Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2023 (jour 2)

Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Jour 2 (2023)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les questions environnementales impliquent une diversité d'acteurs à différentes échelles.

DOCUMENT 1 — Evolution des préoccupations environnementales des Français

Parmi les problèmes suivants liés à la dégradation de l'environnement, quel est celui qui vous parait le plus préoccupant ? (en %)

· 2010 · 2011 · 2012 · 2013 · 2014 · 2015 · 2016 · 2017 · 2018 · 2019

Le réchauffement de la planète (et l'effet de serre) · 16 · 18 · 20 · 20 · 26 · 26 · 28 · 30 · 32 · 31

La pollution de l'air · 19 · 19 · 19 · 20 · 21 · 25 · 25 · 24 · 17 · 21

Les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, séismes, …) · 16 · 19 · 18 · 17 · 17 · 18 · 12 · 13 · 17 · 12

La pollution de l'eau, des rivières et des lacs · 18 · 17 · 13 · 13 · 12 · 10 · 11 · 12 · 10 · 11

L'augmentation des déchets des ménages · 13 · 13 · 13 · 14 · 8 · 9 · 8 · 6 · 8 · 10

La disparition de certaines espèces végétales ou animales · 7 · 5 · 6 · 6 · 6 · 6 · 9 · 8 · 12 · 10

La gêne occasionnée par le bruit · 5 · 5 · 7 · 6 · 5 · 2 · 4 · 5 · 2 · 3

Aucun · 2 · 1 · 2 · 1 · 1 · 1 · 1 · 1 · 0 · 1

Source: « Opinions des Français sur l'environnement », www.notre-environnement.gouv.fr, 20 août 2019.

DOCUMENT 2

Le périmètre des politiques environnementales s'est élargi depuis les années 1970. À l'attention portée aux pollutions locales et régionales (pluies acides), des enjeux globaux sont venus se rajouter au cours des années 1980 et 1990 (couche d'ozone, biodiversité et changement climatique). Cet accroissement résulte à la fois de l'émergence de nouveaux enjeux et de la transcription dans le droit national de réglementations européennes ou de traités internationaux qui se sont multipliés depuis trente ans.

Depuis la Convention Climat (Rio 1992) et après l'Accord de Paris sur le climat (2015), la France a intégré dans sa législation des objectifs de plus en plus ambitieux. Le "facteur 4" à horizon 2050 (réduction par quatre des émissions de gaz à effet de serre) est inclus dès 2003 au sein de la Stratégie nationale de développement durable, puis réaffirmé dans le Grenelle de l'environnement (2007) et la loi de transition énergétique sur la croissance verte (LTECV) de 2015. L'objectif de neutralité carbone est désormais affiché dans le plan climat 2017. Autre exemple, la transcription de plusieurs directives européennes sur la protection des zones aquifères (lois sur l'eau de 1992 et 2006).

Sur le plan institutionnel, le petit ministère de la Protection de la nature et de l'Environnement, créé en 1971, a vu ses compétences s'étendre et s'articuler avec le processus d'élargissement des compétences des collectivités locales […]. Dans cette période, les politiques environnementales se sont ouvertes à des dispositifs de dialogue avec les acteurs de la société. Le Grenelle de l'environnement de 2007 a, de ce point de vue, constitué un tournant dans cette "phase d'ouverture" […]. Les lois Grenelle I (2009) et II (2010) qui en ont résulté incluent les instruments destinés à traiter des principaux enjeux environnementaux (climat, biodiversité, pollution, etc.) et organisent la gouvernance des politiques dédiées.

Source: Christophe CASSEN et Jean-Charles HOURCADE, « Les politiques environnementales en France à la croisée des chemins », www.vie-publique.fr, 26 novembre 2019.

DOCUMENT 3 — Engagements des entreprises en faveur de l'environnement selon l'impact estimé de leur activité sur l'environnement (en %)

Lecture: 40 % des entreprises qui considèrent que leur activité a un très fort impact sur l'environnement développent des écoproduits, contre 12 % de celles qui estiment que leur activité n'a pas d'impact sur l'environnement. Champ: entreprises employant 20 salariés ou plus.

