Exercice 2 - Dissertation n°3 · Bac Français (1ère) Nouvelle-Calédonie session normale 2023
Thème : Dissertation – Œuvres et parcours des programmes nationaux antérieurs · Tiré du sujet Session normale (2023)
Énoncé
2- Dissertation (20 points)
OBJET D'ÉTUDE: Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
Dissertation n°3:
Œuvre: Jean-Luc Lagarce [1957-1995], Juste la fin du monde – Parcours: Crise personnelle, crise familiale.
Sujet: « je n’ai rien dit, je t’écoute »: cette réplique d’un personnage dans Juste la fin du monde éclaire-t-elle votre lecture de la pièce de Jean-Luc Lagarce ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Jean-Luc Lagarce au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé à cette œuvre et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Sujet : « je n’ai rien dit, je t’écoute » : cette réplique d’un personnage dans Juste la fin du monde éclaire-t-elle votre lecture de la pièce de Jean-Luc Lagarce ?
Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction - Accroche : Dans *Juste la fin du monde* (1990), Louis revient dans sa famille, après des années d'absence, pour annoncer sa mort prochaine. Il repart sans avoir rien dit. - Analyse de la citation : La réplique « je n'ai rien dit, je t'écoute » surgit dans un échange tendu entre les deux frères, Louis et Antoine. Elle réunit les deux pôles de la pièce : le silence (« rien dit ») et une écoute qui se veut disponible mais qui sonne comme une esquive (« je t'écoute »). - Problématique : Dans quelle mesure cette formule résume-t-elle la crise personnelle et familiale de la pièce, où la parole abonde mais ne dit jamais l'essentiel ? - Annonce du plan : 1. Une réplique emblématique de l'aveu impossible. 2. Une écoute perçue comme une violence par la famille. 3. Une clé, mais une clé partielle : la parole reste un désir et un théâtre de l'amour malhabile. I. « Je n'ai rien dit » : le silence de Louis et l'aveu empêché - A. Un projet annoncé puis différé : Dans le prologue, Louis veut annoncer sa mort et se donner l'illusion d'être « son propre maître ». L'annonce est sans cesse repoussée, puis abandonnée. - B. Le silence comme retrait : Face aux rancœurs accumulées, Louis se tait ou répond par des formules minimales. Il esquive la confrontation. - C. Une parole réservée au spectateur : Louis ne parle vraiment que dans le prologue, les monologues et l'épilogue. Ce dispositif creuse le fossé entre sa vie intérieure et l'espace familial. II. « Je t'écoute » : une écoute vécue comme un jugement - A. Le malaise d'Antoine : Le silence attentif de Louis est ressenti comme de la condescendance, celle du frère parti, écrivain, qui observe sans s'engager. D'où l'exaspération d'Antoine et sa violence verbale dans la deuxième partie. - B. Combler le vide : Le silence de Louis pousse les autres au flot de paroles : - Suzanne déverse reproches et admiration ; - la Mère ressasse les dimanches d'autrefois ; - Catherine s'empêtre dans les formules de politesse. - C. Une communication paradoxale : Chacun parle sans que personne ne s'entende. Les épanorthoses, les répétitions et les reprises de mots (« je ne sais pas », la querelle sur le tutoiement, etc.) montrent une parole qui tourne à vide. III. Les limites de la formule : une parole malgré tout, un amour malhabile - A. La crise du langage au cœur du drame : Il n'y a pas de péripétie extérieure. Le tragique tient à l'incapacité de dire la mort, l'amour, le manque. - B. Les autres aussi se taisent : Sous leur bavardage, les autres personnages cachent leurs propres non-dits : la jalousie et la souffrance d'Antoine, la solitude de Suzanne. Ils ne sont pas que des « parleurs ». - C. Le regret final et l'élargissement : - Dans l'épilogue, Louis regrette le « grand et beau cri » qu'il n'a pas poussé. La pièce n'est pas seulement un constat d'échec : elle est aussi un désir de parole. - On peut rapprocher ce motif d'autres œuvres du parcours, par exemple les familles en crise et le non-dit chez Tchekhov, Ibsen ou Ionesco. Conclusion - Bilan : La réplique éclaire largement la pièce : silence de Louis, écoute ressentie comme agressive, faillite de la communication familiale. - Nuance : Elle ne dit pas tout. La logorrhée des autres est aussi une demande d'amour, et le silence de Louis une faute qu'il reconnaît lui-même. - Ouverture : Le théâtre de Lagarce fait du langage lui-même le lieu du drame.
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