Dissertation s'appuyant sur un dossier documentai… · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2026 (jour 2)
Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
Énoncé
Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire
Il est demandé au candidat:
de répondre à la question posée par le sujet;
de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
L'action des pouvoirs publics pour lutter contre le changement climatique est-elle efficace ?
DOCUMENT 1
Émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2022 de quelques pays et de l'Union européenne (en Mt CO₂ éq)¹
1990
2022
Évolution 1990-2022 (en %)
Royaume-Uni
787
428
-45,6
UE à 27
4 925
3 604
-26,8
États-Unis
6 164
6 018
-2,4
Brésil
696
1 310
+88,4
Inde
1 437
3 943
+174,5
Chine
4 115
15 726
+282,2
Source: d'après la base de données sur les émissions de CO₂ pour la recherche atmosphérique mondiale, 2023.
1: Mt CO₂ éq: Millions de tonnes en équivalent CO₂ c'est-à-dire la quantité totale de gaz à effet de serre émise exprimée en millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO₂).
DOCUMENT 2
Dans le cadre de l'Accord de Paris, les pays se sont fixés des objectifs pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et renforcer leur résilience¹ face aux impacts du changement climatique. Cependant, cette transition nécessite des investissements importants et le manque de financement reste un obstacle majeur à l'accélération de l'action climatique dans les pays en développement. Lors de la COP29² qui a réuni près de 200 États à Bakou du 11 au 24 novembre 2024, les pays développés se sont engagés à financer davantage les pays pauvres menacés par le changement climatique. [...]
L'un des principaux résultats de la COP29 est l'adoption d'un objectif mondial de financement visant à tripler les investissements climatiques pour les pays en développement. D'ici 2035, ces financements devraient atteindre 300 milliards de dollars par an, contre 100 milliards de dollars précédemment. Un deuxième objectif a également été fixé: mobiliser 1 300 milliards de dollars par an pour l'action climatique, avec la contribution de sources publiques et privées.
Cet accord reste, cependant, insuffisant pour de nombreux pays en développement qui appelaient à un financement plus ambitieux (1 000 milliards de dollars) pour faire face à la crise climatique. De son côté, Simon Stiell, responsable des Nations unies pour le climat, a qualifié ce nouvel objectif de financement "d'assurance pour l'humanité dans un contexte d'aggravation des effets climatiques qui frappent tous les pays", tout en rappelant que sa réussite dépendra du respect des engagements des pays. En 2023, la France a engagé 7,2 milliards d'euros de financements pour l'action climatique à destination des pays en développement, dont 2,8 milliards d'euros dédiés à l'adaptation au changement climatique.
Source: www.vie-publique.fr
1: résilience: adaptation.
2: Conférence des Parties désigne la réunion annuelle des Etats pour fixer les objectifs environnementaux mondiaux.
DOCUMENT 3
Montant des recettes environnementales¹ en France (en millions d'euros)
2023
Énergie/climat
39 044
Transport
6 323
Pollutions/ressources naturelles
11 490
Ensemble
56 858
Source: Rapport sur l'impact environnemental du budget de l'État, octobre 2024.
1: recettes environnementales: il s'agit des recettes fiscales environnementales, c'est-à-dire le produit des taxes environnementales.
DOCUMENT 4

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
L'action des pouvoirs publics pour lutter contre le changement climatique est-elle efficace ?
Réponse : Proposition d'un plan détaillé et d'éléments de correction : ### Introduction - Accroche : urgence climatique, COP29 à Bakou (2024), rapports du GIEC. - Définitions : - pouvoirs publics : États, collectivités, UE, ONU ; - changement climatique : réchauffement dû aux GES d'origine anthropique ; - efficacité : capacité à atteindre l'objectif de réduction des émissions à un coût économique et social acceptable. - Problématique : dans quelle mesure les instruments de l'action publique permettent-ils de réduire réellement les émissions de GES, et quelles limites en réduisent la portée ? - Annonce du plan : I. Une action publique diversifiée aux résultats réels ; II. Une efficacité limitée par des contraintes économiques, sociales et internationales. --- ### I. Les pouvoirs publics disposent d'instruments variés qui réduisent les émissions A. Les instruments économiques : taxation et marché de quotas - La taxe environnementale (principe pollueur-payeur) : - elle internalise l'externalité négative en modifiant le signal-prix (taxe pigouvienne) ; - *Document 3 :* en France, les recettes environnementales atteignent 56 858 M€ en 2023, dont 39 044 M€ pour l'énergie/climat, soit près de 69 % ; - ces recettes peuvent financer la transition (double dividende). - Le marché de quotas d'émission (cap and trade) : - un plafond d'émissions est fixé et réparti en quotas échangeables ; - les entreprises dépolluent tant que leur coût marginal d'abattement est inférieur au prix du quota ; - *Document 4 :* le prix du quota européen passe de moins de 10 € la tonne avant 2018 à près de 100 € en 2022-2023, ce qui renforce l'incitation à décarboner. B. Réglementation, subventions et premiers résultats - Normes et interdictions : normes d'isolation des bâtiments, fin des ventes de voitures thermiques neuves dans l'UE en 2035. - Subventions à l'innovation verte : R&D, énergies renouvelables, bonus écologique ; elles corrigent la sous-production d'innovation liée aux externalités positives. - Des résultats dans les pays développés (document 1) : entre 1990 et 2022, les émissions baissent de 45,6 % au Royaume-Uni (de 787 à 428 Mt CO₂ éq) et de 26,8 % dans l'UE à 27. --- ### II. Une efficacité limitée par des contraintes économiques, sociales et internationales A. Les limites des instruments eux-mêmes - Volatilité du prix du carbone (document 4) : - chute vers 15 € en 2020 et forte instabilité entre 2022 et 2024 ; - recul autour de 60-65 € début 2024 ; - cela rend l'incitation incertaine pour les investissements de long terme. - Quotas gratuits et fuites de carbone : les quotas longtemps distribués gratuitement, et les délocalisations vers des pays moins exigeants, réduisent l'effet des politiques. - Acceptabilité sociale et justice environnementale : - la taxe carbone est régressive ; - le mouvement des Gilets jaunes en 2018 a conduit au gel de la hausse de la taxe ; - les normes sont coûteuses à contrôler et peu flexibles. - Une baisse inégale (document 1) : les émissions des États-Unis ne reculent que de 2,4 % sur la période. B. Les obstacles à la coopération internationale - Le climat est un bien commun mondial : - chaque État est tenté d'adopter un comportement de passager clandestin ; - les engagements de l'Accord de Paris ne sont pas contraignants. - Les émissions des pays émergents explosent (document 1) : - Chine : +282,2 %, soit 15 726 Mt CO₂ éq en 2022 ; - Inde : +174,5 % ; Brésil : +88,4 % ; - ces hausses annulent largement les baisses européennes. - Un financement insuffisant (document 2) : - la COP29 fixe un objectif de 300 milliards de dollars par an d'ici 2035, contre 1 000 milliards demandés par les pays en développement ; - sa réussite dépend du respect des engagements ; - la France a engagé 7,2 Md€ en 2023, dont 2,8 Md€ pour l'adaptation ; - la question d'une responsabilité commune mais différenciée reste posée. --- ### Conclusion - Bilan : l'action publique est efficace localement, notamment dans l'UE et au Royaume-Uni, grâce à la combinaison des instruments. Elle reste insuffisante à l'échelle mondiale en raison de la volatilité des prix, des contraintes sociales et des défaillances de la coopération internationale. - Ouverture : le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'UE peut-il limiter les fuites de carbone et favoriser une coopération plus large ?
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