Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 2 remplacement 2022

Thème : Histoire et mémoire : notions, enjeux et acteurs de la construction des mémoires · Tiré du sujet Métropole France 2 remplacement (2022)

Énoncé

Sujet de dissertation 2

Expliquez la citation de l'historien Pierre Nora: « Si la mémoire divise, l'Histoire réunit ».

Rédigez votre dissertation en respectant les étapes méthodologiques: introduction (accroche, analyse de la citation, problématique, annonce du plan), développement argumenté et illustré d'exemples précis, puis conclusion (bilan et ouverture).

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Expliquez la citation de l'historien Pierre Nora : « Si la mémoire divise, l'Histoire réunit ».

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction : - Accroche : Les commémorations nationales, les débats autour des lois mémorielles et les concurrences de mémoires témoignent des vives tensions que suscite le passé dans l'espace public contemporain. - Analyse de la citation et définition : Pierre Nora, historien spécialiste des « Lieux de mémoire », oppose la mémoire et l'histoire. La mémoire est subjective, émotionnelle, partielle et incarnée par des groupes particuliers ; elle tend à opposer les récits et les identités (« la mémoire divise »). L'histoire est une démarche intellectuelle, critique, scientifique, fondée sur l'analyse rigoureuse des archives et des faits vérifiables ; elle vise à forger un savoir universellement partageable (« l'Histoire réunit »). - Problématique : Dans quelle mesure la démarche historienne permet-elle d'apaiser et de dépasser les fractures suscitées par la pluralité des mémoires subjectives et conflictuelles ? - Annonce du plan : I. La mémoire comme vecteur de divisions et de conflits identitaires ; II. La démarche historienne comme instrument de vérité, de recul critique et d'apaisement ; III. Les limites et les interdépendances : vers une articulation féconde entre histoire et mémoire. I. « Si la mémoire divise » : subjectivité, concurrence et conflits mémoriels : - *A. La pluralité des mémoires au sein d'une même communauté :* La mémoire est fragmentée selon les groupes sociaux ou d'appartenance. Exemple des mémoires de la guerre d'Algérie en France (rapatriés/pieds-noirs, harkis, appelés du contingent, indépendantistes algériens) qui entretiennent des ressentiments antagonistes. - *B. Concurrence des victimes et instrumentalisation politique :* La mémoire peut être instrumentalisée à des fins identitaires ou électorales (lois mémorielles, sacralisation du statut victimaire, risque de concurrence entre la mémoire de la Shoah, celle de l'esclavage et des crimes coloniaux). II. « L'Histoire réunit » : la méthode historienne comme recherche de vérité commune : - *A. Une méthode scientifique et distanciée :* L'histoire ne juge pas, elle explique et contextualise. Par l'accès aux archives, le croisement des sources et la méthode critique, elle établit les faits matériels au-delà des passions affectives. - *B. L'histoire au service de la réconciliation et du dialogue :* Travaux communs d'historiens permettant de bâtir des récits partagés au-delà des traumatismes (exemples : manuel d'histoire franco-allemand d'histoire rédigé conjointement ; rapport Stora sur la mémoire franco-algérienne ; commissions vérité et réconciliation en Afrique du Sud s'appuyant sur l'établissement des faits historiques). III. Une frontière poreuse : l'histoire confrontée aux pressions et aux mémoires : - *A. L'historien, un acteur inscrit dans son temps :* L'historien n'est jamais totalement désincarné ; l'histoire peut aussi être instrumentalisée par des régimes politiques (construction de « romans nationaux » ou révisionnisme étatique). - *B. La mémoire comme objet et moteur de l'histoire :* La mémoire n'est pas simplement l'opposée de l'histoire, elle en est aussi la matière première et l'objet d'étude (histoire du temps présent, histoire des mémoires). Une réconciliation durable nécessite que la mémoire vive soit éclairée par la rigueur de l'histoire.

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