveilleux, finie la complicité entre femmes qui naît du dur labeur des champs, fini aussi le respect dû à celle qui connaît les plantes et soulage les maux 6. Je n’étais plus qu’une femme stérile. Autrement dit, rien et même moins. Comme une terre infertile; qui se soucie d’une terre où rien ne pousse ?
[...] Aux yeux du village je n’étais pas seulement stérile, j’étais d’abord et avant tout mauvaise. Une sorcière, le mot était lâché 7.
(679 Wörter)
Hemley Boum: Le clan des femmes, Paris 2010, S. 90–93.
Hinweis
Finalement, Sarah tombe enceinte, pour cette raison elle a une petite-fille qui devient la narratrice du roman.
1 à fortiori – avant tout
2 polygame – désigne un homme qui a plusieurs épouses/femmes
3 il – ici: son mari
4 Elle avait fait une fausse couche.
5 un esprit – ici: un fantôme
6 le mal, les maux – la souffrance physique
7 le mot était lâché – dt.: das Wort war gefallen
2 Comparez les sentiments de Sarah (Material) avec ceux d’un personnage ou d’une personne traité(e) en cours. [40 BE]
Aufgabe Vorschlag B2 - 3 · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position)
Material
Hemley Boum: Le clan des femmes (roman, 2010)
L’histoire se déroule en Afrique au début du XX e siècle. La narratrice raconte la vie de sa grand-mère Sarah qui a mis longtemps à avoir un enfant. Les passages en italique sont des propos de Sarah.
Dans les sociétés traditionnelles, à fortiori 1 polygames 2, une femme sans enfants était considérée comme peu de chose. [...] Elle pouvait travailler comme quatre, aider la société autant qu’elle le voulait, sans enfants, elle n’était qu’une moitié de personne, quelqu’un qui n’avait pas rempli sa part de contrat en quelque sorte. [...]
5 Le pire quand une femme n’avait pas d’enfants, c’était sa grande solitude. Lorsqu’elle devait attendre son tour parmi dix femmes pour passer un moment avec son homme, les enfants remplissaient tout le temps qui reste. Les enfants étaient les sujets de conversation préférés, leurs progrès, leurs petits malheurs, leurs rires, leurs larmes [...] et alimentaient du matin au soir les bavardages de femmes.
10 Dans les bras à longueur de journée, souvent au dos même pendant les travaux des champs, pendus au sein dès qu’elle s’asseyait. Le corps-à-corps entre une maman et son enfant était permanent, au moins jusqu’à sa deuxième année, moment où normalement naissait un nouvel enfant, tandis que le précédent s’affranchissait de sa mère. Ne pas avoir d’enfants, c’était aussi vivre en marge de cette communauté de femmes. La société ne savait plus vraiment dans quelle case vous classer. Et les gens sont souvent cruels avec ceux qui sortent des rangs.
15 Au début, il 3 me disait, « ce n’est pas grave, je t’ai toi et ça me suffit. »
Mais les années passaient, Sarah vieillissait, elle voyait venir avec appréhension le moment où la nature ne lui permettrait plus d’avoir un enfant. La pression du village était de plus en plus forte pour obliger mon grand-père de prendre une deuxième épouse. Une branche tout entière de la famille ne pouvait quand même pas s’éteindre par la défaillance d’une femme ! Des réunions entre hommes 20 avaient lieu pour lui rappeler sa place et ses devoirs vis-à-vis du clan.
Je le sentais changer, me dit Sarah, son regard fuyait le mien, [...] je le sentais malheureux.
Comme il est de coutume quand une femme ne peut pas avoir d’enfant, Sarah consulta beaucoup de guérisseuses. « Je connais quelqu’un qui fait des miracles, lui dit une femme du village, il a réussi avec ma sœur quand tout avait échoué. » Elle s’y rendait, buvait toutes sortes de potions, en ramenait 25 chez elle, mais rien n’y faisait. [...]
