Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2024 (jour 2)

Thème : L'histoire et les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes · Tiré du sujet Jour 2 (2024)

Énoncé

Étude critique de documents: histoire et mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes

Consigne: en analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que la construction des mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes est un processus complexe.

DOCUMENT 1

Le narrateur, issu d'une famille de Juifs polonais ayant émigré aux États-Unis au début du 20 e siècle, part sur les traces de son grand-oncle, de sa femme et de leurs quatre filles, tués entre 1941 et 1943, près de Bolechow, non loin de Lemberg, dans l'est de la Pologne d'alors.

[Note: Conformément aux droits d'auteur, le corps du texte littéraire n'est pas reproduit intégralement ici. Veuillez vous référer au sujet original (page 3) pour consulter le texte complet de Daniel Mendelsohn.]

D'après Daniel MENDELSOHN, Les disparus, Paris, Flammarion, 2007, p. 146-147.

DOCUMENT 2

« Plus de 65 ans après l'Holocauste, la chancelière allemande Angela Merkel inaugure, ce mercredi à Berlin, le mémorial aux Roms victimes du nazisme alors qu'ils subissent toujours racisme et discrimination dans de nombreux pays d'Europe ».

L'Express.fr avec AFP, publié le 24/10/2012.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Consigne : en analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que la construction des mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes est un processus complexe.

Réponse : Proposition d'éléments attendus dans l'étude critique : 1. Introduction : - Présentation des documents : un extrait de l'ouvrage autobiographique et historique de Daniel Mendelsohn, *Les disparus* (2007), et une photographie de presse de l'inauguration du mémorial aux Roms à Berlin en 2012 par Angela Merkel. - Problématique : Comment la patrimonialisation et la commémoration des génocides juif et tsigane révèlent-elles des mémoires plurielles, asymétriques et en constante évolution ? - Annonce du plan. 2. Axe 1 : La mémoire du génocide des Juifs : entre universalisation d'un symbole et effacement de la singularité (Doc 1) : - La centralité d'Auschwitz : Devenu le symbole mondial de la Shoah. Mendelsohn souligne le paradoxe : Auschwitz incarne la destruction industrielle, mais occulte d'autres réalités majeures comme la « Shoah par balles » (fusillades à l'Est, fosses communes comme à Bolechow ou Babi Yar) et les centres de mise à mort immédiate de l'opération Reinhard (Belzec, Sobibor, Treblinka) où il n'y eut presque aucun survivant. - La tension entre collectif et individu : L'immensité du crime (6 millions de morts, monceaux d'objets et de cheveux) rend le drame anonyme. L'auteur cherche à redonner une identité et un visage aux siens (« sauver mes parents des généralités »). - Le rôle de la mémoire face au négationnisme : Nécessité de témoigner alors que les témoins directs disparaissent et que des contestations persistent. 3. Axe 2 : La mémoire du génocide des Tsiganes (Samudaripen) : une reconnaissance tardive et inachevée (Doc 2) : - Une mémoire longtemps oubliée ou marginalisée : Il a fallu attendre 2012 (soit 67 ans après 1945) pour qu'un mémorial national soit inauguré à Berlin pour les centaines de milliers de Roms et Sintis assassinés par le régime nazi. - Le rôle politique et mémoriel de l'État allemand : La présence de la chancelière Angela Merkel aux côtés des survivants symbolise la reconnaissance officielle tardive par la République fédérale d'Allemagne (après celle de 1982 par Helmut Schmidt). - Persistance des discriminations : La légende souligne que les Roms continuent de subir racisme et rejet en Europe, montrant la difficulté d'ancrer cette mémoire dans les consciences citoyennes contemporaines. 4. Conclusion : - Bilan : La construction des mémoires n'est pas linéaire. Celle de la Shoah est passée de l'oubli relatif d'après-guerre à une centralité mémorielle symbolisée par Auschwitz (qui pose aujourd'hui la question de l'individualisation et de l'exhaustivité historique), tandis que celle des Tsiganes est restée longtemps refoulée en raison de préjugés persistants et d'un manque de relais institutionnels.

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