Exercice 2 - Dissertation A · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane remplacement 2023

Thème : Dissertation – Œuvres et parcours des programmes nationaux antérieurs · Tiré du sujet Remplacement (2023)

Énoncé

2- Dissertation (20 points)

Objet d'étude: La poésie du XIX e siècle au XXI e siècle

A. Œuvre: Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IV

Parcours: Les mémoires d'une âme

« Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux,

Sombre peuple, les mots vont et viennent en nous;

Les mots sont les passants mystérieux de l'âme. »

Dans quelle mesure ces vers du poème « Suite » (I, 8) éclairent-ils votre lecture des livres I à IV des Contemplations ?

Vous répondrez dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Victor Hugo au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture littéraire.

Énoncé: Exercice 2 - Dissertation A · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane remplacement 2023

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Dans quelle mesure ces vers du poème « Suite » (I, 8) éclairent-ils votre lecture des livres I à IV des Contemplations ?

Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments de réponse : Introduction : - Accroche : Dans la préface des *Contemplations* (1856), Hugo présente son recueil comme « les mémoires d'une âme » et affirme : « Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous ». - Analyse de la citation : Dans « Suite » (I, 8), Hugo personnifie les mots (« sombre peuple », « passants mystérieux »). L'énumération d'adjectifs (« rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux ») montre la variété de leurs tonalités. Les mots ne sont pas de simples outils : ils traversent l'âme et en incarnent les mouvements contradictoires. - Problématique : Dans quelle mesure les livres I à IV font-ils des mots les témoins vivants, et même les acteurs, de l'histoire d'une âme ? - Annonce du plan : 1. La variété des tons des mots épouse les âges de la vie. 2. Le mot est un être vivant et mystérieux. 3. Les limites : l'âme dépasse parfois les mots, qui ouvrent sur l'universel et l'indicible. I. Des mots aux tonalités multiples, à l'image d'une vie : - *Mots « joyeux », « doux », « rêveurs » : Aurore (I) et L'Âme en fleur (II).* - Livre I : la jeunesse, les amours légères et la nature (« Vieille chanson du jeune temps », « Elle était déchaussée, elle était décoiffée »). - Livre II : le lyrisme amoureux lié à Juliette Drouet. - *Mots « amers », « sombres », « sinistres » : Les Luttes et les Rêves (III).* - Le regard du poète se tourne vers la misère sociale et les réprouvés (« Melancholia »). - Il se tourne aussi vers la mélancolie (« Saturne »). - *Mots « tristes » : Pauca meae (IV).* - Le deuil de Léopoldine fait se succéder l'abattement, la révolte et la résignation (« Trois ans après », « Veni, vidi, vixi », « À Villequier », « Demain, dès l'aube… »). II. « Les mots sont les passants mystérieux de l'âme » : une poétique du verbe vivant : - *La libération des mots :* Dans « Réponse à un acte d'accusation » (I, 7), Hugo écrit : « J'ai mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire ». Tous les mots ont droit de cité. - *Le mot comme être vivant :* « Suite » affirme que « le mot, c'est le Verbe, et le Verbe, c'est Dieu ». Le mot a une puissance presque sacrée. - *Le mystère de l'inspiration et de la mémoire :* Les mots « vont et viennent en nous » : ils surgissent du souvenir et font revivre les disparus. Les dates des poèmes construisent une mémoire recomposée. III. Les limites de la citation : quand l'âme excède les mots : - *Le silence du deuil :* Le poème « [ ] » (IV, 2), sans autre titre qu'un blanc entre crochets et réduit à une date (« 4 septembre 1843 »), ainsi que la ligne de points, disent l'impuissance des mots. - *Une âme qui se veut universelle :* Le « je » devient le miroir du lecteur. Les mots dépassent l'intime pour atteindre une dimension collective. - *Une ouverture :* Les livres V et VI (hors programme) prolongent ce mouvement vers le mystère de l'au-delà. Conclusion : - Ces vers éclairent bien la diversité tonale et la conception vivante du langage chez Hugo. Les mots y apparaissent comme les témoins d'une âme en mouvement. - Le recueil montre aussi les moments où les mots se dérobent : le silence et l'universel prennent alors le relais. - Ouverture possible : Baudelaire, *Les Fleurs du mal*, ou Verlaine et la musique des mots.

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