Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 1)

Thème : Mutations du travail et de l'emploi · Tiré du sujet Jour 1 (2025)

Énoncé

Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire

Il est demandé au candidat: de répondre à la question posée par le sujet;

de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;

de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;

de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

SUJET

Ce sujet comporte quatre documents.

Le travail aujourd'hui est-il toujours facteur d'intégration sociale ?

DOCUMENT 1

Niveau de vie et taux de pauvreté selon la situation professionnelle, en 2016

· Niveau de vie annuel médian (en euros) · Taux de pauvreté 1 (en %)

Ensemble de la population · 20 520 · 14,0

Personnes en emploi · 22 680 · 7,8

dont personnes en CDD ou intérim · 18 660 · 15,3

dont personnes en contrat court 2 · 17 770 · 17,5

Champ: France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.

Source: « Les salariés en contrat court: des allers-retours plus fréquents entre emploi, chômage et inactivité », Insee Première, n°1736, février 2019.

1: le taux de pauvreté est le pourcentage des individus vivant dans un ménage dont le niveau de vie se situe sous le seuil de pauvreté fixé ici à 60 % du niveau de vie médian.

2: personne ayant comme emploi principal un contrat à durée déterminée (CDD) ou un emploi saisonnier de moins de trois mois, ou encore une mission d'intérim de moins de trois mois.

DOCUMENT 2

Part des CDD 1 et des intérimaires, de 1982 à 2022, en % des personnes en emploi

Champ: France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi.

Source: d'après « Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, 2023.

1: contrats à durée déterminée.

DOCUMENT 3

Les sources de motivation au travail des salariés, en %

Question posée: « Qu'est-ce qui vous motive le plus à travailler ? En premier ? Et en second ? »

Source: étude réalisée par l'Ifop pour Philomenist en janvier 2020.

DOCUMENT 4

Une étude récente sur la France distingue plus finement et sur une plus longue période, entre 1984 et 2012, les emplois qui ont connu les variations d'effectifs les plus fortes. Les professions intermédiaires dans le secteur industriel chutent le plus. [...] La baisse du nombre d'employés est loin d'être négligeable car le nombre de postes de secrétaires (-160 000 emplois) ou d'employés de banque et assurances (-83 000) ayant disparu n'est pas si éloigné du nombre de postes d'ouvriers détruits. Enfin, les métiers artisanaux diminuent aussi fortement (-20 %), ainsi que les emplois de boulangers ou de bouchers (-20 %).

[Par ailleurs on assiste à] la croissance des professions les moins payées, [principalement] des emplois de service: services à la personne tels que les aides à domicile, aides-soignants, employés dans le commerce et l'artisanat. [...] Certaines progressions sont spectaculaires: les effectifs des aides à domicile, aides ménagères et assistantes maternelles ont triplé entre 1980 et 2010, passant de 333 000 (1,5 % de l'emploi) à 992 000 (3,9 %). L'emploi a doublé dans l'hôtellerie et la restauration et les hausses sont également fortes chez les coiffeurs (+45 %), les agents de sécurité (+40 %) ou les vendeurs (+20 %).

Les professions les mieux payées [...] sont les emplois des ingénieurs, notamment en informatique, d'études et recherche, les métiers hautement qualifiés de la finance et des assurances, les médecins, les dirigeants d'entreprise. Dans ce groupe, l'emploi de chaque profession progresse sans exception.

Source: Gregory VERDUGO, « La polarisation des marchés du travail », site internet SES-ENS, article publié le 25 août 2020.

Énoncé: Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Le travail aujourd'hui est-il toujours facteur d'intégration sociale ?

Réponse : Plan indicatif en deux parties : Introduction : accroche (ex. débats sur le sens du travail, montée de la précarité), définition des termes (travail, intégration sociale), présentation du dossier, problématique (le travail remplit-il encore pleinement sa fonction d'intégration sociale, ou cette fonction est-elle aujourd'hui remise en cause ?), annonce du plan. I. Le travail demeure un puissant facteur d'intégration sociale *A. Il procure un revenu et un statut social* Le document 1 montre que les personnes en emploi ont un niveau de vie médian nettement supérieur à l'ensemble de la population (22 680 € contre 20 520 €) et un taux de pauvreté bien plus faible (7,8 % contre 14,0 %) : l'emploi protège du risque de pauvreté et procure un revenu qui permet l'intégration par la consommation. *B. Il crée du lien social et donne du sens* Le document 3 montre que si la rémunération reste la première source de motivation (60 % de citations), la satisfaction du travail bien fait (37 %), la reconnaissance (30 %) et la convivialité avec les collègues (29 %) sont également des motivations fortes : le travail procure estime de soi, reconnaissance sociale et sociabilité, dimensions classiques de l'intégration par le travail (cf. Durkheim, solidarité organique ; Castel, intégration par le statut d'emploi). II. Mais cette fonction intégratrice est aujourd'hui fragilisée par la précarisation et la polarisation du marché du travail *A. La monté des formes d'emploi précaires affaiblit l'intégration par le travail* Le document 2 montre une hausse quasi continue de la part des CDD et des intérimaires dans l'emploi entre 1982 et 2022 (de moins de 4 % à plus de 10 %). Le document 1 confirme que les personnes en CDD, en intérim ou en contrat court ont un niveau de vie plus faible et un taux de pauvreté bien plus élevé (15,3 % et 17,5 %) que l'ensemble des personnes en emploi : la précarité statutaire fragilise la protection sociale, la stabilité du revenu et donc l'intégration. *B. La polarisation des emplois et la dégradation de certaines conditions salariales menacent l'intégration par le travail* Le document 4 décrit une polarisation du marché du travail : disparition de nombreux emplois intermédiaires et d'employés qualifiés (secrétaires, employés de banque), mais aussi des métiers artisanaux, tandis que se développent fortement des emplois de service peu qualifiés et peu rémunérés (aides à domicile, hôtellerie-restauration, sécurité, vente). Dans le même temps, les emplois les plus qualifiés et les mieux payés (ingénieurs, finance, médecins, dirigeants) progressent sans exception. Cette polarisation accroît les inégalités entre travailleurs et peut nourrir un sentiment de déclassement ou de non-reconnaissance qui limite le pouvoir intégrateur du travail pour une partie croissante des actifs. Conclusion : le travail reste globalement un puissant vecteur d'intégration sociale (revenu, statut, lien social, sens), mais cette fonction est de plus en plus fragilisée par la précarisation des statuts d'emploi et la polarisation du marché du travail, qui créent une intégration à plusieurs vitesses. Ouverture possible sur les politiques publiques (sécurisation des parcours professionnels, lutte contre la précarité) ou sur l'évolution du rapport au travail (quête de sens, nouvelles formes d'emploi).

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Épreuve composée - Deuxième partie · Centres étrangers (Afrique) 2026 (jour 1) · Épreuve composée - Première partie · Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 2) ›

Plus d’exercices de Mutations du travail et de l'emploi