Je ne sais pas comment sont les femmes d’aujourd’hui, tu me dis que certaines choisissent de ne pas avoir d’enfants du tout, comme le monde a changé. [...]
Mois après mois, je sentais mon cœur se dessécher. Je m’apercevais que les femmes enceintes me fuyaient. Personne ne m’annonçait plus jamais sa grossesse. Les mères gardaient leurs enfants en bas 30 âge loin de moi. Et les rumeurs reprenaient de plus belle...
« On savait bien que c’était une sorcière, quelle femme pourrait garder comme cela un homme pour elle seule ? » Les plus âgées racontaient aux plus jeunes que j’avais été enceinte à une époque lointaine 4...
35 « Un matin, elle est partie aux champs avec une grossesse très avancée et le soir, il n’y avait plus rien, une sorcière on vous dit, elle a certainement vendu cet enfant et ceux qui restaient dans son ventre aux esprits 5 de la forêt. C’est avec ce pouvoir qu’elle a volé l’âme de ce pauvre homme. N’avez-vous pas remarqué que tous les hommes avec qui elle a été sont devenus comme fous d’elle ? Une sorcière on vous dit. »
40 Je n’étais plus la femme chérie d’un homme merveilleux, finie la complicité entre femmes qui naît du dur labeur des champs, fini aussi le respect dû à celle qui connaît les plantes et soulage les maux 6. Je n’étais plus qu’une femme stérile. Autrement dit, rien et même moins. Comme une terre infertile; qui se soucie d’une terre où rien ne pousse ?
[...] Aux yeux du village je n’étais pas seulement stérile, j’étais d’abord et avant tout mauvaise. Une sorcière, le mot était lâché 7.
(679 Wörter)
Hemley Boum: Le clan des femmes, Paris 2010, S. 90–93.
Hinweis
Finalement, Sarah tombe enceinte, pour cette raison elle a une petite-fille qui devient la narratrice du roman.
1 à fortiori – avant tout
2 polygame – désigne un homme qui a plusieurs épouses/femmes
3 il – ici: son mari
4 Elle avait fait une fausse couche.
5 un esprit – ici: un fantôme
6 le mal, les maux – la souffrance physique
7 le mot était lâché – dt.: das Wort war gefallen
« Je ne sais pas comment sont les femmes d’aujourd’hui, tu me dis que certaines choisissent de ne pas avoir d’enfants du tout, comme le monde a changé. » (Material)
3 Commentez les propos de la grand-mère. [30 BE]
Aufgabe Vorschlag B3 - 1 · Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez)
Maryse Condé: Yvelise (roman, 1999)
L’histoire se déroule en Guadeloupe dans les années 1950
À l’école tout me séparait d’Yvelise.
Oui, nous étions dans la même classe. Oui, nous étions assises côte à côte dans nos robes souvent pareilles. Mais, tandis que je continuais sans effort d’être première partout, Yvelise était bonne dernière. Si ses parents n’avaient pas été ce qu’ils étaient, elle n’aurait jamais franchi le seuil du Petit Lycée. Yvelise ne lisait pas, elle ânonnait 1. Elle réfléchissait un long moment pour découvrir ce que font mystérieusement 2 et 2. Ses dictées comportaient cinquante fautes. Elle était incapable de retenir une fable de La Fontaine. Quand la maîtresse l’appelait au tableau, dans son désespoir, Yvelise se tordait et gigotait tellement que la classe rugissait de rire. Il n’y avait qu’en solfège et musique qu’elle excellait car le Bon Dieu l’avait dotée d’une voix de rossignol. La maîtresse de piano lui faisait chanter en solo la barcarolle des Contes d’Hoffmann. Qu’Yvelise soit mauvaise élève n’affectait en rien nos relations. Cela ne faisait qu’éveiller mon instinct protecteur. J’étais son chevalier Bayard 2. Celles qui voulaient se moquer d’elle devaient d’abord en découdre avec 3 moi.
