Exercice 4-B - Contraction de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2021

Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2021)

Énoncé

B – Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours: Imagination et pensée au XVII e siècle.

Contraction de texte

Texte d'après Régine Atzenhoffer, « “Je me sers d'animaux pour instruire les hommes”: le personnage-animal dans la littérature d'enfance et de jeunesse contemporaine », Scripta Romanica, 21 octobre 2017.

Contes, fables, légendes, mythes, poésies, albums et romans font la part belle aux animaux fabuleux, sauvages, domestiques et aux créatures mythologiques et légendaires. Au XX ème siècle, le dessin animé et les films d'animation avec Mickey Mouse, Babar, Dagobert, Rantanplan, Titi et Gros Minet, Tom et Jerry ont pris le relais des recueils illustrés. La littérature enfantine, souvent portée à l'écran, et la bande dessinée animalière représentent le zoo le plus vaste qui soit. Ces animaux anthropomorphisés 1 ont, en général, toujours un compagnon humain pour qui ils représentent une sorte d'« école de la vie » comme c'est encore le cas du petit cochon Babe. Et que deviendraient Astérix sans Idéfix, Boule sans Bill et Tintin sans Milou ?

La présence de l'animal dans la littérature pour la jeunesse s'impose comme une évidence: il y a des animaux partout et certains comme Babar, Petit Ours Brun, Lassie, ont atteint l'universalité. Associées à la vie quotidienne des humains, leurs représentations vont du chien, chat ou cheval réel – ami, voire confident –, à ceux mi-réels, mi-jouets – peluches parlantes – en passant par l'éléphant au costume vert, le zèbre vélocipède ou l'ours debout sur deux pattes, tous anthropomorphisés. Ils accèdent au statut de héros romanesques et il n'est pas rare que des thèmes « difficiles » comme la maladie, la vieillesse et la mort soient abordés par leur truchement 2. De nombreux récits ont pour thème une belle amitié entre un enfant et un animal choisi ou trouvé. D'autres encore racontent une histoire du point de vue de l'animal, lui donnant littéralement une voix. Et la dimension allégorique – ou didactique – est très souvent présente dans ces fabula 3 véhiculant bon nombre de messages éducatifs (amitié, altruisme, respect des autres et de l'environnement, etc.).

L'animal textuel est, en fait, un succédané 4 d'animal: c'est un être à la fois familier et radicalement autre, apprivoisable et insaisissable, nous « [donnant] à penser cette altérité absolue du voisin ou du prochain » (Derrida), d'où le foisonnement d'animaux présents en littérature d'enfance et de jeunesse, après l'avoir été dans nos mythes, légendes, poèmes, romans et autres productions culturelles, du Roman de Renart à L'Histoire de Pi, pour se limiter à l'époque moderne et à la sphère occidentale.

Mais cet animal a pour raison d'être essentielle sa relation avec le héros humain, qui le place en position de compagnon ou d'adjuvant 5 selon la terminologie consacrée. Le héros établit avec l'animal un compagnonnage harmonieux: celui-ci est considéré à la fois comme un ami qui fait partie de la famille, un confident qui peut tout voir et tout entendre, un complice qui ne trahit pas et auquel on peut accorder une confiance aveugle. Il ne parle pas, donc ne juge pas, et ne renvoie pas aux difficultés personnelles et familiales. Auteurs et illustrateurs se servent du monde animal pour enseigner aux petits humains comment bien grandir, en leur faisant un peu peur, en les faisant rêver, en les mettant en garde, en les amusant. Les jeunes lecteurs perçoivent, chez le héros-animal et dans ses comportements, des états intérieurs qu'ils interprètent comme des émotions ou des affects comparables à ce qu'ils sont susceptibles de ressentir eux-mêmes. Car, nous dit Edgar Morin, philosophe et auteur de Enseigner à vivre, la littérature est une école de vie. C'est là où nous apprenons à nous connaître nous-mêmes, à reconnaître nos passions, à découvrir le monde, à comprendre les autres. La littérature d'enfance et de jeunesse s'adresse à un public très spécifique et doit donc nécessairement tenir compte des compétences interprétatives et cognitives de celui-ci, lesquelles ne sont évidemment pas celles des adultes. Au-delà du simplisme apparent de certaines histoires à nos yeux d'adultes, ces ouvrages peuvent être structurants pour l'imaginaire et la compréhension du monde. Les ouvrages pour la jeunesse permettent des allers-retours entre le monde fictif qu'ils introduisent et le réel qui entoure l'enfant au quotidien. L'univers fictionnel laisse place à des situations dans lesquelles il peut se reconnaître, soit parce qu'il les vit réellement (maladie, jour de classe, etc.), soit parce qu'il s'imagine que cela pourrait lui arriver. Cette identification opérée par l'enfant avec l'intrigue du livre est amplifiée par la présence des personnages-animaux avec lesquels il peut se trouver des caractères communs. Ces « bêtes de papier » ont des préoccupations, des traits de caractère ou des traits physiques semblables à ceux du jeune lecteur qui, avec un peu d'imagination, n'a aucune difficulté à s'identifier à elles. Cette identification lui permet de réaliser des « expériences de pensée que nous menons dans le grand laboratoire de l'imagination » selon Paul Ricœur.

799 mots

1 Anthropomorphisés: humanisés.

2 Truchement: intermédiaire.

3 Fabula: mot latin signifiant récits de fiction.

4 Succédané: substitut, équivalent.

5 Adjuvant: allié, soutien du héros.

Vous résumerez ce texte en 200 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 180 mots et au plus 220 mots.

Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Énoncé: Exercice 4-B - Contraction de texte · Bac STMG Français Métropole remplacement 2021

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Contraction de texte en 200 mots (+/- 10 %)

Réponse : Les récits pour la jeunesse foisonnent d’animaux réels ou humanisés. Qu’ils soient adjuvants ou protagonistes, ils incarnent une véritable initiation à l'existence. Cette présence universelle permet d'aborder des sujets graves comme la mort tout en délivrant des enseignements moraux. Familier mais radicalement étranger, l’animal textuel offre ainsi une première confrontation avec l’altérité. // (50 mots) // Avant tout compagnon bienveillant de l’enfant, il écoute sans jamais juger ni faire écho aux difficultés familiales. Les auteurs l’utilisent pour guider le jeune lecteur, éveiller sa sensibilité et l’amuser, tandis que celui-ci projette ses propres tourments intérieurs sur ce double animalier. Cette littérature constitue une école de vie adaptée aux facultés cognitives enfantines. // (100 mots) // Loin d’être simplistes, ces fictions structurent la compréhension du monde en établissant des passerelles constantes entre l’univers imaginaire et le quotidien. L'enfant y reconnaît des situations réellement vécues ou redoutées, ce qui l'aide à mieux se comprendre lui-même et à appréhender les passions humaines. // (150 mots) // Cette appropriation est grandement amplifiée par la figure animale, dotée de sentiments et de préoccupations analogues à ceux du lecteur. L’identification spontanée permet alors à l’enfant de mener, au cœur de son imagination, des expériences de pensée formatrices pour son développement. // (192 mots)

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 4-A - Contraction de texte · Métropole remplacement 2021 · Exercice 4-C - Contraction de texte · Métropole remplacement 2021 ›

Plus d’exercices de Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine)