Exercice Première partie · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Asie 2026 (jour 2)
Thème : Les expressions de la sensibilité · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
Énoncé
LA SIESTE
Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude 1,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.
5 Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs 2 forme un réseau vermeil 3
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.
Vers la gaze 4 de feu que trament 5 les rayons,
10 Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves;
Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.
José-Maria de HÉRÉDIA, Les Trophées, 1893.
1 en maraude: ici, vol des insectes à la recherche de fleurs.
2 furtifs: presque imperceptibles.
3 vermeil: rouge vif.
4 gaze: tissu très fin et très léger.
5 trament: tissent.
Première partie: interprétation littéraire
« La Sieste »: comment ce poème saisit-il la richesse de l'instant ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
« La Sieste » : comment ce poème saisit-il la richesse de l'instant ?
Réponse : Pistes de développement pour l'interprétation littéraire : 1. Un instant d'immobilité apparente et de plénitude sensorielle : - Le premier quatrain pose une atmosphère de suspension du temps et du mouvement (« Pas un seul bruit », « Tout dort »). La forêt semble pétrifiée par la chaleur (« accablés de soleil »). - Pourtant, ce silence n'est pas le néant : il permet le déploiement d'une sensualité dense et feutrée (« velours sombre et doux », « mousses d'émeraude »). 2. La métamorphose du monde extérieur par le demi-sommeil : - Avec le deuxième quatrain, la lumière de « Midi splendide » s'infiltre à travers la paupière (« cils mi-clos »). L'engourdissement (« alanguis de sommeil ») devient une expérience visuelle vibrante (« mille éclairs furtifs », « réseau vermeil »). - L'instant s'épaissit d'une activité microscopique et féerique : métaphores du tissage (« trament les rayons », « gaze de feu »), vol léger des papillons enivrés par la sève et la clarté. 3. De la contemplation passive à l'activité créatrice : la poésie comme capture de l'instant : - Les tercets marquent le basculement vers la subjectivité active du poète : « Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil ». - La sieste n'est plus simple torpeur mais moment privilégié d'inspiration où le poète devient un « Chasseur harmonieux » capturant dans les « mailles d'or » du sonnet la beauté fugitive des sensations et des songes (« j'emprisonne mes rêves »). L'instant est immortalisé dans la perfection formelle parnassienne.
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