Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2025 (jour 2)

Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Jour 2 (2025)

Énoncé

Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire

Il est demandé au candidat:

de répondre à la question posée par le sujet;

de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;

de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;

de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

SUJET

Ce sujet comporte quatre documents.

À quelles limites et contraintes l'action publique et les négociations internationales pour la préservation de l'environnement se heurtent-elles ?

DOCUMENT 1

Émissions de gaz à effet de serre de différentes zones et pays en 2021

Source: d'après Chiffres clés du climat 2023, Ministère de la transition écologique.

1: GES: gaz à effet de serre, par exemple le CO₂, qui retient une partie de la chaleur reçue par l'atmosphère, provoquant une hausse de la température.

Lecture: en 2021, les pays d'Amérique du Nord émettaient 287 tonnes de CO₂ pour chaque million de dollars de PIB produit, soit une baisse de 51,3% par rapport à 1990.

DOCUMENT 2

La fiscalité énergétique en % du revenu des ménages en 2021

1 er quintile

2 e quintile

3 e quintile

4 e quintile

5 e quintile

Part de la fiscalité sur l'électricité dans le revenu

1,0 %

0,6 %

0,5 %

0,4 %

0,2 %

Part de la fiscalité sur les combustibles et carburants dans le revenu

2,9 %

2,0 %

1,7 %

1,4 %

0,9 %

Part de la fiscalité énergétique totale dans le revenu

3,9 %

2,5 %

2,2 %

1,8 %

1,1 %

Source: d'après Rapport sur l'impact environnemental du budget de l'État, Ministère de la transition écologique, 2023.

Lecture: la fiscalité énergétique représente au total 3,9 % du revenu des ménages du premier quintile (les 20 % des ménages ayant le revenu le plus faible).

DOCUMENT 3

Mercredi 4 novembre [2020], au lendemain de l'élection présidentielle américaine, les États-Unis sont officiellement sortis de l'accord de Paris sur le climat, devenant la première nation à quitter ce traité international scellé en 2015 afin de limiter la crise climatique. [...] L'accord de Paris, signé par désormais 196 pays et ratifié par 188 d'entre eux, jusqu'à la Corée du Nord, vise à contenir le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C, et si possible à 1,5 °C, par rapport à l'ère préindustrielle. Il s'appuie sur des engagements volontaires des États de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. [...] Donald Trump 1 [...] a annoncé vouloir en sortir dès 2017. Mais les règles de procédure l'obligeaient à attendre trois ans à compter de l'entrée en vigueur du texte.

Source: Audrey GARRIC, « Les États-Unis ont quitté l'accord de Paris... mais c'est l'élection qui sera décisive pour le climat », Le Monde, 4 novembre 2020.

1: Donald Trump était le Président des États-Unis de 2016 à 2020.

DOCUMENT 4

Évolution du prix aux enchères (en euros) de la tonne de CO₂ sur le système d'échanges de quotas d'émission carbone de l'Union européenne

Source: www.ecologie.gouv.fr.

Énoncé: Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales Amérique du Nord 2025 (jour 2)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

À quelles limites et contraintes l'action publique et les négociations internationales pour la préservation de l'environnement se heurtent-elles ?

Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments de corrigé : Introduction - Accroche : L'urgence climatique (rapports du GIEC) appelle une intensification des politiques environnementales. Celles-ci suscitent pourtant souvent des contestations ou peinent à aboutir à des accords mondiaux contraignants. - Définitions : - Action publique environnementale : ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics pour préserver l'environnement (réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions). - Négociations internationales : discussions multilatérales, comme les COP, visant à coordonner les politiques climatiques des États. - Problématique : Pourquoi les politiques environnementales, nationales comme internationales, se heurtent-elles à des contraintes économiques, sociales et politiques qui limitent leur efficacité ? - Annonce de plan : - I. L'action publique nationale se heurte aux limites de ses instruments et à des contraintes d'acceptabilité sociale. - II. Les négociations internationales sont freinées par la logique du passager clandestin, la souveraineté des États et les inégalités de développement. --- I. Les limites et contraintes de l'action publique au niveau national A. Les limites d'efficacité des instruments - *Réglementation :* elle est souvent coûteuse à contrôler. Le régulateur souffre d'asymétries d'information, et la règle n'incite pas à dépasser la norme fixée. - *Subventions :* leur coût budgétaire est élevé, avec des effets d'aubaine et des effets rebond possibles. - *Taxation :* il est difficile de fixer le « bon » niveau de taxe pigouvienne. - *Marché des quotas d'émission (Document 4) :* le prix du carbone est volatil. - Entre 2013 et 2018, le prix est resté très bas (moins de 10 € la tonne) en raison d'un excès de quotas, ce qui n'incitait pas à décarboner. - Le prix a ensuite fortement augmenté, jusqu'à environ 100 € en 2023, avant de refluer vers 60-70 € début 2024. - Cette instabilité brouille le signal-prix et rend les investissements de long terme incertains. - *Risque de fuites de carbone :* les entreprises délocalisent vers des pays moins exigeants, ce qui crée un problème de compétitivité. B. Les contraintes d'acceptabilité sociale et de justice fiscale - *Caractère régressif de la fiscalité écologique (Document 2) :* la fiscalité énergétique représente 3,9 % du revenu des ménages du 1er quintile contre 1,1 % pour ceux du 5e quintile en 2021, soit un poids environ 3,5 fois plus lourd. - L'essentiel de cet écart vient des combustibles et carburants : 2,9 % contre 0,9 %. - Il en résulte un sentiment d'injustice et des résistances, par exemple le mouvement des Gilets jaunes en 2018 contre la hausse de la taxe carbone. - *Conflit d'objectifs :* le court terme électoral et le pouvoir d'achat s'opposent à la transition de long terme. Les groupes d'intérêt (lobbies) font aussi pression. --- II. Les obstacles pesant sur les négociations internationales A. Le climat, bien public mondial, et la stratégie du passager clandestin - Le climat est un bien public mondial, c'est-à-dire non excluable et non rival. Chaque État a intérêt à laisser les autres supporter le coût de la réduction des émissions tout en profitant de ses effets. C'est le comportement de passager clandestin (*free rider*). - *Absence d'autorité supranationale contraignante (Document 3) :* - L'Accord de Paris repose sur des engagements volontaires (CDN) sans sanction. - Un État peut s'en retirer : les États-Unis l'ont quitté officiellement en novembre 2020 après l'annonce de Donald Trump en 2017. - La souveraineté des États et les alternances politiques fragilisent donc la continuité des engagements. B. Des inégalités de développement et de responsabilité qui compliquent l'accord - *Des situations très hétérogènes (Document 1) :* - Les émissions par habitant vont de 17,5 t aux États-Unis et 17,9 t en Russie à 2,0 t en Afrique subsaharienne. - L'intensité carbone du PIB est forte en Russie (625 t par million de dollars), en Chine (612 t) et en Afrique subsaharienne (537 t), contre 184 t dans l'UE à 27. - Les rythmes de baisse diffèrent fortement : -75,4 % pour la Chine, mais seulement -21,3 % pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. - *Le débat sur la justice climatique :* - Les pays en développement revendiquent leur droit au développement et rappellent la responsabilité historique des pays industrialisés (principe des « responsabilités communes mais différenciées »). - Le financement des pays du Sud (100 milliards de dollars promis, fonds « pertes et dommages ») reste insuffisant et conflictuel. - *La lenteur des négociations :* la règle du consensus aux COP conduit à des compromis souvent minimaux. --- Conclusion - Bilan : L'action publique environnementale se heurte à plusieurs contraintes : - au niveau national, aux limites de ses instruments (volatilité du prix du carbone, fuites de carbone) et à une acceptabilité sociale fragile du fait de la régressivité de la fiscalité écologique ; - au niveau international, au problème du passager clandestin, à l'absence de contrainte supranationale et aux fortes inégalités entre pays. - Ouverture : La combinaison d'instruments, la redistribution des recettes de la fiscalité écologique (« chèque énergie ») et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE peuvent-ils lever une partie de ces obstacles ?

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