Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie jour 1 - Remplacement 2024

Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Jour 1 - Remplacement (2024)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

[10 points]

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les négociations et accords internationaux liés à la préservation de l'environnement sont contraints.

Document 1

Pour répondre à la demande, l'Inde restera probablement fortement dépendante du charbon pendant encore de nombreuses années, tout en continuant à accroître ses importations de pétrole. L'avenir de la planète dépend, à bien des égards, de la voie que choisira d'emprunter le pays, entre la poursuite de sa croissance économique et la nécessité de ralentir ses émissions.

L'Inde est le quatrième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, derrière la Chine, les États-Unis et l'Union européenne. Le Premier ministre Narendra Modi s'est engagé à atteindre le zéro émission nette d'ici à 2070, soit vingt ans après l'échéance que se sont fixée les États-Unis et dix ans après celle de la Chine. L'Inde a également promis de réduire l'intensité de ses émissions – c'est-à-dire le volume d'émissions par unité de produit intérieur brut – avant la fin de la décennie à 45 % de moins qu'en 2005. Cependant, les émissions totales du pays devraient continuer à augmenter jusqu'en 2045 environ.

L'horizon lointain du zéro émission nette, de même que l'obstination à utiliser l'intensité des émissions plutôt que les émissions elles-mêmes pour mesurer les progrès ont déçu certains écologistes. Les autorités indiennes affirment cependant que le pays fait plus que sa part dans les limites d'une nation en développement. Jusqu'à il y a une quinzaine d'années, la position de l'Inde consistait à dire qu'il revenait aux nations industrialisées de résoudre le problème du changement climatique, parce qu'elles avaient rejeté du CO 2 dans l'atmosphère bien avant que l'empreinte carbone 1 de l'Inde se montre aussi importante.

Au milieu des années 2000, le problème du climat suscitant une inquiétude grandissante, l'Inde s'est montrée plus disposée à chercher des solutions. « Le sentiment de ne plus pouvoir se contenter de trouver un bouc émissaire grandissait », relate R.R. Rashmi, représentant de l'Inde dans les négociations sur le climat durant de nombreuses années et désormais membre de l'Institut de l'énergie et des ressources (TERI) de New Delhi. « Le problème est mondial; tout le monde doit partager le fardeau. »

Pour l'Inde, les raisons de s'inquiéter sont nombreuses. L'élévation du niveau de la mer menace les 7 520 km du littoral indien et, de fait, des dizaines de millions de personnes. Ce printemps, une vague de chaleur prolongée a fait grimper les températures au-dessus de 45°C dans une grande partie du pays, flétrissant les cultures dans les champs. Les sécheresses sont de plus en plus intenses et les cyclones frappent les côtes de plus en plus violemment, inondant les zones urbaines.

Source: Yudhijit BHATTACHARJEE, « L'Inde réinvente sa stratégie énergétique - et le climat mondial pourrait en bénéficier », www.nationalgeographic.fr, 5 août 2022.

1: L'empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre (GES) induite par la demande finale intérieure d'un pays que les biens ou services consommés soient produits sur le territoire national ou importés (INSEE).

Document 2 — Classement des pays en fonction des émissions de dioxyde de carbone (CO 2) par habitant en 2020

Classement en fonction des émissions de CO 2 / habitant · Pays · Émissions de CO 2 / habitant en 2020 (en tonnes) · PIB / habitant ($ PPA internationaux courants)

1 · Qatar · 32 · 94 005

2 · Bahreïn · 22 · 50 683

3 · Brunei · 22 · 65 054

4 · Koweït · 22 · 46 383

5 · Émirats arabes unis · 20 · 71 459

6 · Oman · 16 · 34 952

7 · Australie · 15 · 53 066

8 · Arabie saoudite · 14 · 47 279

9 · Canada · 14 · 47 226

10 · États-Unis · 13 · 63 529

19 · Japon · 8 · 50 953

20 · République populaire de Chine · 8 · 17 210

26 · Allemagne · 7 · 56 483

54 · Royaume-Uni · 5 · 50 953

62 · France · 4 · 50 953

77 · Argentine · 3 · 20 788

83 · Suède · 3 · 56 141

87 · Maldives · 3 · 14 171

90 · Guinée équatoriale · 3 · 2 750

95 · Tunisie · 2 · 10 602

96 · Arménie · 2 · 14 106

100 · Panama · 2 · 28 097

Source: Banque Mondiale, 2023.