Source: d'après Sylvie DUMARTIN, « Les pratiques environnementales des entreprises », INSEE Première, n°1673, 14 novembre 2017.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Montrez que les questions environnementales impliquent une diversité d'acteurs à différentes échelles.

Réponse : Introduction : Depuis les années 1970, les questions environnementales se sont élargies. Aux pollutions locales (eau, air, bruit) se sont ajoutés des enjeux globaux comme le changement climatique, la couche d'ozone ou la biodiversité. Ces problèmes relèvent de biens communs et d'externalités négatives que le marché ne corrige pas spontanément. Leur prise en charge mobilise donc de nombreux acteurs : pouvoirs publics, entreprises, associations et ONG, citoyens, institutions européennes et internationales. Ces acteurs agissent à des échelles allant du local au mondial. On montrera d'abord que la société civile et les entreprises participent à la construction et à la prise en charge des questions environnementales, puis que les pouvoirs publics agissent à plusieurs échelles articulées. I. Des acteurs de la société civile et des acteurs économiques engagés A. Les citoyens et les mouvements sociaux font émerger les problèmes environnementaux. Le document 1 montre une prise de conscience croissante du réchauffement climatique : il est jugé le plus préoccupant par 16 % des Français en 2010 et par 31 % en 2019, devant la pollution de l'air (21 %). À l'inverse, des préoccupations plus locales reculent, comme la pollution de l'eau (de 18 % à 11 %) ou le bruit (de 5 % à 3 %). Cette préoccupation se traduit par des comportements de consommation, des votes et des mobilisations. Les associations et ONG (WWF, Greenpeace), les experts (GIEC) et les médias contribuent à mettre ces questions à l'agenda politique. Ils exercent une pression sur les pouvoirs publics et sur les entreprises. B. Les entreprises sont aussi des acteurs, notamment par la responsabilité sociale et environnementale (RSE). Le document 3 montre que leur engagement augmente avec l'impact estimé de leur activité. Ainsi, 60 % des entreprises estimant avoir un très fort impact pratiquent une gestion économe des ressources, contre 30 % de celles qui estiment n'avoir aucun impact ou un impact très faible. De même, 40 % d'entre elles développent des écoproduits contre 12 %, et 54 % mènent une démarche d'efficacité énergétique contre 17 %. Les entreprises agissent par contrainte réglementaire, par souci d'image ou par intérêt économique (économies d'énergie, nouveaux marchés). Elles peuvent aussi freiner certaines mesures par des actions de lobbying. II. Des pouvoirs publics qui agissent à différentes échelles articulées A. À l'échelle internationale et européenne, des accords encadrent l'action des États. Le document 2 cite la Convention Climat (Rio, 1992) et l'Accord de Paris (2015), négociés lors des COP sous l'égide de l'ONU. L'Union européenne impose aussi des directives, par exemple sur l'eau, transcrites dans les lois françaises de 1992 et 2006. Elle a également créé un marché du carbone. Ces échelles sont nécessaires car les problèmes globaux posent un problème de passager clandestin, mais la coopération y reste difficile. B. À l'échelle nationale et locale, l'État et les collectivités mettent en œuvre ces politiques. L'État a créé en 1971 un ministère de l'Environnement. Il a fixé des objectifs : le « facteur 4 », la neutralité carbone dans le plan climat de 2017 et la LTECV de 2015. Il utilise des instruments variés : réglementation, taxation, subventions, marchés de quotas. Les collectivités locales ont vu leurs compétences s'élargir (transports, déchets, urbanisme). Enfin, des dispositifs de dialogue associent les acteurs de la société, comme le Grenelle de l'environnement (2007) et les lois Grenelle I et II (doc. 2). Conclusion : Les questions environnementales impliquent une diversité d'acteurs : citoyens, associations, experts, entreprises, collectivités, États, Union européenne et organisations internationales. Ces acteurs interviennent à des échelles emboîtées, du local au mondial. Leur action est complémentaire mais parfois conflictuelle. Cette multiplicité d'acteurs et d'échelles rend la gouvernance environnementale complexe et explique les difficultés à atteindre les objectifs fixés, notamment en matière climatique.

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