Je n’étais pas la seule au Petit Lycée à affectionner Yvelise. Pour sa douceur de caractère, notre maîtresse, Mme Ernouville, l’adorait. Si j’étais sa bête noire à cause de mon indiscipline et surtout de ma manière, imitée de Sandrino 4, de me moquer de tout le monde, même des personnes, précisait-elle, qui en savaient plus que moi, Yvelise était sa petite doudou 5. Elle avait plus d’une fois engagé la directrice, amie de Lise 6, à mettre cette dernière en garde contre la mauvaise fréquentation que je représentais. [...]
Je croyais mes rapports d’amitié avec Yvelise éternels, bâtis sur le roc d’une fondation inébranlable 7. Pourtant, par sa méchanceté et la perversité de son esprit, Mme Ernouville faillit y mettre un terme. Au mois de décembre, comme en cette fin d’année elle brillait moins que jamais par le zèle et par l’imagination, elle nous donna à rédiger un sujet bien peu original: « Décrivez votre meilleure amie. »
Ce devoir m’ennuya. Je le bâclai 8 et n’y songeai plus, une fois remis mon cahier de français. Quelques jours plus tard, Mme Ernouville en débuta la correction par cette sentence:
– Maryse, huit heures de colle à cause des quantités de méchancetés que tu as écrites sur Yvelise.
Méchancetés ? Là-dessus, elle se mit à lire ma rédaction de sa voix graillonneuse: « Yvelise n’est pas jolie. Elle n’est pas non plus intelligente. » Les élèves pouffèrent de rire et, du coin de l’œil, lorgnèrent Yvelise qui, blessée par cette franchise brutale, faisait piteuse figure. Mme Ernouville poursuivit sa lecture. Avec la même maladresse, je m’efforçais ensuite d’expliquer le mystère de l’amitié entre la cancre et la surdouée. À vrai dire, les choses en seraient restées là, quelques ricanements d’élèves, une bouderie passagère d’Yvelise trop bonne pour garder longtemps gros cœur, si Mme Ernouville n’avait décidé de faire un rapport à la directrice sur ce qu’elle appelait ma méchanceté. Celle-ci, outrée, informa la mère d’Yvelise qui reprocha violemment à ma mère l’éducation qu’elle me donnait. J’avais traité sa fille de laideron demeuré 9. Qu’est-ce que je me croyais, hein ? J’étais le digne rejeton d’une famille où l’on pétait plus haut que ses fesses 10, d’une famille de nègres 11 qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Ma mère s’offusqua de ces propos. Mon père aussi. À son tour, le père d’Yvelise prit la mouche 12. Bref, les grandes personnes entrèrent dans la danse et oublièrent l’origine enfantine de cette querelle. La conséquence fut que ma mère m’interdit de mettre les pieds chez Yvelise.
(606 Wörter)
Maryse Condé: Le cœur à rire et à pleurer. Contes vrais de mon enfance. Paris 1999, S. 39–43.
Vocabulaire
1 ânonner – dt.: stockend lesen
2 un chevalier Bayard – dt.: edler Ritter ohne Furcht und Tadel
3 en découdre avec qn – dt.: es mit jdm zu tun bekommen
4 Sandrino – nom du frère de la narratrice
5 la doudou – ici: élève préférée de la prof
6 Lise – mère d'Yvelise
7 bâtis sur le roc d'une fondation inébranlable – indestructibles
8 bâcler – fam. dt.: schludern
9 un laideron demeuré – fam. dt.: bescheuerte Vogelscheuche
10 péter plus haut que ses fesses – fam. être arrogant
11 le nègre – expression péjorative désignant qn de couleur de peau noire
12 prendre la mouche – fam. s'énerver
1 Présentez l'évolution de la relation entre les deux filles. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B3 - 2 · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez)
Maryse Condé: Yvelise (roman, 1999)
L’histoire se déroule en Guadeloupe dans les années 1950
À l’école tout me séparait d’Yvelise.
