Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Nord 2026 (jour 2)

Thème : Histoire et mémoire : notions, enjeux et acteurs de la construction des mémoires · Tiré du sujet Jour 2 (2026)

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Sujet de dissertation 1

La mémoire des conflits: un enjeu pour les sociétés.

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Énoncé: Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Nord 2026 (jour 2)

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La mémoire des conflits : un enjeu pour les sociétés.

Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments de contenu pour la dissertation : ### Introduction - Accroche : Les commémorations de conflits contemporains (guerres mondiales, guerre d'Algérie, génocides) suscitent souvent de vifs débats, au sein des sociétés comme sur la scène internationale. - Définition des termes : La *mémoire* est la présence sélective, vivante et subjective du passé dans le présent d'un groupe ou d'une société ; elle se distingue de l'histoire, qui est une démarche critique et scientifique. Les *conflits* recouvrent les guerres interétatiques, les guerres civiles et les crimes de masse. L'*enjeu* désigne ce que les sociétés peuvent gagner ou perdre (cohésion, identité, légitimité, relations diplomatiques) dans la gestion de ce passé. - Problématique : Dans quelle mesure la mémoire des conflits est-elle à la fois une source de tensions et d'instrumentalisations politiques, et un levier de réconciliation et de cohésion pour les sociétés ? - Annonce du plan : I. Des mémoires plurielles, concurrentes et sources de déchirements internes. II. Les usages politiques et géopolitiques du passé conflictuel. III. L'apaisement des mémoires par la justice, le travail historien et la patrimonialisation. ### I. Des mémoires plurielles, fragmentées et sources de tensions A. La pluralité des mémoires au sein d'une même société : - Les mémoires officielles s'opposent aux mémoires de groupes (guerre d'Algérie en France : appelés, harkis, pieds-noirs, immigrés algériens, militants indépendantistes). - La concurrence des victimes nourrit des « guerres de mémoires ». B. Le poids des traumatismes et des silences : - Des périodes d'amnésie ou de refoulement suivent les conflits : mythe résistancialiste en France après 1945, « pacte de l'oubli » de la transition espagnole (loi d'amnistie de 1977). - Les générations suivantes provoquent un réveil mémoriel et la levée des tabous : discours de Jacques Chirac au Vél' d'Hiv en 1995, loi espagnole sur la mémoire historique de 2007. ### II. L'instrumentalisation politique et géopolitique de la mémoire A. Un outil de cohésion et de légitimation nationale : - Les États construisent un « roman national » ou une mémoire officielle : culte de la « Grande Guerre patriotique » dans la Russie contemporaine. - Ils adoptent des lois mémorielles et reconnaissent officiellement les souffrances passées (loi Gayssot de 1990, loi Taubira de 2001). B. Une arme géopolitique et un objet de rivalités internationales : - Des tensions diplomatiques naissent du refus de reconnaissance ou de la demande de réparations : relations sino-japonaises (massacre de Nankin, sanctuaire Yasukuni), reconnaissance du génocide arménien face à la Turquie. - La mémoire sert à justifier des actions agressives : rhétorique de la « dénazification » pour légitimer l'invasion de l'Ukraine en 2022. ### III. Dépasser le conflit mémoriel : justice, histoire et réconciliation A. Le rôle de la justice transitionnelle et internationale : - Les procès pour crimes contre l'humanité et génocide posent une vérité judiciaire et reconnaissent les victimes : Nuremberg, TPIY, TPIR, CPI. - Des dispositifs de réconciliation complètent ces procès : Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud, tribunaux communautaires gacaca au Rwanda. B. Le travail des historiens et la patrimonialisation : - Les historiens mettent les mémoires à distance et les confrontent aux sources : commissions mixtes, rapport Stora (2021) sur la guerre d'Algérie, manuel franco-allemand. - Les lieux de mémoire transmettent et apaisent : mémoriaux, musées, sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO (Auschwitz-Birkenau, Mémorial de Gisozi à Kigali). - Des gestes de réconciliation scellent l'apaisement : Mitterrand et Kohl à Verdun en 1984, traité de l'Élysée en 1963. ### Conclusion - Bilan : La mémoire des conflits est un enjeu majeur pour les sociétés. Plurielle et souvent conflictuelle, elle peut diviser, et les pouvoirs l'instrumentalisent à des fins politiques et géopolitiques. Mais la justice, le travail historique et la patrimonialisation permettent de la transformer en facteur de reconnaissance, de cohésion et de réconciliation. - Réponse à la problématique : La mémoire n'est ni une menace ni une solution en soi. Son rôle dépend de la manière dont chaque société choisit de l'assumer et de la confronter à l'histoire. - Ouverture : Les témoins directs disparaissent, et les réseaux sociaux favorisent la désinformation. Comment transmettre la mémoire des conflits aux générations futures sans la figer ni la manipuler ?

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