Dissertation s'appuyant sur un dossier documentai… · Bac Sciences Économiques et Sociales Métropole 1 remplacement 2025
Thème : Commerce international et internationalisation de la production · Tiré du sujet Métropole France 1 remplacement (2025)
Énoncé
Il est demandé au candidat:
de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Dans quelle mesure les effets induits par le commerce international justifient-ils le recours au protectionnisme ?
DOCUMENT 1
Ce mardi, la Maison Blanche a annoncé une augmentation marquée des droits de douane appliqués à l'équivalent de 18 milliards de dollars de produits chinois.
Ces nouveaux droits de douane concernent près d'une dizaine de secteurs industriels considérés comme « stratégiques ». Les voitures électriques voient par exemple leurs droits de douane passer de 25 % à 100 %. Il est peu probable que cela porte un coup immédiat aux constructeurs automobiles chinois, qui ne sont pas très présents aux États-Unis. Mais les autorités semblent vouloir se prémunir contre des importations chinoises.
Au-delà du quadruplement sur les véhicules électriques, Washington fait passer ceux visant l'acier et l'aluminium de 7,5 % à 25 %, tout comme pour les batteries, et ceux pour les semi-conducteurs de 25 % à 50 %, également appliqués désormais aux panneaux solaires et certains produits médicaux.
[...] La directrice du Conseil national économique rattaché à la Maison Blanche, Lael Brainard, a justifié ces choix par le fait que la Chine « finance sa croissance aux dépens des autres ».
[...] Les mesures tarifaires s'inscriraient également dans le prolongement d'initiatives antérieures, telles que la récente enquête sur les risques pour la sécurité nationale posés par les technologies chinoises dans le domaine de l'automobile.
[...] À l'inverse des États-Unis, la France calme le jeu avec la Chine. Le président français Emmanuel Macron a remercié, en mai, son homologue chinois Xi Jinping de ne pas imposer de taxes douanières « provisoires » contre le cognac français, après lui en avoir offert des bouteilles à l'occasion de sa visite d'État en France. « Je remercie le président aussi de son ouverture quant aux mesures provisoires sur le cognac français et son souhait de ne pas les voir appliquées », a dit le chef de l'État français devant la presse, au côté du numéro un chinois, au terme de leur entretien en tête-à-tête à Paris.
Source: d'après « Les États-Unis frappent fort contre les voitures électriques chinoises: les droits de douane grimpent à 100 % », La Tribune, 14 mai 2024.
DOCUMENT 2
DOCUMENT 3 — Coefficients de Gini des revenus
· 1992 · 2002 · 2012 · 2022
France · 0,44 · 0,45 · 0,44 · 0,46
États-Unis · 0,52 · 0,54 · 0,58 · 0,63
Chine · 0,46 · 0,53 · 0,55 · 0,57
Afrique du Sud · 0,60 · 0,66 · 0,75 · 0,75
Japon · 0,47 · 0,54 · 0,54 · 0,54
Inde · 0,47 · 0,53 · 0,63 · 0,63
Monde · 0,70 · 0,70 · 0,68 · 0,67
Source: d'après World Inequality Database, 2024.
DOCUMENT 4
1: Prévisions.
Source: d'après Organisation Mondiale du Commerce, 2023.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Dans quelle mesure les effets induits par le commerce international justifient-ils le recours au protectionnisme ?