Oui, nous étions dans la même classe. Oui, nous étions assises côte à côte dans nos robes souvent pareilles. Mais, tandis que je continuais sans effort d’être première partout, Yvelise était bonne dernière. Si ses parents n’avaient pas été ce qu’ils étaient, elle n’aurait jamais franchi le seuil du Petit Lycée. Yvelise ne lisait pas, elle ânonnait 1. Elle réfléchissait un long moment pour découvrir ce que font mystérieusement 2 et 2. Ses dictées comportaient cinquante fautes. Elle était incapable de retenir une fable de La Fontaine. Quand la maîtresse l’appelait au tableau, dans son désespoir, Yvelise se tordait et gigotait tellement que la classe rugissait de rire. Il n’y avait qu’en solfège et musique qu’elle excellait car le Bon Dieu l’avait dotée d’une voix de rossignol. La maîtresse de piano lui faisait chanter en solo la barcarolle des Contes d’Hoffmann. Qu’Yvelise soit mauvaise élève n’affectait en rien nos relations. Cela ne faisait qu’éveiller mon instinct protecteur. J’étais son chevalier Bayard 2. Celles qui voulaient se moquer d’elle devaient d’abord en découdre avec 3 moi.
Je n’étais pas la seule au Petit Lycée à affectionner Yvelise. Pour sa douceur de caractère, notre maîtresse, Mme Ernouville, l’adorait. Si j’étais sa bête noire à cause de mon indiscipline et surtout de ma manière, imitée de Sandrino 4, de me moquer de tout le monde, même des personnes, précisait-elle, qui en savaient plus que moi, Yvelise était sa petite doudou 5. Elle avait plus d’une fois engagé la directrice, amie de Lise 6, à mettre cette dernière en garde contre la mauvaise fréquentation que je représentais. [...]
Je croyais mes rapports d’amitié avec Yvelise éternels, bâtis sur le roc d’une fondation inébranlable 7. Pourtant, par sa méchanceté et la perversité de son esprit, Mme Ernouville faillit y mettre un terme. Au mois de décembre, comme en cette fin d’année elle brillait moins que jamais par le zèle et par l’imagination, elle nous donna à rédiger un sujet bien peu original: « Décrivez votre meilleure amie. »
Ce devoir m’ennuya. Je le bâclai 8 et n’y songeai plus, une fois remis mon cahier de français. Quelques jours plus tard, Mme Ernouville en débuta la correction par cette sentence:
– Maryse, huit heures de colle à cause des quantités de méchancetés que tu as écrites sur Yvelise.
Méchancetés ? Là-dessus, elle se mit à lire ma rédaction de sa voix graillonneuse: « Yvelise n’est pas jolie. Elle n’est pas non plus intelligente. » Les élèves pouffèrent de rire et, du coin de l’œil, lorgnèrent Yvelise qui, blessée par cette franchise brutale, faisait piteuse figure. Mme Ernouville poursuivit sa lecture. Avec la même maladresse, je m’efforçais ensuite d’expliquer le mystère de l’amitié entre la cancre et la surdouée. À vrai dire, les choses en seraient restées là, quelques ricanements d’élèves, une bouderie passagère d’Yvelise trop bonne pour garder longtemps gros cœur, si Mme Ernouville n’avait décidé de faire un rapport à la directrice sur ce qu’elle appelait ma méchanceté. Celle-ci, outrée, informa la mère d’Yvelise qui reprocha violemment à ma mère l’éducation qu’elle me donnait. J’avais traité sa fille de laideron demeuré 9. Qu’est-ce que je me croyais, hein ? J’étais le digne rejeton d’une famille où l’on pétait plus haut que ses fesses 10, d’une famille de nègres 11 qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Ma mère s’offusqua de ces propos. Mon père aussi. À son tour, le père d’Yvelise prit la mouche 12. Bref, les grandes personnes entrèrent dans la danse et oublièrent l’origine enfantine de cette querelle. La conséquence fut que ma mère m’interdit de mettre les pieds chez Yvelise.
