Sujet 2 · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Amérique du Nord 2022 (jour 1)
Thème : Histoire et violence · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
SUJET 2
Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées.
David Diop (1927-1966) est un poète et écrivain français, né en France de père sénégalais et de mère camerounaise.
AFRIQUE
À ma mère
Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-Mère
Au bord de son fleuve lointain
5 Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
10 Le travail de l'esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l'humilité
15 Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
20 Splendidement seul au milieu de fleurs blanches et fanées
C'est l'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L'amère saveur de la liberté.
David Diop, Coups de pilon (1956)
Première partie: interprétation littéraire
Comment ce poème exprime-t-il la violence de l'histoire ?
Deuxième partie: essai philosophique
Peut-on surmonter les épreuves de l'histoire ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Première partie : interprétation littéraire - Comment ce poème exprime-t-il la violence de l'histoire ?
Réponse : Pistes pour l'interprétation littéraire : 1. L'irruption brutale de l'histoire dans l'espace poétique : - Le poème s'ouvre sur une Afrique mythique et idéalisée (« fiers guerriers », « savanes ancestrales »), chantée par la tradition orale (« ma grand-Mère »), mais marquée par une rupture intime : « Je ne t'ai jamais connue ». - La violence historique s'incarne d'abord dans la dépossession géographique et générationnelle subie par la diaspora noire. 2. La violence physique et matérielle de l'exploitation coloniale et servile : - Une gradation métonymique impitoyable matérialise l'oppression : « sang » « sueur » « travail » « esclavage » (vers 6-11). - Le lexique corporel souligne le supplice et l'humiliation : « ce dos qui se courbe », « zébrures rouges », la soumission contrainte « qui dit oui au fouet sur les routes de midi ». - L'histoire n'est pas abstraite : elle est meurtrissure inscrite dans la chair des opprimés. 3. La métamorphose de l'épreuve en élan de résistance et de liberté : - Le dialogue poétique s'interrompt avec la voix de la terre mère / des ancêtres qui refuse la déploration passive : « Fils impétueux ». - L'allégorie de l'arbre (« robuste et jeune », « qui repousse patiemment obstinément ») oppose la vitalité du continent à l'agonie du monde colonial finissant (« fleurs blanches et fanées »). - La violence subie n'anéantit pas l'avenir : elle rend la liberté chèrement acquise, désirable mais marquée par le tribut payé (« l'amère saveur de la liberté »).
La réponse de la question restante et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
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