Réponse : Introduction : Le commerce international repose sur la spécialisation des pays selon leurs avantages comparatifs (Ricardo, HOS). Il procure des gains à l'échange, comme la baisse des coûts de production (document 2). Il est aussi lié à la croissance mondiale, comme le suggère l'évolution parallèle des exportations et du PIB en volume sur 2015-2024 (document 4). Mais il produit aussi des effets contestés : creusement des inégalités internes (document 3), pratiques jugées déloyales et dépendances stratégiques (document 1). Ces effets conduisent certains États à recourir au protectionnisme, c'est-à-dire à des mesures tarifaires ou non tarifaires limitant les importations. Problématique : les effets négatifs du commerce international suffisent-ils à légitimer le protectionnisme, alors que celui-ci comporte lui-même des coûts importants ? I. Les effets bénéfiques du commerce international plaident a priori contre le protectionnisme *A. Des gains à l'échange liés à la spécialisation* Le document 2 montre que le coût total d'un même jean varie de 17,3 € en France à 6,3 € au Bangladesh. L'écart s'explique surtout par la main-d'œuvre : 12,5 € en France contre 1,2 € au Bangladesh. La spécialisation selon les avantages comparatifs et les dotations factorielles réduit les coûts et les prix. Elle accroît ainsi le pouvoir d'achat des consommateurs. Elle élargit aussi la variété des produits disponibles, grâce au commerce intra-branche et à la différenciation. *B. Un moteur de la croissance* Le document 4 montre une évolution très corrélée des taux de variation des exportations et du PIB mondiaux : - croissance conjointe en 2015-2019 ; - recul simultané en 2020, avec -5 % pour les exportations et environ -3,3 % pour le PIB ; - fort rebond en 2021, avec environ +9,4 % et +5,9 %. L'ouverture offre des débouchés et permet des économies d'échelle. Elle stimule la concurrence et l'innovation, et diffuse les gains de productivité. À l'inverse, le protectionnisme risque de freiner la croissance. II. Certains effets négatifs du commerce international peuvent toutefois justifier un protectionnisme ciblé, dont les limites doivent être soulignées *A. Des inégalités et des pertes d'emplois* Le document 3 montre que le coefficient de Gini a augmenté entre 1992 et 2022 dans la plupart des pays étudiés, alors que le Gini mondial a légèrement baissé (0,70 à 0,67). Il passe ainsi : - de 0,52 à 0,63 aux États-Unis ; - de 0,46 à 0,57 en Chine ; - de 0,47 à 0,63 en Inde. L'ouverture tend à réduire les inégalités entre pays, mais elle peut les creuser au sein des pays. Dans les pays développés, elle pénalise les travailleurs peu qualifiés exposés à la concurrence des pays à bas salaires (document 2). Elle entraîne des délocalisations et des désindustrialisations locales, ce qui alimente une demande sociale de protection. *B. Concurrence déloyale et enjeux stratégiques* Le document 1 montre que les États-Unis relèvent leurs droits de douane sur des produits chinois jugés stratégiques : - véhicules électriques, de 25 % à 100 % ; - acier, aluminium et batteries, de 7,5 % à 25 % ; - semi-conducteurs, de 25 % à 50 %. Ces hausses sont justifiées par des subventions jugées déloyales, la Chine « financ[ant] sa croissance aux dépens des autres ». Elles le sont aussi par des risques pour la sécurité nationale. Le protectionnisme peut alors protéger des industries naissantes (List) ou relever d'une politique commerciale stratégique. Il peut aussi réduire des dépendances jugées dangereuses. *C. Un protectionnisme aux effets ambivalents* Le protectionnisme renchérit les prix pour les consommateurs et les entreprises importatrices. Il réduit les gains de spécialisation et peut protéger des rentes. Il expose surtout à des représailles : le document 1 montre la menace chinoise de taxes sur le cognac français. La France préfère d'ailleurs « calmer le jeu » pour protéger ses exportations. Une guerre commerciale, à l'image des années 1930, peut se révéler perdante pour tous. D'autres réponses peuvent être préférées : - politiques de redistribution et de formation ; - politique industrielle ; - règles multilatérales de l'OMC. Conclusion : Le commerce international génère des gains de spécialisation et de croissance qui rendent coûteux un protectionnisme généralisé. Ses effets négatifs justifient néanmoins, dans une certaine mesure, des mesures ciblées et temporaires : inégalités internes, concurrence jugée déloyale, dépendances stratégiques. Ces mesures doivent rester limitées en raison du risque de représailles, et être complétées par des politiques internes de compensation.
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