(606 Wörter)
Maryse Condé: Le cœur à rire et à pleurer. Contes vrais de mon enfance. Paris 1999, S. 39–43.
Vocabulaire
1 ânonner – dt.: stockend lesen
2 un chevalier Bayard – dt.: edler Ritter ohne Furcht und Tadel
3 en découdre avec qn – dt.: es mit jdm zu tun bekommen
4 Sandrino – nom du frère de la narratrice
5 la doudou – ici: élève préférée de la prof
6 Lise – mère d'Yvelise
7 bâtis sur le roc d'une fondation inébranlable – indestructibles
8 bâcler – fam. dt.: schludern
9 un laideron demeuré – fam. dt.: bescheuerte Vogelscheuche
10 péter plus haut que ses fesses – fam. être arrogant
11 le nègre – expression péjorative désignant qn de couleur de peau noire
12 prendre la mouche – fam. s'énerver
2 Caractérisez la narratrice. (40 BE)
Aufgabe Vorschlag B3 - 3.1 · Bezug zu Unterrichtsinhalten (Comparez / Mettez en rapport)
Maryse Condé: Yvelise (roman, 1999)
L’histoire se déroule en Guadeloupe dans les années 1950
À l’école tout me séparait d’Yvelise.
Oui, nous étions dans la même classe. Oui, nous étions assises côte à côte dans nos robes souvent pareilles. Mais, tandis que je continuais sans effort d’être première partout, Yvelise était bonne dernière. Si ses parents n’avaient pas été ce qu’ils étaient, elle n’aurait jamais franchi le seuil du Petit Lycée. Yvelise ne lisait pas, elle ânonnait 1. Elle réfléchissait un long moment pour découvrir ce que font mystérieusement 2 et 2. Ses dictées comportaient cinquante fautes. Elle était incapable de retenir une fable de La Fontaine. Quand la maîtresse l’appelait au tableau, dans son désespoir, Yvelise se tordait et gigotait tellement que la classe rugissait de rire. Il n’y avait qu’en solfège et musique qu’elle excellait car le Bon Dieu l’avait dotée d’une voix de rossignol. La maîtresse de piano lui faisait chanter en solo la barcarolle des Contes d’Hoffmann. Qu’Yvelise soit mauvaise élève n’affectait en rien nos relations. Cela ne faisait qu’éveiller mon instinct protecteur. J’étais son chevalier Bayard 2. Celles qui voulaient se moquer d’elle devaient d’abord en découdre avec 3 moi.
Je n’étais pas la seule au Petit Lycée à affectionner Yvelise. Pour sa douceur de caractère, notre maîtresse, Mme Ernouville, l’adorait. Si j’étais sa bête noire à cause de mon indiscipline et surtout de ma manière, imitée de Sandrino 4, de me moquer de tout le monde, même des personnes, précisait-elle, qui en savaient plus que moi, Yvelise était sa petite doudou 5. Elle avait plus d’une fois engagé la directrice, amie de Lise 6, à mettre cette dernière en garde contre la mauvaise fréquentation que je représentais. [...]
Je croyais mes rapports d’amitié avec Yvelise éternels, bâtis sur le roc d’une fondation inébranlable 7. Pourtant, par sa méchanceté et la perversité de son esprit, Mme Ernouville faillit y mettre un terme. Au mois de décembre, comme en cette fin d’année elle brillait moins que jamais par le zèle et par l’imagination, elle nous donna à rédiger un sujet bien peu original: « Décrivez votre meilleure amie. »
Ce devoir m’ennuya. Je le bâclai 8 et n’y songeai plus, une fois remis mon cahier de français. Quelques jours plus tard, Mme Ernouville en débuta la correction par cette sentence:
– Maryse, huit heures de colle à cause des quantités de méchancetés que tu as écrites sur Yvelise.
