Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Nord 2021 (jour 2)

Thème : Histoire et mémoire : notions, enjeux et acteurs de la construction des mémoires · Tiré du sujet Jour 2 (2021)

Énoncé

Dissertation 1

Protéger le patrimoine: une mission impossible ? Succès et échecs de la protection du patrimoine.

Il est attendu du candidat qu'il rédige une dissertation complète et structurée (introduction problématisée, développement argumenté avec exemples précis, conclusion).

Énoncé: Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Nord 2021 (jour 2)

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Protéger le patrimoine : une mission impossible ? Succès et échecs de la protection du patrimoine.

Réponse : Une proposition de plan structuré en trois axes : Introduction : - Accroche : Destructions récentes de biens patrimoniaux (Palmyre, Bouddhas de Bamiyan) ou défis liés au surtourisme (Venise, Machu Picchu). - Définition des termes : Le patrimoine regroupe les biens matériels et immatériels hérités du passé qui font l'objet d'une transmission et d'une protection institutionnelle. « Mission impossible » interroge la faisabilité de cette protection face aux dégradations, aux conflits et aux pressions socio-économiques. - Problématique : Dans quelle mesure les politiques de protection patrimoniale, bien qu'ayant permis des avancées majeures, se heurtent-elles à des limites géopolitiques, environnementales et économiques ? I. Des succès indéniables grâce à l'institutionnalisation et à l'internationalisation de la protection : 1. *Une construction progressive à l'échelle nationale :* Du rôle précurseur de la France (rapport de l'abbé Grégoire sur le vandalisme en 1794, Mérimée inspecteur général des Monuments historiques en 1834, loi Malraux de 1962 sur les secteurs sauvegardés) à la prise de conscience par les États de l'importance de leur héritage culturel et naturel. 2. *Une gouvernance mondiale efficace :* Rôle pivot de l'UNESCO (convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial). La labellisation sert de levier de sanctuarisation et de valorisation. Exemple emblématique : le sauvetage des temples d'Abou Simbel en Nubie (campagne lancée en 1960, déplacement en 1964-1968). 3. *Un élargissement continu de la notion de patrimoine :* Intégration du patrimoine naturel, industriel, immatériel (convention UNESCO de 2003) et mémoriel. II. Des échecs manifestes face aux guerres, aux crises politiques et au manque de moyens : 1. *Le patrimoine, cible et otage des conflits armés :* Destructions délibérées à visée idéologique ou terroriste (mausolées de Tombouctou au Mali, Daech en Syrie et en Irak), pillages et trafics illicites alimentant les marchés parallèles. 2. *Les limites du droit international et de l'action de l'UNESCO :* Absence de force contraignante propre et lenteur des interventions d'urgence. Il existe pourtant des avancées : les Casques bleus de la culture et la reconnaissance du crime de guerre contre le patrimoine par la CPI (affaire Al Mahdi, 2016). 3. *Inégalités de moyens et d'appropriation locale :* Clivage Nord/Sud dans les financements de la conservation et risque de rejet de normes patrimoniales perçues comme imposées par l'Occident. III. De nouveaux défis contemporains : concilier préservation, développement et urgence climatique : 1. *Les effets pervers du tourisme de masse (« muséification » et surfréquentation) :* Tensions à Venise, Barcelone ou Dubrovnik entre retombées économiques d'une part, dégradation des sites et de la vie des habitants d'autre part. 2. *Le défi du changement climatique :* Menaces d'élévation du niveau marin, incendies, érosion côtière et dégradation des écosystèmes classés (Grande Barrière de corail). 3. *Vers une gestion résiliente et participative :* Régulation des flux (quotas, billetterie à Venise, dispersion des visiteurs), restaurations respectueuses (Notre-Dame de Paris) et implication des communautés locales dans la gestion des sites. Le numérique permet aussi une sauvegarde virtuelle (numérisation 3D de sites menacés). Conclusion : - Bilan : Protéger le patrimoine n'est pas une mission impossible. Les institutions nationales et internationales ont obtenu des succès réels (sauvetages, inscriptions, élargissement de la notion). Mais cette protection reste fragile, incomplète et inégale face aux conflits, au manque de moyens, au surtourisme et au changement climatique. - Réponse à la problématique : C'est donc une mission permanente et toujours inachevée, qui dépend de la volonté politique et de la coopération internationale. - Ouverture : Faut-il tout protéger, au risque de figer les territoires, ou accepter que le patrimoine évolue avec les sociétés qui le font vivre ?

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