Document 3 — Nombre de promesses nationales pour atteindre le « zéro net » (émissions nettes de CO 2 nulles)

1: Dans la loi: un engagement net zéro a été approuvé par le parlement et est juridiquement contraignant.

2: Proposé: un engagement net-zéro a été proposé au parlement pour être voté en tant que loi.

3: Dans un document politique: un engagement net-zéro a été proposé mais n'a pas de statut juridiquement contraignant.

Source: d'après OCDE, 2021.

Énoncé: Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie jour 1 - Remplacement 2024

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les négociations et accords internationaux liés à la préservation de l'environnement sont contraints.

Réponse : Introduction : Depuis les années 1990 (Sommet de la Terre à Rio, 1992), la communauté internationale tente de construire une gouvernance mondiale de l'environnement, notamment à travers les COP (Conférences des Parties) et l'Accord de Paris (2015), qui fixe l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5-2°C. Pourtant, ces négociations et les accords qui en résultent restent fortement contraints par la souveraineté des États, les inégalités de développement et l'absence de mécanismes de sanction contraignants. I. Des négociations contraintes par la diversité des intérêts nationaux et le principe de souveraineté - Chaque État reste souverain et négocie en fonction de ses propres intérêts économiques et sociaux : le document 1 montre que l'Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre, reste dépendante du charbon et du pétrole pour poursuivre sa croissance économique, ce qui retarde son engagement vers la neutralité carbone (fixée à 2070, bien après les États-Unis en 2050 et la Chine en 2060). - Les pays invoquent le principe des 'responsabilités communes mais différenciées' : l'Inde rappelle que les pays industrialisés se sont développés en émettant du CO2 bien avant elle, ce qui justifie à ses yeux un traitement différencié dans les négociations (document 1). - Le document 2 révèle de fortes inégalités d'émissions par habitant (de 32 tonnes au Qatar à 2 tonnes en Tunisie ou au Panama), souvent corrélées au niveau de richesse (PIB/habitant), ce qui complique l'obtention d'un consensus équitable entre pays développés, émergents et pays pauvres. II. Des accords internationaux dont la portée reste limitée par l'absence de contraintes juridiques fortes - Le document 3 montre que si le nombre de pays ayant pris des engagements de 'zéro net' a fortement augmenté entre 2015 et 2021 (de 3 à 50 pays), une grande partie de ces engagements ne figure que dans des documents politiques non contraignants, et seule une minorité est inscrite dans la loi. - Les accords internationaux (comme l'Accord de Paris) reposent sur une logique déclarative et incitative (engagements volontaires, 'contributions déterminées au niveau national') plutôt que sur des obligations juridiquement sanctionnables, faute d'une autorité supranationale capable de contraindre les États. - Le cas indien illustre ces limites : malgré ses engagements, l'Inde continue d'augmenter ses émissions totales jusqu'en 2045 environ, et mesure ses progrès par l'intensité carbone plutôt que par la baisse absolue des émissions, ce qui déçoit certains observateurs (document 1). Conclusion : Les négociations et accords internationaux sur l'environnement progressent (multiplication des engagements de neutralité carbone), mais restent contraints par la souveraineté des États, les inégalités de développement et de responsabilité historique, et l'absence de mécanismes contraignants efficaces, ce qui limite leur capacité à répondre à l'urgence climatique.

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