Méchancetés ? Là-dessus, elle se mit à lire ma rédaction de sa voix graillonneuse: « Yvelise n’est pas jolie. Elle n’est pas non plus intelligente. » Les élèves pouffèrent de rire et, du coin de l’œil, lorgnèrent Yvelise qui, blessée par cette franchise brutale, faisait piteuse figure. Mme Ernouville poursuivit sa lecture. Avec la même maladresse, je m’efforçais ensuite d’expliquer le mystère de l’amitié entre la cancre et la surdouée. À vrai dire, les choses en seraient restées là, quelques ricanements d’élèves, une bouderie passagère d’Yvelise trop bonne pour garder longtemps gros cœur, si Mme Ernouville n’avait décidé de faire un rapport à la directrice sur ce qu’elle appelait ma méchanceté. Celle-ci, outrée, informa la mère d’Yvelise qui reprocha violemment à ma mère l’éducation qu’elle me donnait. J’avais traité sa fille de laideron demeuré 9. Qu’est-ce que je me croyais, hein ? J’étais le digne rejeton d’une famille où l’on pétait plus haut que ses fesses 10, d’une famille de nègres 11 qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Ma mère s’offusqua de ces propos. Mon père aussi. À son tour, le père d’Yvelise prit la mouche 12. Bref, les grandes personnes entrèrent dans la danse et oublièrent l’origine enfantine de cette querelle. La conséquence fut que ma mère m’interdit de mettre les pieds chez Yvelise.
(606 Wörter)
Maryse Condé: Le cœur à rire et à pleurer. Contes vrais de mon enfance. Paris 1999, S. 39–43.
Vocabulaire
1 ânonner – dt.: stockend lesen
2 un chevalier Bayard – dt.: edler Ritter ohne Furcht und Tadel
3 en découdre avec qn – dt.: es mit jdm zu tun bekommen
4 Sandrino – nom du frère de la narratrice
5 la doudou – ici: élève préférée de la prof
6 Lise – mère d'Yvelise
7 bâtis sur le roc d'une fondation inébranlable – indestructibles
8 bâcler – fam. dt.: schludern
9 un laideron demeuré – fam. dt.: bescheuerte Vogelscheuche
10 péter plus haut que ses fesses – fam. être arrogant
11 le nègre – expression péjorative désignant qn de couleur de peau noire
12 prendre la mouche – fam. s'énerver
3.1 Comparez la relation entre la narratrice et Yvelise avec une relation amicale dans une œuvre littéraire ou cinématographique de votre choix. (30 BE)
Aufgabe Vorschlag B3 - 3.2 · Kreatives Schreiben: Perspektivwechsel und Fortsetzung (Journal intime, lettre d'un personnage)
Maryse Condé: Yvelise (roman, 1999)
L’histoire se déroule en Guadeloupe dans les années 1950
À l’école tout me séparait d’Yvelise.
Oui, nous étions dans la même classe. Oui, nous étions assises côte à côte dans nos robes souvent pareilles. Mais, tandis que je continuais sans effort d’être première partout, Yvelise était bonne dernière. Si ses parents n’avaient pas été ce qu’ils étaient, elle n’aurait jamais franchi le seuil du Petit Lycée. Yvelise ne lisait pas, elle ânonnait 1. Elle réfléchissait un long moment pour découvrir ce que font mystérieusement 2 et 2. Ses dictées comportaient cinquante fautes. Elle était incapable de retenir une fable de La Fontaine. Quand la maîtresse l’appelait au tableau, dans son désespoir, Yvelise se tordait et gigotait tellement que la classe rugissait de rire. Il n’y avait qu’en solfège et musique qu’elle excellait car le Bon Dieu l’avait dotée d’une voix de rossignol. La maîtresse de piano lui faisait chanter en solo la barcarolle des Contes d’Hoffmann. Qu’Yvelise soit mauvaise élève n’affectait en rien nos relations. Cela ne faisait qu’éveiller mon instinct protecteur. J’étais son chevalier Bayard 2. Celles qui voulaient se moquer d’elle devaient d’abord en découdre avec 3 moi.
