Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Métropole 2026 (sujet 1)
Thème : Commerce international et internationalisation de la production · Tiré du sujet Métropole France 1 (2026)
Énoncé
Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire
[10 points]
Cette partie comporte trois documents.
Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays, c'est-à-dire son aptitude à exporter.
DOCUMENT 1
DOCUMENT 2
Aequs Aerospace France 1 monte en capacité en se dotant d'une nouvelle machine d'usinage cinq axes à très haute vitesse. Un investissement de 2 millions d'euros pour ce sous-traitant aéronautique de Cholet (Maine-et-Loire). « C'est la première machine neuve que nous achetons depuis sept ans. Elle répond à un impératif de productivité demandé par notre principal client. Sans cet investissement, nous perdions le marché », explique Olivier de Rohan-Chabot, directeur de l'usine choletaise. Le nouvel équipement doit en effet usiner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des pièces de fonderie en aluminium destinées à la fabrication de trains d'atterrissage, pour le compte de Safran Landing Systems 2.
La filiale française du groupe indien Aequs Aerospace est en effet active dans l'usinage de pièces aéronautiques complexes et à forte valeur ajoutée pour les programmes neufs des avionneurs et pour la fourniture de pièces de rechange à destination des compagnies aériennes. Elle produit ainsi des éléments de trains d'atterrissage et des composants moteur équipant l'Airbus A320, l'ATR 72 pour les trains d'atterrissage, ou encore le Falcon 7X de Dassault, ainsi que certains programmes militaires. « Les commandes d'avions neufs explosant, nous enregistrons une croissance de 20 % depuis la sortie de crise du Covid. Cette tendance devrait se maintenir au cours des trois prochaines années », indique le directeur d'Aequs Aerospace France.
Depuis 2022, cette entreprise de 70 salariés a en effet vu son chiffre d'affaires passer de 6,5 à 11 millions d'euros sur son dernier exercice clôt en mars 2025. Olivier de Rohan-Chabot table ainsi sur un atterrissage à 15 millions d'euros pour l'exercice 2025-2026. « [...], nous prenons de nouveaux marchés notamment dans les pièces de prototypage. Un domaine très spécifique qui nous permet de nous positionner auprès de nos clients en vue de l'adoption en série des prochaines motorisations », ajoute le dirigeant. En conséquence, Aequs Aerospace a créé dix postes ces deux dernières années à Cholet.
Source: d'après Cédric MENUET, « Aequs Aerospace France augmente ses capacités de production en Maine-et-Loire », www.lesechos.fr, 16 mai 2025.
1: Aequs Aerospace France: filiale du groupe indien Aequs Aerospace.
2: Safran Landing Systems: entreprise française, filiale du groupe Safran, spécialisée dans le domaine aéronautique.
DOCUMENT 3

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire : À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays, c'est-à-dire son aptitude à exporter.
Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments attendus : Introduction : - Accroche : Dans une économie mondialisée, la France affiche un déficit commercial global. Elle reste pourtant excédentaire dans certains secteurs comme l'aéronautique, la chimie-parfums ou l'agroalimentaire. - Définitions : - *Compétitivité d'un pays :* aptitude à exporter, c'est-à-dire à gagner ou conserver des parts de marché à l'étranger. Elle repose sur la compétitivité-prix (vendre moins cher) et sur la compétitivité hors-prix (qualité, innovation, image de marque, services). - *Productivité des firmes :* rapport entre la production obtenue et les facteurs utilisés. On distingue la productivité du travail et la productivité globale des facteurs (PGF), qui reflète surtout le progrès technique et l'efficacité de la combinaison productive. - Problématique : Comment les gains de productivité réalisés par les entreprises fondent-ils l'aptitude d'un pays à exporter ? - Annonce du plan : 1. La productivité soutient la compétitivité-prix. 2. La productivité soutient la compétitivité hors-prix. --- Première partie : la productivité, fondement de la compétitivité-prix - Mécanisme : - Les gains de productivité permettent de produire davantage avec la même