Aufgabe Vorschlag B1 - 2 · Abitur Hessen Französisch LK 2022
Thema: Bezug zu Unterrichtsinhalten (Comparez / Mettez en rapport) · Aus der Prüfung LK (2022)
Aufgabenstellung
Emile Zola: L'Assommoir (roman, 1877)
Dans le roman « L'Assommoir » Emile Zola décrit le destin d'une famille ouvrière au 19 e siècle à Paris. Après avoir été abandonnée avec ses deux enfants par son mari, la blanchisseuse 1 Gervaise Macquart rencontre, dans un café, l'ouvrier Coupeau.
Vers onze heures et demie, un jour de beau soleil, Gervaise et Coupeau, l’ouvrier zingueur 2,
mangeaient ensemble une prune 3, à l’Assommoir 4 du père Colombe. Coupeau, qui fumait une cigarette
sur le trottoir, l’avait forcée à entrer comme elle traversait la rue, revenant de porter du linge; et son
grand panier carré de blanchisseuse était par terre, près d’elle, derrière la petite table de zinc. […]
5 Lorsque le zingueur eut allumé sa cigarette, il posa les coudes sur la table, avança la face, regarda un
instant la jeune femme, dont le joli visage de blonde avait, ce jour-là, une transparence laiteuse de fine
porcelaine. Puis, faisant allusion à une affaire connue d’eux seuls, débattue déjà, il demanda
simplement, à demi-voix:
« Alors non ? vous dites non ?
10 – Oh ! bien sûr, non monsieur Coupeau, répondit tranquillement Gervaise souriante. Vous n’allez
peut-être ne pas me parler de ça ici. Vous m’aviez promis pourtant d’être raisonnable… Si j’avais su,
j’aurais refusé votre consommation 5. »
Il ne reprit pas la parole, continua à la regarder, de tout près, avec une tendresse hardie […]. Elle,
pourtant ne se reculait pas, demeurait placide et affectueuse. Au bout d’un silence, elle dit encore:
15 « Vous n’y songez pas, vraiment. Je suis une vieille femme, moi; j’ai un grand garçon de huit ans…
Qu’est-ce que nous ferions ensemble ?
– Pardi ! murmura Coupeau en clignant les yeux, ce que font les autres ! »
Mais elle eut un geste d’ennui.
« Ah ! si vous croyez que c’est toujours amusant ? On voit bien que vous n’avez pas été en ménage 6 …
20 Non, Monsieur Coupeau, il faut que je pense aux choses sérieuses. J’ai deux bouches à la maison, et
qui avalent ferme, allez ! Comment voulez-vous que j’arrive à élever mon petit monde, si je m’amuse
à la bagatelle 7 ?… Et puis, écoutez, mon malheur a été une fameuse leçon. Vous savez, les hommes
maintenant, ça ne fait plus mon affaire. On ne me repincera 8 pas de longtemps. »
Elle s’expliquait sans colère, avec une grande sagesse, comme si elle avait traité une question
25 d’ouvrage […]. On voyait qu’elle avait arrêté ça dans sa tête, après de mûres réflexions.
Coupeau, attendri, répétait:
« Vous me causez bien de la peine, bien de la peine…
– Oui, c’est ce que je vois, reprit-elle, et j’en suis fâchée 9 pour vous, monsieur Coupeau… Il ne faut
pas que ça vous blesse. Si j’avais des idées à rire, mon Dieu ! ce serait encore plutôt avec vous qu’avec
30 un autre. Vous avez l’air bon garçon, vous êtes gentil. On se mettrait ensemble, n’est-ce pas ? et on
irait tant qu’on irait. Je ne fais pas ma princesse, je ne dis point que ça n’aurait pas pu arriver…
Seulement, à quoi bon, puisque je n’en ai pas envie ? Me voilà chez Madame Fauconnier depuis
quinze jours. Les petits vont à l’école. Je travaille, je suis contente… Hein ? le mieux alors est de
rester comme on est. »
35 Elle se baissa pour reprendre son panier.
« Vous me faites causer, on doit m’attendre chez la patronne… Vous en trouverez une autre, allez !
monsieur Coupeau, plus jolie que moi, et qui n’aura pas deux marmots à traîner. » […]
Gervaise avait repris son panier. Elle ne se levait pourtant pas, le tenait sur ses genoux, les regards
perdus, rêvant, comme si les paroles du jeune ouvrier éveillaient en elle des pensées lointaines
40 d’existence. Et elle dit encore, lentement, sans transition apparente:
« Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose… Mon idéal, ce serait de
travailler tranquille, de manger toujours du pain, d’avoir un trou un peu propre pour dormir, vous
savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage… Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en
faire de bons sujets, si c’était possible… Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me
45 remettais jamais en ménage; non, ça ne me plairait pas d’être battue… Et c’est tout, vous voyez, c’est
tout… »
Elle cherchait, interrogeait ses désirs, ne trouvait plus rien de sérieux qui la tentât. Cependant, elle
reprit, après avoir hésité:
« Oui, on peut à la fin avoir le désir de mourir dans son lit… Moi, après avoir bien trimé 10 toute ma
50 vie, je mourrais volontiers dans mon lit, chez moi. »
Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s’inquiétant de
l’heure.
(755 Wörter)
Emile Zola: L'assommoir, Paris 1961, S. 402–411.
Annotations
1 une blanchisseuse – une femme dont le métier est de laver du linge et de le repasser
2 l'ouvrier-zingueur m – dt.: hier: Bauklempner (fertigt und montiert Blechbauteile wie Dachrinnen, Regenrohre, Fassadenverkleidungen etc.)
3 une prune – hier: eine in Schnaps eingelegte Pflaume
4 l'Assommoir – ici: le nom du café (du père)
5 la consommation – ici: l'invitation à boire f
6 être en ménage – vivre ensemble
7 s'amuser à la bagatelle vieux – ici: les relations sexuelles
8 repincer qn – dt.: jdn wieder erwischen
9 être fâché,e – ici: désolé,e
10 trimer vieux – travailler
2
Comparez le rêve de bonheur de Gervaise et sa situation réelle (Material) avec ceux de Mathilde Loisel dans la nouvelle La Parure de Guy de Maupassant. (40 BE)

Lösung
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2 Comparez le rêve de bonheur de Gervaise et sa situation réelle (Material) avec ceux de Mathilde Loisel dans la nouvelle La Parure de Guy de Maupassant.
Lösung: Une réponse complète analyse de façon comparative la situation réelle et les idéaux des deux protagonistes : ### 1. Gervaise (*L'Assommoir*) - Situation réelle : Jeune ouvrière, blanchisseuse, abandonnée, elle travaille durement et élève seule ses deux enfants. Elle est satisfaite de sa situation professionnelle actuelle et ne souhaite pas changer de statut. - Idéal de bonheur : Modeste, réaliste et mesuré. Elle désire un minimum vital et de confort (manger du pain, un logement propre, quelques meubles), la tranquillité sans violence conjugale (« ne pas être battue »), l'éducation réussie de ses enfants et une mort paisible dans son lit après une vie de labeur honnête. Elle fait preuve de lucidité et de responsabilité. ### 2. Mathilde Loisel (*La Parure*) - Situation réelle : Petite bourgeoise, mariée à un commis qui l'aime. Au début de l'histoire, elle n'a pas besoin de travailler, a une servante, mais se montre profondément insatisfaite et amère. - Idéal de bonheur : Fait de luxe inaccessible, d'illusions et de vanité. Elle rêve de réceptions somptueuses, de bijoux, de robes luxueuses, d'admiration et de richesse. Ses désirs sont démesurés, matérialistes et égoïstes. Ce décalage mènera à sa ruine après la perte de la parure. ### 3. Différences et parallèles - Différences : Modestie et réalisme de Gervaise face à l'insatisfaction vaniteuse et démesurée de Mathilde ; acceptation du travail chez Gervaise contre rejet du quotidien bourgeois chez Mathilde. - Parallèles : Deux femmes du XIXᵉ siècle confrontées aux difficultés de leur condition féminine et sociale, ayant toutes deux un moment de réflexion sur leur passé et aspirant à une forme de sécurité ou de changement.
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