Je n’étais pas la seule au Petit Lycée à affectionner Yvelise. Pour sa douceur de caractère, notre maîtresse, Mme Ernouville, l’adorait. Si j’étais sa bête noire à cause de mon indiscipline et surtout de ma manière, imitée de Sandrino 4, de me moquer de tout le monde, même des personnes, précisait-elle, qui en savaient plus que moi, Yvelise était sa petite doudou 5. Elle avait plus d’une fois engagé la directrice, amie de Lise 6, à mettre cette dernière en garde contre la mauvaise fréquentation que je représentais. [...]
Je croyais mes rapports d’amitié avec Yvelise éternels, bâtis sur le roc d’une fondation inébranlable 7. Pourtant, par sa méchanceté et la perversité de son esprit, Mme Ernouville faillit y mettre un terme. Au mois de décembre, comme en cette fin d’année elle brillait moins que jamais par le zèle et par l’imagination, elle nous donna à rédiger un sujet bien peu original: « Décrivez votre meilleure amie. »
Ce devoir m’ennuya. Je le bâclai 8 et n’y songeai plus, une fois remis mon cahier de français. Quelques jours plus tard, Mme Ernouville en débuta la correction par cette sentence:
– Maryse, huit heures de colle à cause des quantités de méchancetés que tu as écrites sur Yvelise.
Méchancetés ? Là-dessus, elle se mit à lire ma rédaction de sa voix graillonneuse: « Yvelise n’est pas jolie. Elle n’est pas non plus intelligente. » Les élèves pouffèrent de rire et, du coin de l’œil, lorgnèrent Yvelise qui, blessée par cette franchise brutale, faisait piteuse figure. Mme Ernouville poursuivit sa lecture. Avec la même maladresse, je m’efforçais ensuite d’expliquer le mystère de l’amitié entre la cancre et la surdouée. À vrai dire, les choses en seraient restées là, quelques ricanements d’élèves, une bouderie passagère d’Yvelise trop bonne pour garder longtemps gros cœur, si Mme Ernouville n’avait décidé de faire un rapport à la directrice sur ce qu’elle appelait ma méchanceté. Celle-ci, outrée, informa la mère d’Yvelise qui reprocha violemment à ma mère l’éducation qu’elle me donnait. J’avais traité sa fille de laideron demeuré 9. Qu’est-ce que je me croyais, hein ? J’étais le digne rejeton d’une famille où l’on pétait plus haut que ses fesses 10, d’une famille de nègres 11 qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Ma mère s’offusqua de ces propos. Mon père aussi. À son tour, le père d’Yvelise prit la mouche 12. Bref, les grandes personnes entrèrent dans la danse et oublièrent l’origine enfantine de cette querelle. La conséquence fut que ma mère m’interdit de mettre les pieds chez Yvelise.
(606 Wörter)
Maryse Condé: Le cœur à rire et à pleurer. Contes vrais de mon enfance. Paris 1999, S. 39–43.
Vocabulaire
1 ânonner – dt.: stockend lesen
2 un chevalier Bayard – dt.: edler Ritter ohne Furcht und Tadel
3 en découdre avec qn – dt.: es mit jdm zu tun bekommen
4 Sandrino – nom du frère de la narratrice
5 la doudou – ici: élève préférée de la prof
6 Lise – mère d'Yvelise
7 bâtis sur le roc d'une fondation inébranlable – indestructibles
8 bâcler – fam. dt.: schludern
9 un laideron demeuré – fam. dt.: bescheuerte Vogelscheuche
10 péter plus haut que ses fesses – fam. être arrogant
11 le nègre – expression péjorative désignant qn de couleur de peau noire
12 prendre la mouche – fam. s'énerver
3.2 Après ce qui s'est passé à l'école et avec les familles, la narratrice décide d'écrire une lettre à Yvelise.
Rédigez cette lettre. (30 BE)
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