quantité de facteurs. Ils abaissent ainsi le coût unitaire de production, en particulier le coût salarial unitaire (CSU = salaire par tête / productivité du travail). - Si la productivité progresse au moins aussi vite que les salaires, le CSU baisse ou reste stable. - Les firmes peuvent alors baisser leurs prix (ou les modérer) sans réduire leurs marges. Elles gagnent des parts de marché sur les produits sensibles aux prix. - On peut aussi évoquer les économies d'échelle : la hausse des volumes produits fait baisser le coût moyen. - Document 3 (indices base 100 en 2000, valeurs 2022) : - *Allemagne :* salaires 115, PGF 112. Les salaires progressent à peine plus vite que la productivité ; la hausse des coûts reste donc contenue. - *Japon :* salaires 100, PGF 109. Les gains de productivité ne sont pas absorbés par les salaires. - *Espagne :* salaires 100, PGF 102. - *France :* salaires 121, PGF 101. Les salaires ont progressé de 21 % pour une PGF presque stable (+1 %). L'écart pèse sur les coûts unitaires et détériore la compétitivité-prix française. - *États-Unis :* salaires 127, PGF 117. Les salaires progressent aussi plus vite que la PGF, mais celle-ci augmente nettement (+17 %). - Document 2 : - Aequs Aerospace investit 2 millions d'euros dans une machine d'usinage à très haute vitesse fonctionnant 24 h/24 et 7 j/7. Cet investissement répond à « un impératif de productivité » imposé par son principal client. - Sans lui, l'entreprise « perdait le marché » : la productivité conditionne directement la capacité à rester compétitif. - Transition : la compétitivité-prix d'un pays aux coûts élevés comme la France reste fragile. La productivité agit aussi par une autre voie, celle du hors-prix. --- Deuxième partie : la productivité, fondement de la compétitivité hors-prix - Mécanisme : - Les gains de productivité augmentent les profits et la capacité d'autofinancement des entreprises. - Ces ressources financent la R&D, des équipements de pointe et la formation du personnel. - Les firmes peuvent ainsi innover, monter en gamme et se différencier. Elles accèdent à des marchés où la demande est moins sensible aux prix et vendent des produits à forte valeur ajoutée. - Un cercle vertueux s'enclenche : productivité → investissement → innovation → parts de marché → nouvelles économies d'échelle. - Document 2 : - Aequs usine des « pièces aéronautiques complexes et à forte valeur ajoutée » pour l'Airbus A320, l'ATR 72 et le Falcon 7X. - Elle conquiert de nouveaux marchés dans le prototypage, « domaine très spécifique », pour se positionner sur les futures motorisations. - Son chiffre d'affaires passe de 6,5 à 11 millions d'euros depuis 2022, soit environ +69 %, avec un objectif de 15 millions d'euros. L'entreprise crée 10 emplois. - Elle participe à la chaîne de valeur d'un secteur exportateur via Safran et Airbus. - Document 1 (septembre 2023 - août 2024, en milliards d'euros) : - Aéronautique et spatiale : exportations 57,1, importations 27,7, soit un excédent de +29,4. - Chimie, parfums et cosmétiques : 75,4 − 55,4 = +20,0. - Produits agricoles et agroalimentaires : 82,0 − 75,5 = +6,5. - Les secteurs français les plus excédentaires sont ceux où la compétitivité hors-prix est forte : technologie, qualité, luxe, appellations. Cette compétitivité repose sur des firmes productives et innovantes. - Limite (facultative) : la compétitivité dépend aussi d'autres facteurs, comme le taux de change, la fiscalité, les infrastructures ou la spécialisation sectorielle. La faible progression de la PGF française (doc. 3) peut d'ailleurs expliquer en partie le déficit commercial global du pays. --- Conclusion : - La productivité des firmes sous-tend la compétitivité d'un pays de deux façons : - en abaissant les coûts unitaires, elle renforce la compétitivité-prix ; - en dégageant des ressources pour investir et innover, elle renforce la compétitivité hors-prix. - Les excédents français dans l'aéronautique, la chimie-parfums et l'agroalimentaire illustrent ce lien. - Ouverture : quelles politiques (soutien à l'innovation, formation, investissement numérique) peuvent relancer les gains de productivité en France, où la PGF stagne depuis 2000 ?
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